‹ Histoire littéraire de la Suisse romande des origines a nos jours (volume 2)Chapitre 28 sur 76 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

phrase est embarrassée et souvent peu claire. » Elle est même incohérente dans l'expression, ajouterai-je, heurtée, surchargée d'incidentes, lourde et pénible à souhait.

Ne cherchons pas à faire une réputation de littérateur au plus grand missionnaire de la Réforme française ! Il a d'autres et de meilleurs titres à notre vénération. Il ne travaillait, au surplus, « qu'à planter une foi qui fût opérante par la charité. » Quant à ses traités, « il ne voulait pas que son nom y fut mis, » désirant que son œuvre « fut bien considérée en soi et que, pour son nom, il n'en fût ni plus ni moins. » Il avait conscience de son infériorité comme écrivain aussi bien que comme dogmatiste.

Au fond, il ne reste de Farel que des souvenirs; ses livres ne comptent pas. Mais les protestants n'oublieront jamais que cette âme si naïve, si droite, si passionnée, si virile, eût, ainsi que Ta constaté M. Sayous, « une admirable influence sur le génie moral de la Réforme et de ses ministres. »

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