‹ Histoire littéraire du Maine (volume 2)Chapitre 8 sur 39 · III G · texte numérisé non relu

III G

89 GClLUtn DB hAMEt DO BBLLAT.

Henri répondit à cet arrêt en se déclarant chef de réglise anglicane 9 et pressa le roi de France d*agir eomme lui. Celui-ci fut sur le point d*imiter cet exemple audacieux ; 8*il en fut détourné par le cardinal de Tonmon, il ne négligea rien, toutefois, de ce qu'il avait à faire pour remplir ses engagements envers le prince retranché de la communion catholique , et, tant que dura la paix , il surveilla toutes les démarches de l'empereur, et contraria toutes ses intrigues, avec la résolution de recommencer la guerre en temps op* portun.

Envoyé de nouveau dans les Etats-Germaniques , sous divers prétextes que l'empereur devait trouver plausibles. Du Bellay parut à la diète d'Augsbourg, et y plaida la cause des ducs de Wurtemberg , chassés de leurs domaines par Ferdinand , roi des Romains , obtint le rétablissement de ces princes sur le trône de leurs ancêtres , et fit prononcer la rupture de la ligue de Souabe que Charles V avait tant à cœur de maintenir. On possède deux discours que Du Bellay prononça devant la diète. Avant de l'entendre , les membres de cette assemblée se montraient peu jaloux de prendre parti pour les princes héréditaires de Wurtemberg, qui avaient contre eux l'empereur et ion frère, le roi Ferdinand; il les captiva, les entraîna par son éloquence , et toutes les résolutions qu'il crut devoir proposer, réunirent le plus grand nombre des suffrages (I)* Le roi de France fut proclamé tuteur des libertés germaniques. Le succès de cette ambassade contraria vivement Charles V : mais il avait pris

f 1 JfiHnoifff de Martin du Hrdoy. t. il.

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rengagement de se soomeUre à la sentence de la diète, et, qael que fftt son déplaisir, il ne pot le manifester. Vers la fin de Tannée 1535, nous retrouvons Guillaume Du Bellay dans les Etats-Germaniques , assistant à la diète de Smalcade, et s'efforçant de détacher les princes de la cause impériale. Bu Bellay eut al<n*s avec les théologiens du parti protestant, divers colloques où Ton parla beaucoup des affaires de la religion , mais où Ton ne décida rien. Helancthon, Pontanus, Jacques Sturm plaidèrent devant lui la cause des réformés, et se plaignirent des mauvais traitements que François avait récemment fait subir à quelques-uns de leurs co-religionnaires : il répondit que le roi son maître n'avait aucune disposition à l'intolérance , quMl n'ignorait pas les désordres de Féglise et qu'il avait à cœur de les voir cesser, mais qu'il ne pouvait autoriser que, sous prétexte de religion, on prêchât la révolte dans ses provinces ; qu'il refusait d'ailleurs d'être l'arbitre des consciences, qu'il faisait cas des hommes sincères et bien famés de tous les partis , et qu'il aimait i les entendre exposer leurs sentiments contraires, mais qu'il ne pouvait épargner les artisans de discorde civile, sans compromettre l'autorité de son glaive , et manquer à ses devoirs envers Dieu (1). Quand Du Bellay s'exprimait en ces termes, au nom du roi , il ne disait pas toute la vérité. En efiet , au commencement de cette année 1535, un bûcher dressé sur une des places principales de Paris avait reçu plusieurs luthériens , auxquels les juges séculiers

dl Mém. de Mort, du Bellay, t. il , p. 196. — Sleidan, Hiitoire de l'Etat de la religion , liv. ix.

