LES ÉCRIVAINS ALBIGEOIS DU XVIIIe SIECLE
ses manières distinguées, son caractère insinuant, son
talent poétique, lui attirèrent bientôt de nombrei et flatteuses sympathies. Ce ne fut cependant qu'ap la mort du cardinal de Fleury que sa faveur à la cour commença à percer. Il fut appelé alors à l'ambassade de Venise, puis au ministère des affaires étrang» où son passage fut signalé par le traité d'alliance offensive et défensive entre l'Autriche et la France qui a été si sévèrement jugé par certains historiens. Les conséquences de ce traité furent si désastreuses pour notre politique, que Bernis, peut-être accusé à tort de les avoir provoquées ', dut se retirer et tomba en disgrâce. Pendant six ans, il resta dans son abbaye de Saint-Médard, uniquement occupé de travaux littéraires. En 1764, il reparut devant le roi qui le nomma à l'archevêché d'Alby, puis cinq ans plus tard, à l'ambassade de Rome qu'il conserva jusques aux mauvais jours de la Révolution. Il prit une part importante aux conclaves de 1769 et de 1774 et poursuivit, par ordre de son gouvernement et contre son vœu personnel, la suppression des Jésuites. Dépouilla par la Révolution de tous ses bénéfices, il perdit du même coup 400,000 livres de revenu et fut réduit à l'indigence; le chevalier d'Azara, ambassadeur d'Espagne près le Saint-Siège, lui fit obtenir une pension dont il ne prolira pas longtemps, puisqu'il mourut à Rome le 2 novembre 1794.
Le cardinal de Bernis avait été reçu à l'Académie française avant son élévation, à l'époque où il avait