‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 109 sur 122 · Voyez Mémoire» et Lettre» du cardinal a\ .«lui · texte numérisé non relu

Voyez Mémoire» et Lettre» du cardinal a\ .«lui

viennenl d'être publiée par .'M. Fréd< ri'- M;;-, n. Dans bob dernier oui Le Secret <l" Roi, .M. le <!i:<- de Broglie dieail : « Dn j<>ur. Bans dont Souvenirs de l'abbé de Bernis, seront livrés au publie, qui y a tln.it. et nous supplions les héritiers qui en Boni les déposât pas nous

faire trop attendre <•■• plaisir... » Le désir du noble duc n'a i ■•:< tardé a être réalisé. Le» Mémoire» <-t Lettre» du cardinal de J>> m'i* paraissaient un lit- * : — ;i peine api n ! du Roi.

LES ÉCRIVAINS ALBIGEOIS DU XVIIIe SIECLE. 373

des relations intimes avec les gens de lettres et où Voltaire séduit par sa grâce insinuante et son babil agréable, l'appelait Babet la botcquetiêre > du nom d'une bouquetière en vogue qui se tenait à la porte de l'Opéra. Quand il fut nommé cardinal, il répondit à un courtisan qui lui disait : « Monsieur le cardinal, voilà un beau jour. — Dites plutôt que voilà un bon parapluie!» En effet, l'orage grondait et l'averse ne tarda pas à tomber sous forme de disgrâce. On fit circuler à ce sujet les vers suivants :

Ou dirait que Son Éuiinence N'eut le chapeau de cardinal Que pour tirer sa révérence.

Le cardinal de Bernis a été une des personnalités littéraires marquantes de la fin du dix-huitième siècle ; ses poésies légères eurent une grande vogue, et de fait, elles répondaient admirablement aux goûts du temps, quoiqu'on ait beaucoup grossi leur importance. Du reste, une foule d'erreurs répandues dans un but facile à comprendre, ont fait au cardinal une réputation qu'il ne mérite certainement pas. C'est donc autant pour rétablir la vérité que pour céder à une secrète inclination, que nous allons tâcher de mettre cette figure si attachante dans son véritable jour.

Si pour s'assurer l'immortalité comme écrivain, il ne fallait qu'être spirituel, brillant et aimable, le cardinal de Bernis serait au premier rang parmi ceux dont le nom, fixé dans la mémoire des hommes, survit à tout naufrage. Mais, pour s'incliner devant un nom, la postérité exige d'autres qualités, d'autres mérita. Le dix-neuvième siècle surtout, plus sceptique, plus jaloux que tout autre, ne se livre jamais entièrement à ceux qui ne font que l'amuser et le distraire. Ajoutons. d'ailleurs, que les livres qui ne s'adressent pas direc-

Page 1