LAMBERT
Le livre Pontifical da diocèse nous fait connaître que LAMBERT occupa le siège laissé vacant par Robert, et qu'après avoir, durant six années, éprouvé de grandes contrariétés, « multisperlurbalionibusoppressus, » il mourut, sans laisser aucun souvenir de son administra* lion : « nullam aciuum suorum merooriam posteris dereliquit. » C*cst pour cela sans doute que le collaborateur d'Antoine de Moucby, Pierre Lebret (4), ainsi que les annalistes Robert et Chenu, ont ignoré même le nom du vingt-cinquième évèque du Mans. Tout ce que nous apprenons de Le Corvaisier, c'est que Lambert mourut le 23 décembre de l'année S92.
Un manuscrit de Golbert, inscrit aujourd'hui sous le n* 1837 parmi les manuscrits de la Bibliothèque du roi, iKMis fournit sur cet évèque un renseignement très pré* cieux et que nous devons recueillir, puisqu'il s'agit d'un monument littéraire. Ce volume, qui paraît être du IX* siècle, contient les capitulaires de nos premiers rois; mais au verso du dernier feuillet, une main, peut-être plus récente, a reproduit une missive épiscopale adressée par Lambert à Hildebrand, évèque de Séez. Voici l'objet de cette missive. Un certain Rainon s'est rendu coupable de divers délits à l'égard de l'Église du Mans, et Lambert, l'ayant excommunié, prie l'évéque de Séez de ne pas admettre à la table sainte, dans son diocèse, ce sacrilège impénitent.
(I) Hut. m. du MainCf 1. 1» p. 189.
918 OCNTHIBI.
Baluze a connu celte lettre de Lambert, el dans Tcdi* lion qu*n a donnée, en 1671, des livres de Reginon, nbbé de Prum, sur la Discipline ecclésiastique, il la publiée d'après le manuscrit de Colbert ; elle se trouve dans l'Appendice, aux Notes, p. 6t5.
GUNTHIER.
Dans le catalogue des manuscrits de la Bibliothèque du roi, est inscrit, sous le n* 6iOI (ancien fonds), un ntanuscril sur vélin provenant de la bibliothèque Colbert, où Ton nous signale une lettre de Gunthier, évèque du Mans, a Raoul, évèque de Laon. Ce manuscrit étant en partie du xi* el en partie du \u* siècle, Tévèque du Mans, auteur de la lettre à Raoul de Laon, ne peut être que le vingt -sixième de nosévèques, le suc* oesMur de Lamiiert, GUNTBIBR ou 64t;TtKB, qui gouverna le diocèse de l'année 890 è l'année 913. Bien que Ton ignore quel fut le lieu natal de Gunthier, nous étions curieux de rechercher cette lettre h Raoul de L^ion, dans le n* G401 des manuscrits du roi; mais le manuscrit désigné n'en reproduit que les premières lignes, et le reste a été perdu. Nous mentionnons toutefois cette lettre, pour qu'une omission grave ne nous soit pas re* prochée.
Tandis que Habillon faisait transcrire le Pontific«il des évèques du Mans, pour l'insérer dans ses Atuilecta, Baluie lui communiqua le manuscrit de Colbert que nous venons de décrire, et ce docte bénédictin s'em-
GtRTHIRR. 819
pressa d*en extraire la lettre ioacbevée de Guulhier è Baool. Od peut donc lire ce fragment dans les Analectay à la suite des Actes des évèques du Mans.
On possède un écrit de Gunthier bien plus important que la lettre du manuscrit de Colbert : cet écrit est une relation animée, quelquefois éloquente, des dévastations commises dans le diocèse du Mans par un chef de milices normandes, nommé Rolgaire ou Ratgaire. Cette relation se trouve dans le Pontifical, d*où Mabillon Ta tirée. Elle commence par cette invocation : « Apprenez, serviteurs du Christ, amis de la justice, apprenez, rois et princes de la terre, apprenez les cruels et nouveaux attentats accomplis sur la personne de moi, Gunthier, indigne pasteur de TEglise du Mans, et sur TEglisequi m*a été confiée, par le plus pervers des hommes, Rotgaire et les gens de sa bande.... » La lecture de cette déclamation historique n'est pas sans intérêt.
Puisque nous avons sous les yeux le catalogue imprimé des manuscrits latins de la Bibliothèque du roi^ corrigeons une des erreurs commises parles auteurs de ce catalogue. On y distingue un Halitgaire, évèque du Mans, d'Halifgaire , évèque de Cambrai, théologien do X* siècle, et deux manuscrits de lancien fonds du roi (n'* 2373, 7561] sont indiqués comme renfermant un Pontifical et des Fr.igtnerUs d*llalitgaire du Mans. Mais cet cvAque est supposé, et les ouvrages qu*on lui attribi:e doivent être restitués à Halitgaire de Cambrai. Il est vraisemblable qu on aura lu Cenomanensis episcO'
pus, où il y a Cameracensis episcopus.
ttO ftOmT M CLUICHAlir.
