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LES ÉCRIVAINS ALBIGEOIS DU XVIIIe SIECLE. 387

sainte Cécile qui par sa longueur et sa bizarrerie se prête difficilement à l'analyse. On ne peut que sourire tristement à la vue de ces pages écrites avec fièvre, où s'entasse une érudition prodigieuse, relevée çà et là par une foule de réflexions naïves et touchantes. Sur la première feuille du troisième manuscrit de Blainville, on lit cette note de Massol, qui n'explique que trop les défauts et les lacunes de cette œuvre : « M. Blainville « était un compilateur aussi laborieux qu'enthousiaste, « pour l'honneur de sainte Cécile, patronne des mu- « siciens. Il était musicien, habile compositeur, un peu « poëte, un peu peintre, et finalement attaqué de la « plus grande folie '. »

Jean-Louis Gorsse est comme Blainville, un savant et un enthousiaste, mais fort heureusement, la ressemblance entre eux s'arrête là. Né à Albi, le 25 février 1770, Gorsse embrassa d'abord la carrière des armes. Après avoir été capitaine d'artillerie et de génie, il donna sa démission et se livra à l'étude des langues et de la théorie musicale. Il traduisit même les écrits de saint Augustin sur cette matière, mais cette traduction est resté inédite; un poëme épique intitulé Simon de Montfort partagea le même sort. Sapho est le seul ouvrage que notre compatriote ait jugé digne de l'impression, indépendamment de quelques poésies fugitives qui ont paru dans les revues de l'époque. C'est un poëme en dix chants, accompagné de notes historiques, critiques et littéraires 2, et qui donne une idée assez originale du caractère et du talent de son auteur. Dans Sapho , Gorsse ne considère qu'une chose, c'est qu'elle a été victime de certaines calomnies aussi lâches que mal

1. Blainville dit en plusieurs endroits de son manuscrit, qu'il n'a jamais vu Albi, malgré la note de Massol qui lui donne le titre d'ancien maître de chapelle aV Albi et qui a dû nécessairement le connaître pour porter sur lui le jugement qu'on vient de lire.

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