III II
162 NICOLAS DE GORRAN.
GORAAN (N1COL4S de).
II y a qoelque incertitude sur le pays natal de NICOLAS DB GORRAN. Suivant divers auteurs • il serait né dans le Poitou ; suivant d*autres » près de Tournai; Leland , Baie » Pits , tous les bibliographes anglais » lui assignent l'Angleterre pour patrie. Ces conjectures, toutes mal justifiées , ont été combattues avec sucdès parEchard, dans ses Seripicrei ordinis frefdieat. (1). L'opinion de ce docte bibliographe » adoptée par M. Ligard (2) « est que Nicolas de Gorran » de Gar* rham, de Gerram, de GorJUin , de Geron^ de Gnmim* de Gerrenct de Gorrena^ de Guarran , de Guerranif de Gargani, car on lui donne tous ces noms » est originaire dn bonrg de Gorroo , près de Mayenne. On ajoute que le château de la Tannière , dont on voit encore des ruines , était » an XIII* siècle , possédé par Tancienne et noble famille i laquelle appartenait Nicolas de Gorran , et qn'il est né dans ce château (3). Tout ce que nous apprenons sur les premières années de sa vie, c*est qu il se fit admettre dans la maison conventuelle que les dominicains possédaient au Mans» et qu'il fut ensuite envoyé » suivant Tusage , au collége de la rue Saint-Jacques , â Paris , où il acheva
(V>; Bist, Utt, de la France, I. XX , p. 324.
13) CoHectamea topographiea et generalia { Additionnai parti' I ulars rclatiiig lo ihr familj de Gorrani ) T. vu.
NICOLAS DE GOSBAIf. 163
868 éiades théologiques. Or, les dominicaios ne 8'étant établis au Mans que vers Tannée 1230 (1) , il est à croire que la date de la naissance de Nicolas de Gorran n'est pas de beaucoup antérieure à cette année.
La fonction de lecteur au collège de la rue Saint- Jacques fut donnée à Nicolas de Gorran dès qu*il eut passé par les épreuves scolaires. En l'année 1276, nous le trouvons prieur de cette maison. Hais il avait au dehors une grande renommée comme prédicateur et comme interprète des saintes Écritures. Cela nous est attesté non-seulement par les annalistes de Tordre de Saint-Dominique f mais encore par un contemporain » dans la familiarité duquel il a dit-on vécu , par Pierre de Limoges. Dans une sorte de Lexique à Tusage des prédicateurs y que nous a laissé ce théologien , BOUS trouvons , en effet , des fragments de sermons prononcés par Nicolas du Mans , Niehdaus Cenomaneniis, qui sont recommandés comme des morceaux choisis de littérature parénétique (2) . Quelques auteurs supposent qu*il fut élu provincial de son ordre; mais cette opinion est combattue par M. Lajard. Ce qui est incontesté , c'est que Philippe le Hardi le donna pour confesseur à son fils atné» le jeune roi de Navarre. Quand ce prince hérita de la couronne , frère Nicolas sollicita vivement le cœur du feu roi pour son église de la rue Saint-Jacques. Philippe IV consentait à lui faire ce présent à jamais mémorable , et le lui avait
(1) H. Gauvin, Géogr, ane. du diocèse du Mans, p. 227.
(2] Ce Lexique, qui porte le titre de Distinetiones , était ma- Buscrit à la Sorbonoe ; il est inscrit aujourd'hui sous le o® 782 ( fonds de Sorbonne ) , parmi les MSS. de la bibliothèque du roi.