COSNARD (CHARLES
CHARLES COSNARD , né à Mayenne , nous est coona par une ode adressée à Vincent Queruau , que nous lisons parmi les pièces laudatives insérées après la dédicace du Tableau HUtorial. Voici les premières strophes de celte ode :
J*aiiue Laval, non pour la gloire De Tantcr la Tieille mémoire Du grand Yalta son fondateur:
Non pour la course de son flcuue ' Qui lèche d*onde tousiours neuue Les murs dont je suis le chanteur :
J'aime Laval, non pour ses précs Qui sont en tout temps diaprées DVu émail de mille couleurs; Non pour le cristal des fontaines Qui va glissant aual ses plaines Bordé d'arbrisseaux et de Oeurs ;
Mais bien pour autant qu'elle enfante Des (ils dont Calliopc excntc Le nom do Thorreur du tombeau.
L*un à Dieu ses labeurs adresse, L'autre suyuant les pas de (irèce, Porte de l'amour le flambeau.
Ismène, tes peines cruelles El les braziers de tes mouëllcs
SAorr sivuRD. 303
FTeussent jamais veu Tair fraoçois, Si le ciel bénin n*enst fiiict naislro Davost fi), qui s*est rendu le maistre De tes grecqu*amourenses lois.
Sans toy, le Frère, qui surpasse Du vieil Hérodote la grâce, Nos François n*eussent iamais sçeu Quels feux croulèrent rAUemagne, L*ltale, la France et TEspagne Quand Luther monstre fut conçeu.
Ainsi que d'un cheTal de Troye, Pour te mettre, Allemagne, en proye.
Sortirent des mondes armez De ce grand broiiilleur d*escritures, Qui mirent tes sainctes peintures Dedans les bûchers enflammez.
De cent autres la renommée N*est point par les ans consommée :
Mais tu les as tous surpassez Qucrvau, quand d*une Toix forte Tu rameines l'histoire morte Des siècles si loing passez
mtt
SIVIARD (sAmr).
Saint Sigiramnc , quatrième abbé d'Ânillc, avait eu de son légitime mariage avec la pieuse Adda , une fille dont le nom nous est inconnu , maïs qui pamft avoir
(1) Voir page 130.
30 i sAnrr siviard.
exerce la charge d'abbesse dans quelque monastère du Maine , et un fils du nom de SIVIARD , séviabd , CTviARD ou sÉvARD y que les moines d*Anille appelèrent au gouvernement de leur abbaye , à la mort de son père (1). Siviard a été mis au nombre des saints dans la plupart des martyrologes , et un moine de sescon* temporains a composé en son honneur une sorte d*bomélie funèbre qui a été publiée par Surins (i) , par les boUandistes (3) et , du [moins en partie , par Mabillon (û).
Suivant le récit de ce moine , Siviard , né dans la paroisse de Jublains, in parochia DiahUntica ^ témoigna dès sa jeunesse un goût fort vif pour Tctudc des lettres. On le voyait fuir la compagnie des enfants de son &ge , pour frcquenier les vieillards ou pour sappliquer au travail. Nous ne savons (|uc peu de chose sur les actes de son administration. Il fit élever, dit-on, une église à saint Pierre, dans Se monastère d*Anille, et il obtint de Fév^quc Aigtibcrt, en faveur de sou abbaye , le don de quelques domaines (5).
Saint Siviard mourut en G87, suivant les Bollandistes et les auteurs de Y Histoire Littéraire de la France J^) ; en 728 , suivant Mabillon et Dom Colomb. La tradition
(i) Do» Colomb ( lliu, tU» Èi^ques du Mans ) suit Baillot , qui donne Ibolcn ou Gondolon pour successeur ù Stgiramne. Mais celte opinion n*est, il semble,, jusiiflée par aucune preuve.
(4) Surius, !•' mars.
(3) BoUand. 1er mars.
(4) Acta SS, Ord. S. Bened, Sec. III, P. I, p. 48G.
(5) Analecta, I. m, p. 192.