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n'avaient pas imputé d*autre crime que leurs sentiments hétérodoxes. Mais il importait si fort à François V' d'obtenir la neutralité des électeurs de l'Empire durant la guerre prochaine , qu'il eût volontiers , i cette condition, cédé sur plus d*un point de doctrine aux obstinés fauteurs de Thérésie luthérienne. Il existe une pièce fort curieuse : c'est le procès-verbal de la conférence qui eut lieu, le 20 décembre 1535 , entre Pontanus , chancelier de l'électeur de Saxe et l'ambassadeur du roi de France. Le discours rapporté par SIeidan ayant paru suspect au P. Haimbourg , Louis de SeckendoriF eut à cœur de prouver la sincérité de l'historien protestant , et, dans son Histoire du Luthéranisme , il publia , d'après les registres manuscrits de l'assemblée de Smalcade , un résumé très-substantiel des paroles échangées entre les interlocuteurs. Nous lisons, dans ce résumé, que, sur la question de l'autorité papale, le roi de France déclare, par Forgane de Guill. Du Bellay, n'être pas très-loin de partager Topinion des protestants ; il dit même expressément qu'à son avis le gouvernement monarchique établi dans l'église n'est pas d'institution divine. Sur la question de la cène, il avoue que la doctrine de la présence figurée lui semble très-sensée , mais qu'elle est condamnée par tous les théologiens français. Sur d'autres problèmes , il ne fait pas des concessions moins importantes : il n'approuve pas notamment la liturgie de l'église romaine en ce qui concerne l'invocation des saints; il est prêt i souscrire à l'opinion de Hélanchton sur le libre arbitre ; il n'a jamais été pleinement convaincu de l'existence du purgatoire : que s'il est en dissentiment avec les

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théologiens protestants sur qnelque affaire de doctrine, c'est en ce qnil ne saurait approuver le mariage des prêtres : il espère du reste qu*à sa demande les illustres docteurs réunis à Smalcade voudront bien loi envoyer quelques personnes dignes de leur confiance , avec lesquelles il aura de pacifiques entretiens (1). fiayle, rappelant ce procès-verbal de l'assemblée de Smalcade, publié par Seckendorff, explique le langage tenu par Guill. Du Bellay pour le roi de France , en disant que les ambassadeurs ne sont jamais tenus de parler avec une entière franchise. Cette explication serait loin d'être une justification suffisante,. si François V' avait cru fermement aux articles catëchètiques de l'église romaine.

La troisième ambassade de Guill. Du Bellay près des électeurs de l'empire, n*eut qu'un résultat équivoque. Cependant le roi était impatient de déchirer le traité deCambray, et de rétablir l'honneur des armes françaises. D choisit encore l'Italie pour champ de bataille. Ayant eu quelques différends avec le duc de Hilan , il chargea l'amiral Brion de traverser les Alpes et d'aller envahir de nouveau les états de ce prince. L'amiral commença par s'emparer du Piémont, où l'on ne lui opposa qu'une faible résistance. Charles V guerroyait alors avec les pirates de Tunis : quand il reçut la nouvelle de l'occupation du Piémont, il ne se jugea pas en mesure de répondre au défi de François, qui avait alors dans son camp le roi d'Angleterre et les princes d'Allemagne détachés de la ligue de Souabe, et il s'occupa d'abord d'obtenir l'amitié, ou

(1) Seckendorff, lib. m , p. 109 elpag. 259.

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da moins» la neutralité des alliés do roi de France. Henri ne fit qu'an froid accueil i ses oiiTertures empressées. Les agents de Charles V eurent plus de succès dans les Etats-Germaniques. Ils allèrent publiant partout que le roi de France Tenait de bannir de son royaume tous les sujets allemands , et que tous les Français qui ayaient eu des rapports de commerce arec les Etats du Rhin , avaient été récemment condamnés au dernier supplice , comme suspects de lu— théranisme; que le roi de France travaillait avec Soliman à la ruine de l'empire germanique , et qu'il avait commencé Vexécution de ce dessein impie par renvoi d*une armée d'incendiaires dans les principautés où n'avait pas encore pénétré l'esprit de rébellion. Ces bruits t habilement répandus et confirmés par le témoignage des principaux officiers de Fempire, alarmèrent et soulevèrent les habitants des villes et des campagnes ; de toutes parts on courut aux armes » et l'on paria de marcher aux frontières françaises.

