‹ Histoire littéraire du Maine (volume 3)Chapitre 28 sur 52 · JEAN DE COURTEGUISSE ET RAOUL DE LA PORTE · texte numérisé non relu

JEAN DE COURTEGUISSE ET RAOUL DE LA PORTE

gentîlem ac popularam suum appellat (!).• De Launoy a trouvé ce délall biographique dans un manuscrii de Saint-Victor ou de l*£glise de Pai'is. Nous lacceptons Mir son témoignage , et nous traduisons Halena par HaUaineë ou jé Haines. Or le bourg d'Allaines appartenait, il est vrai, au diocèse du Mans; mais il était compris , pour le temporel , dans le Passais , et le doyenné du Passais faisait partie de la province de Normandie. Ainsi , l'on peut soutenir avec autant de raison que Jean de Courtecuisse était de la Normandie et qu'il était du Maine , suivant que l'on adopte la circonscription civile, ou la circonscription ecclésiastique.

Il vint, jeune encore, vers l'année 1367 , faire ses études au collège de Navarre , à Paris , où il étudia successivement la grammaire , la philosophie et la théologie : en i37/i , suivant du Boulay , il obtint le grade de licencié-ès-arts ; en 1388 , suivant de Launoy , il fut reçu docteur en théologie.

A oeue époque , il n'y a qu'une question à l'ordre du jour, MU smilanent dans l'Université de Paris , mais dans toutes les compagnies kûques on religieuses; on ne parle que du schisme. Et quel plus grave souci peut-- « ou avoir, quand, tourmentée depuis dix ans par ra»> bition de deux anti-papes , l'église est afiEUgée de tous les maux qui accompagnent l'anarchie ? quand , suivant l'énergique peinture que dUk en fait un contemporain (1) , elle est tombée dans la servitude , la pau-- :^ vreté , le mépris , elle est livrée en proie à des hommes indignes et corrompus, qui dépouillent les chapelles

16i JEAN DE COCRTÈCUiSSÈ

Ci les monastères, qui n'épargnent ni le sacré ni ïe profane , el scandalisent même les chefs laïques par leurs abominables exactions? Dans ces tristes conjonc^ ttires, tous les bons esprits ont cette opinion , que le décret d un concile général peut seul pacifier Téglise. Jean de Courtecuisse partage leur avis, el II Texprime dans tra écrit remarquable , qui porte ce titre : Traeiatuê de fide et eùclesia, Romano Pontifiee ei Ccn^ eilio generali.

Ce traité, que Jean de Courtecuisse rédigea, au témoi-* gùage de de Launoy , alors quil n'était encore que ba^ chelier en théologie , a été conservé longtemps manuscrit dans la bibliothèque de Saint-Victor. Quand Ellies du Pin exhuma les pièces du célèbre procès ins-^ fruit , dans le XV* siècle , contre Tauionté de Tévéquc de Rome , au nom des privilèges du concile général , Il ne put omettre un écrit qui avait eu tant de poids dans la controverse, et il le publia dans le recueil des OEuvres de Gerson,avec quelques autres dissertations sur le même objet, de Pierre d*Atlly, de Jacques AImain et de Jean M;ijor. La forme du traité de Jean de ^ Courtecuisse est rigoureusement scolastique : fauteur procède par propositions , par syllogismes ; il aborde les questions les plus élevées de la discipline ecclésiastique avec fesprit d*un méthodiste , et ne seffraie pas de mutiler théoriquemedflbs choses dont la conservation est réputée nécessaire, même par de hardis novateurs , si la conclusion rationnelle lui commande un tel sacrifice. Mais autant sa logique est impitoyable, autant HMrjaM fofc elle est puérile dans ses exigences. Jean AftKtirtecuisse n aurait pas écrit dans le XIV* siècle, si notre critique ne trouvait trop souvent Toccasion de

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noter, dans sa ihèse , des disiinctions ridicules, des démoDsiralions pëdanles, et des explications oiseuses. Quant au fond même de cette thèse, elle conclut contre le pape et pour l'église : Tauteur a voulu prouver rin-faillibilité de la grande famille chrétienne, et susciter dans les esprits des doutes sérieux sur la légitimité du divin privilège que s'attribue la conscience papale.

