Il fut traduit en italien pai la prû i isuti
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compatriote qui -<>it connu dana notre \ il le. Il dt.it cette bonne fortune
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édition en 1861. Le sujet de ce roman est très-connu : Tallemanl des B infiniment d'esprit dans une de Bes ITutori
Encouragée par ces succès, et ne doutant plus de l'accueil qu'on ferait désormais à ses écrits, elle se décida à confier au monde littéraire ses vues sur la société et sur les caractères qu'elle doit réunir pour être utile et agréable. Le Projet d'une nouvelle secte de philosophie en faveur des Dames, est longuement exposé dans une Lettre à une inconnue que publia le Mercure de juillet 1681. Tout d'abord, c'est un cri de révolte, un appel aux armes en faveur des femmes qui sont toujours sacrifiées à l'homme et qui ne doivent plus subir cette humiliation. Puis, ce moment de mauvaise humeur passé, Antoinette trace les premières lignes de son plan. On admirera avec nous l'éclat, la légèreté, la finesse et la coquetterie de cette prose qu'on dirait arrachée à l'une des pages les plus remarquables de Mme de Sévigné : « Vous savez, ma- « dame, qu'il y a deux sortes de beaux esprits : ceux « qui le sont effectivement, et ceux qui croient l'être « et ne le sont pas. Il faudra soigneusement examiner « les esprits de ceux que l'on voudra recevoir afin « d'éviter le péril de s'y méprendre. L'on fera le ser- « ment solennel de donner l'exclusion à cette sorte de « gens qui, pour faire les beaux esprits, ne s'appro- « client jamais d'aucune femme sans lui dire des dou- « ceurs. L'on bannira ceux qui parlent toujours ou de « leur naissance, ou de leur bravoure, qui croient « qu'une visite est incivile, si elle n'est de quatre ou
« cinq heures Nous ne devons jamais admettre
« dans notre secte, ces beaux esprits que Dieu n'a mis « au monde que comme il envoie la guerre et la fa- « mine, pour en être les fléaux; ces esprits qui ont « des bornes si étroites, qu'on ne les voit jamais aller « au-delà de certaines manières de parler, de deux ou « trois contes affectés et de quelques comparaisons « qu'ils savent par cœur.
« Il faut sans doute, madame, exclure les femmes
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« qui auront les mêmes défauts en leurs manières, ne < point recevoir ces prudes qui croient qu'une amitié « tendre et délicate est le plus honteux des crimes, « ni celles qui affectent une sévérité ridicule qui leur « fait condamner un honnête enjouement qui est pour- « tant l'âme de la conversation. Il ne faut avoir nul « commerce avec ces dames qui croient que parce « qu'elles ne sont pas coquettes, il leur est permis de « gronder, de donner éternellement des leçons de rao- « destie et de retenue, et qui ne pouvant souffrir qu'on « rie, se déclarent contre tout ce qui s'appelle diver- « tissement.
« Je serais aussi d'avis que nous ne reçussions point a celles qui ne parlent jamais que d'une jupe ou d'une coiffure; celles qui ne peuvent souffrir que les autres lisent des livres agréables, et qui s'imaginent que pour être honnête femme, il ne faut savoir qu'aller à l'église et lire les livres de dévotion. » — Le paragraphe suivant est digne d'attention : Je crois, madame, qu'il est bon surtout de bannir entièrement l'amour de notre société, de p ur qu'il ne trouble le repos que nous cherchons, et de substituer à sa place V amitié galante et enjo> « Les qualités absolument nécessaires pour être admis sont l'esprit et la docilité. Cette docilité demande deux choses : la première, que Ton reçoive avec soumission et avec plaisir tout ce qui sera enseigné: et la seconde qu'on quitte sans peine et sans trop raisonner les mauvaises maximes que l'on pourrait avoir prises dans une société différente do la nôtre. Il fout que l'esprit de ceux que nous voudrons recevoir, soit capable do cette liberté si aimable qui fait dire agréablement el librement ce « que l'on pense, de cette raillerie belle e1 innocente « qui fait que l'on fcoîme <los choses «l'un biais tout à « fait divertissant ; de cette petite malice ingénieuse
« qui fait qu'on surprend les personnes les plus spiri- « tuelles dans de certains endroits de leur conversation « qui les embarrassent un peu, et dont elles ne se ti- « rent qu'après avoir donné beaucoup de plaisir. En- « fin, madame, il faut que vos disciples aient la con- « versation galante, et tout ce qui rend la société « agréable et doiue. sans que pour quelque raison que « ce soit, vous en receviez aucun dont le visage et les
« discours soient armés d'une sévérité ridicule On
« travaillera de concert et sans cesse, pour arracher « les mauvaises maximes qui se sont glissées dans le « monde, et Von fera une guerre continuelle aux « sots dont il sera permis de se divertir, quand par « malheur on se rencontrera avec eux... »
Antoinette de Salies dit en terminant qu'elle s'attend bien à soulever des contradictions. Il y a tant de préjugés et d'ignorance de par le monde! Mais peu à peu l'on viendra à la nouvelle secte qui comme un arbre vigoureux étendra au loin ses rameaux. C'est donc une oeuvre immortelle à laquelle elle convie toutes les personnes éclairées qui aspirent à passer agréablement et honnêtement les loisirs de la vie.
