‹ Histoire littéraire du Maine (volume 2)Chapitre 25 sur 39 · CORMIER (THOMAS · texte numérisé non relu

CORMIER (THOMAS

Né à Doinfroat^ii-Passais , vers rcianée 4523 (l], Thomas CORMIER; sieur de Beau vais (2>, fut conseiller, puis président (3) dô l'échiquier d'Alençon. Il était à âlois, en 4 576, assistant aux états avec le titre de député. Il mourut en l'année 4600 (i). C'est tout ce que nous apprenons de sa biographie. Quelques-uns de ses ouvrages ont eu, de son temps, un grand renom.

Nous mentionnerons d'abord : ThofnœCormerii^ Alencontï, rerum Gestarum Henrico II, régis Galliœ, libri V, Parisiis, S. Nivellius, 4 581, in-4'. La dédicace de ce livre esiTadresse de Henri III : l'auteur y raconte qu*il avait entrepris d'écrire toute l'histoire des faits accomplis depuis le régne de Henri II , et qu'il avait obtenu de Charles IX Tautorisation de publier la première partie de son travail ; qu'après avoir lu les excellents CommtniaireB de François de Rabutin (5), il avait cm devoir renoncer à son entreprise; mais qu'enfin, il 8*esl remis à rœuvre, par Tordre de la reine mère, Catherine de Médicis. On peut encore lire cette histoire ; elle est assez correctement écrite et contient un assez grand nombre de faits. Après le récit des événements du

(4) Solfaftt If. Doportct {Bihliogr. eu Mmnê). Néà AtencMi. de Guy Cormier, médeda de Henri 11 d*AU>rel, roi de NaTane, rai- Tant M. Peignot (OiXwiiii. hUiari^tu),

(5) Ce Utre Inl ert donoé dans le pri% IMge de tOD Cothx Hênriei iK

(8) • Apad Aleooooioe prmidi dignitsioM. • Dam wie Cpitrt dei libraires plaeèe ca télé do "

(4) U. Detportes, Bikti»g. «Tm M^lnê.

(5) Publiéi à Parte ea i»74t in*»*.

THOMAS COUMIER. 27dv

règne do Henri II, Cormier écrivit, sur le mémo plan, les histoires de François II, de Charles IX et de Henri IH ; mais il ne jugea pas utile de les publier, ou la mort le surprit avant qu'il y e6t mis la dernière main. Le P. Lelong a désigné les manuscrits originaux de ces traités séparés sur les trois régnes qui suivirent celui de Henri II. Le premier, qui était en la possession de H. lô comte de Retz, conseiller au bailliage d*AIençon, avail pour titre ; Thomœ Coi^merii, Alenconii, Franciscarum seu rerum in Gallia sub Francisco II gestarum^ Histo^ riœ liber unus/in-i*] le second, qui, de la bibliothèque de M. de Foucault, passa dans celle de labbé de Rothelin , était intitulé : Rerum a Carolo IX in Gallia Gestarum historia, in-fol. ; enfin , le troisième, qui se trouvait aussi chez le comte de Retz , rentermait Thistoirc de Henri III . et le commencement de celle de Henri IV, sous ce titre : Rerum gallicarum recenlioris memoriœ libri quinque, in-4^. Nous ignorons où se trouvent maintenant ces trois manuscrits.

C'est surtout comme jurisconsulte que Thomas Cormier s est fait connaître. Son principal ouvrage est un commentaire des Institutes, expliquées et confirmées par des décrets, ordonnances et arrêts modernes. En voici le litre: [tenricilV, chrisiianissimietaugusiissimi Galliarum Navarrœque régis , Codex juris civilis romani , o/tm quidem à Justiniano imp, descripti, etc., etc.; Lugduni, Crispinus, 4602, in-fol. Cetouvrageaété, pendant long-temps, le manuel des jurisconsultes. Il a été traduit en français : Le Code de Henri IV; Paris, 4603, in-fol, 4608, 4644 et 4645, in^4"; Genève, 4643, in-4^ Le nombre des éditions indique assez quel fut le succès de cet ouvrage.

