AMYS (PIERRE
Nous ignorons le lieu natal de Pikbhb AMYS, sieur du Ponceau. Son grand père, Guillaume Aroys, possédait et habitait la terre d*Olivet, près de Cbâteau-Gontier. Les gens de la Ligue ayant brûlé ce domaine, Zacharie et Salomon Amys. fils de Guillaume, se retirèrent en Bretagne, et furent Tun et lautre conseillers au parlement de Rennes. On peut donc supposer que le fils de Salomon. Pierre Amys, naquit dans la ville où son père occupait cet emploi. Cependant, nous lui consacrerons une courte notice, à cause de son origine et à cause du long séjour qu'il fit à Sablé.
Il fit d*abord profession des armes, et fut cadet au régiment des gardes. Mais laissons-le parler de luimême : « Je fus d'abord cadet au régiment des gardes, et en cette qualité je me suis trouvée plusieurs sièges et à plusieurs combats. Je fus ensuite volontaire en Tarmée qui passa en Ttle do Ré pour en chasser les Anglais. Quelques années après, M. le cardinal de Richelieu m'ayant fait l'honneur de me donner un drapeau dans le régiment de la marine, qui était en ce tempe-la un des
410 nWMMM àMfê.
meHieurs régiments du royaume, j*y devins lieuleoaiU: ensuite de cet employ» par le désir que j avois de voir ritalie, m*étant oiïerl à M. deServien, nommé ambassadeur pour Rome, il me reçut si bien et me témoigna tant de bonne volonté que son emploi d'ambassadeur de Rome ayant été changé en celui de plénipoteoliaire à Munster pour la paix généralle, je ne pus me défendre de le suivre en Hollande et en Allemagne. Il me fit paroistre sur le grand théâtre de Munster au-delà de mon mérite, et, de mon côté, j*eus le bonheur de réussir au-delà de ce qu on attendait de moy.... Au retour de cette longue journée de Munster ( c est ainsi que les Allemands appellent la négociation de Munster), je demeurai à Paris auprès de la personne de H. de Servien, et y demeurai jusquen 1652. que je fus envoyé à Sa* blé pour y commander et comme capitaine du châteao et comme lieutenant de M de Servien, afin de maintenir, pendant les troubles, celte place dans le service àa roy« Mais, en 4660. le fonds de la garnison ayant été retranché^ il ne me resta que la seule qualité de capitaine du château (4). » C'est ainsi qu en 4667, Piem Amys racontait au public les détails de sa vie si bien employée au service de Tétat. Il s'exprimait en d'antres termee, quand il faisait de plus discrètes confidences: alors il parlait avec moins de respect de M. de Servien et s'applaudissait moins de lavoir accompagné dans ses ambassades. C'est ce que nous apprend une lettre au chancelier Séguier. Nous publierons cette lettre, qui est encore inédite :
(t) DUeourâ ^4 U m^Uttê fui s'étcqutêii par k pourpre éêê Pmt- Ummis dû eê Kayétmme. — G. MéMgr, HiH. ée Smkié, éem^ièmt partie, p. ti7«
PIBIU AlITS. 414
HoMnAXBDB»
Quoique le silence loit aoe marque de respect, il eA qnelqâci 80opçoiiiiéd*iDgratitode, el|e craiodrob qoe le nies fast mal apKqué, t*il iii*eaipesclioil de f«us rcodre mille Uis komUei graeet drt appoiotemeots qu'il foni a plu de m*or donner dans la diaife deçàpîlaine de ce cbftieau. Ceatun effet de volie fustlee» Monselgneiir, et de la pitti noble partie de ceste vertu, puisqu^il ert vray fne âm aèle et de la fidétilé que j*ai tou^oora eue pour feu Monieigneor le surintendant et que i'auray toute ma vie pour Meuieufs set enlknla» que de la bieuTeillaoee quHl eut pour moy el du choix qull eu àm^ que du long temps que |e Tay senry, que des importants serrlees que ie lui ay rendus dans ses négodalions daoa les Intrigues de la eaur en un temps assex fiucbenz, dans ses disgraecr, et dans ses aflUsea domestiques, il résulte un certain mérite qui peut en quelque foçon estre le sobjet de ceste distriboti ve laquelle ordonne des réoompenses. Mais , Monseigneur, faudra-t-il que sa sœur (1) ne me soit pas ta foToraUe, et que {'obtienne moins de celle qui doH que de celle qui donne ? Les gages des neuf premières années que f ay serry feu Moaseignenr le surintendant me sont deubs ; il fut dit qu'on les leglcrok apris dix ans de service* Ce terme est passé, Monseigneur» maya II n'est pas prescrit Cesl une vérité connue à toute sa maison que (e ne les ay point receus; et, si je n*en estois pas payé, il se trouveroit qu'au lieu d'avoir avancé à son service, pendant ces neuf années, la meilleure partie de mon temps et du peu de bien que j'avois, l'aurois perdu l'un et l'autre. On ne peut pas dire que ses gratifications l'ayent acquitté de cesle debte , puisqu'à l'exception de mille livres quil m'ordonna en son ambassade de Hollande, je n'en ay reœn aucune. C'est ce qui m'oblige. Monseigneur, d'avoir recours à votre grandeur et d'implorer votre bonté. Ma demande considérée en elle-mesme est peu de cbose; à mon regard, c'est tout : mab de quelque feçon qu'on la considère, il me semble. Monseigneur, qu'elle est tiès juste et très raisonnable, et si vous avez agréable de me l'accorder, ce me sera un nouveau moyen pour mieux servir Monseigneur le marquis de Sablé et Monsieur son f^^re, en quelque employ qu'il vous plaise
(4) Isabcan Servien, mariée à Artbas de Liooiie*
44S PIBEU àMTÈ.
