‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 42 sur 122 · Ai BB · texte numérisé non relu

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conviendra que rien ne manque aux malheurs publics ; tous les agents les plus actifs de dissolution morale et matérielle, toutes les laideurs, toutes les misères humaines semblent s'être donnés rendez-vous dans notre cité, sur laquelle plane comme un immense voile de deuil. Au milieu de ces épreuves, l'enseignement subit des fluctuations sans nombre , les cours ne sont plus suivis avec régularité; quelquefois même ils sont interrompus. Cet état de choses inquiète les consuls; mais quel est le moyen d'y remédier? Un moment, en 1571, ils espèrent en finir avec la question des écoles. Cette année, un jésuite fameux dont nous aurons occasion de parler plus loin, le P. Edmond Àager, vint prêcher à Albi. Il suffit d'avoir lu l'histoire de la Ligue pour comprendre qu'il n'eut pas de peine à fasciner une population qui ne demandait qu'à être encouragée dans ses sentiments catholiques. Le succès du P. Auger fut énorme. A cette occasion, les consuls adressèrent à l'évêque Rodolphe une longue supplique dans laquelle on lit les passages suivants : « Mon Seigneur, sentant poignante V opportunité et occasion de saluer Votre Seigneurie en notre nouveau consulat, nous avons bien voulu vous avertir comment ces jours passés le R. Edmond Auger, jésuite, en passant par ici nous a consolés par la prédication et laissés sous la bonne odeur de la bonne vie et savoir de ceux de sa religion. » Ils rappellent ensuite à l'évêque que le cardinal Strozzi avait eu la pensée d'établir les jésuites

caments employés à différentes époques pour combattre la peste. C'est de la médecine rétrospective, si Ton veut, mais par cela même très-inoiïensive. Voici donc quelques noms avec l'orthographe d'alors : galbanon, eaux cordiales, dlachylon, mithrldate. encens, borax, benjoin, genièvre, huile de scorpion de Mathiole (!). onguent basUlcum. dessiccatif ronge, thériaque, pierres caustiques, dlachllum magnum, unrjucntum aurcum, emplâtre de Paracelse, etc. Nous ne pouvons nommer tous ces médicaments; nous en passons et des plus mauvais probablement. (V. Inventaire sommaire des archives d'Albl, passim.)

dans notre ville : « Le Révérendissime cardinal, votre oncle, avait j à commencé, estant notre prélat, de planter ici une pepinyêre de leur compagnie. » Les consuls ajoutent qu'ils ont sondé le P. Auger, et qu'il résulte de tous les renseignements pris que l'évoque seul peut mener à bonne fin les négociations avec les Jésuites. En terminant, ils insistent sur l'opportunité d'une pareille mesure : « Vu la malice

du temps auquel nous sommes, environnés de plusieurs villes infectées de cette pestiférée hérésie, laquelle sera difficile arracher, si ce n'est par bonne continuation et sainte doctrine d'écoles, pour lesquelles sommes annuellement en peine de découvrir régents, et qui seraient bien nécessaires à cette jeunesse si ébranlée et corrompue en bonnes mœurs K »

Ce projet n'eut pas de suites, du moins pour le moment. La principale difficulté était de trouver de l'argent , et le procès avec le chapitre menaçait de durer éternellement. D'ailleurs, la pestiférée hérésie, comme l'appelaient les consuls, s'acharnait après la ville d'Albi. Elle attisait sans cesse à l'intérieur les souvenirs de la vieille hérésie albigeoise et provoquait les citoyens à une seconde révolte contre l'Église romaine. De son côté, la Ligue redoublait d'efforts et de surveillance; les huguenots avaient beau se réunir dans les endroits les plus ténébreux, dans les gorges de Verdusse, par exemple, chez le teinturier Lavaspre, pour y chanter les psaumes français de Clément. Marot, le lendemain, l'ôvèque ou les consuls étaient renseignés et l'enquête commençait. Qui le croirait? En 1579, on chasse les maîtres d'école comme suspects, et on écrit à Toulouse pour en avoir d'autres.

Ce n'est pas une des moindres curiosités do notre histoire locale que de voir l'acharnement avec lequel

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