ABEL FOULON
profondité , imprimé A Paris , cbes Pierre Baciuio , Tan 1567. Il a escrit on Traicté des machines , eogins » mouTements , fontes mettalliqnes et autres telles inrentions ; non encores imprimé. La Description du monyement perpétuel, non imprimé. Voyià quant A ses inventions» et, touchant ce qu'il a traduict , voicy ce que j*en ay peu voir. Les huit livres d'Architecture de Marc Vitruve, lesquels, pour les avoir communiquei A ses amis , les ont mis en leur nom , et les ont fait imprimer, sans faire mention de luy, qui en estoit le traducteur. Le Poème d'Oride m Ibin , ou contre Ibis , non imprimé. Les Satyres de Perse , traduictes par ledit Foulon en vers françoîs, imprimées, l'an 1544, A Paris. Il a peu composer de son invention et traduire plusieurs autres choses desquelles je n'ay pas cognoi»sance. Il est inventeur des testons forges au mouKn, du temps du roy Henri II du nom , roy de France. Sa devise est : Moyen au trop. Il mourut A Orléans , non sans soupçon d'avoir esté empoisonné pour la jalousie de ses belles inventions , Tan 1563, Agé de 50 ans ou environ, s
Voici maintenant nos remarques sur cette notice.
Le livre d' Abel Foulon qui a pour titre : l' Vêogé si Dtêcripium de VBolomêtre , eut un grand succès. On le trouve traduit dans plusieurs langues. En latin , par Nicolas Stoup , Siupanuê , professeur de médecine A BAIe , sous ce titre : Os Bohmetri fabriea et u$u , •insirumenio gecmeirieo ab Àbele FuUanio olim invenU , nmne vero Stupani opéra êermone laltno explieeUo: Basile, Pet. Pema, 1577, in-fol. En iulien,par un traducteur inconnu ; Tenise , Z. Zfletti , 1564, in-4^. Mais comment la traduction italienne aurait-elle été
IBEL FOOLON. ^205
publiée en 1564, si Foriginal français n'avait été mis en vente par P. Béguin qu*en Tannée 1567? Il faut, en outre, remarquer ce mot ofim, dont Nie. Stoup se sert, en 1577, pour désigner la date de l'invention de Fholomètre par Abel Foulon. Il est donc évident que Touvrage de Foulon fut publié longtemps avant l'année 1567.
Comme le fait observer La Honnoye (1) , le traité de Vitruve sur F Architecture ne se compose pas de huit , mais de dix livres. Nous ne savons ni à quelle date ni sous quel nom fut publiée la traduction de Foulon.
La traduction des satires de Perse fut éditée à Paris, in-4°, par J. Gazeau ; en 1544, suivant La Croix du Maine; en 1514, suivant Fabricius. Mais Foulon étant mort en 1563, âgé de 50 ans environ , avait dû naître en 1514. Il y a donc une erreur chez Fabricius. Cette traduction française des satires de Perse par A. Foulon est la plus ancienne que l'on connaisse. L'abbé Goujet ne l'a pas estimée, c II a , dit-il , en parlant d'Abel Foulon , il a employé les vers de dix syllabes , mais sans y observer ni les règles les plus communes de la versification , ni l'alternative des rimes masculines et féminines , ni souvent même les préceptes les plus indispensables de la grammaire. Du reste , on sent qu'il a entendu son auteur et qu'il l'a traduit le mieux qu'il lui a été possible (2). s
Falconnet a lu , dans Y Histoire des É^iêei rifor-^
(1) Notes do l'édit. de La Croix du Maine et de du Verdier, publiée par Rigoley de Juyigny.
(2) Biblioih. française, t. VI , p. 126.
206 LOUIS AOBEIT DU aiORIER.
wiées (1)9 qii*Abel Fonloo était un excellent ouvrier, eaiployé A Orléans par les calvinistes pour y forger de la monnaie an coin du roi ; il avait en , dit-il , à Paris , la charge de maître â montioie (2).