de ne doDoert lolt icy» soil ailli-uri^ poar kwr senlee ci pour le Mcn de leurs affaires. Je tous supplie donc, llonseifncur, d'^srèrr la très humble prière que fe fous en fais, mais {e vous supplie aanj de ose fiiire rhonueur de croire que, qaoy que tous ordonniei, k aeray toujours, aTec un très profood respect el une parfaite aouraif •
SlOBy
De fotre graodeur,
IfoQselgneur,
Le trèi humble et très obéissant serrileur, DU PONCEAU.
Au Chatteau de SaUé, le SI may 1659 (4).
Pierre Amys eut d'autres occasions d'adresser à Servieui à sa sœur et à ses (ils le reproche dlngralittulo. Il nous dit bien, en efTet, dans le mémoire écrit pour le public, qu'il fut, en 4660, après de si longs services, dépouillé de sa capilainerie ; mais il omet de raconter que cette dépossession fut opérée avec i>eaucoup d eclat, après une vaine résistance. Nous avons des reuseignements à ce sujet dans une autre lettre écrite au chancelier Séguier (2).
(4) BibL Nation, manuscriu de St-Germaio-dcs-Prés, 709 U)0 p. 45. (Carresp* et Séguier.) Une autre lettre du sieur Du POoceau, écrite à peu près dans le« mêmes termes, se trouie dans le tooK 34 de la môme collecUon, page 4 i.
(5) Voici cette lettre :
Sablé, le 44 déeembre 4659.
Moxaueaaoa,
87 Tavob préfen qnelaialottsieet rinimilié du sîour Du Pooeeaa, capitaine au chasteau de celte Ttlle, I *eusl porté juiqoes à ncbercber tous set amis et les forcer à tous «écrire des suppositioiis H ▼ousaurois informé de son procédé; mais Tayaut fugé indigne de» TOilre entretien, je me suis tenu dans le silrnee, sur Tesiéranee de Ton« en dire quelque chose de vive toîi au voyage que y%j résolu pour vous reii'lre compte de mes actions et voui informer île Pettai des choses qu*il vous a pieu me co«nmetif«« J\*spère partir à cri effet samcdy prochain .
Ccpcndaait Monarigneuri en crainte que oMtt aUcaoe fOM
PIEMI A1IY8. kiô
Gilles Ménage Ta coddu, dil-il, très particulièrement, el voici le portrait qiril fait de lui: « C*étoil un homme qui avait beaucoup de savoir, beaucoup d*csprît, beaucoup de courage el beaucoup d'honneur, d 11 n*en faudrait pas tant pour faire un homme accompli: il y a donc lieu de croire que rhistorien ajoute beaucoup à la vérité. « Il mourut à Paris, poursuit Ménage, en 4 667, à la sollicitation d*un procès pour sa noblesse, dans lequel j ose dire que le parlement de Paris, ou le privé conseil du roy fît à sa famille une extrême injustice ; lé parlement de Paris ayant ordonné que la succession de Salomon Amys, conseiller en parlement de Bretagne, son père, seroit partagé noblement, et le conseil du roy ayant déclaré les enfants de ce conseiller de Bretagne usurpateurs de noblesse pour avoir pris la qualité d*écuyer. Notre Pierre Amys fil imprimer à Angers, en 4 667, au sujet de ce procès, un petit traité intitulé : Discours de la noblesse qui s*acquiert par la pourpre
quelques împressioi» des choses qui ont esté escrites, fe tous supplie me permettre de vous dire ce qui est passé cotre le sieur Du Ponccau et moy. Sa jalousie de me Toir honorer de la bicnvcillanoe de feu Monseigneur Serrien luj a? oit fait tenfet toutes choses pour y prendre ma place; mais la cognolssanoe qu*afoit Monseigneur de son mérite loy continua seollementsa eommission de capitaine. Le congé que j*a7 donné à sa garnison par vos ordres, Monseigneur, luy ayant calé hr moitié de ses reTenus et la crainte de se Tolr congédié luy mesme comme personne très inutile, Ta rendu mon enemy déclaré; îolot quelque ressenUment de se Toir privé de T usage des meubles de la maison dont il a disposé depuis long temps : lesquels ayant fait ÎBTcntorier et apressier, j*ay changé Modièoe, conserge, aussy, Monseigneur, par votre ordre. Depuis, il a esté Pazille de tous ceux avec lesquels i*ay des différans pour les intérests de la succession et blasmant en tous lieux contre toutes les apparances mon ministère , a fait soulever des qui n*y auroient pas pensé ou qui auraient eu uan de respect pour ne pas me faire des injustices et des proeès oomoie Hesûi'urs de Piedufour, de la •• (nom illisible), de la Guindooiére et aullrcs dont j*anrai, s'il vous plaist, Thonneur de vous entretenir. L*iDvetitatre des meubles a esté (ait sans luy et sans oonteitalîoni niais œluy dcf tilires dont il 9 DM des clefs D*i pu w pir«dwvBr» et» au
kik RBNB FROtJLAt DE TEftSB.
