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C'est la canso qui commence par le vers

« Eram vai meillz que no sol » (Voyez ibid.)

venue les surprendre sitôt, au milieu d'un festin qu'ils croyaient à peine commencé. L'amour, la poésie sont deux fleurs éphémères, souvent fanées avant même que ne s'élèvent les vents froids du soir.

Si la vie agitée d'Azémar finit par inspirer de mélancoliques réflexions, il ne saurait en être de même de celle que nous allons esquisser.

D'abord, Albertaz Cailla n'a pas les goûts errants de son compatriote. Il est même si bien dans son pays, qu'il n'en sortira jamais. 11 estime que le bonheur peut être dans ses foyers, dans sa cité natale, et son ambition ne va pas jusqu'à lui faire envier les triomphes que ses rivaux en poésie obtiennent sur une scène plus grande; s'il ne dédaigne pas les éloges, il est satisfait amplement par ceux qu'il reçoit de ses concitoyens.

Albertaz Cailla fut le poëte favori de l'Albigeois. Longtemps il fut choyé, fêté, admiré sans réserve. Le chroniqueur anonyme, déjà cité, va même jusqu'à dire qu'il mérita les suffrages les plus enviés des poètes, ceux des dames. Voici, du reste, comment il s'exprime :... « Fo amatz entre sos vesins et per las domnas d'Albiges» (il fut aimé de ses voisins et des dames de l'Albigeois)1. Peut-être dut-il à ces liens si aimables de ne pas acquérir le tour, l'harmonie et la perfection des autres troubadours qui voyageaient de castel en castel à travers le Midi de l'Europe. C'esl <«■ que semble croire le biographe Lorsqu'il ajoute : < mal el non issi de la soa encontrada 2. »

Assurément, Albertaz Cailla aurait du prendre plus de souci de sa propre gloire; mais peut-on ne pas L'excuser, Lorsque l'en connaît les motifs qui le r< liaient dans son pays natal?

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