Archives de la ville (VAlbi, série CC
2. 1(7.. 248. — Voyez série CC pasiiin : Impôt* et comptabilité.
hors la ville. La Passion se prêchait le plus souvent sur la place de la Berbie, devant révêché. ( >n peut dire que tous les habitants se trouvaient là; car, pour que personne ne manquât, les portes étaient fermées et tout travail était suspendu par ordre1. On comprend mieux après cela le don des douceurs; ce n'est pas seulement une attention délicate de la part des consuls , mais encore et surtout un don plein d'à-propos. Comme on le voit, le sermon était essentiellement populaire à Albi en tout temps; mais il ne le fut jamais plus que pendant les guerres de religion. Parmi tous les prédicateurs de talent qui vinrent à cette époque raviver la foi chrétienne de nos aïeux, il convient de signaler le jésuite Edmond Auger, un des plus grands noms religieux du seizième siècle. Lorsqu'il arriva dans notre ville , en 15.71, il était à l'apogée de sa réputation. Les ovations enthousiastes et les témoignages d'admiration qu'il avait recueillis dans ses missions à travers la France, avaient augmenté son prestige et ajouté au charme naturel de sa parole cette auréole de popularité qui rend les orateurs irrésistibles. Il avait été envoyé par le général des Jésuites, le P. Lainez, pour travailler à la conversion des huguenots et plus particulièrement pour enrayer le mouvement réformiste du Midi, qui inspirait de vives sollicitudes à la cour de Rome. Ses biographes prétendent qu'il ramena plus de quarante mille protestants à la foi catholique 2.
1. Mentionnons un autn inchant, et qui montre jusqu'où noa pères poussaient le respect dee cl o es Baintee et le sèle de la religion. Pendant la semaine sainte, on Eaisait l'aumône aux filles <k- mauvaise vie du Bon-Hôtel . pour qu'elles !• :h< r. I.'' plus souvent, c'était un
! qui était chargé '1'- pourvoir à leur nourriture pendant ce temps :
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peyrian, lu si, mu de x<j>t sont: sieys dente* tomate. (Arc/tires de la ville
d'Albi, Bérie 00,219.)
2. La vie du 1'. Auger a été écrite par le P. Dorignv (Lvon, 17U». in-J2).
Ce n'est pas le cas de retracer ici la vie accidentée de ce Jésuite fameux qui fut confesseur de Henri III et l'un des meneurs les plus actifs du mouvement religieux; le P. Auger a une place à part dans l'histoire du seizième siècle. On connaît aussi son genre oratoire qui ne diffère pas sensiblement de celui du F. Maillard; il n'y a en plus que la différence des temps. Le P. Auger est peut-être moins obscur, moins hérissé de citations, mais personne ne le surpasse dans l'abus des métaphores, des images risquées et des déclamations outrées. Il est tout entier dans ce titre d'un de ses ouvrages qui eut une vogue immense : Sucre spirituel 'pour adoucir V amertume des aigres malheurs de ces temps. (Lyon 1550.) On conviendra qu'il est difficile d'aller plus loin dans le style maniéré.
Quoi qu'il en soit, le P. Auger. eut à Albi le même succès qu'ailleurs. Une pièce de nos archives, citée plus bas ', établit que c'est en l'écoutant que les consuls songèrent pour la première fois à confier le collège aux Jésuites. Un tel résultat est plus éloquent que toutes les démonstrations. On peut dire, en effet, qu'à partir de ce jour la communauté albigeoise avait contracté avec la Société de Jésus un engagement moral qui ne put être rompu que par la suppression de cette dernière en 1763.
Avant le P. Auger, d'autres religieux avaient attiré l'attention et provoqué des sympathies diverses. C'était, par exemple, le P. Quintin, gardien du couvent des Cordeliers d'Albi, prédicateur de talent, mais un peu lancé dans le mouvement réformiste. Au demeurant, « gentil et gaillard, » au dire d'un chroniqueur2, fort recherché par les huguenots qui « pensaient déjà à le marier. » Après avoir donné l'Avent de l'année 1561