Après avoir acquis le grade de docteur , Jean de G)urtecuisse Intervint avec plus de zèle encore et plus d'autorité dans la querelle qui agitait Téglise. Vers l'année 1393 , Charles VI convoque une assemblée de dignitaires ecclésiastiques et de théologiens , et les consulte sur ce qu'il est opportun de faire pour rétablir la concorde. Appelé dans cette réunion , Jean de Cour-^ tecnisse y fait remarquer son érudition et son aptitude aux affaires. Aussi, deux ans après, le roi renvoie-t"!! auprès de Benott XIII et de Boniface IX, les deux prétendants au siège pontifical , pour les exhorter, ou nom de l'église, à chercher une voie d'accommodement , et à ne pas affliger plus longtemps la conscience des fidèles par le scandale de leurs ambitieuses intrig:ues. Il ne réussit pas à son gré dans cette ambassade et revint bientôt à Paris , où nous le voyons, en 1402 , soutenir dans une réunion solennelle, contre lavis du duc d'Orléans , des ambassadeurs de la coiir d'Espagne et des envoyés de l'Université de Toulouse , que le prétendu pape Benott est un parjure , un schismatique , indigne de la tiare et du respect des fidèles (1). En 1403, I porte la parole devant le roi , au nom de l'Université^

(I) Hû/. de Charles F/, p^r le moine da Saint-Penys , iraduil/s ;)ar Le JLaboureiir , liv. XXII di. i.

du prévât des écbevins et des marchands de la ville , PQur demander lexécDlion rigoureuse de certaines ordonnances nouvelles , relatives a la perception des impôts. Le discours qu il prononça dans cette occasion est un monument fort curieux pour lliistoire et pour It, litiéralure ; loratetu* y exposa avec une certaine audace I en présence de Charles VI , les embarras financiers de la couronne, et les doléances des bourgeois opprimés , pillés , dévorés, par les gens d'armes et les gens de justice. On ne suppose pas sans douie qu*une requête adressée par TUniversilé à la couronne de France , en l'année 1403 , est un modèle dindépendance et d'énergie ; on ne s'attend pas à y voir interpeller le pouvoir exécutif en des termes séditieux. Nous citons un passage du discours de Jean de Courtecuisse ; il s'adresse au roi :

• Qai oust bien teou les beUes ordeneoces que les bons rojs de France vos prédécesseurs et Yous-mesme , mon très -redoublé et sounerain seigneur suez laictes , ce roysulme ne Ibst mie cbcn en tel inconuénient cl telle poureté qu*il est de présent. Véet le plat-pays comment il est pillé et rungé de gens-d*annes.... Les finances de Yostre royaulroe comment ont-elles été ^ouemées Insqnes icy T qui plus en a peu pillez c'esloit le pins bonoré et le plus vaillant bomme : et tant en a Ten prins , puis de vn costé , pnis d'autre , pute deçà , puis deb , que souuenlefois est aducnu et aduienl que s*il fault trois ou quatre mil francs pour quelque nécessité que ce soit, U les conulent prendre sur vostre despense on emprunier à usure ou par un autre marcbandise qui autour- * ^dliuy curt , qui ne Tault pas moins que Tsure : tu grain de mUle , très-benoist Dieu , de si grant et si ample domaine , de tant d^ides, de tant d'emprunts , taUles, dixiesmes, de foHailares et antres pbisieurs manitfres dont vous sont venues finances , voos est fi pea demooré : que dis- ieT mais rien ne tous est demeuré. Je

aucunefoys pensé par moy se le roy Charles vostre père , que Diex absoUIe , reucnoit maintenant en vie , com scroit-il esmcrueillé et esbahy de veoirla très-misérable face et la grant immu- Ution qui est on royaulme , de veoir la grant distraction et dissipation des biens et des richesses quMI vous laissa ? Que pourroit-il dire ? Il m*est aduis que ie Toye parler et garmenter : — « Diex ! » qn*est-ce-cy? Charles , Charles , qui est deuenu Thonneur et la

> maiesté de ce royaulme? où sont ces habits royauU ? où est

> ceste belle et riche couronne que à si grant peine i*ay assemblé ? » où sont ces grants thrésors que par si long- temps Tay esper-

> gné ? qui a ces riches images et autres ioyaux d*or et d'argent » macis en si grant nombre que i*ay lessé? etc. , etc. » (!)•

