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« trime recitabnntur praeoepta : diebua Sabbathi disputationes habebonfar, « Bcrîptionee variai pnesenbentor prorsa oratîone et rerba : declamationes
c public» et ludi dalmntur. » (Ibid.).
Ces succès appelèrent aussi l'attention de l'évêque Delbène II qui avait hérité non-seulement de tous les titres de son oncle, mais encore de son esprit et de ses talents. En 1609, il donna 2,000 livres à la ville pour acheter une autre maison d'école, à la condition que ses armoiries figureraient sur la principale porte d'entrée du nouvel établissement pour marque perpétuelle de cette sollicitude et libéralité.
Néanmoins, les consuls sentaient que les difficultés n'étaient aplanies que pour un certain temps. Chaque jour, ils pouvaient constater que ce qui enrayait l'enseignement communal, c'était surtout le renouvellement annuel des professeurs. Cette succession périodique de maîtres et de programmes ne convenait nullement aux études qui ne sont au contraire jamais plus florissantes que lorsqu'elles sont faites avec esprit de suite et d'après les méthodes jugées par l'expérience. Aussi, voyons-nous le corps consulaire se préoccuper de cette pensée déjà émise bien souvent, de confier les écoles à un ordre religieux enseignant. Un moment, on entame des négociations avec l'institut des Pères de la Doctrine chrétienne nouvellement fondé par César de Bus, puis on s'arrête définitivement aux Jésuites. Les consuls Lebrun et Gorsse vont s'entendre à Toulouse avec le P. Jacqueminot, provincial de la compagnie. Le traité est conclu le 19 mai 1623, et au mois d'octobre de la même année, les Jésuites prennent la direction du collège.
Avant de terminer l'histoire de l'enseignement communal laïque, il est bon de revenir sur un progrès important qui s'est accompli pendant cette dernière période. On a vu que le programme des études, dressé par Marian Langlois, en 1607, faisait une place à part aux sciences mathématiques. Il n'est peut-être pas inutile de remarquer que cette adjonction au programme scolaire détermina peut-être la vocation d'un illustre
mathématicien que dos circonstances assez romanesques allaient associer aux actes les plus considérables de la politique de Richelieu. C'est une page d'histoire assez piquante pour qu'elle trouve ici sa pla
C'était en 1626. Le prince de Condé avait mis le siège devant Réalmont, dernier boulevard du protestantisme dans notre pays. La résistance était énergique et menaçait de se prolonger, lorsqu'une dépèche chiffrée, envoyée par les assiégés à leurs coreligionnaires de Montauban, tomba aux mains des catholiques. Mais aucun parmi ceux-ci ne sut la traduire. Antoine Rossignol se trouvait là au moment où le prince de Condé allait briser la lettre de dépit ; il demanda qu'on lui permît de l'étudier à son tour. Quelques instants lui suffirent pour donner tous les mots correspondants aux chiffres et reconstituer le document tout entier. On apprit de cette façon que la place manquait de vivres et qu'elle allait se rendre si on ne venait promptement à son secours. Les catholiques renvoyèrent la lettre aux assiégés avec la traduction en regard; le lendemain Réalmont capitulait.
Quelques années plus tard, au siège de la Rochelle, Richelieu se trouvait dans le même embarras; les avant-postes de l'armée royale avaient intercepté une dépéri m des assiégés que personne ne pouvait déchiffrer. Survint le prince de Condé qui se rappelant aussitôt le fait de Réalmont, s'empressa de le rapporter au cardinal. Il va sans dire que Rossignol fut mandé sur le champ. Il s'acquitta même si bien de la besogne, qu'à partir de ce jour il resta attaché au cabinel «le Richelieu, auquel, s'il faut en croire les Mémoires du triups, il rendit d'importants services. Louis XIII Le recommanda en mourant à la reine Anne d'Autriche,
et Louis XIV eut souvent occasion de recourir .:i son
hal»il<-ié. La nature même dos affaires qu'il était char-''' d'élucider, les secrets d' Liât dont il reçut la coutide:
expliquent la haute influence qu'il ne cessa de conserver jusqu'à sa mort1 .