276 BkUTI.X DIEtXIVOYK

DIEUXIVOYE (BtRTiN.)

Bertin DÎEUXIVOYë, né dans les premières années du XVli' siècle, était du Maine, comme on 1 apprend de son paranymphe, fait en 1638, par Robert Palin (Ij. Ayant obtenu le grade de docteur à la faculté de Paris, il exerça, dans cette ville, la profession de médecin, ci y mourut vers Tannée 4683. Il était, en 4659, médecin du roi, et, en 4682 et 4683, doyen de la faculté (2).

Ce qui nous le fait connaître, c'est la part active qu*il prit, en 4658, à un débat fort orageux. Un bachelier nommé Louis Gallais avait proposé la thèse snivanté : An fd)ri quartanœ peruvianus cortex? A cette thèse, qui devait être soutenue sous la présidence du docteur Dieuxivoye, était joint un appendice sur le suc cyrénaïque, et, parmi les médecins qui devaient parler sur la question, se trouvait, outre notre CharlesBouvard (3). un certain Philippe Douté adversaire très résolu des opinions thérapeutiques du président. Ils se prirent de querelle dans cette rencontre, au sujet des vertus du suc cy rénaïque, et, comme il paraît, ils s'adressèrent les mots les plus durs. C*est Douté qui, le premier, porta la question devant le public, dans une brochure qui a pour titre; Philippi Douté, D. M. P., Jttemcoo Cyrenaico Diairiba ad Bertinum Dieuxivoye; Parisiis, Boistet, 4658, in-l*. Cet opuscule est un pamphlet violent. Dieuxi-

(4) Nolci flMmuerilci de Falconnet, à la Mbliotli. da Roi.

(1) /M. M. Dcsportci te IfompedOM 1oih«'U IcfiH Moorir m

(8) aitt. Utu ém Mmmt U ti, p. kiU

SÉYBUIN BimnANO. VTT

voye répondit à son adversaire avec non moinsd'aigreiir et de vivacité. Cette réponse est intitulée : Appendicis de liquore Cyretiaico Defensio, aulhore Bertino Dieuxi^ voye; Parisiis, Julien, 4659, in-i". Lequel de ces belliqueux jouteurs avait dans sa cause Galien et bon droit ? Nous ne le savons trop; mais nous lisons dans une lettre de Guy Patin : a Je vous dirai que, depuis ma dernière, un de nos jeunes docteurs, nommé Douté, a fait imprimer un petit traité in-i*, de cinquante pages, du Sil* pbium, ou suc cyrénaïque de Galien, contre un docteur de la nation antimoniale, qui nest ni sçavant, ni honnête homme, mais Maoceau (4). » Ces termes sont peu charitables: mais, quon le note bien, c'est comme rival deCh. Bouvard que Guy Patin abhorrait sans distinction tous les gens du Maine.

Berlin Dieoxivoye eût un fils, Berlin-Simon Dieuxivoye, qui fut aussi médecin (2).

BERTRAND (séverin.)

SAvBRiN BERTRAND, docteur en droit canon, curé de La Ferté-Bemard, se fit un nom, au témoignaged*Ansart (3), parmi les orateurs du dix^septième siècle. II le faut croire. Cependant, pour ne rien celer, nous goû-

(i) Leitret de Goy Palio, 1. 1, lettre 120 de Tédition de 4707.

(S) Ce qnl Dont Tipprendt c'est one de let ttièses : (faœgth mê» dUm quodUbtitarU» disputa tionibut mane diêcuiUnda in tehotig mê^ i^ÎMPtfm,.,. PropoDebat Bertinnt-Simon DieQiivoye, PariiîDiis, Bac» calaoïeasmedlcaa; i084t io-4**

(S) Bibl. nu, du iÊaip0^ IQ mn^Birtroi^

378 ftiVIEIH miTlAKlI.

tons peu r^oquenoe de Séverin Bertrand, et, si nous lui reconnaissons quelques titres à la célébrité, c*est k la célébrité du ridicule. Ses sermons , dont parle Ansart, ne sont pas, il est vrai, parvenus jusqu*à nous, mais nous connaissons quelques-unes de ses oraisons funèbres.

