Cbrreepondance de Voltaire. A La ( février 17i
La I !halotaû avait consulté Voltaire ducation avant de le
« leur habileté dans l'éducation de la jeunesse et à « leurs soins vigilants dans tout ce qui tend à avancer « le goût et les progrès des sciences et des lettres.
« Toutes ces raisons nous font partager avec eux les « craintes qu'ils peuvent justement concevoir après les « diverses agitations qu'ils ont essuyées. (Les derniers « arrêts du Parlement de Paris et celui que le Parle- « ment de Toulouse vient de rendre.) Dans de pareilles « circonstances, des motifs de reconnaissance envers « eux, et une juste attention des intérêts qui nous « sont propres, demandent de nous que nous présen- « tions requête au conseil afin d'obtenir des lettres pa- « tentes qui, en confirmant de nouveau les PP. Jésui- « tes dans la direction dudit collège, confirment en « même temps la réunion des différents fonds qui com- « posent cet établissement, de manière que quelque « événement que les temps puissent amener, les mêmes « fonds dans la suite y soient indissolublement atta- « chés et ne puissent jamais en être séparés, et a prié « l'Assemblée de délibérer sur ce dessus.
« L'Assemblée a délibéré unanimement qu'adhérant à « la susdite proposition, elle ne peut refuser aux Jésui- « tes les meilleurs témoignages et elle a donné pou- « voir à MM. les Maire et Consuls de présenter requête « au Conseil, afin qu'il plaise à Sa Majesté accorder « de nouvelles lettres patentes au collège d'Alby pour « suppléer à ce qu'il y aurait de défectueux dans son «établissement; qu'il lui plaise aussi d'y maintenir « les Jésuites, de confirmer la réunion des différents « fonds qui le composent et de pourvoir aux moyens « de prévenir l'impétration qu'on pourrait faire des « bénéfices qui lui sont unis ; elle a supplyé Msr l'Ar- « chevêque d'interposer son crédit à cet effet et de « l'appuyer de sa protection1. »
1* Archives communales, série BB. — Ont signé cette délibération :
360 l'instruction primaire AU XVIIIe SIÈCLE.
Il est inutile d'ajouter que cette adresse resta sans résultats ; renseignement fut interdit aux Jésuites par arrêt du Parlement de Toulouse en date du 5 juin 1762. L'année suivante ordre leur fut signifié de vider le collège dans Le délai de quinzaine [28 février 17
La ville se trouvant brusquement privée de tout corps enseignant, se vit dans l'impossibilité d'ouvrir un autre collège. Les parents durent envoyer leurs enfants dans des écoles particulières qui se formé. à la hâte et que la communauté encouragea, faute d'autres. Mais on ne comprend que trop les vices d'une telle organisation qui excluait forcément toute unité d'action, de méthode, de programme, i I laissait 1: cours à la fantaisie ou aux caprices des maîtres. Le mal eût été irrémédiable sans une heure: ons-
tance qui appela le cardinal de Bernis sur le siège archiépiscopal d'Albi.
Certes, on eût été en droit de s'. ''tonner, si ce prélat, dont on connaissait les brillantes faci Le goût
très vif pour les choses de l'esprit, avait négligé r casion qui s'offrait à lui de rendre un signalé à la cause des lettres et de l'enseignement. La communauté fut donc bien inspirée lorsqu'on- Si lui comme au seul homme capable de relever les* étude.-. Dans la séance du 6 novembre 1764, le consul Vitalis faisait observer : que c'est avec le plus grand em- « pressement que depuis longtemps on sollicite le réta-
MM. Balabert, avocat au P conseiller «lu r<»i. lieutenant du
royal d'Albi et de la baronie dv !
: Jean Jordain, notaire i bourgeois; Ramondou, chirurgii - d'Albi. -
nants : Jean Vita1' au Parlement, conseiller du n .
il hors d' idic du chaj iire
■. Michel, Arthaud, B Jean-Baptiste Baurens, imprimeur du rci.
politiques ou délibérants. (Ibidem.)
« blissemcnt du collège; que la protection singulière « que Son Eminence le cardinal de Bernis veut bien « accorder à cette ville et les soins qu'il daigne porter « à un objet aussi intéressant, nous font espérer avec « la plus grande confiance l' acheminement de ce grand « ouvrage ; qu'à la vérité, le public souffre beaucoup « du retard que la nécessité des- circonstances a occa- « sionné, que c'est aussi pour remédier à cet inconvé- « nient dans le moment présent, que Son Eminence « s'est proposée d'approuver un certain nombre de « maîtres d'école pour enseigner jusqu'au rétablisse- « ment du collège » Il demande au conseil politique de voter un crédit de 950 livres pour payer les maîtres provisoires '.
L'année suivante, la communauté constate que toutes les difficultés sont loin d'être aplanies ; elle met de nouveau sa confiance dans l'intervention toute puissante de l'archevêque : « connaissant combien Son « Eminence Msr le cardinal de Bernis est occupée du « bien de cette ville et principalement du rétablisse- « ment du collège, l'Assemblée a plutôt dans cette « occasion à lui faire connaître les sentiments d'amour « et de reconnaissance dont elle est vivement pénétrée, « qu'à solliciter de nouveau sa protection 2. »
En 1766, la question a fait un pas de plus. Le conseil politique décide qu'à l'avenir les écoles gratuites qui se trouvent dispersées dans la ville et peu à la portée des habitants se réuniront désormais dans la première cour du collège, en attendant les lettres patentes confirmant définitivement cet établissement3.
Ces lettres patentes si vivement désirées arrivèrent enfin le 21 mai 1768. Elles confirmaient les unions de bénéficies qui avaient été faites au collège par les èvê-