‹ Histoire littéraire du Maine (volume 2)Chapitre 37 sur 39 · PAUL HAY DU CHA8TBLST · texte numérisé non relu

PAUL HAY DU CHA8TBLST

àmire la vie de la ccùr, iniprimée sous le nom de Théophile, dans un recueil publié par Sercy, et un pelit poème ayanl pour titre : Avis aux abserUs de la càur. Nous D avons pu rencontrer ces pièces, mais il n'est pas à supposer qu'elles soient très intéressantes.

Assurément Matthieu de Morgues n'épargne pas ïiâ* jure à Ta vocal, au gazetier du cardinal. Il reconnait, toutefois, qu'il ne fout le compter ni parmi les courtisans faméliques, ni parmi les ignorants, mais simplement parmi les ambitieux (4). C'est une ambition qui ne fut guèrea satisfaite. Richelieu, qui, dit-on, n'avait pas une grande confiance dans la solidité de son esprit, s'abstint de lui donner des emplois supérieurs (2). Cependant nous voyons qu'H eut un siège au conseil d*état, et Ton nous rapporte qu'en 4635, ayant été obargé d'établir le parlement de Pau, il exerça Tintendanee de la joslice dans l'armée royale, commandée par Louis Xm en personne (3). On igouCe que, peu de temps avant sa mort, il reçut du cardinal, en récompense de ses services, un présent de dix mille écus. Il moitrut è E'aris, le 16 avril 4636, Ayant été nommé, peu d'années après la fondation de l'Académie, membre de cette docte assemblée, il en fut le premier secrétaire.

Nous n'avons pas à parler longuement de Daniel HAY, son frère. Né à Laval le 23 octobre 1696, Daniel Hay fit ses études pour entrer dans les ordres, fut abbé de Chambon, doyen de l'église collégiale de Saint-Thugal de Laval, et mourut dans cette viUe le 20 avril 4 674 .

(i) Jugement etc., etc.» dans tea Reeuêiêt f» UX (S) Fe? ret da Footette, HUiûnttu de f^Nmm (S) NUiiOB» Aiff. ^/'^M^t /Wmf.,U I.

kS6 FACL HAY DU CHASTEL8T.

il avait été Dommé, en 4635, membre de T Académie française. Ses litres étaient divers écrits sdr les mathématiques et sur les matières de controverse. Pellîsson raconte qu a la mort de rabt)é de Chambon, ses ouvrages inédits passèrent entre les mains du marquis du Chastelelaon neveu, et que celui-ci, n'y entendant rien, prit le parti de les jeter au feu (4 ).

Quelques mots maintenant sur Tuu des fils de Paul du Gbastelet. Né vraisemblablement à Paris, il ne peut occuper une place particulière dans cette Histoire; mais comme il portait le même prénom que son père, on Ta confondu souvent avec lui, et de là sont venues des erreurs nombreuses qu'ilnoos importe de corriger. Ainsi, dans certains catalogues, les ouvrages du père et ceux du fils sont attribués à un seul auteur : il y en a d'autres où le père est distingué du fils, mais où quelques ouvrages de celui-ci sont improprement attribués a celuilà. C'est un chaos bibliographique dans lequel nous devons introduire la lumière, il s'agit d abord de quelques ObservatiofiS sur la vie et la mort du maréchal d'Omano, publiées, en 46439in-i% Attribué par M. Barbier {%) à Tunique Paul du Chastelel dont ce bibliographe ait fait mention, cet ouvrage est mis par M. Desportes (3) au catalogue des œuvres du fils. Nous avons quelque raison de croire que c*esl une œuvre posthume du père. En effet, le fils publiant, en 4566, son Uistoirt deduGuesclin, rappelle son « coup d'essai. » Or, il n aurait pu s'exprimer en ces tenues si, \ingi-lrois ans

(I) Bût. éê tétmL T. 1, p. SM.

(î) 0ic<. ém jtm mym , (S) Bibii^r. eu tUmê.

