‹ Histoire littéraire du Maine (volume 2)Chapitre 21 sur 39 · ARNOUL (FRANÇOIS · texte numérisé non relu

ARNOUL (FRANÇOIS

François ARNOUL , né à Laval , embrassa Tlnstitut de Saint-Dominique dans le Couvent des Frères Prêcheurs de cette ville , vers l'année 4626. Il a laissé la réputation d un habile homme , qui s*avan$a moins par le lalent ou la vertu que par l'intrigue. Etant parvenu jusqu'auprès de la régente Anne d'Autriche , il gagna ses bonnes grâces et devint son chapelain ordinaire. C'est alors qu'il forma le projet bizarre d'établir un ordre de chevalerie pour les femmes, sous les auspices de la régente , et dans l'intérêt du culte de la Vierge. On trouve le pro^)ectus de cet établissement, dans un petit livre d'Amoul, qui porte ce titre : InstUtUton de VOrdre du Collier céleste du Sacré-Rosaire , par la

(4) BibUop, 4a Bffeioi^ p. |6?.

iS6 FnAKçms arnoul

reine régente » mère du roy , avec une insinêctim pour cinquante filles dévotes et toutes les âmes vertueuses ; Lyon, J. Garleron, et Paris, J. Gost, 4647, in-12. Oa Ton ne rechercha guère le collier proposé par notre Jacobin , ou les postulantes ne furent pas jugées dignes de porter les célestes insignes ; toujours est-il que ce projet d*un nouvel ordre n*eut pas de suites. Dédaignant alors ou laissant à d'autres la direction des âmes qu*il a\ait trouvées rebelles à sa voix, Amoul s*occupa des soins que réclame le corps , étudia les vertus secréles de quelques végétaux et plus spécialement celles de quelques déjections animales, et vint ensuite s offrir au public comme possesseur d*onguen(s merveilleux, souverains pour la guérison de toutes les maladies connues et de plusieurs autres. Ce fut un vrai tour de charlatan. On a de lui : BévéUUion charitable de plusieurs remèdes souverains contre les cruelles et périlleuses maladies qui puissent assaillir le corps humain , par le R. P. P. Ameul, chapelain de leurs Majestez; Lyon, P. Bailly , 4 651 , in-4 2 . C*est une brochure de quarantecinq pages, qui contient diverses prescriptions médicales dans le genre de celle-ci : Pour étancher le sang qui vient par le nez , « prenez une poignée d'orties noires, froissez-les entre vos mains , mettez-en dans vos deux narines, ou bien mettez de la fiante de porc masie toute fraische dans un linge, et faut en souffrir tant soit peu Todeur. » Il s agit surtout, dans ce livre, d'une certaine toUe de Jacob, composée par maître Amoul , au moyen de laquelle on guérit infailliblement toutes les affections névralgiques, et les fluxions, catharres, etc, etc. Dans toutes ses pré|)arations, c'est, nous le remarquons, la fiante de porc mftle (sauf le

CHABLIS BRISEfiARRE. 2ST

respeci dû au lecteur) qui joue ie principal rôle. 11 se fit huer, nous dit Ansart (l). Suivant Ëchard (2), il obtint quelques succès. 11 est vrai qu'il se rencontra deux ou trois médecins pour attester qu'il avait opéré diverses cures merveilleuses. Nous avons sous les yeux leurs certificats. Les faut-il croire ?

BRISEBARRE (chaeles}.

Cbablbs BRISEBARRE , né au Mans, en 4 650 , était fils de ce Louis Brisebarre , avocat au siège présidîal , qui fut procureur de la commune en 4 682 (3). Charles Brisebarre s'étant destiné lui-même à Tétat ecclésiastique, reçut tous les ordres pendant son cours de théolojgie. Atteint d*un mal incurable , qu'il supporta durant vingt années avec une héroïque constance (I] , il employa ses loisirs à composer un petit livre sur les conditions du bonheur : Lari de devenir heureux dans la Société; Paris, Barbin, 4 690, in-42, sans nom d*auteur. Dans la première partie de ce traité, il s agit du désir, considéré comme le principe qui détermine toutes les actions humaines : Thomme désire un objet, et, comme cet objet est dans la possession d*autrui , lart d'être heureux consiste à obtenir des autres ce qu'on souhaite pour soi. Hais jusqu'où ces souhaits peuvent- ils s'é-

(i) Biblioltu littér.

(2) Scrîpt» ortU Prmdieai» L H. p^ 565*

(8) M. GaoTiOy De ^administration municipale (fan* ta province eu Maina, p» 55.

U) Aaiart, Biblioth. littér. du

as llAtl Ltt iiAir.

lendre? de quels biens peut-on convoiter la possession, sans manquer aux préceptes de la loi divine ? c*est là lobjet de la seconde partie du livre de Brisebarro. Il nous sufBt d en faire cette analyse.

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