ROUSSEAU (FRANÇOIS
Nous n'avons pas dautres renseignements sur Frangois ROUSSEAU , que ceux qui nous sont fournis par V Histoire liUércûre de la Congrég. de Saint- Maur. Né à Savigny en Yendomois, au diocèse du Mans, il fit profession , chez les Bénédictins de VendAme, le 29 avril 4680. Il fut ensuite régent de rhétorique à Pontlevoy , et mourut en labbayc de Saint-Michel de Tonnerre , le s août 4734 . Il a laissé : Oraison funèbre de Madame Polixène de Vibraye, prononcée dans Tégltsc de Vibraye , et imprimée à Vendteie, cbes Sebast» Hip.; sans date (4).
LE MAN (maur).
Mai?» le MAN , ou Lb Mans , né dans la ville dont il portail le nom » se fit admettre chez les Carmélites de l'élroile observance , au couvent de Rennes, le 22 février de Tannée 4624, et prit, en religion, le nom de Maur-de-l Enfant-Jésus. En Tannée 4647 , le frère Marc de la Nativité ayant été chargé par le chapitre
(1) DOB Iteliii UUl. bîU de Im Cpmg. éê S. Uémr, f, «M.
do Poitiers de l'éducation des novices , Mlaur-de-rEnfant-Jésus lui fut adjoint dans cet emploi, lis publièrent alors en commun quatre petits livres, approuvés et recommandés, en 1654 , par le chapitre de Tours , mais dont on ne nous fait connattre que les titres latins : le premier , Prœparatio ad vitam religiosam ; le second , Instructio Christiana , seu CcUechistica ; le troisième , Vita regularis , seu Dieia Reltgiosa , le quatrième, De OrcUione mentali et aspiraliva. En 4650, Maur-de-VEnfant-Jésus ayant été commis pour assister le commissaire général Avertan de Saint-Jean, au chapitre de la province de Gascogne, fut nommé mal* tre des novices du couvent de Bordeaux. On nous le montre en Tannée 4653, remplissant par délégation les fonctions de commissaire -général au chapitre de Gascogne, élu dans ce chapitre prieur du couvent de Bordeaux, et enfin parvenant, en 4 655, à la dignité de Provincial de Gascogne. II mourut le 4 9 avril 4690 , après avoir été appelé trois fois par les suffrages de ses confrères à ladministration de ta maison de Bordeaux, et trois fois au gouvernement de 'sa province. Il fut enterré au milieu du chœur de l'église conventuelle de Bordeaux , devant le matire-autel.
Il s'était acquis une si bonne renommée parmi les membres de l'ordre, par son zèle pour la réforme de l'observance régulière et par son ardente piété. Rechercbercbant la solitude à toute heure du jour, il s*y livrait à ces exercices violents qui fatiguent , et , pour ainsi parler, anéantissent le corps, mais ajoutent à l'énergie de l'âme et lui procurent ce qu'on appelle le saint délire. Aussi dit-on que, plus d'une fois, la grâce lo transporta dans les régions pures de la vérité , et lui
910 MAtm ïM ùin.
(il coniitiUrc la succession mystérieuse des choses a venir ; « propheliœ gralia donatus , plurimos cvenlus longeante pranlixit (4). »
Les historiens de i*ordre du Hont-Carmel ne s*accordent pas dans la désignation du lieu de sa naissance. Le Spéculum CarmelUanum lui donne Blois pour patrie ; suivant d'autres annalistes, il serait né dans la ville de Tours. Mais fauteur de la Bibliathiqtie Carmelite^ publiée a Orléans, en 4752, le P. Cosroc de VilHers , dit François de Saint-Etienne , qui appartenait lui-même de la province de Touraine, a rectifié Tune et Tautre assertion , et a désigné le Mans comme le lieu natal de Maur-de-rEnfant-Jésus.
On a de lui :
La Crèche de i Enfant Jésus ; Bordeaux , in-4S. Il n*y a pas d'autre indication sur cet ouvrage dans la Bibliothèque de Gosme de Villiers , et nous n avons pu nous le procurer ;
Entrée à la divine sagesse , comprise en plusieurs traittez spirituels^ qui contiennent les secrets de la Théologie Mystique, com|X)$ez par le R. P. Maur-de-rEnfant- Jésus , prieur des cannes réformez du grand couvent de Bordeaux; Bordeaux, 4G52, in-tS. Nous n avons pas sous les yeux la première édition de VEntrcc à la divine sagesse , mais nous en trouvons la date dans le privilège de la seconde. Il se peut même c|ue cette première édition ait porté le titre de La Théologie Mystique et chrestieime ; car c'est sous ce titre que l'ouvrage fut approuvé, en 4654 , |>ar le doclcur-régent de la faculté de théoloirio de Bordeaux , ainsi que |K)r le docteur et
(t) BiMiolk CvmclîUM ; AurdUoii» 1753, 'ut4ol t. u. p. 4}6«
PiÉRkB PICHARD. ^41
le professeur chargés de l*exainect Nous allons maintenant corriger une assez grave erreur commise par le P. Cosme. 11 a désigné deux éditions de VEntrée à là divine sagesse , celle de 1632 , et une autre , qu'il appelle la seconde, de Paris, 4672. Hais celle-ci n*a jaihais existé. La seconde édition , que nous avons sous lés yeux , est de Paris , A. Padelou , 4653 , in>8. En voici une troisièitie; Pari^, A. Pàdelou, 4664 , in-S** : puis une quatrième , revUe et corrigée , comme le^ précédentes , par Tauteur , et publiée à Paris , chez Warin, 1678, petit in-42 : en6n, une cinquième; Paris, Warin, 4692 , in-4 i. VEntrée de la divine sagesse , ouvrage dédié à madame Madeleine Mole , abbesse de Saint-Antoine-des-Champs , est une de ces compositions burlesques dont nous avons déjà fait connaître Tespril et la forme en parlant du P. Boucher (4) ; produits d*une imagination surexcitée par Tivresse de Textase ;
Le Royaume de Jésus-Christ dans les âmes , par le R. P. Maur-de-rEnfenl-Jésus, ex-provincial de la province de Gascogne ; Paris , veuve Denys Thierry , 4664, in-4 2. L approbation de cet ouvrage, dédié à Jésus-Christ , est de Tannée 4662. Il est dans le goût du précédent.
