‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 110 sur 122 · LES ÉCRIVAINS ALBIGEOIS DU XVIII'" SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES ÉCRIVAINS ALBIGEOIS DU XVIII'" SIÈCLE

tement à L'âme ou au cœur, qui ue font pas venir les larmes aux yeux, la prière sur les lèvres, ou la rêverie sur le front, effleurent à peine les esprits, comme ces brises légères qui rident un moment la surface des lacs : la brise passe et les eaux se referment plus silencieuses, plus bleues, plus profondes que jamais. Il faut, pour fixer la mémoire, frapper l'imagination, susciter l'enthousiasme, faire palpiter de crainte ou de plaisir, et, — pour nous servir d'une figure qui rend encore mieux notre pensée, — dégager l'âme du corps, l'emporter d'un coup d'aile et la tenir en suspens, ne sorait-ce qu'un instant, dans les hautes régions de l'idéal.

Le cardinal de Bernis est passé comme tant d'autres au crible de la postérité, et ce qui reste de ses œuvres n'est lu et conservé que parce qu'on y voit comme l'empreinte de sa physionomie pleine de finesse et de distinction, douce, aimable et souriante. On y remarque une inspiration toujours facile, rarement profonde; sa poésie ressemble à ce ruisseau qui gazouille éternellement dans le même lit, sans jamais faire entendre les mugissements, les colères, les éclats du torrent. Ce sont toujours les mêmes p, plantureux et verdoyants, les mêmes horizons, Les mêmes lignes, les mêmes nuances ; c'est enfin une pèce de monotonie savante, spirituelle, charmante si l'on veut, mais rien de plus '.

Il est vrai que le poète n'est pas là tout entier n'est que sa première manière, et malheureusement pour lui la seule connue. Il semble, du moins, que lorsque l'on parle du cardinal de Bernis, on ignore que muse s'est élevée plus haut, et qu'elle a prononcé elle aussi son paulo majora canamus. Ces! cette

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