PAVL HAT MJ OÊàgtWLÊT. W

plas tôt, il avait d^à pris rang parmi les écriTainB. La Traité de Véducalion de monseigneur le dmtpkâi: PMîs, Renault, 4664, in-18, est reconnu oomme l'oeoTre da fils par MM. Pillet(4), Peignot(2) el Desportes. Noos parlerons avec plus de détails de V Histoire de Bertnmd du Guesdin, connétable de France, composée nomtellemeni et enrichie de pièces originales, par P. H., seigmesir D. C; Paris, 4 666, in-fol. On ne comprend pas que eet ouvrage, composé nouvellemeni en 4666, ait été catalogué dans les œuvres de Paul du Cbastelet le père, mort en 4639. C*esl cependant une erreur qui a été commise par le P. Niceron, par Fevret de Pontette, et que noos retrouvons aujourd'hui reproduite dans le pins grand nombre de nos manuels bibliographiques. Le privilège de cet ouvrage, signé par Louis XIY le 4" mai 4666, nous en faitconuattre le véritable auteur, « Paul Hay, chevalier, seigneur du Châtelet, fils de nostre amé el féal Paul Hay, seigneur dudit lieu, conseiller d'estat du feu roy d'heureuse mémoire, Louis le juste, nostre très honoré seigneur el père, maître des requesles en son hôtel; lequel marche sur les traces que son dit père Iny a laissées parles beauii ouvrages qui resteront de luy . > Nous ferons une autre ot>servation sur les termes de ce privilège. Les bibliographes qui distinguent Paul Hay, le père, de Paul Hay, le fils, donnent à celui-ci le titre de marquis. Il n'était, on le voit, que chevalier. Sur un des exemplaires de cette Histoire de du Guesclin (3), nous lisons une note manuscrite qui contient un ren-

(é) Bihliûgr. Mkkumé.

(î) Dieilam. Aûf.

(S) BiMiolh. Nadoo, U él^f

488 €UO»B AIXAID»

seignement curieux. Celle note est ainsi oooçae: « Ce livre m'a élé donné par M. le niarquis du Ghâletel Bal, le 26 septembre 1 697 . D^Hozier, » El à côté, de la mtae main, avec un signe de renvoi : « Frère de Fauleor de cette histoire, qui n'est pas écrite dans le style d'une hisloke» etc., etc....» Ainsi, au (émoiguage ded*Hocier, riûstorien de du Guesclin avait un frère, et ce frère portait encore, en 4 697, le titre de marquis. C'était le premier né de sa race, et, comme il y a lieu de le croire, le moins lettré;. c'est à lui qu'il faut, en effet, attribuer la desiruction des manuscrits laissés par l'abbé de Chambon. Comment un écrivain aurait il pu se rendre coupable de ce crime ? Disons en6n que le Trailé de la guerre; Paris, 4 66S, iD-4 S, et le Trailé de la politique de France: Cologne, 4669, in-!« (<). doivent être restitués dans le nouveau calaloguede la Bibliothèque Nationale, et dans la plus prochaine édilion du DicUonmàre dee antmymea à Paul Hay du Chastelet le Bis.

ALLARD (Claude).

Clacm ALLARD, né à Laval, élève des écoles de La Flèche et de Paris, fut, pendant quelque temps, on le oroit du moins, directeur des religieuses de Sainte- Croix de Poitiers (9). Il revint ensuite dans sa ville natale, et obtint les titres de chantre et de chanoine de Té*

(I) • L*aalair, dit Ltrrry, roi la banlieue de dédier toû lim att rai et de le Ivl préKoler; naît loo tèle fol autreineot lêioaipfrt «i*U De rctpérait; il fol mit 4 la Baaille eh il dettenta 15 |mm • (IMmm êktoÊfôiogi^itts, par M. lliororc de Kerdanet.)

(S) Aonrl, SiêMK m^ p. M,

PlBllBf Wai, JAOOVIS BB HKCÉ. 439

glise de Saint-Thugal. Il est auteur de deux ouvrages d'une importance médiocre. Le premier a pour titre : Le iniroir des âmes religieuses, ou la vie de très haute et très religieuse princesse madame Charlotte-Flandrine de Nassau^ très digne al^se du monastère de Samte-^roix de Poitiers; Poitiers, Tboreau, 4653, iii-4*. C'est une oraisoo funèbre, divisée en six livres, sur les mérites divers de la princesse Charlotte de Nassau, née, le 4 8 aoAt 4 578, de Guillaume de Nassau, prince d*Orange, et de Charlotte de Bourbon, morte et ensevdie à Poitiers^ le 40 avril 4640. Claude Âllard a rédigé ce livre sur des notes qui lui avaient été transmises par les religieuses de Sainte-Croix. Son second ouvrage a pour titre : Crayon des grandeurs de Saint-Antoine de Viamois; Poitiers, 4653, in-42. Ce petit livre, qui n'a été conna ni d'Ansart, ni de M . Desportes, est aussi frivole que le précédent.

PINCÉ (PIERBE, a£ll£, JACQUES OE).

Le bourg de Pincé, prés de Sablé, disirait du dioeése d'Angers, en 4804, pour être incorporé au diocèse da Mans, a donné son nom à une famille illustre dans les annales de l'Anjou. Nous comptons dans celte famille trois écrivains.