des parlements de ce royaume, adressé à M. Voisin de la Noraye, matlre des requêtes, intendani de b géoérallié de Touratne (4). »
FttOULAY DE TBSSË (bené).
La vie de Rbhé PROULAY db TBSSÉ, (roisièiDe da nom, a élé écrite en deux volumes iu-S par Grimoard. Ce compilateur, n^élaot pas un habile homme, a lail on très mauvais emploi des précieux matériaux qu'il avaii entre les mains. Essaierons-nous de raconter les mèaMB détails en de meilleurs termes? ce serait une aflairc considérable : la vie de René III de Teasé a été très occupée; il a fait plus d'une campagne, conduit plus d*UB siège, défendu plus d'une place, mené plus d*aae négociation, et comme il a, d'ailleurs, laissé peu d'écrits, tout ce que nous pourrions dire sur ses entreprisee militaires ou diplomatiques serait assez étranger à Tht
lien de se trouTcr an dernier four de la remise il t'abscata. râlé a« cfaa^teau avec le sieor Baitly, |wt>ciireor fiscal et greflier; Pea demanda la clef dadit «iear Du Pooceao qui fol rcfniée par sa feomc an diU*. (illisible). Vous savei, Monseîgoeur, ce que je poatois bîRb nais ie me ooateolé de lay escrire par espeiti et atteody la rèpone fosqae au quatrième jour que je retonroé arec les mesnet olBcierB, auxquels je demandé acte de la sommation que je réitéré à «tle Jénube de déUvrer te def de «on mary : sur quoy elle s*écria comme si nous eussions esté des Toleort et bous dist toutes les injum qae Toa peut s'imaginer d*une femme emportée «ycc des menaces q«e je ne saniois escrire, jusques aux coups debaloo qu'elle om prombl de te part de Messieurs Boislèfe, ses parants. Ainsi te ckasteaa qui debrroit servir d*appuy et protection pour te maintien dessobjcCt d droits de la seigneurie e<t rasllle des ennemis de la maison.. •
nBSGlUSSlËREa HSa de St-Gcrmain. 709 U »•
(i) Hiffeire éê SmkU, deux part p I7«»
(I) Aa méao Iteu.
RENÉ ÏROULAY DÉ TBBSi. il 5
toire HUéraire du Maine. Oo se coDlentera donc d un récit très succinct.
Né, en 4654, de René II, lieulenanl-général désarmées du roi, et de Madeleine de Beeumanoir. fille dii gouverneur du Haine, le jeune René III de Froulay fit ses premières armes en 4669, sous le maréchal de Gréqui, qui l'avait pris pour son aide-de-eamp. En 4688, il élait déjà maréchal-de-cdmp et chevalier de Tordre, sans avoir gtiéres fail, pour mériter ces titrés, autre chose que se concilier lés bonnes grâces de Louvois. Il fût, en 4694, nommé gouverneur d'Ypres, el, lanfiée suivante, lietltenant-général et colonel-général des dragons* Envoyé dans la suite en Italie, pour y remplir diverses missions militaires ou diplomatiques, il ne fut pas toujours heureux dans ses entreprises. Cependant le roi crut devoir, en 4703, lui donner, comme récompense de ses services, le bâton de maréchal. S'il faul en croire Tabbé de Choisi, Tessé n'aurait obleoo cette insigne faveur qu*à la prière de la duchesse de Bourgogne. Voici ce que raconte cet historien : « Le maréchal de Tessé a été fait maréchal de France à peu prés de la même manière que M de Tivonnes. Le roi travailloit chez Madame de Maintenon avec M. Chamtllard et faisoit la liste des maréchaux de France qu'il devoit déclarer le lendemain. Madame la duchesse de Bourgogne regardoit par dessus l'épaule et vit que Tessé n'en étoit point. Elle sautoit et dansoit, rioit à son ordinaire; elle se mit fout d'un coup à pleurer. Le roi en voulut savoir la raison. « Âh! Monsieur, lui dit-elle, vous des- « honnorez celui à qui je dois Thonneur d*èlre à vous, a celui qui ma faite tout ce que je suis. » Le roi parut fâché que son secret fût découvert, et de colère décUra