SAINT SIVIARD. 305
veul qu'il ail fini ses jours dans un ermitage qu'il avait fait construire dans la paroisse de Saini-Georges de la Couée, où exista longtemps une chapelle en son honneur. Pendant Tinvasion des Normands, les restes de saint Siviard furent transportés à Sens (1). Voici une légende sur sa mort, que nous lisons dans l'homélie publiée par Surius. Ainsi s'exprime le naïf conteur : « Quand cette àme bienheureuse quitta son enveloppe terrestre , un de nos frères eut une vision dont l'objet fut de témoigner à tous et avec éclat à quel degré de sainteté s'était élevé l'homme de Dieu. Car, ainsi qu'il l'a raconté , il vil venir vers lui une lumière d'une grande clarté , et tandis qu'il contemplait celte merveilleuse apparition , voici que les bienheureux apôtres Pierre et Paul se tinrent debout devant lui; et au milieu d'eux était la sainte àme du seigneur Siviard , d'une éblouissante blancheur. Les deux apôtres semblaient lui tenir l'une et l'autre main. — • Frère , » lui dit le défunt , je renda grâce ù Jésus^hrist qui a » daigné m'appeler vers lui. Je m'en vais avec mes » seigneurs que tu vois à mes côtés. Pour vous , ayez » le soin de remettre à ma sœur et aux vierges ses » compagnes les culogies (pain béni) que j'ai prépa- • rées pour elles. »
Mabillon croit devoir attribuer à saint Siviard la Fie de saint Calai* qu'il a publiée dans le premier volume des .(4cta SS. ardinis S. Bénédicte (2). Il
(i) Cenomania, MS. de la Bibliolh. du Mans, no 226 bis, p. 498 •
(2) PageG42. Les Bollandislcs publient celle Tic au 1er juillet . Ils déclarcnl ignorer sur quelles preuves se fonde Alabilion pour l'atiiibucr à Si>iird : cependant ils n'objectent rien à celle ailribulion.
306 JEXS IH)RTHAISE.
existe à la BiMiolhèqne du Mans un manncrit chemin de cette f^ie de iùini CmlaiêÇk). Il ptnll Un da XV siècle , mais U esl Incomplel, tas ptfet aymi éië lacérées.
PORTHÂISE (iKÀif).
JBAN PORTHAISE» poBTÂisB oa Fonstit, mê à SaÎDt-Denis-de-G&tiiies dans rarchidiaooBé éê Lani ei le doyenné d*Ernée , passe po«r aroir élé «i iaa contro?ersîsies les phis passionnés dn XTP siècte. ■ AiQi l'avoir été bien ao-delà de tonte meanrs , pom s'élre fait noter comme turbulent dans ui siècle ni Ton rencontre si peu d'bommes pacUqnes.
Le premier gage que Jean Porthaîse oilKt i la canse cailioiique , fut de prendre Thabit et le cordon de aainl François : Il était, en 1564 , au courent desSaMead'Olonne , et il est à croire qu'il y avait fait sa profession. Luc Waddingy rhistorten de son ordre, sons aiiesie qu'il savait le grec et Thébreu (î). On raconte, il est vrai , que préchant à Poitiers, H débita plus d une fois à ses auditeurs de grandes tirades de bas-breton , sa langue maternelle , leur donnant à croire qu'il citait le texte même des livres saints ; on ajoute que cette ruse coupable fut découverte et dé-
(1) Soos le mnm'ro 10.
;s; Luc Wadding, Scri/i, OriL Jtfii
JEAN POIVTIIAISE. 307
noDcce par le docte Scaligcr (1). Mais cesi lu une véritable fable» imaginée par quelque plaisant de Técole de Genève. Outre que La Croix du Maine le qualifie « homme Tort docte ès-langues, • IsaacCasaubon, dont le témoignage ne saurait être suspect , dénient cette calomnie dans les termes les moins équivoques, lorsqu'il écrit à notre J. Porthaise : « C'est proprement une chose divine que la critique des Hébreux , appelée par eux la Massora ; ce que tu n'ignores pas , toi qui y comme je le vois , as cultivé cette partie de la science (2). • Il est donc vrai qu'il entendait l'hébreu. Les pamphlets protestants du XY I* siècle y aussi bien que les pamphlets catholiques , contiennent un grand nombre de ces anecdotes mensongères auxquelles il ne faut pas croire légèrement sur la parole du narrateur.
£n voici une qui mérite plus de foi. Un certain Jean Trioche , ministre de l'église réformée , à Chàteauneuf près Sablé , en Anjou , avait eu quelques succès dans ses prédications. Porthaise en reçut la nouvelle ) et aussitôt il entreprit d'aller au-devant de ce Goliath) et de le réduire à merci. Il se rendit donc en la paroisse d'Estriché , bourg du diocèse d'Angers et de l'élection de la Flèche , où il espérait le rencontrer et où se trouvaient d'ailleurs quelques sectaires. Mais Jean Trioche n'était pas en ces lieux , et après avoir eu quelques entretiens avec des fidèles chancelants , sur les prières pour les défunts , le purgatoire , la
(1) Scaligerana, editio altéra, p. 192.