Bien qae, disons-nous^ ce discours soit intéressant à plus d*un titre , il ne nous prouve pas que Jean de Courtecuisse ait scrupuleusement étudié les queslions économiques qui étaient à résoudre de son temps. Une autre affaire Toccupe tout entier : il ne peut y avoir de repos , chez cet homme plein de zèle pour la république chrétienne, tant que l'église est tourmentée par la discorde. Aussi ne songe-t-il qu'aux moyens de la pacifier. Dans cette affaire du schisme, il est le conseil du prince et l'organe de T Université; tous les fidèles qui s'intéressent moins à la cause de tels ou de tels cardinaux , qu'à celle du catholicisme compromis dans ces débats scandaleux , ont adhéré par des témoignages publics au sage parti qu'il a proposé pour résoudre les difficultés pendantes : malgré l'issue mal-

(1) Ce discours se trouve au long dans le t. t de VUist. Universit,, Pttrii.^ d*Egasse du Boulay , p. 83 et seq. , sous ce titre : Quœdam proposUio et exkortatio faeui inprcMentia Régis CaroU VI, pro parte Univeruiatis ac prœpoâti et dvium Parisensium.,. per M. Joaonera Brevis-Cox£, Doctorero theol. et Oratorem univcrsitatis. Dans le passage que nous citons de ce discours, nous reproduisons fidèlement le texte publié par du Boulay '

betirease de ses négociations , c'est encore en lui qu'on espère. Depuis rassemblée de 1602, où nous avons TU Jean de Courtecuisse, renonçant au rôle de médiateur , appeler les sévices du pouvoir temporel contre Benoit XIII, la cause de l'ordre a été de plus en plus compromise , les querelles des deux antipapes ont suscité de nouveaux troubles. Gardé à vue par ordre du roi de France dans le palais d'Avignon, Benoit- XIII s'est échappé de sa prison, il a fait un appel aux cardinaux , et en a engagé un assez grand nombre dans son parti. De nouvelles conférences ont été proposées ; mais tout a été rompu par les épttres injurieuses que se sont adressées les deux prétendants. A Bbniface IX, mort eu lAOà, les cardinaux romains ont donné pour successeur Inno* cent VII , sans avoir égard à la demande de sortis qui leur a été faite par les cardinaux d*Avignon. L'Univer» site et le Parlement de Paris , plus que jamais con* traires aux prétentions de Benoit XIII, ont interdit dans tout le royaume la perception des annates et des autres droits utiles , aux représentants du schismatique. Innocent VU n'a occupé le siège de Rome que deux années : la mort l'a surpris au milieu de ces agitations, et, le 30 décembre 1606, les cardinaux de son obédience, rëimis en conclave, ont élu d*une seule voix Ange Corrario, de Venise, qui a pris la tiare sous le nom de Grégoire XII. Pour que le désordre fût au comble , Grégoire XII s'est aliéné par une maladresse les cardinaux de Rome , qui se sont retirés à Pise : ceux d'Avignon , intimidés par les menaces do roi de France, abandonnés par leur chef spirituel qui a pris la fuite pour aller cbercber un asile en Catalogne ,

se sont unis aux mécontents, et une ligue s'est formée , dont le mot d'ordre est la convocation d'un concile général , à Pise , pour le mois de mars 1409. L'heure est venue de frapper un grand coup. Aux Interdictions de Charles VI, Benoit XIII a répondu par une bulle dans laquelle 11 a délié les sujets du roi de France du serment de fidélité. Le roi rassemble son conseil. Il assiste en personne à la réunion , ayant à ses côtés le roi de Sicilo^ les ducs de Berry , dç Bourgogne , de Bar , de Brabant et de Bourbon , le comte de Warvick, les ambassadeurs d'Ecosse et de Galles. Après trois jours de délibération , durant lesquels la plupart des orateurs entendus condamnent avec une égale énergie la bulle séditieuse de Benoit , TUniversite demande une séance publique pour démontrer que l'auteur de cette bulle , et les cardinaux qui l'ont ins*^ pirée, et ceux qui l'ont apportée, doivent être pour* suivis en justice comme criminels de lèse-majesté. Cette audience est accordée , et, le 21 du mois de mai sont dressés, sur les bords de la Seine, dans une pelouse qui s'étendait devant la demeure royale , plusieurs estrades sur lesquelles viennent prendre place les ju^ ges et les orateurs. Le roi de France siège sur la plus haute; h sa droite, sur les estrades inférieures, sont les princes du sang, le chancelier de France, les maîtres du Parlement et des Requêtes ; à sa gauche , le recteur de l'Université de Paris ; au milieu de l'assemblée , en face du roi , est une chaire élevée qu'oe^ cupe Jean de Courtecuisse , chargé, dans cette affaire solennelle , de prendre la parole au nom de l'Université. Au dessous de celte chaire se presse une multî^ ludc confuse de clercs et de laïcs.