Mercier de Saint-Léger se demande si Joseph Foo- Ion , abbé de Sainte- Geneviève , qni remplit l'office de diacre on de sous-diacre dans la cérémonie du sacre de Henri IV, n*éuit pas quelque proche parent de notre Abel Foulon (3). Nous ne saurions répondre A cette question. L'abbé de Sainte-Geneviève appartenait peut-être à la famille des Foulon d'Anjou. Ménage nous désigne un Jean Foulon , contrôleur en Télection de Saumor» père de Marie et de Renée Fonlon (4).
AUBERY DU iMAURIER (louis).
LOUIS AUBERY, fils de Benjamin Anbery, aieur àm Maurieri est-il né dans le domaine seigneurial de an Camille , A la Fontaine-Saint-Martin ? Nous ne saurions Taffirmer, m^is nous avons lieu de le croire. Noue lisons , dans ses Mémairêê , qu'il fit ses premières études en Hollande » près de la Haye , dans une maison de campagne nommée Ingelboarg. Benjamin Aobery
(1) T. Il, Ut. V, p. 37.
(2i Notes de Tédit. de La Croix do Maioe , etc. , etc., pabliéa par Rigolej de JuTigny.
(3) Notes aanoacritot sar na ozenpisire Si la BikUoêk. /rmn' foùê de La Croix du Maine.
(4) ITiff. Si SokU, 11* part. . p. 128.
liODIS AUBERY DU MACRICR. 207
avait lové cette maison , qui appartenait à la fomille Barneveldt, pour y établir la résidence de ses enfiants* Nous trouTons encore , dans les Mémoires de Louis Aubery, quelques renseignements curieux sur Benjamin Priolo , qui fut un de leurs précepteurs , et sur sa méibode. Il ne se servait ni de Priscien » ni de Clénard » ni de Despautére ; il négligeait de faire connaître à ses élèves les règles grammaticales » déclarant qu'il avait appris ce qu'il savait , et il savait beaucoup» sans avoir fait usage des livres de ces auteurs , sana avoir chargé sa mémoire de tous ces termes barbares de mptn, de gérondifs etc., etc.» auxquels personne n'entend rien. Nous devons tenir ces détails pour exacts. Or, Benjamin Priolo ou Prioleau, étant né, suivant tous les bibliographes , le 17 janvier 1602 , il ne doit pas avoir été chargé de l'éducation des fils da sieur du Maurier avant d*avoir lui-même achevé ses études 9 e*est-à-dire avant Tannée 16â0 ou environ. Hais que lisons-nous dans une lettre de Grotius da 8 juillet 1621 7 Benjamin Aubery lui ayant fait savoir qu'il avait choisi Gérard Yossius pour précepteur de ses enfants » il le félicite de ce choix : c Vous ne pouviez mieux feire , lui dit-il « que de les confier à Vos-» SHM. » Il ajoute : c Je ne manquerai pas de lui recommander la tutelle de vos enfants quand il viendra dans ces lieux avec ses jeunes élevée » mais je ne l'ai pas encore vu (1). s Celte lettre de Grotius est de Paris ; il écrit à Benjamin du Maurier qui habite la Haye. Le 4 août , il lui fait parvenir une autre lettre , dans laquelle nous lisons : c Je suis persuadé que l'excellent
(l) Epistolœ Grotii, ad ans. 1621.