Perraut a compris Rossignol dans sa galerie des Hommes .illustres. Il raconte que notre compatriote, appelé par Richelieu, « donna des preuves si étonnan- « tes de son habileté, que ce grand cardinal, malgré « son génie extraordinaire qui l'empêchait d'admirer « bien des choses, ne pouvait s'empêcher d'en mar- « quer de l'étonnement. » Parlant ensuite de l'estime que Louis XIV avait pour Rossignol, le même auteur ajoute : « Il est vrai qu'on ne sait point en détail « ni le nombre ni l'importance des services qu'il a ren- « dus, les conspirations qu'il a découvertes , les villes « dont ses lumières ont facilité la conquête, celles qu'il « a empêché d'être prises, les batailles gagnées et les « défaites évitées, en apprenant par son moyen les des- « seins, les entreprises et toutes les pensées des enne- « mis , parce qu'il a gardé là-dessus un silence invio- « lable2. Il avait l'àme grande et désintéressée; il fut « plus à ses amis qu'à lui-même »
Tallemant des Réaux parle assez longuement, dans
1. Un jour, Louis XIV alla le voir dans sa maison de Juvisy. Cette marque d*estime de la part du grand roi émut si fort Rossignol qu'il faillit en mourir de joie. .
2. Pour avoir une idée de la réputation de Rossignol comme déchiffreur, on n'a qu'à lire les vers suivants au sujet d'un paquet de lettres saisi sur un courrier espagnol :
<( Pour cela Monsieur Rossignol De qui l'on connaît la science Et dont on sait l'expérience Bst mandé pour aller en cour Et mettre le paquet au jour.
Les lettres les plus ambiguës Lny sont en un moment connues:
Il en viendra bientôt à bout Car son esprit pénètre tout ; Et des choses les plu- obscure?
H en fait de belles peintures. » (La Muse de la Cour à Mademoiselle, 21 juillet 1 (157. ).
Ce serait peut-être le cas de se demander si Rossignol n'a pas donné son nom à la clef qui ouvre toutes les serrures, au rossignol. Qui mit I
ses Historiettes, de Rossignol et de ses rapports avec Richelieu. Voici une anecdote qui nous intéresse plus particulièrement que les autres ' : « Il (Rossignol) contoit familièrement au cardinal de Richelieu les honneurs qu'on lui avoit faits à Alby. — Monseigneur, disoit-il, ils n'osoient m'approcher. Ils me regardoient comme un favory; rnoy je vivois avec eux
comme auparavant ils étoient tout étonnés de
ma civilité. — Le cardinal levoit les épaules, et dit à Desmaretz après que l'autre fut sorty : Je vous prie, tirez-lui les vers du nez. — Desmaretz l'accoste et luy dit : Vous en avez tantôt bien donné à garder à Monseigneur. — Pardieu, fit Rossignol, point du tout; je ne luy en ay pas dit la moitié, mais je vous veux tout conter à vous. — Là dessus , il hable tout son saoul. — Mais il faut, ajousta-t-il, que je vous dise quelques-uns de mes bons mots. Il y avoit un juge qui n'osoit quasy m'approcher; je l'embrasse et luy dis en riant : Souvenez-vous de YAlbergatl — C'estoit un cabaret où ils avoient bu ensemble 2. » Rossignol, qui parvenu au comble des honneurs3 parlait avec tant de belle humeur des verres de vin pi'il avait vidés à YAlbergat avec un ami d'enfance aurait bien pu se souvenir aussi des thèmes grecs et des mathématiques qu'il faisait à l'école communale d'Albi. Peut-être faut-il regretter qu'il ait eu la mémoire si courte ou que l'on ne l'ait pas interrogé sur ce sujet. Qui sait si Tallemant des Réaux Lui-même n'y a pas perdu une de ses plus charmantes historietl