On connaît i'épigramme de Boileau
« Quand j'aperç portique
Ce moine au regard fanatique,
Lisant U-- \rr- audacieux
Faits poar lea habitant - des deux,
Ouvrir une bouche effroyable,
B'agiter, Be tordre Lea main-. «
Il me semble en lui voir le diable
Que Dieu force à Louer Les Bainta »>
de l'académie française. 305
tière ne cessa d'accoupler Boyer et Leclerc, de les traiter tous deux d'abominables auteurs. « Les deux Albigeois », cette désignation revient à chaque instant et toujours avec un nouveau mépris. Dans le premier des pamphlets cités plus haut, Leclerc devenu Mauclerc, comme Boyer est devenu Laboyer, n'est plus qu'un gueux, un misérable, un besogneux :
Mauclerc souffrait ailleurs une douleur égale A la faim, à la soif du malheureux Tantale ;
Ce petit auteur indigent, Outre les soins pressants du manger et du boire. Paraissait affamé d'argent Et non moins altéré de gloire, etc. *.
Indiquer la cause de ces attaques et de ces injures c'est assez dire ce qu'elles valent. Nous ne parlerons pas de celles de Coras. Pélisson les a caractérisées de telle façon qu'il est inutile d'y revenir. Plus graves et plus intéressantes sont les attaques dont Leclerc fut l'objet de la part de Racine relativement à son I phigénie.
Par une circonstance fortuite et qui se reproduit rarement dans l'histoire littéraire, ces deux poètes avaient depuis longtemps conçu le projet de porter au théâtre français le chef-d'œuvre d'Euripide. Il va sans dire que la préméditation n'y était pour rien. On connaît assez la modestie de Leclerc pour ne pas lui prêter des idées de concurrence qu'il n'avait jamais eues, envers Racine, moins qu'envers tout autre. Néanmoins, le malheur voulut que les deux Iphigénies parussent et fussent représentées à peu près en même temps. Le public mieux inspiré qu'il ne devait l'être deux ans plus tard à propos de Phèdre, acclama l'œuvre de Racine et resta indifférent à celle de Le-