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l'école communale. 97
la communauté tient bon dans ses idées sur l'enseignement public. Il est vrai que les maîtres sont plus ou moins payés; deux ou trois fois même, ils sont obligés de plaider contre la ville pour obtenir leurs gages. N'importe; on s'arrange, on s'ingénie, on fait flèche de tout bois, mais rien n'ébranle les consuls dans leur détermination. L'exemple suivant montre jusqu'à quel point ils poussaient cette ténacité. Au mois d'octobre 1432, par suite de circonstances imprévues, la ville se trouva dépourvue de local pour les écoles ; mais, l'époque de la reprise des cours étant arrivée, il fallait se procurer à tout prix une maison pour y installer maîtres et élèves. Comme les habitants se prêtaient de mauvaise grâce aux recherches qu'on faisait à cet effet, les consuls et deux sergents royaux prirent de force la maison qui leur parut la plus propre à l'installation projetée1. Ce parti énergique prouve que les consuls étaient beaucoup plus préoccupés de l'instruction de la jeunesse que de leur propre liberté. Le jour est proche, en effet, où les agents du fisc, n'ayant pu recouvrer l'impôt des habitants d'Albi, retiendront les consuls prisonniers dans l'hôtel de ville jusqu'à entier paiement2; mais ceux-ci, loin de se plaindre, attendront patiemment que leurs concitoyens se soient libérés. On peut attendre lorsqu'il s'agit d'intérêts personnels, jamais lorsqu'il s'agit des intérêts de la ville. Telle est la règle de conduite suivie de tout temps par nos consuls.
Cette sollicitude va sans cesse grandissant. En 1443, la communauté fait l'acquisition d'un local pour les écoles dans la rue Puech-Amadenc. Les livres de compte mentionnent également l'achat de certaines planches (pouston) pour une chaire (cadieyra)\ le tout