‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 101 sur 122 · Archives communales, série A A · texte numérisé non relu

Archives communales, série A A

dans l'ancien hôtel de ville; mais un religieux de l'Institut ayant déclaré ce projet impraticable, la communauté se décida à acheter une maison située à la Petite-Côte, au prix de 1,500 livres1. Les Frères ne tardèrent pas à gagner les sympathies des Albigeois; après quelques années d'enseignement, ils ne savaient plus où mettre les élèves. En 1762, le directeur, F. Aristarque, écrivait aux consuls : « Les Frères des « Écoles chrétiennes de cette ville, se trouvant sur- « chargés d'écoliers, ont été obligés de faire deux « bancs et deux tables à leurs frais2. » Aux approches de la Révolution, le nombre d'enfants va augmentant; les maîtres se plaignent par l'intermédiaire de F. Corme de la modicité de leur traitement (150 livres). Ce document, assez curieux dans la forme, débute par cette phrase qui annonce déjà le style pompeux et solennel de la Révolution : « Vous êtes, Messieurs, les Pères « du peuple; c'est aussi à votre tribunal que nous « avons recours pour réclamer votre zèle, en faveur « d'une bonne œuvre publique, et tandis que de tout « côté on sollicite des établissements pour l'instruction « de la jeunesse, qui est l'espoir de l'État, permettriez- « vous qu'on abandonnât celui-ci? Nous serons forcés « cependant d'en venir là, si nous n'avons pas de quoi « vivre3. » On leur accorda 50 livres de plus, ce qui porta le traitement à 200 livres. L'Institut de l'abbé de La Salle conserva les écoles d'Albi jusqu'à la suppression des ordres religieux. Nous ne dirons rien des maîtres qui furent chargés alors de l'enseignement primaire; on pourrait croire à un jugement passionné. Nous nous bornerons à affirmer qu'à ce

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