‹ Histoire littéraire de la ville d'AlbiChapitre 66 sur 122 · Voir le chapitre xm · texte numérisé non relu

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français, latin, grec*, un dos premiers, sinon le premier, qui ait paru. L'imprimeur Patron, auquel la communauté venait de céder une petite maison dans les fossés de la ville pour l'installation de ses presses, édita avec un certain luxe ce précieux in-folio, qui devait épargner à nos écoliers tant de longs et pénibles efforts de mémoire. On y voit, à la première page, une vignette d'Etienne Pujol représentant Louis XIV sur le trône entouré de guerriers grecs et romains, au bas trois vues d'Albi; à la seconde page, la devise menteuse de Patron : Ne crains rien soubs ce yati^on-; puis, la dédicace du P. Delbrun à Msr Daillon de Lude :

Qui mea deductum commendet Musa laborem ? Non alii certè (sed si prohiberet A polio) Quam tibi liœcenas, qui tam importuna levasti Tsedia, qui vires nobis animosque dedisti

Il faudrait rapporter ici toute cette dédicace pour donner une idée de l'élégance avec laquelle le P. Delbrun tournait le vers latin ; on dirait une feuille arrachée aux poésies des Leblanc. Du reste, le collège d'Albi continuait à cet égard les traditions de l'ancienne école -de Sainte-Gemme. Un des plus illustres humanistes des temps modernes, le P. Vanière, vint y professer à la fin du dix-septième siècle et y enseigner le secret de faire les vers latins avec cet art parfait,

1. Dictionnaire du P. Drlhrun, de la Compagnie de Jésus. A Alby, chez François Patron (1074).

2. Ce qui nous fait dire que cette devise était menl qu'elle no mit pas toujours Patron a couvert des poniui.-itiLii.-rt d< Lomiciliaires. Le 4 octobre 1077 , par exempl< • t de tous les exemplaires d'un livre intitulé : Questions morales pour les <■• seurs et les prédicateurs, que Patron avait fait imprimer sms consulter l'autorité ecclésiastique. I. »c asuls avaient également ordre de saisir un autre livre, intitulé : 8oienoe pour faire un grand ricairr. (Voir Archives. communales, série BB, 115.)

irréprochable, qui rappelle les modèles les plus purs de l'ancienne Rome. Malheureusement, il ne reste d'autre trace de son séjour dans notre pays que ce passage du Prœdium rusticum où il décrit le cours du Tarn :

Hrec ego Masscraco melitabar nue4, quietâ Tamis ubi, ripis jam decrescentibus. andâ Lâmbere gaudet agros, et demiratur ab alto, Gurgite nascentem villam, campos que jacentes, Hœrct iner.s, nectit que nioras et prœdia circum Lentis errât aquis2

On comprend ce que des professeurs, comme le P. Delbrun et le P. Vanière étaient capables de faire pour l'avancement des belles-lettres. Aussi le nombre des élèves qui recherchaient leur enseignement allait-il toujours croissant. Il fut même bientôt si considérable, que Msr de Serroni, successeur de Msr Daillon du Lude, fut obligé dé distraire le grand séminaire du collège et de lui donner une existence distincte. Depuis la cession de l'école cléricale de Sainte-Gemme à la ville par le cardinal Strozzi, les clercs avaient suivi les cours des écoles communales, puis ceux des Jésuites, sauf à compléter ensuite leur instruction. sous la direction de certains prêtres ou religieux désignés à cet effet. De 1623 à 1684, les Jésuites furent seuls à préparer les vocations ecclésiastiques, et n'y réussirent qu'à force de zèle et d'activité. Toutefois, les défauts d'une telle organisation étaient trop visibles, pour qu'un prélat versé comme Serroni dans la connaissance des affaires et de l'administration, n'y portât pas remède. Précisément, les Jésuites avaient reçu à titre de don gratuit de l'abbé David, chanoine de Saint-

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