208 LOUIS AUBCRT DU ■iCRIER.
Vossios aara la plas grand soin de vos enAuiti» el je n'ai pas oublié de stimuler son sèle , bien que eeh ne ffti pas nécessaire. Vous ares fiit le meilleur choix que vous possies faire lorsque vous ares pris le parti de mettre tos enfants entre les mains de cet homme dont la délicatesse égale le savoir. » Enfin , le 19 aoAt» il loi écrit : c Je suis heureux d'apprendre que vos enfiants sont rendus près de vous en parfaite santé (1). a Ces passages des lettres de Grotius établissent clairement , il nous semble » qae Gérard Yossius fut le premier précepteur des enfsnts de Benjamin Aubery ; que ceux-ci restèrent en France jusqu'en 16SI, et qu'en cette année ils furent conduits A la Haye » près de leur père » par l'illustre personnage auquel ils avaient été confiés. Il est parié pour la première fais de Priolo dans la lettre de Grotius qni porte la date du 19 aoAt 1631, et voici dans quels termes : c Placet et is juvenis cui secnndas opéras assignastt. » Benjamin Priolo , Agé de dix-neuf ans , ne fbt donc alors admis dans la maison de Benjamin Aubery qu'avec le titre modeste de sous-précepteur ; A Vossius appartenait la charge principale. Il est cependant A remarquer que Louis Aubery ne rappelle , dans aucun endroit de ses Jftaioîres , qu'il ait en Vosaîns pour mahre.
Quand celui-ci , engagé dans une vive controverse avec les théologiens catholiques» ne put donner tons ses soins A l'éducation des fils de l'ambassadeur français , Priolo les conduisit A l'université de Leyde , et resu près d'eux jusqu'au mois d'août de Tannée t6S8.
(l) £/>ûtoto GroUi , ad «M. 1621.
LUI» AtBKRY DU MAUftlBft. 209
C*e8l alors seulement qu*il les quitta, comnie noua rapprend une lettre (le Grolîus, du 13 août de celte année. Louis Âuberv avait achevé ses éludes littéraires: il pouvait être âgé de dix-sept ans environ. 11 revint en France, avec son père, en 4630. En 463S, il était i Paris, où il étudiait lé droit, mais avec si peu de zèle, que plusdune foisGrotius se vit contraint de lui adresser A ce sujet de respectueuses remontrances (I). C'était un jeune homme indocile, emporté, qui n'écoutait pas volontiers les conseils d'autrui ; mais comme il avait d'ailleurs Tintelligence prompte et ouverte, on espérait beaucoup de lui.
Il existait alors de telles difTérences entre les coutumes, les moeurs et le gouvernement des diverses nations européennes, que. |iour se rendre propre aux aiïaires, il fallait voyager et acquérir, par l'observation, cette science des faits contemporains que nous fournissent aujourd'hui les journaux et les livres des économistes. Destiné par son père à la diplomatie, Louis Aubery parcourut d'abord TAIIemagOe, la Suisse et l'Italie. Il était à Rome en l'année 4630, ef A l'endroit de ses Mémcins où il parle de son s^our dans la ville sainte, il raconte qu'il vit, daus la chapelle Pauline, un tableau de la Saint-Barlhélemy au bas duquel était celle légende: Pantifex Colaminecemprobat. Eien que son père Teûi fait élever dans la religion catholique, Louis Aubery ne put lire sans effroi cette cruelle sentence; cinquante ans après, il se rappelait encore
(I) Dras TéditioD des Ltttra deGrotioi, de raaiiéel087, in fol., Il y ■ icpt leUres de oelni-d k Louis àobery; ce sont celles qal portent les uomtxm 190, a04> 881, W, 788, 880, 891.
SfO LOUIS AUBBRY DU MAUAIBB.
l*éfno(ioD douloureuse que lui avait cnusée la reocootre de ce tableau dans un lieu consacré, sur Tautel même dii Dieu clément et pacifique. L. Auhery étail de retour au Maine en Tannée 4636, et il assistait aux derniers moments de son père. Au mois de mai de l'année suivante, il était à Paris, où il obtenait de Claude de Medmes, comte d*Avaux, la permission de raccompagner dans cette grande ambassade qui eut pour résultai la trêve de vingt-six ans, conclue entre la Suède et la Pologne. Ils partirent vers la fin de mai, et se firent d abord trans|K>rter dans le Holstciu, puis à Hambourg, où le comte d*Avaux séjourna, tandis qu'Aubery alla visiter Lubeck et Kiell. Us se rendirent ensuite en Daoemarck et en Suède, où Louis Aubery, bien reçu par la noblesse de toutes les cours , contracta des relations presque familières avec le jeune Charles-Gustave. En se quittant, ils se firent des présents mutuels. Aubery reçut des mains du prince palatin un très bel atlas, et lui donna les Mémoires de Commhies, in-fol., édition de Vascosan, t-xemplairc réglé, relié magnifiquement en marocain et doré sur tranche; en oulre, il célébra les mérites précoces de son royal ami dans une série do strophes héroïques qui furent louées, nous dit-il, par les experts les plus renommés, Conrart, Chapelain et d'Ablancourt; mais nous avons le regret de les trouver fort peu dignes d'éloges. Vers la fin du mois d*août 1637, ayant appris que Wladislas, roi do Pologne, pré|)araii de grandes fêtes pour célébrer son mariage avec la princesse Cécile-Henée d'Autriche, sœur de Tempereur Ferdinand 111, Aubery se rendit en toute hâte en Varsovie Bo ce lieu, nous perdons la trace de notre voya*
LOUIS AUBERY DU MAURIKRi 311
geur; ce que dous savons, c est qu*il revint en France avant le comte d'Avaux.