1 70 JEAN DE COURTECinSSE

Le discours que Jean de Courtecuîsse prononça dans celle circonstance nous a éié consenc , du moins eu substance , par Monstrelet et par le moine anonyme de Saint-Denys. Il développa comme exordeyCette sentence de David : C0nverieiurdohr€Juêineapui ^UM, eiimperUeemipêiuêiniquiiaê ejuê deêeendct^ el y après avoir démontré sur pièces, que non seuleoieQi la buHe de Benoit XIII était un attentat à la soBTiraineté royale , mais que ce faux pape avait ouvertement conspiré contre le roi , et lavait calomnié dans plusieurs lettres écrites aux rois de CastiUe el de Bohême, il termina par ces mois : • Tous les chrétiens doivent le tenir pour scbismatique et potir hérétique, lui et tous ses adhérents; il ne mérite pas seulement deire déirùné du Saint-Siège, mais encore d*écre dépossédé de tout grade ecclésiastique, attendu qu*il est notoirement la cause principale do schisme , et qu*il y est tellement obstiné qu*aprt*s b mort de ses deux compétiteurs il n*a pas même voulu se prêter à terminer la querelle. • Ces concltisions furent adoptées et Charles VI les sanctionna sur \e champ, en faisant incarcérer les |)artisans qtie De- Dott comptait dans lasseniblik^, et en expédiant le maréchal Boucicaiit avec ordre d'arrêter le rebelle. Le recteur de TUniversité mit le canif dans la bulle, et les cardinaux qui lavaient apportée furent promenés dans deux tombereaux , de carrefour en carrefour , revêtus de dalmatiques noire», sur lesquelles ëtaieni peintes les armes du faux pontife renversées (I).

(I) Bim dt Ckarkê 17. parle moîoedc Saiot-Denyi, tnktaite ptr L« L^lKMireor. lit. xiviii ch. !!.— MonUr^let . à l'ann ilOS. — Dîi Douby . Ilêti. ita». eodcm anoo.

Charles VI ne voulut pas laisser sans récompense le service éuninenl que Jean de Couriecuisse venait de rendre à la monarchie, en plaidant sa cause contre la sentence de Benoit XIII; il le nomma son grandanmûnier, et nous apprenons que notre docteur remplit cette charge jusqu'en 1618. Jean Charlier de GersoDy chancelier de TUniversité j ayant alors été contraint de renoncer à ses fonctions , Jean de Courtecuisse fat choisi poiur lui succéder. Durant les dix années qui s'écoulèrent entre l'assemblée du 2 1 mai 1 408 et la promotion de Jean de Courtecuisse à la chancellerie de l'Université , il n'est fait mention de lui qu'une seule fois dans les historiens. Louis , duc d'Orléans , frère du roi, avait été assassiné en 1607, et un docteur de l'Université, Jean le Petit, avait pris en public la défense de l'assassin , argumentant sur cette thèse : que le meurtre d'im tyran est toujours un bienfait national. La thèse contraire , soutenue au collège de Navarre par Jean Gerson , le fut de nouveau , dans le collège des Célestins de Paris , par Jean de Courtecuisse , à l'occasion d'un service funèbre célébré en mémoire du prince (1).

£n 1420 , Jean de Courtecuisse fut appelé par l'église de Paris h occuper le siège épiscopal. Mais alors une série de mauvais jours venait de commencer pour la France ; le roi d'Angleterre était entré dans Paris en conquérant, et Jean de Courtecuisse, qui n'était pas , il parait, moins bon citoyen que théologien habile , ne fut pas un des hommes sur lesquels il crut pouvoir compter. Aussi refusa-t-il de lui accorder le titre d'é-

(1) Monstrelet,àrann. 1414.