(S) J. Casiubon, Bpki. Bpirt. S81» édit. de Grttviiis.
308 JEAN POETUAISE.
déOuiiioQ (le la parole sacrée , !*autorité da litre dei Macbabées , le nombre des livres canoniqnet el h commuuion sous les deux espèces , etc , etc. , Poribaise ne voulul pas se retirer , sans adresser m mmm une provocation en bonne forme au periurbaieurda II contrée : il mil donc par écrit une série de qoeslioMi qu'il soumit à mattre Jean Tiroche, le prianti oo plilôl le sommant d*y répondre. Cette réponse, ao wajH de laquelle deux des principaux docteurs do parti cm» taut furent) dii-on, consultés, se fit attendre près de deux mois. Nous avons la réplique de Porthtiae an déclarations de son adversaire; elle a pour titre : Lê$ Catholiques Démonitrations sur eeriaims diêtêun de la doctrine ecclésiastique par F. J. Porthcsiai; Paris, Guill. Julien, 1567, in-8^. Ce livre ne noosparrit contenir rien qui ne se trouve dans les nombreux irailét des autres controversistes de cette époque. Il est dédié par fauteur ù madame la maréchale de Vielleville.
Porthaise, qui parait avoir été satisfait de ses débuts, conçut ensuite le bardi projet d*aller attaquer Hiérésîe au centre môme de ses forces. Après avoir prêché dans plusieurs villcâ des Pays-Bas, il passa par Anvers, oà 3 attaqua publiquement les calvinistes en Tannée 1567. CVst dans celle ville qn*il publia contre Matthias Fnmçoviiz {Flaccus Ji/y n'eus ) un opuscule sur la ctw, sous ce litre : De f'vrbis Domini: «Hoc facile in meaa comnienioralioneni;* Autuerpi;r, Ph. Tron«T&ius, 1567, in-8o(l). Il fit imprimer, dans la même ville etenmèoie temps , sur le livre intitulé La Chiute et Ruine de fEgiise Romaine, un volume qui parait avoir obtenu des
(I) Il j â une autre tditiun dt co livrt; Àavers, 15S6.
JEAN PORTHAISE. 309
catholiques un accueil fort honorable, et dont le titre est : Chrestienne Déclaration de VEglUe ei de F Eucharistie, par F. J. Porihsesins, Cordelier postulé l'an 1566, prédicateur en Tinsigne église de Saint-IVlariin, à Tours; Anvers, Ph. Tronaesius, 1567, in-8o. Le titre de ce livre nous apprend que Porthaise était attaché à l'Eglise de Tours avant son voyage dans les Pays-Bas ; il est à croire, comme le suppose Dom Liron (1) , qu'il revint dans cette église vers Tannée 1568, exercer les fonctions qui lui avaient été confiées. Quelques années après, nous le voyonsà Poitiers, occupant la chaire avec un grand succès, et publiant un traité sur l'astrologie, dont le titre est : De la Vanité et Vérité de la vraie et fausse astrologie contre les abuseurs de notre siècle/ Poitiers, Fr. Le Page, 1578. Les protestants racontent, au sujet de ses prédications à Poitiers , une historiette plus gaie qu'édifiante. Voici le fait. Il y avait dans cette ville un médecin nommé Lumeau , qui possédait une femme fort avenante, et qui ne laissait pas d*aller quelquefois au change. On parlait beaucoup de ses galantes équipées. Porthaise préchant un jour contre le désordre des ménages, flétrit d*abord avec énergie toute contravention aux préceptes de l'Eglise et de la loi touchant la foi coi^ugale ; puis il en vint à quelques exemples particuliers: • Nous apprenons, dit-il, avec douleur, qu'il y a des gens assez perdus pour s'abandonner à l'adultère , bien qu'ils aient en leurs maisons des femmes qui sont telles que, quant à nous, nous nous en contenterions bien (2). • Nous le répétons, c*esi là on récit qui
(1) 5^11/. Hisi. et UiL t. III, page 84 et suiv. (i) Scaligerana, au lieu déjà cité.