Il était à la cour en i*année t642, quand il fut chargé par le comie de Ranlzaw, retenu prisonnier dans le château deGand, de communiquera la cour de France une nouvelle importante. La citadelle de Gand clail dégarnie de troupes, et avant que lennemi pûi la secourir, elle devait tomber au pouvoir des Hollandais, alliés de la France, si Ton envoyait de ce côté le prince d*Orange avec son infanterie Aubery transmit à la hâte cet avis au conseil du roi ; mais comme il venait du comte de Ranlzaw, qui était dans les plus mauvais termes avec le minisire do Noyers, on n*eD pro6ta pas. G*est en cette année 4 642 que Louis Aubery perdit son protecteur, le cardinal Richelieu. 11 était admis, même dans les jours solennels, à la table ronde de ce ministre, qui lui avait plus d'une fois promis de remployer dans quelque ambassade, et ne Tavail pas fait. Or, quand il D*avatt rien obtenu sous le ministère de Richelieu, si ce n'est les titres d aide-de-cainpdu roi et de maître des requêtes en service ordinaire, que pouvait- il espérer de son successeur? Aubery prit alors le parti de la retraite, et, après avoir prononcé quelques dures paroles sur la cour et les courtisans, il alla se renfermer dans son domaine du Haurier, où il ne voulut plus avoir d'autre occupation que celle de réparer les brèches qu'il avait faites à son bien.
Cependant, il n était pas né pour le repos; empêché de prendre part aux affaires, il ne put se défendre d'exprimer son avis sur les choses qu'il avait apprises, sur les événements auxquels il avait assisté, durant
2^2 LoUtS ACBBSY Dt
ses voyages et durant son séjour a Paris. Il écrivit ses Mémoires^ et s'occupa de préparer une édition nouvelle du plaidoyer prononcé par son grand-oncle , Jacques Aubery , dans l'afTaire des hérétiques de Gabricres et de Mérindol. Nous avons parlé de cet ouvrage qui parut en 1615, iD-i*> (4). Louis Aubery devait avoir atteint ^ soixante-dixième année, quand, en l'année 4680, il publia le premier volume de ses Mémoires sous ce titre : Mémoires pour servir à Vhisioire de Hollande et des autres Provinces Unies, par Mess. Louis Aubery, chevalier, sieur du Maurier; la Flèche, Laboi*, 4 680, in-8 (?]. Il y a eu de nombreuses éditions de cet ouvrage ; nous mentionnerons celles de Paris, 4687, 4688, 4703, in*4f ; en 4754, l'abbé Sépher en donna une édition nouvelle, avec des notes inédiles d'Amelot de la Houssaye, sous ce titre : Histoire de Guillaume de Sassan^ prince d^Orange; Londres (Paris), 4754, 2 vol. in-42 (3). Ces Mémoires sont une suite de biographies rédigées avec une liberté d'opinion qui en a fait le succès. Le style en est lâche et peu correct; mais l'auteur nous avoue qu'ayant « corrompu » sa a langue naturelle par une longue demeure dans les païs étrangers et |iar une plus longue station dans le Mayne, où Ion parle très mal, • il ne sait pas écrire comme il convient. Les notices que contiennent ses Métmires concernent Guillaume de
(I) HUt. iia. dm Mmim, t u» p. kh9*
(1) n 7 a dci esemplairet de ortte èJilioo qal portent, avee la mitmm me, le mnb de* Itbrairei de Parit cbei leaqacla Ui flutalala CBfviile.