416 HBMÊ FROUfJkY DE TB88É.
la liste. Les maréchaux ne furent faits qu'un an après : au lieu de quatre, il y en eut dix, afin de donner place à Tessé (4). » Ce récit nous serait suspect, si nous n'avions pas, contre le maréchal de Tessé, d'autres témoignages que celui de i abbé de Choisi : mais voici sous quels traits S*- Simon nous le représente :
a C'étoit un grand homme, bien fuit, d*une figure fort doble et fort agréable, doux, liant, poli, flatteur, vou* lant plaire à tout le monde. Il devint bientôt conmie d*Huxelles, mais dans un genre différent, Thomme à tout faire de M. de Louvois, et celui qui de partout TiDformoil de toutes choses : et en fut-il promptement ei
roidemenl récompensé C'éloit un Hanceau digne de
son pays, fin, adroit, ingrat à merveille, fourbe et artificieux de même. Il avoit le jargon des femmes, assez celui de courtisan, lout-à-fait Tair d*un seigneur ei du grand monde, sans pourtant dépenser : au fond, igiMH rant à la guerre qu*il n avoit jamais faite que par on hasard d'avoir été pactoul; et de s'être toujours trouvé à côté dos actions et de presque tous les sièges. Avec un air de modestie, hardi à se faire valoir et à insinuer tout ce qui lui éloil utile : toujours au mieux avec tout ce qui fut en crédit et dans le ministère, surtout a\ec les puissants valets. Sa douceur et son accortise le firent aimer : sa fadeur et le tuf qui se trouvoit bientôt, pour peu qu'il fût recherché, le firent mépriser [t . • Rosignons-nous donc a ne pas compter le maréchal de Tes<e au nombre des illustres capitaines, mais plutôt au nombre des heureux courtisans.
(i) àlémoireê Ht Choisi^ lit. ?•
(9) Mém^iru de Sl^imoH, Uuéâ redit, ds i7M«
REMÉ FROULAY DE TB86B. 4i7
Auàsîlôt après sa promotioo, il fut un des généraux envoyés en Espagne pour défendre les droits contestée de la maison de France. Il se fit battre devant Gibraltar, et battit les Portugais devant Badajoz. Son échec le plus grave eut lieu, Tannée suivante, sous les murs de Barcelone Cette mésaventure ne le perdit pas auprès du roi, parce qu*il était bien*vu de Madame de Haintenon, mais il ne trouva pasgrflce devant les chansonniers; ils lut firent une guerre sans relâche, sans pitié (4). Tessé fut ensuite employé à défendre Toulon contre les Piémontais, et ritalie contre les Autrichiens Le dernier poste qu'il occupa fut Tambassade do Madrid. Il mourut à Paris, en sa maison des Gamaldules, le 40 mai 4725, à TAge de soixante quatorze ans.
Parlons maintenant de ses œuvres littéraires.
Ce qui nous en reste est, avons-nous dit, peu considérable. Dans le premier des RectieiU publiés en 4745, à PoDtenoy, par Perau, nous trouvons cinq pièces historiques qu*il ne fait pas difficulté d attribuer au mare-
(l) Voici qaelqaes couplets extraits de difers recueils nianus« crits:
Tessé, Tallar et Villeroy Ont tous trois bien serry le Roy; 11 leur féadroit pour récompense Qa*oo lear rompist snr le dds, Le baston qne jadis la France Leur a donné mal ft propos.
On lit ailleurs :
Barcelone est ft nous; c*en est fait*
Car Tessé A promis an Roy snr sa teste Que dans le dixième may l\ serott sa oonqueste :
Je le crois fort embarrassé.
Point dn tout; Tessé n*est point bette; 11 se tirera d*embarras; Car qvand il eDgife sa testet U wU fort Mn qa*ll a*«i a pif.
ii% RENÉ FROILAY DE TBSSÊ.
ehai de Tessé. Ces pièces, d'ailleurs assez curieuses. ODt pour objet les affaîres de La Rochelle, les négocialions vaines entamées par le marquis d'Arquicn postolanl le titre de duc, la vie de Daniel de Cosnac, archevêque d'Aix, et le siège de Vienne en 1683 (I). Mais k maréchal de Tessé en est-il bien Tauteur^ Fevret de Pontetlc (3), et après lui, M. Wciss'[3), ont, sur fa foi de Perau et sans autre examen, inscrit ces opuscules au catalogue des œuvres de Tessé. Cependant nous en retrouvons quatre sur cinq dans les manuscrits aussi bit^ qiie dans les recueil imprimés qui portent le nom de Mémoires de Choisi, et il est au moins très vraisemblable qulls appartiennent i cet écrivain.
Voici un ouvrage plus considérable et plus important ce sont les Mémoires et Lettres du maréchal de Tesse, publiés par Grimoard; Paris, 1806, S vol. in-8«. Où le compilateur a-t-il recueilli toutes ces lettres, tous ces mémoires? Nous Tignorons. Où retrouver aujourd'hui soit les originaux, soit les copies dont il nindique pas Li source ? Ce serait une recherche difficile. Qu'il nous suffise de mentionner les pièces les plus importantes de ce t*ecueil :
Mémoire sur les affaires d* Italie, jatt par ordre du Roi, et donné à S. M. au mois de mai 4 69H. Ce mémoire contient de fort sages conseils. Le maréchal se demande comment la France ]K>urra faii'e obstacle aux projets de la maison d^Autrichesur TKalio, et à celle question voici sa réponse : — 11 faut «1 abord que rilalte soit éclaîn*e
(I) Pages i, 46. 78, 15Î, 166 lu n€rufU A. l. i 4e U oolK^dkm. (S) Bibiioth. été Hist. é* France.
