‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 32 sur 122 · Histoire 'h- Lamgueâoe^ édition Privât, t. IV. j · texte numérisé non relu

Histoire 'h- Lamgueâoe^ édition Privât, t. IV. j

n'a pu que s'inspirer des méthodes si heureusement inaugurées dans le palais même du grand empereur.

En recherchant avec soin toutes traces d'un enseignement clérical dans notre cathédrale, on en trouve d'antérieures à l'époque carlovingienne. La bibliothèque d'Albi possède de nombreux manuscrits provenant de l'ancien chapitre qui prouvent que le clergé se préoccupait de son instruction. Témoin le prêtre Perpetuus qui fut chargé au septième siècle , par l'évêque Didon, de transcrire une collection de canons. On lit dans le manuscrit où nous puisons ces renseignements qu'un incendie a ravagé la ville; ce qui porte à penser que cet incendie avait atteint la bibliothèque de l'église. Perpetuus termina son travail le 25 juillet 6641. La collection des canons est suivie d'une nomenclature des villes des Gaules et d'une liste nominative des Papes jusqu'en 590.

Un autre manuscrit antérieur peut-être au septième siècle, ressemble à s'y méprendre à ces livres qu'on appelle de nos jours Manuels où sont résumées et condensées les matières d'un examen. On y remarque : Dictionarium verborum synonymorum Ciceronis ; — Chronica sancti Isidori 2 ; — Geographiacum tabula geographica et nominibus provinciarum Romanarum, etc. 3. D'autres manuscrits postérieurs à celui-là

1. « Ego Perpetuus quamvis indignus presbyter scripsi hune librum

canonum post incendium civitaiis Hic liber recuperatus fuit Dec- auxi-

liante sub die VIII kal. Aug. anno très regnantis domini nostri Childerici régis. » La date de ce manuscrit a été contestée.

2. Chronicon sancti Isidori et Hieronimi chronicon de scx retatibus mundi. — La chronique de saint Isidore commence à la création du monde et finit l'an de J.-C. 626. — La chronique d'Eusèbe de Césarée commence également à la création du monde jusqu'à la vingtième année de Constantin. Saint Jérôme la traduisit et la continua jusqu'à l'année 378. C'est cette traduction qui figure dans le manuscrit de la Bibliothèque d'Albi.

3. V. Notice sur les bibliothèques publiques du département du Tarn, par M. Jolibois.

contiennent de la musique. Mais le plus curieux et qui semble émaner directement de l'école cléricale, est celui où on lit à la dernière page, et sous la date de 1220, les préceptes suivants sur l'art d'écrire :

« Quisquis es aut fueris qui docte Pcribere queris, « Hac duce scriptura, digitos inilectere cura : « Littera sit recta, simplex, requalis, aperta. « Sit bene formata, lincari sede locata. « Partes discrète spatiis mediantibus eque. " Versibus et metria ratione vel ordinc nexis « Formula Bcribendi tibi mititur ista petenti; « Quam qui percipiet, scriptor bonus utique fiét. 1

Ces vers, dont on remarquera, d'ailleurs, l'élégance et l'harmonie sur un sujet aussi aride que l'art de former les caractères, ne rappelle-t-il pas vaguement un de ces préceptes d'écoles comme on aimait tant à les formuler à cette époque? Ce conseil ainsi présenté, et à la seule fin que le lecteur le gravât mieux dans sa mémoire , ne procède-t-il pas de ce même esprit scolastique qui avait réuni en quelques vers et avec des mots fantaisistes , toutes les variétés de syllogismes et d'arguments que pouvait produire la raison humaine ? Les avis peuvent être partagés; mais nous n'hésitons pas à reconnaître dans cette pièce la marque de l'école et comme la griffe d'un pédagogue.

Parmi les manuscrits qui , par suite d'échanges , ne se trouvent plus à la bibliothèque d'Albi, citons le Volumen de disciplinaribus, qui contenait la grammaire de Priscian, les discours do Cicéron, la philosophie et la musique do Boëce, la géométrie d'Euclide ei l'astronomie de Ptolémée; — Isidori rj,isrrjj,i Hispalensis liber ethimoîogiarum sive de originibus, quatorzième siècle; — Dyonisii Areopagytœ opéra de

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