CLINCHAMP (ROBERT de).
Pourvu d*abord d*une simple prébende dans Téglise caihédrale, HOBSftT db CLINCHAMP remplit ensuite les fonctions de chantre, puis celles de doyen. A la mort de Denis Benaiston, de Falaise, cinquantième évAqiie du Mans, il fut élu successeur de ce prélat, par voie de scrutin, per viam scrutinii; et tel était son crédit dans le diocèse, telle était sa bonne renommée, qu'il obtint lunanimité des suffrages {i). La date de sa promotion pareil être le mois d*avril de Tannée 1)98. RobeK s*était concilié tous les esprits non par ces libéralités clandestines qui déshonorent celui qui donne et celui qui reçoit, mais par un grand acte de charité publique. Lorsqu'il était doyen, une famine avait désolé le dio* cése durant trois années consécutives : il avait alors distribué ses blés aui pauvres; ses greniere épuisés, il avait vendu ses vases d'argent et tout ce qu'il possé* dait, même ses chevaux de prix , eqtios quos habebat pukherrimos, pour acheter du grain et subvenir aux besoins de la population nécessiteuse.
Voici dans quels termes l'auteur de la notice nécrologique insérée dans le Martyrologe de l'Eglise du Mans, s'exprime sur les actes de Tépiscopat de Robert. « Orné de la mitre pontificale, il gouverna pacifiquement le diocèse. La plupart des abbayes de Tun et de l'autre sexe s'étant trouvées vacantes, l'élection des supérieurs
(4) Jr«rf/r^. ueL Cenam. MS. eiidey acaiibr. UbUoUi. Oa^
ÏOBBRt DB CLtNCHÀaiP. Sii
de ces communautés se fit sans (roubles, par son intervention ; il réussit à écarter toute cause de débats. Juge toujours équitable entre ses sujets clercs ou laïcs, il déclarait sans Subterfuges quel était le droit de chacun, et, torsqull était obligé de sévir, il tempérait la rigueur de la justice avec Thuile de la miséricorde. Inaccessible aui séductions du mensonge et de la flatterie, il n avait rien plus en horreur qdo de voir ou d entendre deâ orgueilleux, des fourbes, dés nlenleurs et des médisants; aimant et se plaisant è élever les simples et les humbles, il avait voué une haine profonde à ces agitateurs, qui, en outrageant une famille (nalioni alicuidetrahendo), les armaient toutes les unes contre les autres. Pour ce qui regarde ses devoirs spirituels, il les remplit suivant ses forces» et le jour et la nuit, envers Dieu et tous les saints, célébrant avec pompe, quand il le ik)Uvait, lofflce divin aux fêles solennelles et même aux moindres fêtes. Quant à son administration temporelle, il fit relever le manoir de Touvoye, dont il ne restait plus que les murs, car il avait été brûlé et dévasté durant les dissensions autrefois survenues entre Tévèquo Jean de Challe (Johannem de Chanteyo) et les seigneurs ses ennemis; à Tancien édifice qu*il rétablit, Robert fit ajouter une salle haute et commode, près de la chambre épiscopale. Dans les autres manoirs , à Yvré, à Ceauloé, il releva des ruines et changea la disposition des bâtiments. Il fit construire, à Ceaulcé, le portail qui était détruit, ainsi que la métairie, et creuser un étang à Parigné-rEvèque.... Il gouverna celte église pendant neuf ans, cinq mois et trois jours. » Cette notice nécrologique est une des plus étendues
9ii lOBBET m GURCHAMF.
du Martyrologe; elle ne conlieiii poonéanmoiosie récit de tous lesacleederépi^scopat de Robert. Quelle que fui, dit -on, la facililé de sod caractère, il eut procès avec le prévôt et le chapitre de Saint* Martin deTours, au sujet du patronage des églises de Moiel; il fut aussi en contestation avec! abbé de Rivon, qui lui disputait le droit de présider et de donner le premier siilTra^e au!i élections des abbés de la Pelisse Nois voyons dans le Cenoinaft/a qu il obtint du roi Philippe- lo -Bel une ordonnance concernant la discipline ecclésiastique. Ayant en outre porté plainte devant ce prince contre les agents du lise, qui avaient osé por'er la main sur les dîmes et les pensions de quelques églises du diocèse, il fil condamner cet abus.