310 JEAN PORTHAISE.
efti fait par des adversairesi ei qu*U oe faal pMl*-éuna pas admeiire comme véridique. Cependant i il a*eal pas hors de propos de rappeler qu*au temps de Porthaiie , les matures de la chaire avaient eux-mêmes peu de réserve,et qu'ilsprenaieni avec leurs audîieors d*éuniiges licences. Quelques recueils de leurs sermons nousonc été conservés : on y trouvera les apostrophes les ptaM burlesques , et , pour tout dire, les plus inconvenantes. Le zèle de Porihaîse pour la cause de l'Eglise catholique ne connaissait pas de rel&cbe : il employait à éerife tout le temps que la chaire ne le réclamait pas* En 1680, il publiait : Defeme à la réponse faite au9 Inimréiiê iê Bernard de Pardieu par les minieêreê de lareii* gian prétendue re'farme'e; Poitiers, in-8«.Noiisn'avoM pas cet ouvrage entre les mains, et Dom Liron ne nous en fiait connaître que le titre. Cest sans doute sur la même question que Porthaise mit au jour cet autre opuscule : Interdite des catholiques vrais et légitimes estants de t église de Jésus-Christ^ cité par le même bibliagrtphe. Si le courage et les mérites de J. PonbaiseTaTaient mis en crédit près de ses supérieurs, il paraît qu'il n'était pas affectionné par les religieux de son ordre. Vers l'année 1582 , un différend s*éieva , entre le général des Cordeliers et les moines du couvent de Paris, au siyet de Télection du frère gardien. J. Porthaise avait reçu du général Tordre de présider à cette élection; mais ses pouvoirs n'avaient été reconnus ni par le roi , ni par lesupé * rienrdu couventdesCoi*deliers,el, en Tabsence du commissaire, on avait élu un certain J. Duret. L'affaire eut des suites : le nonce du pape murmura ; le parlement, qui voyait dans ce débat une question intéressant la liberté de TEglise gallicane, approuva la résistance des Corde-
JEAN MRTHAISE. 3 H
liera de Paris \ un ordre venu de Rome ayant suspendu leur supérieur de ses fonctions , ils en appelèrent au pape 9 et il y eut à ce sujet de longs pourparlers entre Grégoire XIII et Henri III,par rîntermédiaire de Paul de Foix, ambassadeur de France près la-conr de Rome. Quelle que fftt Thabileté du négociateur , le différend devint si grave que le général de Tordre prit le parti de venir à Paris, et d*enirer en accommodement avec les rebelles. Mais Porthaise n'entendait rien aux transactions; il mit tant d*àpreté dans ses poursuites et continua de protester avec tant de violence, que le parlement le fit mander à sa barre pour lui adresser une admonestation. Il refusa de s'y rendre. Un second mandat lui fut signifié } loin d'y avoir plus d'égard , il s'emporta contre la cour et proféra contre elle quelques paroles injurieuses. Celte indiscipline méritait un ch&timent : ordre fût donné à Porthaise de quitter Paris, et le pape, ayant connu tous les détails de l'affaire , crut opportun de le sacrifier à la vindicte du parlement et du roi. (1) Sa disgrftce ne paraît pas toutefois avoir été considérée par ses eonflrères comme un acte de justice , car il Ait élu provincial l'année suivante.
En i59&, nous le trouvons théologal de Poitlera. Il avait pris quelque part aux émeutes de la Ligue, et il voyait avec pehie les affaires de son parti gravement compromises : alors même qye la plupart de villes de l*Union eurent ouvert leurs portes atix royaliste^, et que Henri de Navarre, après avoir fait le désaveu solennel de ses erreurs, eût été consacré par l'évéque de Chartres, Porthaise ayant à cœur de se montrer un des
(1) UumdeM€HbF$P(nathPiifix^WitMUi»îeifM.
