JULIEN BESNIER
leurs d'un bras et d'une espaule , semant des douleurs aiguës en ces parties , il disoit : • J'espère qu'après que
• Dieu aura bien touimenlé ce bras et cette espaule, il » fera le mesme en toutes les autres parties de moii » corps... • Il demeura deux mois dans ces grandes douleurs. Quand on le fit descendre à rinfirmerie pour y estre soulagé selon l'exigence de son mal , comme il vit qu'on se préparoit à luy donner du soo* lagement contre la coustimie des pénitences qu'il avoit pratiquées pendant sa vie y il se prit à pleurer el dire i l'infirmier : « Mon enfant , faut-il traiter nn misérable
• chi^i à la façon des enfans ? » Ses pleurs continuèrent jnsques à ce que l'infirmier luy eut répliqué qu'il ne luy donneroit rien que ce que l'obéissance luy auroit prescript. Une demi-heure devant sa mort, sentant sa native qui défailloit, il demanda une petite goutte de vin : ayant dit cette parole par surprise , il se retracta aussi-tost , demanda pardon au frère da mauvais exemple qu'il luy avoit donné en ce renoontrei et luy dit : « Laissez-moy me mortifier jusques à la
• mort! • (1).
Il est à croire que , dans la vie du père Julien de la Croix, il y eut quelques circonstances plus intéressantes , et qu'il prononça , comme maître des novices , quelques discours plus dignes de remarque : cependant on suspecterait .à tort la sincérité de l'historien ; tous les détails de ce récit nous paraissent vrais. La règle des Carmes déchaussés leur commandait les mortifications les plus ac^bes , et le père Julien de la Croix
(i) Annales des Carmes Descbaussez, par L. de Sainte-Thérèse, p. 741.