I. la Bibliotb
de l'Arsenal, a été souvent cité par l du 'Théâtre français.
03 le Midi n'auraient paa été sans influence sur ;e génie de Molière, qui aurait i>: ament de
pour étudier de
eonr, atriote et excellent ami M. Maurice Raynaud :
le séjour de HalUre tt de hi France, pal
Benjamin Filion.
M. G. Monvel, archiviste de la Comédie-Française, le signalait à Agen en 1650 '. Néanmoins, une lacune subsiste dans cet itinéraire : de 1646, époque où la troupe Béjart est à Bordeaux, jusques en 1648, époque où elle joue à Nantes, on perd absolument sa trace.
Peut-être cette incertitude sera-t-elle Levée par un document de nos archives communales? En tout cas, si nous nous trompons, ce sera en bonne compagnie, car ce n'a été qu'après avoir consulté nos moliérwtes les plus distingués que nous nous sommes décidé k conclure au séjour de Molière dans la ville d'Albi. Voici les faits :
Le 27 juillet 1647, le comte d'Aubijoux, lieutenantgénéral en Languedoc, fit son entrée à Albi. Ce haut personnage devait éveiller dans notre ville de vives sympathies, car on lui fit une réception princière ; les rues avaient été tendues de tapisseries et décorées de tableaux, d'armoiries peintes par Jean Hourde, Louis Bordelet, Jean Molinier, peintres consulaires. Les pages, les gardes et les officiers de la suite du comte reçurent 171 livres de gratifications. Dans le « compte des frais de rentrée de Monseigneur le duc d'Aubijoux, lieutenant-général pour le Roy, en la prorince du Languedoc, » nous relevons la dépense de vingtcinq livres d'écorce de citron, de douze flambeaux de cire jaune, de neuf livres de bougies, de deux mille gimblettes, d'une pipe de vin, etc., etc.
C'est dans ce document que se trouve mentionnée la dépense de 500 livres affectées à titre d'indemnité à la troupe de comédiens que nous croyons être celle des Béjart : « La troupe des comédiens de Mvle duc d' Espernon estant tenue exprès de la pille de Tlioloze, en ces te ville, avec leurs ardes et meubles, et
1. La Troupe de Molière a Agen, d'après un document inédit ; 2° édition tirée à petit nombre, chez Claudin, Paris. 1S77.
demeurée pendant h' séjour de M^T le comte C<V A><bijoux), il leur ftcst accordé pour l<' dédommagement la somme de 5 K) livres payées et avancées par la susdite ville d'Alby, résultant par la quittance concédée par sieurs Charles du Fresne, René Berthélot et Pierre Rébellion, retenue par Mc Bernard Bruel, notaire, le 24e octobre dudit an 1647*. » '
}.Ir»lièrc faisait-il partie de cette troupe? Nous répondrons affirmativement jusqu'à preuve du contraire. En attendant, voici les raisons qui nous le font croire.
Et tout d'abord, la troupe Béjart avait-elle intérêt à se mettre sous le patronage du duc d'Épernon? Cria est hors de doute. Un gouverneur de province! Y pense-t-on? Quelle bonne fortune pour les comédiens de ce pauvre Illustre théâtre qui étaient au pain quérant, et qui allaient user tant de semelles de souliers sur les routes royales! Grâce à lui, en effet, ils recevaient un bon accueil, non-seulement au chef-lieu du gouvernement, mais encore dans les provinces voisines où le nom du duc d'Épernon devait leur servir de sauvegarde, d'appui et de recommandation auprès des 'autorités locales. Il faut croire que les Béjart avaient fait toutes ces réflexions lorsqu'ils poussaient une pointe sur Bordeaux et que ce n'était pas sans intention qu'ils allaient là plutôt qu'ailleurs. Avant de parcourir la province, c'est-à-dire de se lancer dans l'inconnu, Bordeaux avait déjà fixé leur attention comme un point sûr, une sorte de pivot sur lequel ils devaient baser toutes leurs opérations. Une fois là, ils endossaient, pour ainsi dire, la livrée du duc d'Épernon, se déclaraient ses comédiens, sauf à changer de titre et de livrée en temps opportun.
Ces agissements sont, d'ailleurs, conformes aux traditions dr^ troupes de campagne, et chacun sait que