‹ Histoire littéraire de la Suisse romande des origines a nos joursChapitre 55 sur 69 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

Charles Le Fort (1 820 à 1 888), lui, est resté bon Genevois et il vient en rang estimable dans le groupe des historiens de sa ville natale. Nous avons de lui des mémoires sagaces et solides sur « les derniers comtes de Genevois, » sur « les chartes communales dos Zàhringen, » sur « l'émancipation politique de Genève, » etc. ; nous avons encore son Regeste genevois, répertoire chronologique et analytique des documents relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève jusqu'en 1312, — œuvre exacte et complète entre toutes, à laquelle collabora un ami de Le Fort, Paul-Élisée Luilin (1800 à 1872).

Quelques noms encore ! Commençons par le général Guillaume- Henri Du four (H SI à 1875), ce noble et habile soldat, qui a écrit, outre ses ouvrages fort estimés de tacti(]ue, d'histoire militaire, etc., le récit fidèle de la Campagne du Sonderbund et des événements de 4856, Citons ensuite, sans ordre : J.-B. Blavignac (1817 à 1876), un excellent archéologue dont l'innorm/ genevois et surtout VHistoire de l'architecture sacrée, du IV"* au X""^ siècle dans les anciens évêchés de Genève, Lausanne et Sion, font et feront longtemps autorité; Théophile Heyer (1804 à 1871), qui a laissé quelques études très approfondies sur l'histoire littéraire et religieuse de Genève; John Coindet (1800 à 1857) qui composa une Histoire de la peinture en Italie, « guide de l'amateur des beaux-arts, » et un ingénieux Coup d'œil sur l'histoire de la Suisse au Moyen âge : John Jullien {'\S\8 à 1887), éditeur intelligent, qui a exhumé le Journal d'Ésaïe Colladon, le Véritable récit de l'Escalade, et rédigé un livre d'une science familière, et sûre cependant : son Histoire de Genève racontée aux jeunes Genevois.

On voit que Genève n'a pas menti, durant ce siècle, à ses traditions de ville scientifique. De nombreux érudits y suivent, à cette heure, les traces d'illustres ou modestes devanciers. L'histoire de la patrie genevoise les attire presque exclusivement, et il ne faudrait pas les presser beaucoup pour qu'ils répondissent, d'un oui bien accentué, à cette impertinente question de Talleyrand, au Congrès de Vienne : « Genève est donc une cinquième partie du monde? »

Si les Genevois ont peut-être immolé l'éloquence à l'érudition, j'ai peur que l'historien vaudois Charles Monnard ' (1790 à 1865)

^ Album de la Suisse romande, 1844 (notice par L. VuUiemin), Journal de Genève

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