Le Gorvaisier veut que Robert ait occupé le siège du Mans |)enilant douze années (I), Bondonnei réduit à onze ans et demi la durée de son éptscopat [î) : nous ne )x>uvons que signaler le dissentiment qui existe h ce sujet entre ces deux historiens et Tauteur delà notice insérée au Martyrologe. Ce que Ton sait, c est que Rol)erl mourut le 29 septembre 1 309. On rapporte, en efTet, ci*8 vers d*un de ses chapelains :
Aniib Bîllcnto ter anium nonts Ccnoniattis Pranl deccMlt Robertn», cul reqoies tit Pcrpcf io cœlii, feslo nodi If ichftrtb.
I^ tomlieau qui reçut les restes mortels de cet évè(|ue Tut placé dans le chœur dn la cathédrale, au côté droit
(1) iiUU titê EvtMtftiCë Jtt lfl»iU| pw 55X
(S) Ut Fies Oi Kwtê^mtê dm Mêm$ rettiiuiêê ti antî^/m. p. 5Ml
ROBBRt DE CUNCHAMP. 328
du grand autel; il fui dévasté par les religionnaires en 4562.
On a de Robert de Glincbamp deux pièces d'un médiocre intérêt : Tune à été extraite du Livre Blanc de levèché par H. Cauvin, et se trouve dans les Inslru* merUa de la Géographie ancienne du diocèse, sous ce litre : Decrelum Roberti episc. Cenoman. de novaUbus neinoris de Blavelo (4). Quelques parties de la forêt de Blavon ayant été défrichées el les terres mises en culture, les nouveaux habitants de ces lieux se trouvaient placés en dehors des circonscriptions paroissiales et demandaient à quel pasteur ils devaient appartenir. Par son décret, qui est de Tannée 4309, Robert divise en deux parts le territoire occupé par ces colons, et donne les uns à la paroisse de Lignières-la-Carelle, les autres à la paroisse de Sainl-Rigomer.
L'autre pièce de Robert a été extraite par dom Harlène d'un manuscrit du Mont-Saint-Hichel, el publiée au tome 4*' du Thésaurus novus Aneedotorum. G est un règlement par lequel il est interdit aux moines de Saint- Vincent de manger de la chair dans leur réfectoire, Tusage de la viande ne pouvant être accordé qu'aux malades, dans l'infirmerie du roonaslère. Celle pièce a pour titre : Compositio amicabilis inler episcopum Cenomanensem et abbalem de Sancto Vincentio, Rien n'indique qu'elle soit de Robert de Glincbamp, si ce n'est cettenote marginale deMartène : « Circa annum 1300. »
I f (4) Page 93 des Inttrumenia. Au folio dl, vewo, da Une BteM de rBTècbé.
%ki PlklEB DB BÔUflBKE.
BOUIIËRR (pierre dk).
La terre et seigneurie de Bouère, près Sablé, co latin Bariactis, Beoria^ Boutria inagna^ Bouerium^ a prèle son nom h une ancienne bmille, depuis longtemps éteinte, connue par ses libéralités à Tégard deft tnoincs de Marmoutiers (t). C'est vraisemblableroeni i cette famille qu*apparlen«iil pieiirb db BOUHÈRE, SabolicD, Petrus Bouherius Sabulensis^ éditeur du livre suivant : Mag. Conradi Thuricensis magnum Elucidarium, omnes hisiarias et poeticas fabulas coniinem^ quœ super numieSf voiles, lacus, urbes el omnia in poelarum monumentis locafamigerabilia. Parisiis, GormonI, 4 513, in- 4*. Cet Blucidarium est ce qu'aujourdHiui nous appelons un dictionnaire historique; il contient la plupart des noms dhoromes et de lieux qui se rencontreot dans les auteurs grecs et dans les latins. Une élégie la* tine de Pierre de Bouhère nous apprend qu*îl ne fut pas seulement Tédileur, mais, en outre, le correcteur du manuscrit laissé par Conradus.
If alico al ioterai dctatur gralla aoslro Vindioe que Unui pro&Uit Iste liber.
A la fin du livre se trouvent quelques bendécasyl- \ébes qui sont aussi de Pierre de Bouhère, et Ton peol le croire auteur des nombreuses additions séparées et distinguées du texte par le mot appendix II faot compter VElucidarium de Conradus Tburicensis au nombre des livres les plus rares; la Bibliothèque du
( I } M. Canvle, Armorimi^ p. S7. «- Oéogrmph. «itrffiiM, ta WHk
mCHBL âOUKRBI. Sâï»
roi n'en possède qu'un exemplaire mutilé qu'elle a reçu (le Falconnet. Gilles Ménage TavaiLcntre les mains lorsqu'il s'occupait de la seconde partie do VHiêioire de