172 JEA:« de COURTECUISSE

▼èque , et de le laisser remplir les fonctions pastorales. Il y a même lieu de croire qu*il ajouta la persécotloo à ce témoignage de dëûance , car nous lisons que Jean de Courtecuisse resta caché pendant une année dans le cloître de Saint-Germain-des-Prés. Il sortit enfin de cette retraite, en 1432, pour se réfugier i Genève, dont le diocèse ftit confié à son gouvememeiit : mais cet exil volontaire fut de courte durée; aprè» 9Voir occupé le siège de Genève quelques mois seule» ment, il mourut , laissant par son testament une bouM part de ses biens à l'église de Pprîs (i).

De Lannoy nous donne le catalogue de quelques ou* vrages manuscrits de Jean de Courtectiisse , qui se trouvaient, les uns h la Bibliothèque de I église de Paris, les autres dans la Bibliothèque de Saint-Victor. Nous le reproduisons sur son témoignage :

— Quœttêo , Utmm cam anitite divinz esscntte stet plnnfilM ^«rsonanini , sine formali iJîslioclionc.

— i/uœuk) , Ulroin tnefiabilis et imroensa Dei essestia pOÊaii esse crcaturae forma lis cognitio tel gralia.

— Recommondaiio sacrr Scri|»tune , qiiae incipit : Oiii^m met" nm , pmkhram , Jerfiîii», II.

— Alla rccouiintiDiJaiio Scrt|ilurx sacne, qu» incipit : Smptf omnem lerram yloria ma. Psalm. 56.

— Prlmum |>riiictpiaiii super lecturam BiblionuD, quod IttcipM : Toêm puUkra tu ttmicQ ima.

— Seeanduin principium , qood iodpil : i£J0rarif tmmm tt !•«• tmfkemmm^rkttiiê llarc.lt.

— CollaiioQet quatuor &uper conuDcnUatione Scriptorc sacm, qwr omnes indpiuot : He^na Amitri,

[f^ ^Miili4(%fi«iifint, EccIcMi. ParK ad ann Mit

«- Qycaiio , Ulrum jus regalis domiûii in rcgoo anims rationalisa soii iîoropetat Toluntati.

— Quœstio , Utnim Lucifer sit omnium sapienlissimus , nonob* slanle quod sit omnium pessimus*

j^ Tertiom principium.

— Quartum principium.

«- Respcnrio quxslionis in Sorbona , Utrum omnis transgresûd divins legis sit mortalis.

— Quœêtio Yesperiarum , Utrum Thomas legem Chrisli ûrmilef tenoerit.

— Qiuatio Yesperiarum in Licentia et Magisterio Radulphi de Porta.

— Laudatio seu Yesperisatio Radulphi de Porta.

<^ Qucetdo de Resumpta, Utrum legis naturaiis censura peccantem in legem accuset mortaliter.

— Lectiones in Evangellum beati Joannis*

Ces Lectures étaient au nombre de vingt-neuf.

Outre ces traités tbéologiques , auxquels il faut ajouter, suivant de Launoy, divers autres écrits sur les Evangiles , Jean de Courtecuisse a laissé en manuscrit une traduction française du livre Des Quatre Fertus attribué à Sénèque. Ce manuscrit se trouvait, et se trouve peut-être encore dans la Bibliothèque royale. Il en existait une copie dans la Bibliothèque du duc de La Yallière.

Du Boulay attribue à Jean de Courtecuisse un grand nombre de Sermons^ dont les manuscrits , dit-il , lui Ont Aé confiés. QtTelques-uns de ces sermons auraient été prononcés devant le peuple et le clergé du Mans $ Quelques autres devant le pape ou devant le roi.

«— De Domhiica Adventus, ad popuium Genomanensem. ^- De secunda Dominica Adventus, ad papam et cardinales. '- De natiYitate Domini coram Rege ,

— la profes&ioDC genereli lacta in ecclesia Parisieiisi, die lancU Tiocentii.

— ColtaUo de festo porificttionis bettae Marie.

— A lia colbllo de ponûcalione beaia Mariae.

— SeniKKies de RcsorrecUooe, de Saacto SpiriUi ia die féale- CMles , de aancta Trioitate.