Cette lettre-manifeste fit beaucoup de bruit. On était alors dans la période la plus glorieuse du règne de Louis XIV, et cet essai hardi de décentralisation, ce spirituel plaidoyer en faveur des salons de la province ne pouvait manquer d'être vivement discuté. Un contradicteur ne tarda pas à paraître. Le Mercure d'octobre 1681 contient une critique très fine contre la nouvelle secte en formation. On y lit entre autres choses : « Si vous demeurez à vos premières lois, rien « n'est si contraire à l'esprit de votre secte que l'amour, « et j'aime avec passion depuis peu de jours. » Au surplus, que signifie cette supériorité qu'il s'agit d'accorder aux femmes? N'est-ce pas renverser les lois les plus sages et les plus anciennes de la terre ? Une so~
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cièU liser un tel programme ris-
que fort d'échouer. Néanmoins, le critique inconnu sollicite son admission, ne serait-ce que pour satisfaire la curiosité qui le tient de voir fonctionner une œuvre en apparence aussi fragile '.
Antoinette aurait pu répondre que la société, — ou plutôt, pour employer ses proj -sions, — la
Secte qu'elle présentait n'était plus à former, et qu'elle avait produit de très beaux résultats, notamment dans son salon d'Albi ; mais le paradoxe de la supériorité de la femme sollicite trop prit caustique pour
qu'elle l'abandonne dans un moment si favorable. Aussi, va-t-elle droit au dernier argument de son adversaire et s'attache-t-elle à le réfuter. Les dames veulent gouverner dans la nouvelle académie, et c'est justice. Les hommes sont des usurpateurs qui sans aucun titre légitime ont pris poï . de l'empire du
monde. Toute cette partie de la réfutation est un vrai chef-d'œuvre de grâce fine et enjouée : « Les da « se sont aperçues, il y a bien des siècles, de « « usurpation. Elles ont fait de temps en temps quel- « ques efforts p uvrer leur liberté. Ces illusi
« Amazones dont vous me parlez, songeaient à vous « détrôner; et si le plus grand de vos conquérants « n'eût arrêté leurs pi commande-
« raient aujourd'hui les armées et les hommes file- « raient. N'allez pas m'accuser do vouloir troubler « l'ordre du monde. Le soin que je prends d'exciter « les dames à n'aimer qu'une vie douce, commod< « tranquille, prouve ass<>/ (pu- je hais l'esprit mutin, « et que si je forme des desseins, ils ue sont pas de « révolte. D'ailleurs, après y avoir bien pensé, je « trouve que vous n'avez qu'un empire imaginais
:ontradicteui d' lit autre que Vertron, qui a repro-
« que nous régnons véritablement. Oui, monsieur, « vous êtes nos officiers, nos soldats, nos magistrats ; « et sans vous en apercevoir, si vous remontez à la « source des plus grands événements, vous trouverez « toujours que les dames y ont la meilleure part. « Permettez-moi de vous dire que ces Anges font « rouler ici-bas les premiers mobiles et jouissent du « fruit de vos travaux. »
La seconde partie de la lettre contient des détails intéressants sur l'organisation intérieure de la Société. « On a décidé que tous nos philosophes attacheront « leur médaille avec un ruban vert qui signifiera l'es- « pèrance que nous avons de l'accroissement et de la « durée de notre secte. Les hommes et les dames le « porteront à l'endroit de leur habit qui conviendra le « mieux à leur ajustement. Il sera permis d'orner la « médaille de pierreries ; car bien loin de vouloir que « nos disciples soient sans souliers, comme ceux de « vos plus fameux philosophes, nous n'en voulons « point qui aient des airs bas et de pauvreté. L'image « de la misère est affligeante et conviendrait mal aux « fins de notre secte ; mais aussi pourvu que nos pré- « tendants aient des airs et des manières nobles qui « réjouissent les veux, nous ne ferons pas d'enquête « de leurs biens ! Nous sommes déjà assez philosophes « pour savoir que les bonnes qualités et les vertus re- « lèvent de l'empire de l'esprit et de la volonté et non « pas de celui de la fortune "... »
Nous voilà initiés maintenant à l'organisation du salon d'Antoinette de Salies. Nous savons quelles sont les épreuves qu'il faut subir avant d'y entrer, et nous connaissons aussi la plupart de ceux qui le fréquentent habituellement. Mais à la liste que nous avons détaillée plus bas, il convient d'ajouter encore les membres