Tel était l'état des choses en Allemagne, en 1536 , quand Guillaume Du Bellay s'y rendit encore une fois en toute hâte , ayant pour mission de démentir tant de rumeurs calomnieuses , et de reconcilier avec la France les princes et les peuples frappés de la même épouvante. En arrivant » il fut accueilli par les démonstrations du plus aveugle ressentiment : les princes ne voulurent ni l'entendre » ni lui donner asile, et, comme tous les gens du pays étaient en armes , Du Bellay se vit obligé ou de fuir au plus t6t vers la France on de chercher quelque retraite dans laquelle

(l) Sockeodorir, hb. m, p 317-390.

GUnXACHB DE LAIfOET OD BELLAY. 87

il put do moins , durant cet orage , cacber sa tAte proscrite. It hésitait entre l'un et l'autre parti , lorsqu'il fit la rencontre d'un seigneur allemand qu'il avait autrefois compté parmi les amîs de la France. Celuici l'ayant reçu dans sa maison , alla trourer quelques personnes notables , et les pria de Tenir rendre une ▼isiie secrète i l'ambassadeur du roi de France. Langey profita de leur bonne volonté , pour avoir avec ces gens mal prévenus de longs entretiens sur les mensongères rumeurs semées par les émissaires de Charles Y. Mais c'était peu de chose que d'avoir éclairé quelques esprits : Du Bellay, ne pouvant encore se montrer en public, fit, du moins, imprimer en latin, en allemand et en français, un discours dans lequel il démentait avec énergie les fausses nouvelles fabriquées par l'Espagnol , et prouvait , par un exposé sommaire des faits réels , que Charles Y avait ourdi cette intrigue et d'autres encore , pour rendre le nom de François odieux à sea amis, à ses alliés. Sur ces entrefaites, arrivèrent des marchands de tous les cercles de l'Empire qui venaient de la foire de Lyon et se rendaient à celle de Strasbourg. Langey demanda qu'ils fussent recherchés, interrogés, et qu'on apprit d'eux la vérité tout entière. On la connut enfin : loin d'avoir été persécutés en France, ils avaient été traités parles officiers du roi , par le roi lui-même, avec une bienveillaoceplus qu'ordinaire ; loin d'avoir été contrariés dans leurs opérations mercantiles , ils avaient été invités à prendre dans le trésor royal les sommes dont ils pouvaient avoir besoin. Ces déclarations calmèrent les esprits : Du Bellay, sortant alors de sa retraite, envoya ses lettres de créance à Louis de Bavière ,

88 GOILLAUMK DE UNGET DU BEIXAT.

doyen des électeurs de l'empire , et vint à Hanich. Il n*y pût rester longtemps : si les populations désabu* sées n'étaient plus hostiles à l'ambassadeur français , il devait redouter, en Bavière, de secrètes embûches, l'empereur et le roi des Romains ne professant pas beaucoup do respect pour les règles du droit des gens, n se retira donc i Bâie, vers le mois d'août 1536, et réclama des princes de l'Empire une audience publique pour l'ambassadeur du roi de France : il voulait, disait-il, exposer, dans cette audience, le détail des questions qui devaient être résolues par la voie des armes , et constituer les électeurs juges de la conduite de Charles V. Dans le même temps, il écrivait au roi la lettre suivante , dans laquelle nous trouvons de curieux renseignements sur la situation des esprits en Allemagne et en Suisse :

Batte, 12 aoutt 1536.

SlRB,

y»y aujourdhuy reeeu ros leUrea du 12 du pass^ , ensemble les lettres pour le seigneur Stumius , que je luy fcray tenir, et lequel je troure tous jours rostre bon serrilcur, et sans demander austre chose de tous , sinon ce que je tous diray de bricf , qu'il no pense toucher principalement que Tostre adrancement , dont il estime dépendre œluy de sa République. Quant aux calomnies qu'on a semées par deçà contre tous , je y ay faict les remonstrances que tous m'aTez ordonnées , lesquelles j'espère ne tous seront inutiles. Personnaiges de bien gros crédit m'ont dit qu'ils oe se peuTent assez esbahir, s'il est Tray ce que je leur dis , et qu'ils commencent & croire , comment tous stcz souffert sans respondre. I^ contraire leur est prescbé dc!«jà birn douze ans , et si TOUS aTcz quelquefoys rcitpondu, ce a csitô h d'aucuns points, comme si vous eussiez adTOûé les autres. Je Touldrois , Sire , qu'on cusl bien pc»é ce que BeauTais autrefoys vous en escrivit.