— » flermo de eorpore Ghrini , ad pepui ei eardinlea; aliaa •ermo de eodem mysterio.

— la lésto OBuioai taactoniai.

— Sermones de bealoLodoTico Matiilieari , de beato Ladat ka fCfe Fraacte ; aUas lemio de eodeai.

— Colhlio de eodem rege.

— Duo senaoaes ad pnrialos ecdesla.

— Senao bctat ia ecclesia aaactiJiilianl cf aoiaiBeaii , die qaa LodoTicos rex 8idU« obialit eideai jocale qaod ieri ei iftbi aC* ferri ordinaTerat domiaa nsgiaa cjas aaler.

— De qnadam coUatkMie focu coram doedaii cardiaaHbat « «iper electiooeremiol pontificis.

— Hareaga la adveaUi ei^aadaia cardiaaiia.

— Collatio aeiabllU fiKU la eapUalo ecclesia Piiiaiaili^ iBBilaet electio pastoris fiMrleada ia eadem eodeaàa.(l)

Damscccaialogue, que doos ne saurioM ai^oardliai , nous vouloos croire qull m*j a lr9>otk>ii léniëraire : cepeadant wn» « hiatoas looie b respoDsablUé à du Boulay.

EAOt'L DE LA PORTE, originaire, aio&i que Jean de G>urtecuisie , do bourg d*Allaioe&, fui, coiuBie lai, uae des gioirea du collège de Navarre. Il y fut admia en 1606. A b fin de Tannée îk\i , pendant laquelle il ar ait interprêté les Seftiences de Pierre le Lombard , il obtint une chaire de théologie. Jean de Coortecuisse ,

OU plutôt de Launoy , qui le cite, nous apprend feni* ploî que Raoul de la Porte fil de son temps avant cette année i/!ill : • Il passa , dit-il , onze ans dans la faculté des Arts ; il instruisait chez lui déjeunes enfants , il apprenait aux écoles publiques la théologie ; le soir et le malin , il enseignait les arts dans le faubourg. » En d*aulres termes , il était d'une famille pauvre quoique noble , ei la nécessité lui commandait de consacrer ses loisirs à Toffice de pédagogue. Il paratt qu'il acquit une certaine célébrité dans cette profession : c'est Nicolas de Qamenge qui nous le témoigne , dans une lettre où H l'engage à se consacrer tout entier aux études que Dieu préfère : « Jusqu'à ce jour , lui écrit>il , vous vous éies fait im nom glorieux dans les exercices de l'école ; on célèbre partout la subtilité de votre argumentation et iafinesse^e vos répliques dans la controverse. Maintenant il vous est commandé par l'importance de l'objet, par les circonstances et par l'ordre des éludes d'aller , plein de zèle , puiser aux fontaines du Sauveur, aux soiu*ces saines et fécondes des célestes écritures , non pas seulement pour vous y désaltérer, mais pour verser abondamment au peuple de Dieu l'onde de la roche merveilleuse. » Raoul de la Porte répondit à cette lettre de Nicolas de Clamenge , qu'il n'avait pas un autre dessein. En effet, il professait, en 1411, la théologie au collège de Navarre.

Cette année, le principal du collège renonce à sa charge , et Raoul de la Porte prétend l'obtenir ^ mais il a pour compétiteur Reginald de Fontanes. La question est portée, le 11 mars l&ll , devant les procurateurs de la talion de France , qui appuient la requête de Raoul de la Porte près du roi , des princes du sang , du

1 76 JEAN DE COURTECUISSB

conseil d'ëiai et des bourgeois de Paris. Les actes de cette assemblée ont été recueillis par de Launoy (1) : nous y apprenons que Raoul de la Porte professait alors la théologie au collège de Navarre , • in sacra pagina magister. • Nicolas de Clamenge, ami commun des deux candidats, était alors absent de Paris : i la nouvelle du diflerend qui agite le collège de Navarre , il écrit i lun et à l'autre. Il leiu* recommande Tabnégalion et la modeilie. Nous ne savons si cette lettre détermina Reginald de Fontanes à un désistenient , mais nous voyons , après quelques mois dlnterrègne , le gouvernement du collège de Navarre confié à nolrg Raotil de la Porte.