318 JEAlf METHAISE.
derniers sur la brèche, publia contre le vainqneorMi fecueil d'amères diatribes, sous le titre de Sermcnê tur la êimuUé^anvernon durai dcNavarre; Paris, iSM, |Ih8*. Isaac Vossius , dans ses additions an SeaU^ gerana , racoaie , au sujet des Sermom de Ponaise QMire Henri IV, qu'après la soumission de Paris, le ligueur se convertit et vint à Saïunur faire sa coor à du Plessis , qui en était gouverneur. Vossius ^|ooia que Porthaise ayant obtenu la permission de prêcher à Saint-Pierre , à la charge de célébrer les vertns du roi contre lequel il avait déclamé avec tant de véhémence , s*en acquitta fort convenablement, et termina son db* cours par celte burlesque palinodie : • Que si, mcscbers auditeurs, vous me reprochés que vous m'avés oui purlerlautres fois tout autrement , je avoùeray qu'il est vrai que j*ay fort déclamé contre le roi de Navarre. Mais quelroy de Navarre pensés vous que j*entendols? Ce n*étoit pas notre bon roy , que Dieu nous consen-e , qei est, en effet , roy de Navarre de droit et de justice ; mais c*est ce méchant Don Philippe , usurpateur et injuste possesseur de Navarre que je nommoisainsi, parce que effecliTemeni il possède ce royaume dont notre roy n'a quelenometlapréicnsion. • Assurément nous voudrions ici mettre en doute le témoignage d'isaac Vossius; mais nous lisons dans ï Histoire Unirerseile de d*Aubigné :
• Ce qui donna eucores plus mauvais lustre aux invectives des chaires contre le roi Henri quatriesme , ce fut que les prescheurs les plus violents ne se contentèrent pas de mettre bas leurs langues, quand ils virent bas les armes qui les souslcnoyent; mais tel qui venoit de dire :
• Il nous faut un Aod ^ • ou de prescher les meurtres des rois en tiltre de coups du ciel , ceux la mesnies se
JULIEN POUCHARD. 313
mirent sur lesloaanges , et au lieu de dire le Beàmaiê et le Bas tard , ils le uonimoyent Restaurateur et nih-'^ hle présent du eiel. Cela mesme en plnsieoH lieux arrivé par corruption d'argent ^ comme à Poictiers oà^ Protaise en mesme semaine et en mesmeehaire estonna ses auditeurs d'un infâme changement... • Il faut bien qu'il y ait quelque vérité dans une accusation énoncée avec cette assurance.
En 1602 , Porlhaise publia : De Flmtfation de FEur eharistie; Poitiers , in-8^ ; et , la même année, un antre traité sur le même objet, sous le titre de : Parascève général à l'exact examen, de tinstitution de t Eucharistie; Poitiers, Jean Blanchet, in-8®. Dansl'épttre dédicatoire de ce livre, adressée à Henri IV , l'auteur se plaint d'avoir été calomnié par les protestants. Le dernier écrit qu'il mit au jour, a pour litre : Traité de Fimage et de Fidole; Poitiers, veuve Blanchet, 1608. Wadding ne nous apprend pas l'année de sa mort. La Croix du Maine mentionne un poème en son honneur, de Jean le Masle, angevin , imprimé à la Flèche , en 1575. Nous n'avons pu nous le procurer.
POUCHARD (julien).
JULIEN POUCHARD, né en 1656, près la ville de Domfront, en Passais, fit ses premières éludes au Mans, au collège des Pères de l'Oratoire. A l'âge de douze ans, il fut envoyé à Paris, au collège de Lisieux. Ses parents
314 luusif fùocMàXb.
éuient paurrei : le directeur da eoUéfe de IMwâ rayaot pris en amitié, à came des firogrèt rapidea ^*B lûsaii dana loutet les scicDcet, Mcrai paspocfoir «ian l«i témoigner sod oonteotemenl qa'eii reAnaat de no^ Toir le prix de sa pension : il eot même blenUk laM 4e confiance en lui , qu'il loi abandonna le soin dedMfV eeoi des jeunes élèves qui recevaient dans son étiMii senient une éducation gratuite. Pouchard ne n<||innh pas pour cela ses études paniculières » el 0 occasion de faire preuve de son savoir. Hi Tbévenot ayant entrepris sa belle édition des liciens grecs , chargea Julien Pouchard de conMrar qnelques manuscrits , ou de revoir les tradndioM In* fines qu*U faisait imprimer (1). Après avoir ainsi , pendant plusieurs années , travaillé sur les mannscrils de In Bibliotlièque du Roi, il trouva que œl emploi ne hri dink pas asseï profitable , et acoepu de Mre rédueniinn dn marquis de la filarselière. Ce jeune hoaune Hntendant des finances Caumartin le donna ponr vemeur à son fils unique, M. de Saint-Auge ()). £d 1701, le nouveau règlement lui ouvrit les de l'Académie des Inscriptions et Médailles : il y fut appelé d'abord comme membre associé. On remarqua sa profonde érudition dans ses Mémoires snr fjén-
(1) Nous lisoot dsat b |iréftioe de eeUs édUioo : • AtlNwel, ApollodoH, Philoois, Uilonisque oposcula qttiiiaai laUoe iaterpr^ uU sint Doo salis eiploraïuin... Eadem ilU ofNtscvla UercMiàiqiie ipsius libros vir enidiilssimus D Poofbtrd antcquain edf reat«r recofBOf il, alqoe ul Ihbc onnia ia Incen ^>b tmtmàÊtiÊÊlmM prodlreol operam dedil Idem ei Ueronts SpinUiUoiii psfitts alli* ■las doas • gnwo io lalioam convertit. •
(t) Èiê§ê de J. Pouchard, par Tabbé Lalleattot, dtM Vmmwkw é$ VM94. é$9 Imcript, u I, pif e U8.