PICHAKD (pierre).
PiEARK PICHARD, liccntié es loix, natif de Silhéle-Guillaume, au pays et comté du Maine. Il a traduit
(1) HUt. /cil. du Màm^ Uiup. 989.
ui. 16
242 PIBBIIB CUBCRÉT.
de la(iu en vers françois un petit livre escrit eu >ers latins , intitulé de Lubrico teniporis curriculo , autre ment appelé La Mer du temps qui court , etc « etc. , imprimé au Mans, Tan 4 556 , chez Guingnot. Il florissoit en la ville de Preiiinay , au Maine, Tan 4555. » Tels sont les termes de La Croix du Maine. Nous n*avoDS pu retrouver cette traduction de Pichard, publiée chez Gaingnol. L'original latin , dont il y a eu plusieurs éditions , est de Simon Nanquier , dit du Coq : c*esl une complainte sur la mort de Charles Vlll , qui parut , pour la première fois , à Paris , en 1 505 , iu-8.
CUEURET (pikRRfc).
PicBRE CUEURET , et non Curbt ou Ccecvbbt (4' , chanoine de Téglisc du McUis , dans les premières années du XVI' siècle , sous le pontificat du cardinal Philippe de Luxembourg , entreprit , à la demande de son évéque , une traduction des sermons de saint Bphrem , et cette traduction fut publiée chez Antoine Verard , sous ce titre : La Fleur de prédication selon saint Ephrem translatée de grec en latin et translatée de latin eti françoys: petit iu-fol. goth. s. date. Nousavons entre les mains un exemplaire de ce livre, qui est fort rare ; il ne porte p<is de date, mais, au frontispice, on voit les armet» de Philippe de Luxembourg, et ce t\irdinal étant mort en 154 9, il est prouvé que La Fleur de
(I; La Croii du Uiiof, m mul 5imon Ore^n,
PlkkRB CUBLKEt. 24a
Prédication fut publiée avant cette anoée. Corneille de Beughem compte cet ouvrage au nombre des édîtibns du XV' siècle , mais peut -être à tort : il est pluâ vraisemblable qu'il est des années 4 509 ou 1 51 0.
Voici ce que nous lisons dans la dédicace de P. Cùeuret : « Lesquelz ( il s'agit des Sernlons de àaiul Ëphrem ] , très révérend père en Dieu et mon très honoré seigneur, Monsieur Philippe, cardinal de Luxenibourg , évesque du Mans, moult souvent , moy estant, de vostre grâce , familièrement en vostre compaignic , où vous preniés double réfection , spirituelle c'est assavoir et corporelle , j ay ouy volentiers cl y prenoye grant plaisir. » Ainsi le cardinal de Luxembourg avait un goût particulier pour les sermons de saint Ephrem et se les faisait lire , pendant ses repas , non pas sans doute en grec , mais en latin, car il n'en existait pas de traduction française Cueuret continue dans ces termes : « Et à ceste cause , de voslre bon gré , déliberay de les veoir à loysir , et , pour ce que les dictz sermons faicfz par celuy bon père Effrera estoient en langue grec, ung très auten(icquc orateur , estant religieux , nonmié Ambroise , Florentin (4) , les a mis en langue latine ; et moy , considérant que chaccun n'entent pas latin , et que ces beaux et singuliers sermons peuvent esire prouffilables a plusieurs j'ay prins le
(1) Cel Ambroise, nen pas Florentin, mais Romain, est Ambruise- Ic-Camaldule, général de son ordre en 4631. Né à Portioo, dans les Etats de Rome, il mourut à Fiorence eo f 63p. Cururet pourait coanattre trois éditions de sa traduction des Sermons de saint Ephrem : la première, de Florence, 1681 , in-fol.; la seconde, de Brixen , an Tyrol, 1490 ; la troisième, de Paris, 1505, in^6% Il est le premier, suivant Tabaraud (Bio^* uniu.) qui ait traiuil des fragments de saint Ephrem.
â4l AlAIltlAL.
loysir cl le temps , avecques 1 ayde de Dieu , de le« mettre eu frauçoys, très révérend père en Dieu.... Tolz qu'ilz sont je vous les présente pour en user et départir 011 l)on vous semblera , et vous plaise les prendre en isjté de vostre très humble et très obéissant serviteur Pierre Cueuret , chanoine de votre éf^Hse du Mans....»
Les Sermons de saint Ëphrem , traduits par P. Cueuret, sont au nombre de vingt.
On doit à P. Cueuret la première édition du Triomphant mystère des Actes des Ajwstres , d*xVnioul et do Simon Greban , publiée , m 4 537, à Paris , chez Nie. Couteau , deux vol. in-fol. Au rap|K)rt do La Croix du Maine , Cueuret a fait quelques correc(ion.H à Twuvre des Greban.