GUILLAUME DE LAI1GEY D€ SELLAT. 89

Ed somme , on me asseare que si je leur kj porté paroUe de yérité en ce que je leur ay dit de par vous , et on vous donne une journée , que le droit vous sera adjugé ; si l'empereur empesche qu'on ne la vous accorde , qu'il mettra la Germanie contre soy, et m'ont eulz-mesmes pressé et baillé les moyens (mais en payant] de faire imprimer les dittes remonstrances. Vous avez veu ce que j'ay escript au Palatin Electeur, lequel m'a fait responce , et sur icelle j'ay escript à tous les princes lettres dont je vous envoyay le double , mais je les ay depuis augmentées et diminuées par endroits , attendant quelle résolution se prendra sur cette journée. Ces villes , sy elles ne m'ont menty, ne donneront ayde commune à l'Empereur, mais ne peuvent empescher honestement leurs subjects d'aller à son service pour le présent : pour Tadvenir m'en donnent ouverture de moyens. Les gens d'église, si l'Empereur vous donne quelque bastonnade , luy fourniront tout ce qa*ils auront ; à cette cause, il fait tousjours courir icy cent nouvelles pour luy. Desik i'évesque de Strasbourg a vendu uneforest pour aprester argent à cette intention ; les biens deladitte église , donnez par vos prédécesseurs, seront employez à cet usage. Quant à gens de guerre , il ny à ordre , Sire , de vous en faire levée pour ce temps. Par cy-devanten eussiez eu prou et des plus agguéris : je trouve que , pour le présent , ils sont par deçà de trois espèces : les uns, qui se disent évangeliques , courent contre vous comme contre leur principal persécuteur ; les autres , papistiques , comme contre le Turq , car les Impériaulx no vous baptisent point autrement; la tierce espèce, meslée des deux autres , n'adore Dieu ne déesse , que leur mère , la Guerre , et ceulz là , si TOUS eussiez fait levée de bonne beure , vous eussent tous suivy, car ils disent que votre argent vient mieulz que celuy de l'Empereur, et prou en a qui ont long temps attendu si vous les demanderiez, lesquels depuis ont pris parti do l'Empereur.... Sire, je mettray peine d'estre devers vous de brief , pour vous dire le surplus de bouche (l).

(l) Cette lettre , qui n'avait pas encore été publiée , se trouve à la Bibliothèque du Roi, dans le n"" 1,832 (St.-Germain).

90 cmLUxsm de langet du belut.

Guillaorne Do Bellay n'obtint pas Tandience qii*il avait instamment sollicitée : mais» du moins» avant de quitter i* Allemagne , adressa-t-il aux princes une longue lettre oà nous trouvons le résumé des arguments qu'il ne loi avait pas été permis de développer en public. Si ces remontrances produisirent peu d'effet sur les princes » les démarches qu'avaient faites Du Bellay pour apaiser Témotion populaire» eurent toutefois un résultat : de treize mille paysans qui s'étaient enrôlés pour aller tirer vengeance du meurtre supposé de leurs concitoyens » trois mille seulement restèrent sous les enseignes impériales (I).

Les hostilités recommencèrent bientôt. Ayant envoyé ses lieutenants mettre le siège devant les places que Tamiral de Brion occupait dans le Piémont» Charles se rapprocha de la frontière française» et prétendit envahir la Provence. C'était une entreprise téméraire. François se porta sur Lyon et de là sur Valence » où il établit son camp : il était jaloux de ré» pondre par quelque grand fait d'armes à l'insolent défi de l'Espagnol qui osait venir attaquer un roi de France Jusqu'au sein de ses éuts. Il fallut que l'on mit tout en œuvre pour modérer son impatience. Le maréchal de Montmorency » qui défendait le camp d'Avignon» envoya deux fois à Valence Guillaume du Bellay : celui-ci rendit compte au roi des mouvements de l'ennemi» et l'engagea fort à ne pas quitter son camp fortifié; il y avait» en effet» lieu de croire que Charles » trouvant la frontière bien gardée » regagnerait promptement l'Italie» après avoir battu la cam-

(1) Mim.d$Man, du HtUay, t. ut. p. 244-271.