(9; Daaa «aelquca etenpl. de cette éiïi. Taûcies tttfc catcMlané. Lo«la Aabcry y eit aonaid Àmkrj ém M—r'm,
L0UI8 AUBEEY DU MAUBin. SIS
Nassau, Louise de Coligny, Philippe-Guillaume, prince d*OraDge, Heori-Frédéric de Nassau, Jean de Barue* veldi, François Aersens , Hugues Grolius. Comme ces notices ne sont pas toujours très équitables, car il s agit de contemporains, d*amis et d*ennemis, les critiques n*onl pas manqué d'en signaler les passages plus ou moins défectueux. Bayle, Baillet, Levassor, Jennei, le Clerc, doivent être comptés au nombre des censeurs des Mémoires de L. Aubery. Cb. Ancillon les a jugés plus favorablement et avec plus d'équité (1).
Cet illustre bibliographe, né en 4659, a pu connattre, dans sa jeunesse, Louis Aubery: il a, du moins, entendu souvent parler de lui, et quelques gens lui ont tenu sur son compte les propos les moins flatteurs. Il les rapporte en ces termes : « Us disent qu*il étoit malin, et que, tout accablé de goule et d'années qu*il étoit, ne pouvant agir, il vouloit écrire; qu'il a tiré les mémoires qu'il a publiés des mains de Haximilien, son frère atné, à qui le père les avoit laissés , et qu'il leur a donné la forme qu'ils ont ; de sorte qu'encore qu'il dise souvent que son père lai a dit, ou qu'il lui a ouï dire, et qu'il ne parle que par mémoire, la vérité est qu'il n'a fait que suivre les Mémoires que son frère lui a communiquez, et qu'il ne sait rien de ce qu'il écrit que parce moyen... Ces personnes ajoutent que s'il n'a pas publié tout ce qu'il avoit promis, ce n'est pas sa faute. Il a fait tout ce qu'il a pu, pour tirer des mains de son frère dos Mémoires par le moyen desquels il espéroit de pouvoir
(I) Mimoirpt eane^Mnt Iôê viet ei le$ ouvrages de p(uMur$ moécrnfs.
S14 IjOCIS AtBEBT hV MAUltBR.
exécuter sa promesse ; mais son frère , le conooissant trop bien, et craignant qu'il ne se servit de ses Hémoircfi pour chagriner bien des gens, sous prétexte de faire les véritables peintures des princes, des grands et des ministres dont il y est parlé, lui a refusé les Mémoires qu'il a demandés; de sorte qu*actuellement, ils sont encore entre les nuiins de M. du Maurier, son petil-6ls, et petit-neveu de notre du Maurier , le seul rejellon de celte illustre famille. ■ Il y a peut èlre dans ces propos quelque vérité, mais assurément il y a plus d*unc erreur. Il est possible, il est même vraisemblable que le possesseur des papiers laissés par Benjamin Aubery était son filsatnéMaximilien. Nous voulons bien croire, en outre, que celui-ci, moins audacieux que son frère, ne lui sut pas tion gré d avoir pris ouvertement, dans ses Mémoires, le parti des républicains hollandais, el d*avoir rappelé que Benjamin Aubery avait été Tami, le confident, le défenseur de Grotius, de Bameveldl, et l'adversaire de leur ambitieux et cruel persécuteur. Mais ce qui est inadmissible, c*csl que Louis Aubery ait copié dans les manuscrits de son |)ère tout ce qu'on lit dans les Mémoires pour senir ci Ihisloire de Hollande, Parmi les faits intéressants qui sont racontés dans ces Mémoires^ combien n'en pourrait-on pas dcsipner sur lesquels Benjamin Aubery n a pu laisser de renseignements particuliers, puisqu'ils ont eu lieu vingt ou trente ans après sa mort ?