(8) Biographie univernltt de Midiau J«
BOIB FftOULAT DK TBHB. 419
sur ses véritables iolértts; il dut ensuile qa^elle soit mise en élat de ré»sterelle-aièfDe,da moins aa pranier choc des armes impériales. Or, elle est foible parce qu'elle est partagée eolre une foule de princes rivaux d'infloeoce; elle parait, d ailleurs, se résigner au régime de la servitude, parce qu'elle ne soupçonne pas même comment elle pourrait conquérir sa fiberlé : il s'agit de fonder rauociatûm italienne, de réunir toutes les forces sous un seul étendard, et de reoonalitner une nation avec toutes ces provinces démembré». Voilà le plan de Teasé. S*il avait été suivi, bien d4» questions qui sont encore pendantes au-delà des Alpes auraient été résolues depuis un siècle.
Le Journal du Blocus de ManUmt est une relation historique d*un grand intérêt. Un Mémoire sur la cour et les affaires d'Espagne, est une pièce encore plus intéressante. Tessé raconte ce qu'il a vu, et Ji^jeant b cour de Madrid par comparaison avec celle de Versailles, il 3*étonne de tout, et veut tout réformer. On ne saurait, d*ailleurs, que souscrire au plus grand nombre de ses remontrances : elles étaient malheureusement trop fondées, comme Ta bien prouvé la triste fortune de notre établissement en Bspagne. Nous désignerons encore, comme digne de remarque, un second Mémoire du maréchal de Tessé sur les affaires d'Italie, en août I70S. U y a, dans cette pièce, des observations pidnes de vérité sur Tesprit d*intrigue du gouvernement pontifical et sur son incurable impuissance.
Ce sont là toutes les oeuvres du maréchal de Teasé. On y joint un assez grand nombre de missives diplomatiques ou privées, dispersées aujourd'hui dans les trésors des antiquaires. Deux de ces lettres ont été ioH
420 RENB-ilANS FttOULLAY DB TKSSÈ.
primées dans les Mét}ioires pour servir à rhistotre de Philippe r, par le marquis de Saint-Philippe: elles sont à 1 adresse du Pape, et confiennenl certaines phrases qui, sur le rapport des historiens, ont causé non moins de scandale à Versailles qu*àRome. La Bibliothèque Nationale possède quelques lettres inédiles du maréchal de Tessé. On en lit cinq adressées au maréchal et à la maréchale de Noailles, dans le n" 2,932 *^ du Supplément Français; ce sont des originaux : le n^ 456 du même Supplément renferme une relation écrite du camp de Lnzara, en 4704, pour la duchesse de Bourgogne; c'est une copie. Enfin, dans les cartons où ont été recueillies les archives mutilées des chevaliers du Saint-Esprit, se renconti*ent dix ou douze autres lettres du maréchiil a Madame de Maintenon et à H. de Pontchartrain l Celles-ci, écrites sur lo ton le plus dégagé, oe sont pai les moins curieuses.
FROULLAY DE TESSÉ (rkné-mvss).
Nous inscrivons Hené FROULLAY' db TESSÉ au nombre des écrivains du Maine, à cause de la part qu1l eut à une œuvre ix>étique dont la rareté fait tout le^rix . En voici le titre : Deiparœ Virgmis Jesum in lemplo rite offerenlis Laudes, vario carminun génère celehraitr, autoribusct nctoribus e rlielorica selectis in reyio Ludovici fnagni vollegio, societatis Jesu, Fr. Victor de BreteuilTressigni. Ludovicus (^hauvelin, Ludovicus d'K^^espoisse de Villetlix, Michael de Pomorou et Renatus de
(1) An aot /Vm/Ic/.
icri-iiAiiB nocLUT db TEsaL 4SI
Tessi; Parisiis, vidaa Ant. Lambin, 4700, in-li de 3B pag. La bibliothèque de Soletnnc possédaif celle curiosité littéraire. Elle se compose de déclamalions eo Thonneur de la Vierge Les auteurs, élèves de rhélorique au collège Louis le-Graod, sont montés dans no jour solennel sur une estrade préparée pour ce jeu scolaire, et là, sous les yeux de leurs maitres, de leurs condisciples, ils ont tour à tour récité leurs pompeux hexamètres. Pour représenter chacun un rôle parllcolier dans cette œuvre lyrique à personnages, îSs ont pris des noms de fantaisie : Victor de Breteuil s*esl appelé NeoteriuSf Louis d*Esespoisses Erastes, Midiel de Pomereu Philothevs ei René de Tessè Parthenius. C*e8l loui ce que nous avons à dire sur ce recueil.