GUILLAOIIB DE LANGET DU BEtLAY. 9à

pagne sans liyrer un seul combat. L'envoyé do maréchal ne réassit pas dans sa mission; François loi répondit , non pas sans doute avec la prudence d'un général , mais avec la dignité du premier gentilhomme de son royaume : c Non , il ne sera pas dit que Tempereur sera venu m'attaquer à la tête de son armée, et que, moi, je ne l'aurai pas reçu à la tète de la mienne ; qu'il se sera présenté les armes à la main , et que , pendant ce temps, je serai demeuré dans mon camp de Valence, remplissant la charge de commissaire des Tirres (1)... w Après avoir prononcé ces nobles paroles , François ordonna de tout préparer pour le départ, et, le lendemain, il se mit en route, avec sa gendarmerie , se dirigeant vers le camp d'Avignon. Mais déjà l'empereur opérait sa retraite sur Fréjus. Quand il eut repassé la frontière, François se rendit à Marseille, et chargea Du Bellay d'aller , en son nom , visiter b ville d*Aix, que les Impériaux avaient dévastée. Sur le rapport que lui fit Du Bellay, le roi décida que les murailles détruites seraient relevées, et que les monuments publics , incendiés par les ordres de Charles Y, seraient rétablis dans leur premier état (2). Guill. Du Bellay partit ensuite pour le Piémont , oil la guerre se continuait, sans que l'on fit, de part et d'autre , de grands eCFbrts. Il parvint à concilier doux princes italiens dont les débats personnels pouvaient avoir des sm'tes fftcheuses, et pourvut ensuite à la sAreté du marquisat de Saluée (3). Cependant, à son

(1) JKm. de Mort. duBellaïf, t. iv, p. 204 et suir. (2} Ihid., p. 239.

;3] Ibid,, p. 332-340.

9â GOaUCME DE LiNGET DU BEIXAT.

retour en France» il ne put donner au roi de bonnes nouvelles : Tannée expéditionnaire s'aflaiblissait chaque jour, et Tennemi gagnait du terrain presque sans coup férir. François envoya dix mille lansquenets et quatre cents hommes d*arme8 an secours des légions françaises ; peu de temps après , d'autres compagnies furent conduites en Italie : Langey reçut l'ordre de traverser encore une fois les monts , et de porter vingt-cinq mille écus à la garnison de Turin.

L'ennemi s'était emparé de toutes les places situées au pied des Alpes , ce qui rendait le passage fort difficile. Langey se vit obligé de demander une nom* breuse escorte au duc de Wurtemberg» et gagna la ville de Suse sous la protection de ses lansquenets. A leur approche , les Impériaux » qui gardaient les défilés des Alpes, furent pris d'une subito terreur, et quittèrent i la hâte les positions dont la défense leur avait été confiée. L'arrivée de Langey dans les murs de Turin releva les esprits découragés. Il n'y séjourna pas longtemps. En quittant cette ville, il courut les plus grands dangers. Les Impériaux, ayant appris qu'il n'avait en sa compagnie que vingt-cinq chevaux légers, se présentèrent sur son passage, et voulurent s'emparer d'un homme qui leur était signalé comme le plus actif , le plus habile des agents de la cour de France : mais ils ne réussirent pas dans cette entreprise, et Langey put gagner la ville de Suse où il avait laissé la plus forte part de son escorte , les lansquenets du prince de Wurtemberg (I). On sait quelle fut l'issue de la campagne de l'année 1536. Au mois

, 1 , Uêm. ilc Jfarf. du UeUai, l. iv, p. :i57.

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