PAUL HAT DU CHASTBLBT
assis parmi une si honorable compagnie sur ces fleurs de lys, ol qu*il ayc pouvoir el main-levée sur ma vie et mon honneur, (|uand bien je ii*aurois à lui reprocher
que cet(e prose infâme dont il est l'autheur (f) »
Esl-ce donc en ces (ermes que Ton récuse un juge avec lequel on a des connivences, un ami qui se compromet pour vous servir? Non assurément. Le maréchal de Harillac motive d'ailleurs Vanimosilé personnelle que du Chasielet a contre lui. Ouvertement ennemi du cidevant garde des sceaux Michel de Marillac, il veut perdre les deux frères Tun par Taulre, et il commence par les outrager Tun el Pautre dans un libelle cynique (2). Ajoutons à ces renseignements qui nous sont fournis par les pièces du procès, une considération qui nous semble décisive. Si, pour justifier un acte très répréhensible, la publication de la Prose impie, on dit que le sieur du Chastelel s*est conduit de telle sorte dans Tintérèt bien entendu de Marillac, comment alors justifiel^oncet autre libelle contre Marillac condamné, exécuté, qui fut, dans la suite, publié par du Ghastelet? Au reste, quelles qu'aient été ses intentions lorsqu'il composait sa prose rimée, le roi jugea qu'il avait commis une méchante action, el, trois jours avant le jugement de laffaire Marillac, la cour fut saisie d'une requête du nouveau garde des sceaux contre le sieur du Chasielet. 11 siégeait quand cette requête fut présentée : aussitôt il se leva et se relira de rassemblée, pour que sa présence ne fôt pas un obstacle a la liberté des suffrages. En fait,
(1 ) Bdûtion vérilabU et ce qui t'est poMté au Jugement du lUar^ de MartUac, dans le Jowmal de Richelieu^ part« u, p. i,
(S) Aeqoéte de Marillnc, dans le Mmal d$ Rickeiiêu^ part, i, p. 184.