Ce René- Mans, sire de Froullay, comte deTessé, né le 4 4 novembre 4681, éfail le fils aine du maréchal. Dés l'année 4 699, il avait reçu le titre de colonel da riment de Tessé : ses études achevées, il partit pour les camps et servit sous son père. Blessé en 4702 au siège de Man* toue, il fut, en 4 703, nommé colonel du régiment du Saull, et assista, en 4701, au siège de Verue. On le vit ensuite, en 4707, combattre dans les murs de Toulon, en repousser Tennemi, et recevoir en récompense de ses services, le brevet de maréchal de camp ',4*' sept. 4707]. Son père s'étant démis en sa faveur de son commandement dans le pays du Haine, du Perche et de Laval, il lui succéda dans celle charge en 474 8, fut ensuite, en 4725, écuyer de la reine Marie Leczinska, chevalier des ordres du roi en 4728, et mourut en son hôtel, au Mans, le 22 septembre 4746, à l'âge de 65 ans. Il avait épousé, en 4706, Elisabeth- Claude-Pétronille Bouchu, fille unique de |eai)-Etienne Boucbijf, marquis
k9$ TTIS W ftOBAT,
de Lessart, rooHe eo 4733, à Tflge de 19 ans, qui lui avait donné, outre quatre filles, Renù-Uarie, sire de Proullay, brigadier des armées du roi, ookmel du réâment de la reine, qui mourut, âgé de 36 ans, à Prague, le 23 août 1742 ; et René-François de Proullay, dievalier non profès de Tordre de Saint-Jeannle-Jénisalefn.
RUBAY (YVES du).
La Bibliothèque françciie de La Croix du Maine \\>ric de lui dans ces termes : «Yves du RUBAY, nalif du pays du Maine, roaislre des requestesde fhostel du roy et chancelier du royaume d'Ecosse, homme for docte et lequel a esté employé en beaucoup d affaires d*estat. Il a eacril plusieurs harangues tant en latin qu en françois, lesquelles ne sont encore imprimées. Il mourut à Paris Tan 1 563 ou environ. » Nous ne connaissons aucune des harangues attribuées par La Croix du Maine à Yves de Rubay, mais voici quelques détails sur sa famille et sur sa vie. Son père, lioencié-és-lois, avait épousé Jeanne Baussard, et de ce mariage étaient nés six enfants, Nicolas, Yves, Jean, Marie, Roberde, Renée et François 1 ]. Yves du Rubay fut chancelier d*Ecosse sous le régne de Marie Stuart. C*est en 4 558, le 4 9 juillet, qu1l fut reçu mattre des requêtes ordinaire en Thôtel du roi. Il mourut le 4 8 aoAt 4 563. Il avait épousé Jehanne de Loynes, veuve en premières noces de Georges Maynnrtl, conseiller nu parlement. Blanchard (2) prétend que ce mariage fui
(I) BibHollL Nst, ctMiMt des Tllrct; flMds det MéMim. (f ) Géméëkgiê éiê ihùtm ée$ JUf ««tite, ^ SM.
PAUt l|AT DC OUSTKLR.
stérile : il se trompe, puisque Jehaniie de Loynes est qualifiée dans uœ recooDaissance tutrice des entants mineurs de défunt Yves du Rubay {I).
HAY DU CnASTELET (paul).
Hay est le nom d'une famille qui est comptée parmi les plus anciennes et les plus nobles de la Bretagne ar- 0K>ricaine. Ses armes sont de sable au lion d'argent : elle prétend descendre des comtes de Carlile, célèbres dans les légendes écossaises [i] . Deux membres de cette tamille, deux frères, qui Tun et l'autre se sont lait an nom dans les lettres, prirent naissance à Lâval dans les dernières années du seizième siècle.
L'atno, Paul HAV, qui joignit à son nom le titre seîgoeurial de sieur duChastelet, Vaufleury et antres lieux, naquit à Laval en 4 593 (3). Il fut d'abord avocat-général au parlement de Rennes. Un écrivain acerbe, véhément, avec lequel il eut plus d'une affaire, le sieur abbé Matthieu de Morgues, l'accused'avoir faite la cour, au temps d'Henri lY, un métier fort deshonnéte, celui de messager d'amour; le même llbelliste ajoute que, surpris tramant quelque intrigue à la fois religieuse et galante, il fut ignominieusement chassé par le roi (4]. Ce
(1) Biblielh. NaU, cabinet des Tilres; frads detHéaioiiM.