U faut faire connaître leur généalogie. Elle nous avait d'abord semblé tellement obscure, que nous désespérions de jamais comprendre par quel lien de parenté se tenaient les uns aux autres René, Jacques eC Pierre de Pincé : cependant, en n'épaf^;nant aucune recherche au cabinet des Titres de la Bibliothèque Natio-

440 PIBRIB, UKK, JAGQCIS DE MNCI.

nale, nous sommes enfin en mesure de faire connaître toale l'histoire de cette famille.

Jean de Pincé, qui habitait Angers dans les premiéret années du xv- siècle, eut, de son mariage avec Gutlldmine d'Âleneé, trois enfants, entre lesquels Pierre de Pincé, sieur de la Roe, du Bois et de Saint- Léonard, qui testa le U octobre 4 527. Ce Pierre de Pincé eot, pour sa part, six enfants. Nous n'avons beMînd*en désigner ici qu'un seul, Jean de Pincé, sieur du Bois, des Brosses, du Noi vieux, de Chambresais et du Gouidray» lieutenant général d'Angers, qui, de Renée Foumier, eut : Pierre de Pincé, sieur du Bois, conseiller au parlement, reçu le 4 8 octobre 4556, mort le 82 mai 4 566, et Christoplie de Pincé, sieur des Brosses et du Noivieux. lieutenant criminel d'Angers. Terminons cette généalogie en disant que deux de nos auteurs, Pie»»! et Jacques DE PINCÉ, étaient fils de Pierre, sieur du Bois, mort en 4566, et de Françoise Aubery, fille de notre Jacques Aubery (4 ); et que le sieur des Brosses avait eu Be!«b de PINCÉ de son mariage avec Jeanne Chailopin. Parlons maintenant de leurs œuvres.

On lit dans la Bibliothèque Prançoiu de La Croix du Maine : « Pierre de Pincé, sieur du Bois de Pincé en Anjou, cousin germain de René de Pincé, avocat au parlement. Il a composé plusieurs for doctes poèmes en latin et en françois, lesquels ne sont encores imprimés. Il florisl è Paris cette année 4 584. » Ce Pierre de Pincé, chevalier de Tordre du roi, reçu maître des comptes Tan 4598, fut, en outre, maître d*bôtel ordinaire do roî. Il eut pour femme Madeleine Prévost, fille de Jean Pré*

(t) Abt. m.dm «ilM. t. o, p. 4a»«

mmu, iBHB, ucQVMÈ M mcÉ. 441

vost, sieor de Saint-Gyr, conseiller au parlement. De ses « for docles poëmes » nous ne eonoaissons qu'une ode française, datée du 3 juillet 4640, Sur le trépas du roy très chrétien Henry-le-Grand. Celte ode, qui se trouve dans quelques recueils, se compose de trentetrois strophes de quatre vers. Voici les premiers :

Holre soleil est éclipsé Btoenousrote en cet ténèbres»

Qae larmes et chaots fonèbres Pour plorer œ qui s*est passé.

Jacques de Pincé, frère de Pierre, fut reçu mettre des comptes en 4584. Dans sesDelidœpoetarum Gcdlorum, Gruter publie six épigrammes latines de Jacques de Pincé sur la main d'Etienne Pasquier. A la première de ces épigrammes, Pasquier répondit par un sonnet et par une lettre qui se trouvent dans le huitième livre de son recueil. On y voit cet éloge de Jacques de Pincé : « Je m'asseure qui ne faudrez de m envoyer bien tost vos répliques, estant d'un esprit fertil, et abondant en mille inventions plus que nul que j'aye veu de vostre aage. s

René de Pincé, sieur des Brosses et du Noivieux, conseiller au pariement, fil aussi des vers latins. La Croix du Haine nous le recommande, en outre, comme auteur de poésies grecques et de poésies françaises. Nous ne connaissons de lui que ce. qui a été inséré dans le recueil dont voici le titre : M. Ântonii Mureli, Renati Pincœi et Ped. Horelli yumismatograjAia; demi-feuille, in- 8% sans date. C'était un des nombreux amis de Juste- Lipse. Deux des lettres de Juste-Lipse lui sont adres-

44i ANTOIIIS LB COlTAnita M CODftTtlLLBt.

aies (I); elles témoignent quelle était rintimité de leurs rapports. Ce René de Pincé épousa, par contrat du 4 i février 4580, Marie de Dormans, iille de Charles de Dor* mans, seigneur de Kàvre-le-Gbft(el.

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