juuEN poughiId. sis
Hquité deê Égyptiens , et sor les LihéraUiéê eu peuple romain. U en communiqua quelques autres à l'Académie I mais nous ignorons sur quels siyels : aucun n'a été publié , et nous le regrettons d'auunt plus, qu'ils ont été fort estimés. Nous ne trou^ Tons , dans V Histoire de T Académie des Inserip^ tiens (1) , que l'analyse d'un travail de Poucbard sur les Obélisques de Sésosiris. Quand le Journal des Sa" vants fut constitué, la direction de ce journal fut confiée à Julien Poucbard. C'était une affaire bien délicate , et la sévérité de ses jugements souleva bientôt contre lui la gent irritable des écrivains. Le Journal des Savants est aujourd'hui un recueil de Mémoires : c'était , dans l'origine , une Revue critique. Poucbard parait avoir exercé très-consciencieusement l'office de censeur littéraire , et on lui en a su fort mauvais gré. Après sa mort, le Journal des Savants arépoùAu quelques mots à ses détracteurs ; nous reproduisons ce passage de son éloge funèbre : « Certains auteurs , qui se crurent maltraités, murmurèrent contre lui. Les plus auimésétoient souvent ceux dont il n'avoitfait qu'exposer simplement les paroles et les sentiments ; mais conmie il exerçoit sa critique peut-être avec trop peu de ménagement et dans une entière liberté , il souffroit volontiers celle que se donnoient ses adversaires, et il méprisoit leurs ii^ures. — « Ils sont fâchés, disoit-il, de ce que je fiais connottre » leurs fautes, et moi je le suis de ce qu'ils font de mau- • vais livres (2). » A cette époque, les droits de la critique n'étaient pas encore reconnus ; on se tenait pour
(1] T. I, page 195.
(2) Journal d€8 Savants, 1706, p«ge 199.
316 jeL1E5 POUGHAID.
ofiénsëparle plus léger blâme. NoosaTOiiseobciirioiiié de lire ceux des articles de Ponchard qui ool agité la rép«* blique des lelires, qui ont soulevé contre lui deTMenies tempêtes , et nous les avons trouvés fort peu agrestifi. Parmi les écrivains qui en appelèrent au paMIc de arrêts , nous citerons Gibert et de Sacy. Le père avait publié sur TEloquence un traité dans lequel il m traitait pas favorablement Tart des rbéteon : GOiert , professeur de rhétorique au collège Maiarin , cmt qfiTl était dans les devoirs de sa charge de répondre aux épi* grammes du père Lamy : il s*éleva donc sur ce point u grave débat , dans lequel le rédacteur du Jourmmidm Savante dut nécessairement intervenir. Ses conchisions, si réservées qu*elles fussent (1), n'étaient pas favorables au professeur de rhétorique; celui-ci y répoedit avec aigreur (i). De Sacy fit encore plus de bruit as sujet d'un article publié sur son Traité de F Amitié (S); ayant eu occasion de prononcer un discours dans une séance solennelle de TAcadémie française , deux ans après la mort de Pouchard , il manifesta très-vivement le déplaisir que celui-ci lui avait fait éprouver (4).
En 1706 , la chaire de professeur royal en langve grecque étant vacante , Pouchard fut appelé à la reoiplir. H ne l'occupa pas longtemps, car il mourut le 1 S décembre 1705, à Tàge de 69 ans. Il a laissé en manuscrit une Histoire Universelle , dont l'auteur de son Doge ,
(i) iMcmoi dei Savanu, 1703, |Mge 347 et suiTanlet.
(S) BiMioihcqu€ Françoise de Tibl^é Got^et, tOOM I, page SSt et sui\'aDies.
(3) Jommal det Saramif 1708, pge iiO.
(4} Ibid. 1708, pge 6 el suivantes.