(f ) Mattiiîca de Morgnes conteste cette noblesse, nais sans alléguer aucone preoTe ft Tappoi de son dire. Voir la Hem&miranee éû Cûton ekrétienf p. 284 do Rteueil de Maltbieu de Morgues, Voir^ en ont le. Jugement sur la préfiue^ p. 555 da m^me ReewiL
(S) lif« Desportes, Bibtlogr, du Maine,
(A) M attbiea de Morgues fisit deax fois allusion à cette afcntore dans la Remontrance de Catm chrétm» Voir p. 272 de son tUçueil^
494 PaVL HAT DD CHAITILIT.
ricit nous semble une calomnie assez mal fabriquée* Henri IV expirait sous le couteau de Ravaillac au mois de mai de laonée 1610, et du Chastelet, né en 1593, avait, à celte date, à peine dix-sept ans accomplis : or, comment admettre qu*à cet âge il eût déjà acquis assez d'expérience pour remplir, dans une cabale de cour, le rôle si délicat, et même si compliqué que lui attribue Matlbieu de Morgues? Evidemment ce n*est là qu'un mécbanl propos, une fable inventée et propagée par la haine. Il parait, du reste, que du Cbastelel ne fil pas un long séjour dans la ville de Rennes, et qu*il vint bien* lAi dans la capitale, soil pour se faire présenter à la cour, soit pour exercer sa profession d*avocal prés le parlement de Paris. Il ne tarda pas à s*y faire des amis, ou, du moins, des protecteurs, parmi lesquels nous pouvons compter, outre le cardinal de Richelieu, le président le Coigneux, qui lui fil contracter mariage avec une femme renommée par sa beauté (I).
En 4 627, il s'engagea dans une affaire bien périlleuse; il entreprit la défense désespérée de ce comte de Montmorency-Bouttevîlle, qui avait osé, malgré de récents édita, ou plutôt à cause même de ces édils, par bravade, se battre avec des Chappelles en plein jour, au milieu de la Place-Royale. Du Chaslelet employa d a-
et p. 198 : • le béat, qui e^t plus capable de présenter on poalet d*iioe maio, en tenaDt un chapolet de Paotrr, qop de faire drtemdre la f érilé du del I O le aainl personnage qal ? eut lerrir d*escnyef à la fille de Dieu, ayant rendu, ft œ qu*on dit, et conU uani de readie cet oifice aui dames qui out proslilaé leur honneur à la puissance» ■QX ftfenrt et aux finances 1 N*est-ce pas on homme qui fat dk^mè par lefea roj poar atoir tonln faire nne cabale dans la conr» en at •errant en mesme temps de deux choses bien contraires, de la relif ina etderaoKmr?»
(t) Matlhlea de Moifoas, JMgem$nt utr la prtfiicêt H&t etc., p. SM de ioa iUeutm
»ACL BAT wj aumiBT. Ht
bord, dans rinlérâl de aoo dieol, les démarches, les sollicilalions. Ayant échoué, il fil, eo faveur de BonUeville» un mémoire véhénienl, chaleureux, qui parut sous ce litre : Paclum pour mess. François de Moninuhrency, comte de Luz et de Boutteville, et wkessire FramçotÈ de Rosmadee, comte des Chappelks: in- fol., de S pages. Ce faclum ne gagna pas la cause de Boulteville, et biHit coroprometlre à jamais l'avocat qui s'était chargé d'une si mauvaise cause. Richelieu, qui ne supportait pas volontiers ces écarts individuels, dit à du Chaslelei que son mémoire était Tapologie d'un crime et semblait condamner la justice du roi : — «Non pas lui réponJit-il, mais j*ai voulu justifier sa miséricorde, s'il en use envers un des plus vaillants hommes de son royaume, b Du Chastelet était un bel esprit, recherché dans toutes les compagnies (t), qui s*élait acquis autant de faveur par sa conversation facile, enjouée, que par ses mérites lilléraires (2). Malgré Téclat que fit sa défense de Boutteville, personne ne lui en garda long temps rancune, ei bientôt il fut pourvu de la charge de maître des requêtes. Celte charge lui laissait des loisirs ; il les employa bien. Plein de zèle pour la cause nationale, ardent adversaire des prétentions de la maison d'Autriche, il publia sur les affaires du temps d'énergiques manifestes. Mais comme ils sont tous anonymes, quelques-uns de ces petits livres ont été mis au compte d'autres auteurs. Nous nous efforcerons de dresser un catalogue exact de ce qui lui appartient. En 4630, il parut en France un énergique pamiihlet contre la cour de Savoie. Ce pam-
(i) Matthieu de Morgaes, Jugement p. 586 de soo Rumil^ (S) Feyret de Fonlettei Hi$i<frUn$ dt Fnmcvy U Uf
k9$ PAyL 8AT DU CaiATBLtT.
