Historiette*, 1. LXX. t. IL
'. Historiette*, ibid.
::. Rossignol mourut en 1683, conseiller à la Cour des Comptes; il avait épousé Catherine de Richebourg,<de laquelle il eut deux enfants: Bonarenture Rossignol, seigneur de Juvisy, président «If la Chambre <lr- Comptes, et Marie Rossignol, mariée a If. Croiset, président de la quatrième Chambre des Enquêtes. On peut voir un beau portrait de k<><-i.Lrn..i dans les Hommes illustre* de Ferraut.
Il faut citer encore comme appartenant à cette période François de Clari, avocat général au Grand- Conseil, né à Albi vers 1550, mort conseiller au Parlement de Toulouse en 1627. On a de lui des réquisitoires éloquents : Remontrances au Grand-Conseil du Roi, sur le rétablissement requis par les officiers qui ont suivi la Ligue (1591). — Philippiques contre les Bulles et autres pratiques de la faction espagnole (1592). — Pour si graves que fussent les parlementaires, ils ne dédaignaient pas de courtiser la muse. François de Clary confesse cette aimable faiblesse dans la Description de la belette en vers français. Cette pièce, composée probablement pendant le temps des vacations, n'est pas dépourvue d'une certaine originalité, mais elle est longue et minutieuse comme une enquête ou une procédure du temps. Nous nous contenterons de la signaler '.
Et maintenant, s'il fallait résumer cette période de l'enseignement communal qui s'étend des guerres de religion jusqu'à l'arrivée des Jésuites dans notre ville, nous pourrions dire que nulle part on ne saisit aussi bien que dans les testaments consulaires- de l'époque la portée et la direction des esprits. A partir de 1581 notamment, les consuls sortants ne manquent pas d'exposer à leurs successeurs les travaux exécutés pendant leur gestion et d'exprimer des vœux sur ceux qui restent à faire. Rien de plus noble, de plus touchant que ces adieux à la vie consulaire, rédigés dans un style nourri, substantiel, auquel le patriotisme donne une saveur pénétrante et une valeur morale inappréciable. On comprend mieux en les lisant combien l'instruction élève les âmes, ennoblit les caranôres et prépare aux rudes charges de la vie publique.
(1) Voyez Essai d'une bitfliotkèque albigeoise^ par M. de Combettea* Labourelie.
Nos consuls savent tout ce qu'il faut savoir pour être d'excellents administrateurs; ils ont des idées lar^ honnêtes, généreuses, en matière de gouvernement et sur toutes les questions qui s'y rattachent, comme la religion, la justice et l'instruction. Les fréquents emprunts qu'ils font aux auteurs classiques ou aux Livres sacrés prouvent aussi qu'ils puisent aux meilleures sources et qu'ils ne consultent que les plus sages entre les sages. Après cela, on s'étonne moins de les voir si dévoua la chose publique, à cette république consulaire, à laquelle ils se dévouent corps et âme.
Il faudrait citer chacun de ces testaments, car tous méritent également l'admiration. Nous nous restreindrons seulement aux passages qui font mieux ressortir la trempe d'esprit des consuls, leur abnégation et aussi leur savoir, car il est impossible de lire ces belles sentences sans songer à cette école communale où l'on apprend à écrire et à penser avec tant de dignité, de force et de justesse. Voici quelques-unes de ces maximes prises au hasard et sur des sujets divers :
« Nous ne sommes pas nés seulement pour nous- « mêmes, mais bien aussi pour servir à la patrie et à « la République. Sentence belle et proférée par ce
grand orateur romain Cicéron, laquelle doibt £stre « engravée au cœur de ceulx quy sont appelés à l'ad- « ministration des affères publiques et charges consu- « laires, afin qu'ils se disposent de- préférer l'utilité et « bien du public au leur particulier, sans espérance « de rappourtér autre commodité ny récompansa de « leur labeur que ung honneste et juste honneur... L »
« Rare et singulière est la définition de la Prudence « que le divin Platon nous a laissé en ces mots : La « prudence est mi'' faculté et pniss.-uH-,' quy do soy
peut mener à perfection la fœlicité de L'homme... Ce
]. ïv Hennit coqsalairç <te l'an 1593. (Archives d'Albi, Bérie A.v
« grand personnage avecque ces belles paroles semble « avoir voulu façonner un beau moule dans lequel « ceux quy sont embarqués en affères publiques doi- « vent former leurs mœurs et façon d'agir, donnant à « entendre que s'ils vont et procèdent avec la pru- « dence, l'aisnée des vertus, l'heur ne les abandonnera « pas, mais au bout de la carrière les rendra coronnés « et d'honneur et de gloyre au temple de mémoyre....1»
En 1595, Henri IV vient de monter sur le trône ; lesconsuls albigeois expriment les vœux suivants : «... Et « pour sa prospérité debons prier Dieu qu'il luy donne « en la faveur de son peuple la libéralité d'Alexandre « le Grand, la sagesse de Caton Censorin, la prudence « de Jules César, la fortune d'Auguste. Aulx Ans qu'il « nous maintienne toujours en bonne paix et que puis- « sions veoyr de nostre temps le heureux siècle doré. « Dieu nous en fasse la grâce. Amen!....2 »
« Vivre et mourir pour la conservation de sa
« République avec tout le soing et diligence qu'il y « convient apporter, est acte de vray citoyen, amateur « de sa patrie...3. »
Après les guerres civiles et religieuses du seizième siècle, qui ont tout remis en question et au milieu desquelles l'arbitraire avait occupé une si grande place, la ville rentre enfin en possession de toutes ses libertés et franchises. A ce sujet, on lit dans le même registre : « Les consuls et tous les citoyens de la ville avec leur « postérité seront toujours tenus en rendre louange et « grâces immortelles à la divine bonté. Et sont les « successeurs en la dicte charge consulaire à jamais « exhortez à se maintenir et conserver en la dicte li- « berté, et ne se laisser aller ny circonvenir aux pas- « sions particulières de ceulx qui voudroyent persua-