De Launoy ne nous dit pas que cet illustre professeur ait laissé des roaniiscnts dans la bibliothèque du collège de Navaire , et nous ne trouvons dans les catalogues aucune indication qui le concerne. Aussi avons-notis hésité i parier de lui. Mais le succès qu*eiurent ses leçons , et la mention toute spéciale qui est faite de ses discours dans les annales de TU niversité, ne notis per* mettaient peut-être pas de le laissera Técart. Voici quel* ques mots encore sur sa biographie.

En 1417 , le roi de France refusa de reconnaître comme régulière I élection du pape Martin par le con* cUe de Constance , ou du moins il défendit aux théologiens de son royaume de manifester un sentiment favorable à Tèlectlon^avant que le conseil d*état eAt pris un parti. Raotil de la Porte , choisi par T Académie de Paris potu* parier sur cette question dans le Parlement , s'exprima avec peu de révérence sur la nécessité

(I) Joumb Launoii Aeyti A'oraf. Cymn. HiMoria , p. 1 » lib. S. c. S.

ET lUôUL DE U PORTE. 4|7

de la sauclion royale , et , pour ce fait, il fui incarcéré au Louvre par ordre du Parlement, avec les autres représentants de rUniversilé. Suivant Raoul de la Porte et ses collègues , il n^appartenait pas au conseil d*£(at dlnterdire à l'Université de Paris la discussion des actes du concile de Constance, et ils considéraient Tordro royal comme attentatoire à leurs privilèges $ ils se plaignaient en outre , par occasion , de Taccaparement des bénéfices ecclésiastiques au profit de quelques prélats et au préjudice de TUniversité. Leurs protestations furent mal accueillies ; mais on ne les garda pas longtemps en prison (1).

Raoul de la Porte assista à toutes les assemblées d*évéques et de docteurs qui jugèrent les propositions séditieuses de Jean le Petit, et fut au nombre de ceux qui les condamnèrent. De Launoy nous apprend encore que la fermeté de Raoul de la Porte préserva d'une ruine complète le collège de Navarre dans ces temps plus que dinSciles où Paris fut tour à tour envahi cl dévasté par Tétranger^ parles princes rebelles, et par les factions. En l/il8 , les Rourguignons s^emparent de la ville , pénèu*ent dans le collège de Navarre , en chassent les habitants, fmppent et tuent ceux qui résistent. Gerson et Raoul de la Porte relevèrent les ruines de cette maison. Notre docteur y moumt en iU^S : il était alors doyen de la Faculté de théologie, cl il venait d'être désigné par cette Faculté pour la représenter au concile de Rourges. Il fut enterré près de la tombe où avaient été déposés les restes de son illusti*e ami , Nicolas de Clamenge.

(t) Les pièces de toute celle affaire se trouvent au l^ig dans VUiti. Univ. Parti, de du Boulay, l.v. p.309, et seq.,ad. ann. 1417.

SMÉON (antolne).

AXTOïKB SIMÉON , ne au Mans, fit professiou de la règle de saint Dominique dans le couvent des Jacobins de cette ville ; il alla ensuite achever ses études à Paris, chez les frères de son ordre. En Tannée 1606, il suivii les cours de la Sorbonne , et , après avoir successive- ^V ment obtenu le diplôme de la licence et les insignes du

doctorat, il remplissait , en 1012, les fonctions de prieur dans le couvent de la rue Saint-Jacques, i Paris. On ignore lepoque de sa mort.

Il a traduit les ouvrages suivants :

Sermons êur leê Feêîeê et Fériei du Saini^Sacre' fneni, traduits en français de Tespagnol de Pierre de Valderama, moine augusiin ; Paris, 0. de Varennes, 1609 , iu-8^ ; — Sermoni dei SainU , du méaie; Paris, P. Chevalier, 1610, in-S"*; — Sermoni sur ioui U Carêime ei Feriei de Paeques^ du même; Paris, P. Chevalier,1611>in-8*. — Il a traduit d'italien en français les Sermons sur tous les jours du Caresme , disiênguez en discours théologiques , de Marcello Ferdinandi de Bail j Taris, Fr. Iluby , 1609 , iu-8* (1)'

RENAULT DE S.VBLÉ.

~^ Parmi les vieux poètes dont Claude Faucbel nous a consené le nom et quelques vers, se trouve un certain

(I) S€kgp Uu scf.pi, ord. Pradic. tomc 9, |»age 5TI.

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