‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 5 sur 122 · I. H de Liitnjii, dm . édit. Privai, t. I. liv. VI, p · texte numérisé non relu

I. H de Liitnjii, dm . édit. Privai, t. I. liv. VI, p

le développement intellectuel et moral, c'est l'influence

ecclésiastique, l'évêché. Sous les mérovingiens, le prêtre et l'évêque apparaissent comme des bienfaiteurs et des libérateurs. On aime leur pouvoir, on recherche leur protection, et les citoyens d'Albi conserveront pendant si longtemps le souvenir des bienfaits du clergé, qu'ils revendiqueront le titre d'homme d'église comme synonyme d'homme libre : « Càm simus homines ecclesiœ et ab ornai liber i servitute '. » Toute notre histoire locale, même aux approches de la croisade des albigeois, établit ce fait qu'un juriste hors ligne, doublé d'un écrivain distingué, M. Laferriêre,

fait ressortir dans le jugement suivant : « Albi,

« issue peut-être d'une colonie romaine, mais formée « et développée surtout aux quatrième et cinquième « siècles par l'établissement d'un évêché, s'était comme « abritée sous la protection de l'église et du palais « épiscopal, et elle a porté dans sa constitution *inté- « rieure les signes visibles de cette origine ecclésias- « tique. C'est le cas de dire avec Gaïus : « Cujusque « rei potissima pars principium est2. »

Une fois cette influence constatée, considérons ce qui se passe autour de la civitatula Albiensium des temps mérovingiens. Que devient la civilisation dans le Midi de la France au double point de vue moral et intellectuel? Nous savons déjà par les lettres d'Erchanfrède que, dans les hautes classes de la société, le latin ne s'était pas encore corrompu au septième siècle. Mais, bien avant cette époque, de grands événements politiques s'étaient accomplis. La métropole avait été découronnée, le Midi avait recouvré son indépendance et son autonomie, et le peuple commençait à délaisser la langue des vainqueurs. Cependant Rome avait trop

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