‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 40 sur 122 · V. Archives de la Préfecture du Tarn · texte numérisé non relu

V. Archives de la Préfecture du Tarn

ces divisions religieuses , ils se trouvaient dépossédés de leur tranquillité habituelle, grevés d'impôts énormes et menacés dans leur propre existence. Or, comme ils n'avaient aucune envie d'embrasser les idées qui provoquaient tant de tempêtes et de bouleversements , ils s'en prirent aux novateurs et leur firent une guerre acharnée.

Déjà le cardinal Strozzi, que les protestants appelaient la Vache rouge, avait lutté avec l'intrépidité d'un capitaine et l'habileté d'un diplomate contre les premières tentatives des religionnaires dans le diocèse. Ses succès furent même si rapides, si éclatants, qu'ils lui attirèrent les félicitations de sa cousine Catherine de Médicis. Rodolphe, qui lui succéda, fut moins entreprenant quoique aussi dévoué à la cause catholique. Mais à la mort de ce dernier, survenue en 1574, l'évêque Julien de Médicis mit tant de lenteur à venir occuper le siège épiscopal, que le parti protestant regagna presque tout le terrain qu'il avait perdu. La ville d'Albi luttait donc seule pour la foi romaine au milieu d'un pays ennemi, sillonné dans tous les sens par des bandes armées qui se faisaient comme un jeu de piller et de massacrer.

Dans des circonstances aussi critiques, ce qu'il fallait surtout aux catholiques de notre cité, c'était un chef, et puisque la guerre était surtout religieuse, ce chef n'était autre que l'évêque. Aussi les consuls écrivent-ils a Julien de Médicis, alors à Rome, pour le supplier de venir. Dans cette lettre, ils lui exposent que les protestants veulent établir leur culte dans sa ville épiscopale, que la guerre civil»' est dans tout le diocèse et que sa présence est absolument nécessaire. Ils le conjurent en finissant d'avoir pitié de son tant dénué troupeau et de ses pauvres sujets '.

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