phlet eai atlribué par Mallhieu de Morgues au sieur du Chastelet : « Il a fait , écrit celui-ci, la première et srcoriile Savoisienne (i). » Cette indicalioa est obscure L'o^^u^ cule dont il s'agit parut sous ce titre : La première et la seconde Savoisietme, ou se voit comment les ducsdeSavoye ont tisurpé plusieurs estats appartenant aux rois de France; Grenoble, Maraiois, 1630, in-S*. Pour ce qui regarde la première Savoisieone, ce D*est que la réimpression d*UD libelle publié, en 4600, par Tavorat Antoine Arnt^ud. 11 n'y a donc qu'à rechercher lauleiir de la seconde. Dans la préface de son Histoire gnu^alo^ gique de la maison de Savoie^ Guichenon Taltribue à Bernard de Rechignevoisin, sieur de Guron. C'est ce qu*on lit aussi dans Varillas, au témoignage du P. Niceron[i]. Cettealtributionnous paratt fautive. Lubbé de Morgues, contemporain de Paul du Chastelet, a pu, sans doute, puisqu'il était son ennemi, le calomnier, mais trouvet-on vraisemblable qu'il ait mis ù son compte, sans y être autorisé, un écrit inspiré par le lèle le plus vif pour les intérêts de la France, une patriotique requête qu avaient favorablement accueillie et la cour et la ville, et tous les partis? Remarquons, d ailleurs, que du Chastelet a, dans son Discours d'Eshtt, répondu très amplement à la Remontrance de labbc de Morgues : or, s est-il défendu d*avoir compose la seconde Savoisienne ? Nous ne le voyons pas : et sur quui se fondait Guichenon pour Taltribuer au sieur de Guron? Sur une simple hypothèse qui n'est aucunement justifiée. Jusqu'à ce qu'elle le soit, laissons donc la so-
(i) De Morgoet» hemomtnneê^ p. S71 de loo hitutU^ (f ) Bcmmm iUuiîrfs^ U SMxmh Jh ^1^*
»AUL BAT DU GHâtnUT. ilT
conàe Savoisienne au catalogue des œuvres de Peul Hay du Chaslelet. On y Irouvo une polémique animée contre la maison royale de Savoie, et le récit détaillé de ses manquements de foi à Tégard de la France. Le P. Monod, jésuite savoisien, fut chargé d*y répondre. Il pu* biid, dans ce but, deux brochures; la première ayant pour litre : Apologie frcmçoise pour la maison de Savoie; Chambéry, 1634, in- 4*; la seconde en italien, Apologia seconda per la casa di Savoia à la prima et seconda Savoi(ma; Turin, 4G32, in- 8°.
L*année suivante (4 634) du Chaslelet, ayant eu le malheur d'offenser la couronne et son minisde, fut prié d*aller faire quelque séjour dans une prison |d*élat. On expose de diverses manières les motifs de celte disgrâce. Suivant son implacable détracteur, Tabbé de Morgues, il eût perdu les bonnes grâces du roi, « pour avoir trop grossièrement escroqué 20,000 livres en la recherche des financiers, et avoir lourdement coiipé la bourse en faisant bransler sa sonnette (4). o Mais après avoir énoncé de telles accusations, il faut les justifier, ou elles ne peuvent être reçues que comme étant de ces rumeurs plus ou moins mensongères dont Tesprit de parti fait toujours un si malveillant emploi Or, nous ne trouvons pas, dans les divers écrits de Matthieu de Morgues, même le commencement d*une preuve contre h\ délicatesse du sieur du Chaslelet. Polisson explique autrement sa nlésaventure. Il avait été choisi par le roi pour être un des juges du maréchal de Marillac(^); mais
(i) De Morgues» Acmonfraiw», p. 871 de WD BnueiU
(S) ComiDe 00 le ? oit d*aUleart dans les iei|oéles do Bftrillac, loiMei daot le Journal </# IfiektUtM^ première parti p. 188 de redit, d*Aiiislerdaii|.
4tt PAOL BAT DU CBASTtLKT.
n'osant pas, dii-on, labsoudre et ne voulant |»as lo condamner, il avait eu recours à un expédient a5(sezéfraii;:c pour se faire récuser; il avait répandu d<ins le |>ii • blic, sous le litre do Prose impie contre les deux frvrtt Marillac (t), une complainte satirique, dont il sï'titl volontiers reconnu lauteur. AussilM les amis de M<irtllar avaient fait entendre des murmures. Quel scandale! Vrï juge désigné s*était prononcé contre laecu^é mômcavnnt d'avoir eu sous les yeux le procès* verbjil ^i^si oofiinii^saires instructeurs! Voilà donc rimp^irlialité fXo c«^< hommes à qui le cardinal donnait commission d'aUiltre les plus hautes tètes de la noblesse française ! Ils se plaignaient, ce nous semble, à bon droit. Pelisson veut que du Cbaslelel ail à dessein provocfué ces clameurs, dans rinlérèl bien entendu de Marillac. Mais c'est une fable imaginée dans un temps où c'était une mauvaise note pour un gentilhomme, que d'avoir à compter tel ou tel des siens parmi les complices du cardinal de Richelieu. Voici les paroles de Marillac, récusant du Chastelet : « Quant à Chastelet, j'ai l'horreur, Messieurs, de le voir
(1) CeUe proie a été inférée, tous le non de du Chaaelei, duos le Joammî de RiehciUu^ &i*coode partie» p. 5S. Rn voici Im premières itrophes :
V«Dile ad loleiDDia Faciamot prcoonia Dam oobii rident omnia.
Una fiinit Icoet illnn Qoi opprimebat pasillun Quandô tenebat ilgillum*
Qaanlum llevit carmelita, Tantum rt»{t Jc&uita, Cum caplus eu bypocrita*..
MaKMfoilIvthia In liae nrbi Laictia Cttoi prif atut ctt |raUa«f •