G*est d*abord YOraison fiaièbre sur le Irespas de lrè$ haulte, irèsillustre et très verlueuseprincesse Amw dEsi\ duchesse de Chartres, de Guyse, etc., etc. ; Paris, G. Maretle, 4607, in-8*. Les obsèques de cette princesse ayant été célébrées à la Ferté, le 4 juillet 4 607, Séverin Bertrand, curé du lieu, crut devoir, en cette circonstance solennelle, adresser à ses paroissiens un fort long discours. Mais ce discours est-il une facétie? L exorde, qui a pour objet Thistoire des cérémonies funèbres chez les anciens, n'occupe })as moins de dix-huit pages : vient ensuite la généalogie d'Anne d*Est, avec d'amples détails sur les armes de France, sur la blancheur, les vertus, et les significations allégoriques du lys ; enfin une seule page est consacrée à célébrer les vertus de la défunte, morte à l'âge de 76 ans, après avoir reçu les saints sacrements des mains deM. Loppé, docteur en théologie, grand maître de Navarre, son prapre curé (4).

Nous connaissons, en outre, de Séverin Bertrand : Oraison funèbre de haut et puissant prthce Charles de Lorraine^ duc de Mayenne, pair de France^ etc., etc., faite et prononcée à ses obsèques, le 46 octobre (4644) ;

(i ) A U Mdlc de l*a««fm de Bcrtriiid, w UMfCot ilx bcnmèCici ea l*lMMiiieor d*ADBe d*Bil, coonoiét per Denb Gaodm, eoden eft* dcr dvU» ^mamémm pntfteii, è la Ferié-Bcnard. NoQt ne tearioM id que rappeler aoo non. Le P. HHarloa de Coite a plaeé Téloie de la prteccfae Anne d*Bal damiea£l0ff« des Dmfttê^ U h p. 69^

JBAN DB LAUNAY. 279

Paris, Fou0t, 4642, iIl-8^ 11 s'agit ici de Charles de lorraine, fils de François de LorraiQoetd*Anned*E8t(4). Cette oraison n*est pas moins burlesque que la précédente : les lys y remplissent encore un rôle fort important.

H. Desporles {%) attribue au mèiqfie panégyriste : Oraison funèbre de Henri IV; le Mans, 4G40, in-42.Nous regrettons de aavoir pu nous procurer cette pièce.

LAUNAY (JEAN de).

j£AN DE LAUNAY, né dans le Haine, au XVI* siècle, fit profession de la règle des Carmes, au couvent d*Angers, vint ensuite à Paris étudier la philosophie et la théologie , et reçut les insignes du doctorat à Tacadémie d*Angers. On nous le recommande comme très habile dans les subtilités scolastiques. Ayant plusieurs fois rempli la charge de prieur, il fut, en 4599, aux comices tenus à Saint>Paul-de-Léon, élu provincial de la province de Touraine, fonction qu*il exerça jusquen Tannée 4 602. Nommé ensuite vicaire-général, il mourut au couvent de Vannes, le 48 avril 4627. On lui attribue un livre de Sermons, Conciones ad populum, et un livre iïExhortaiionSy ExhortcUiones ad moniales : mais ces ouvrages, qui n avaient jamais été imprimés, étaient

(i) Le P. Leknig menlkNiiie Irob aotres oraisons fbnèbres du mèoie prince : la première de Pelletier, iOil, in-8«; la deuxième de Bernard de Nenreie, 1611, ia-8<»; la troisième du jésuite f, Goutheri, 1612, in-6%

(S) Bibtiog. du Mdinf,

280 IBAN AUBHRT.

déjà perdus en 4762, comme nous ra«»urenl les auteurs de la Bibliolhèque des Carmes (4 ).

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