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celte requête était un ordre poor la cour, et ila Cbastelet, reconnu coupable d'une grave infraction a ses devoirs de magistrat, fut conduit prisonnier, sous l'escorte d'un exempt, au château de Villepreux (4).
II n*y resta pas long- temps. Quand il revint è la cowr, il s*empressa d aller à la messe du roi. Le prince layant remarqué dans la foule des courtisans, détourna h tète avec une certaine affectation. On raconte que du Cliastelet, supposant ou feignant de supposer que le rot se trouvait confus de Tavoir si maltraité» dit au duc de Saint-Simon : « Je vous prie, Mousieur, de dire au rot que je lui pardonne de bon cœur, et qu*il me fasse Thonneur de me regarder. » Saint-Simon ne manqua pas de répéter ces paroles. L.e roi en rit, et, pour témoi^^ner à du Cbastelet combien il était heureux d*a voir obtenu son pardon, il lui fit Taccueil le plus caressant. Si nous ne savons pas toute la vérité sur les motifs de larrcstatioQ de du Cbastelet, nous savons, du moins, à quelle occasion il fut mis en liberté. Tandis qu'il était è Villepreux, il avait fait un mémoire i>our la défense du cardinal, et le cardinal n*avait pu laisser sous les verrou^c lavocat de sa cause. C est ce mémoire qui fut publié sous le litre suivant : Discours au ix>y touchmU les /t* belles fcùis contre le gouvemetnent de son estât: Paris. 4634, in-8* (2). Ces libelles étaient quelques écrits du
(1) Obtertëliom $ur la. vie et /« C0iu/. du Mtr, 4e MmriUar^ pv Hay do CbasI., «Uns son Heeueitde div, piéeet^ p. 638, 839,
(S) FoTrel de Fonldle comnet à ce tafet plusieart ermrs* Il soppoie d^abord que du Cbastelet fut incarcéré en 4052, taod» q«e 14 date déco pamphlet indique aiset qu^il en sortit en 463t. KnsoilcH loi donne pottr prison Ij Bastille, an tteu du cliâteau de Villeprevi. Enfin, il imagine qne dv Chastelel obttart sa irraœ eo p»» bliant 100 Disamn d*€ttmU broehare qui ae vit pas In io«r avant Tanoda 168^. U DUcoun mu roy a été réftmpriaé oans le lUcutU 4$
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pi'ésîdenl le Coigncux et de divers autres partisans, contre radmiDtsfration de Richelieu. Encore inexpérimenté dans celle polémique, du Cbasielet prit les choses sur un ton bien solennel, et quoique son Discours ait obtenu les suffrages de Louis XllI^t de Richelieu, nous devons déclarer qu*il n*esl pas à notre goût. Il publia, cette même année 1 531 . un opuscule plus remarquable : Les Enlreliens des Champs- Elizées; in- 8". Le marquis de Spinola, le duc de Savoie, le duc d*Âlbe, Collalld, et divers aulres serviteurs de la maison d'Espagne se renoonlrenl aux Champs-Elysées et dissertent avec abondance sur rins[ralitude de cette maison : tout d*un coup ces personnages disparaissent de la scène, et on la voit occupée par Henri \\\ Yilleroy, Zamet, le duc de Mayenne, Bi.ssi-le-Clery, le maréchal de Brtssac et autres qui s'entretiennent des affaires présentes de la France, et, d'une seule voix, célèbrent les succès et la gloire du cardinal de Richelieu. Cette brochure est plus sobre et plus ferme que la précédente (4}. Il donna encore au public, Ja même année : V Innocence justifiée en V administration des affaires; Par^s, 463J, in- 8* [î],
éwentê pièces pour unir à fkittoirt^ p. 440. Comme tons tel opvs^ cnles de Hay da Chaslclct, celui-ci est enoojmf •
(1) L*8bbè de Morgues, dam sa Rempntrtmee, aUriboe eetle biochorc 4 dti Chastefet, el celte attribaUoo, rrprodaile par te P. Lelong et par M. Barbier, ii*a jamais été eoatredile. Oo letrottfe les Entretiens éts Ch, Elyz, dans le Recueii de da Cbasielefi p* it2,
(3) Le Discours au roy éUot iocoolcslablemect Toanage de do Cbastelet, il n'y a pas 4 ndMcber bien loia qod ert raaleor de V Innocence justiftU^ puisqu'on lit au débol de oet opuscule : • Ceai qui écriTOif ni ou parloîent à César ignoroleut sa graodeor; ccQX qai n*osoîcfit ni Tun ni TauUe, son bumanité : ayant lou{oars rceoguco rn V. Bl. ces deoi belles qoalilex, principalement lorsqu'elle me lit l'honneur d*agr^r la Rc^poose que \t is aux libelles qui eovroieQt contre le goufememeot de ion es rat... t
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C esl une réponse au présîiienl le Coigneux, qui, dans un manifeste plein de véhémence, avail accusé de divers crimes ladministration du cardinal. L*accu8atioa ciait |)assionnée el rapolo|;ie ne Test pas moins : il ne faul adopter les termes ni de Tune, ni de lautre.