Ch. Ancillon n*eAt peut-cMre pas accueilli, comme il Ta fait, ces dires malveilLinU, s'il eût appris que la fille unique do Louis du Maurier possédait en manuscrit un ouvrage de son |>cre non moins iniporlanl que ses
LOUIS AUBBRT DU UAURim. Si!)
Mémoires pour servir à Vhisloire de Hollande. Cet ou* vrage ne fut publié qu*cn 4735, vingt ans après la mort d*Ânciiion, par Louis- Léonor- Alphonse (FOrvaux du Haurier, sous le titre de : Mémoires de Hambourg, de Lubeck et de Holsiein^ de Danemarck, de Suède et de Pologne, par feu mess. Âubery du Maarier; Biois, Masson, 4735, in- 4 2 (4). Ces If ^fTioires nous sont donnés par l'autear lui-même comme la suite des premiers, et, bien qulls ne soient pas rédigés sur le même plan, ils sont du même style. On y trouve d'ailleurs des renseignements géographiques et historiques qui ne manquent pas d'intérêt. Ils se terminent par la phrase suivante : c Comme je songeois è mettre la dernière main è ces Mémoires, dos affaîres plus importantes m'en ont détourné. Je prie ceux de mes enfants entre les mains de qui tomberont ces Mémoires, de les transmettre, slls le jugent à propos , à la postérité , ou de les conserver en mémoire d'un père qui n*a de cœur que pour eux. Délivré du tumulte et des embarras du monde, un soin plus précieux va occuper tout mon loisir , que je consacre à une heureuse immortalité, o Louis Âubery mourut, dans sa terre du Maurier, en Tannée 4687.
Les Mémoires de Hambourg sont l'ouvrage qu'Ansart mentionne sous ce titre : Traité du commerce de la Baltique, ou Mémoire sur les royaumes du Nord. Ils eurent, il est vrai, peu de succès, mais Aosart, qui publiait sa Bibliothèque du Maine en 4784, aurait toutefois dû savoir que le manuscrit possédé par MM. d'Orvaux avait été publié dès l'année 4735. D'anciens catalogues
(4) Une aiilre édition porte la date de Lejde» 1748.
216 LOUU ACBIBT DD MAVBIBB.
/ui attribuent oo lil)elle anonyme que nous ne connaissons pas, et qui ne se trouve meiitionni ni dans la Bibliothèque cl*Ansart, ni dans la notice de Gh. Ancillon, ni dans les arlicles de Moréri et de la Biographie Vmversdle^ ni dans le Dictionnaire de Barbier. En voîct le litre, tel qu'il est rapporté par M. Desporles(4] : Sttper vetere Austriacorum proposHo de occupando mare Balthico^ omnibusquô Poloniœ et septentrionalis Germamœ mercaturis ad se attrahendis m Galliantni et fxderati Belgii detrimentum; Parisiis, 4614, in-i°. Cette disser* lation, qui doit être intéressante à plus d*un titre, se place à côté des traités de Grotius de Selden, de Graswinckel : nous regrettons vivement de n*avoir pu la rencontrer. Louis Aubery avait formé le projet d'écrire une histoire des dernières années de Louis XIII, mais il ne Ta pas exécuté. Costar, qui le comptait au nombre de ses correspondants, lui a adressé quatre de ses /eftrei [i). Il suffit de les lire pour se convaincre que l'aoieur des Mémoires pour servir à Vhistoire de Hollande ne jouissait pas d'une moindre considération parmi les lettrés que parmi les courtisans. Aux qualités de l'homme d'aiïaires il joignait, ce qui les accompagne rarement, un noble cœur et une intelligence éclairée.
(1) Bikfiùgraphié dm Mm'me. Il est aussi désigné à la pace îH àe
la Bibliolhecû BmlleilUmû^
(S) Leitrts ùe Cwlv.
LAMBOT. St7