Ces écrits l'avancérenl encore dans les bonnes grâces du cardinal. Il avait fesprit rapide, mais léger; il concevait promptement les affaires, mais il n*avail pas le jugement et la prudence qui sont nécessaires pour les bien conduire (1). Richelieu rappelait familièrement son lévrier (2), et, quand il remployait, ce n'était pas<ians les négociations importantes ; mais s agissait-il de défendre un des actes de son administration, ou de suivre par mille détours la trace dissimulée d*un crime d*état? telles étaient les affaires auxquelles le sieur du Chastelet lui semblait propre, et dont il le chargeait volontiers. C'est ainsi qu*il lui conGa le soin d'instruire le procès de Biaise RufOet, dit le baron dX'rfé ;3], et de répliquer aux censeurs du jugement rendu coq • Ire le maréchal de Marillac. On avail publié, sous le titre de Relation, une apologie du maréchal pleine de fiel contre Richelieu. Du Chastelet répondit à ce pamphlet par Tapologie du cardinal et le développement des charges qui avaient conduit Marillac sur Téchafaud. Voici le titre de cet opuscule : ObsenxtUon svr lavie et la condamnation du maréchal de Manliuc el sur le libelle intitulé : Relation de ce qui s* est passé au juge-
(1) Fcvret deFoBtetIr, HUtûtient de Fr,
(S) • Je K*7 M^ <|a^« ^^*** x^ raillci les, U rapp-'lle so i k-t rict^ el U a raisoo, car tu es cpluy de ses bourrraux. lorsque lu e> jucr» cC en âcrivam po«r laj, la et son \e% rier d*aUacbe, loib ajact Bal»droiu • M. de Morgotii Ihcutit, p. 5«0.
(a) M* dt MofffVii^ RiCMêiif pb H\
PktL BAY DU CHA6TBLBT. kS$
m«nide$onprocez\ Paris 4633, iu-4* el in-8*(i). G*ést un mémoire judiciaire écrilavec plus de mesure que la plupart des autres ouvrages du même auteur. On a dit souvent du maréchal de Harillac, qu*il avait été sacrifié contre toute justice aux ressentiments personnels de Richelieu. Admettons que ces rancunes aient précipité la ruine du maréchal : on ne peut du moins nier, après avoir lu les ObservaiionSf que les charges produites contre lui ne fussent très graves. On se ferait, d'ailleurs, une opinion très fausse de Paul du Chastelet, si l'on se représentait ce partisan du cardinal, zélé sans doute et peut-être trop zélé, comme un subalterne et servile instrument. S'il s'est prononcé contre Marillac, c'est qu'il Ta jugé coupable. Sa voix ne sest-elle pas élevée plus d'une fois pour défendre avec énergie, même fx>nlre l'intolérant cardinal, les tètes que la raison d'état avait désignées au bourreau? On l'a vu dans Taffaire de Boutteville. On le vit encore en 4 632, dans le procès du duc de Montmorency. Comme il suppliait le roi de lui pardonner : « Je pense, dit celui-ci, que M. du Chaslelet voudroit avoir perdu un bras pour sauver M. de Montmorency. » — a Je voudrois, sire, répliqua-t-il, les avoir perdus tous deux, car ils sont inutiles à votre service, et en avoir sauvé un qui vous a gagné des batailles et qui vous en gagneroil encore. » Ce n'est pas là le langage d'un homme dépendant, qui se laisse conduire augréd'autrui.
C'est en 4 635 que parut le principal ouvrage de du Ghastelet. Cet ouvrage a pour titre : Becueil de diverses pièces pour servir à T histoire; Paris, 4636, in-fol.,sans
(i) l|éiiiipriiiiéduiile/if6ifii/dodttCbtaitlfll9p.78a^
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autre indic. (1). Ces pièces ne sont pas loutes de Paul do CSbasteiet, mais c*esl lui qui les a recueillies pour en com* poser ce volume, auquel il a joint une préface que Goy Patin appelle eoxellente (2). Elle Test en effet. C*est cette préfacequi fut imprimée séparément la même année, soqb lé titre de : Discours (testât sur les escrits de ce temps: Paris., in-8. Qu'on en retranche tout ce qui concerne la généalogie du cardinal de Richelieu, et qoelqoes autres passages qui sentent beaucoup trop le courlisao, on sera de la vis de Guy Patin : c'est un morceau bien pensé, bien écrit, accablant pour le parti de la reiuemère. Ce parti sentit le coup, et l'abbé de Morgues, son principal orateur, répondit à du Chastelet par un recueil de même volume : Diverses pièces pour la défense de la Beyne-Mère, faites et ret}ues par Matthieu de Moines sieur de Saint-Germain ; Bruxelles, in* fol.
La même année, 4 635, on publiait à Paris, sous le titre de Mercure d'estai eu Recueil de divers discours d^esiat, un petit volume in* 4 2 qui n*est pas assurément dépourvu d'intérêt. Les pièces dont se compose ce Recueil ont peu d'étendue, mais ce sont de vives déclamations contre la maison d'Autriche; ce sont d'énergiques appels aux princes, aux états d'Italie, jaloux de conquérir ou de maintenir leur liberté. Le catalogue de la Bibliothèque nationale attribue ces divers discours à Paul Hay du Chastelet. Nous ne pourrions, pour notre part, ni contredire, ni confirmer cette attribution [3). Ajoutons enfin, è la liste des opuscules du sieur du Chastelet, uneSatytr
(«) Anlm «dit leiS, u-4*; «653, ia-foL (BikUogfmBkiê ém M^inê.)
(î) FMtr^ Lettre tO da t nr (16 férrifr 1635.)
(8) M BtfMirMWwibaraitèMf«|it