‹ Histoire littéraire du Maine (volume 3)Chapitre 48 sur 52 · JULIEN FRESNEAU · texte numérisé non relu

JULIEN FRESNEAU

de France voulut lui témoigner qu elle reconnaissait les senices par lui rendus à la cause de lorthodoxie , et releva à la dignité de vicaire-général ; il obtint la coofirmation de ce titre du chapitre général réuni à Avigooo. Les historiens de son ordre ajoutent qu'il fut ensuite élo prieur du couvent de la rue Saiut-Jacqucs , et qu*aprèt avoir quelque temps rempli cetie charge, il retotimi dans la maison du Mans , où il fut promu à la même dignité. Depuis qu*il avait quitté celle maison, elle avait bien change d'aspect. En 1562, la ville du Mans ayant été envahie par les calvinistes , La Ménardière , un de leurs capitaines , célèbre par ses tragiques exploits , avait établi son quartier général dans le couvent des Jacobins, et les moines chassés de leur asile , n^uvateot pas totis échappé au glaive des persécuteurs. Les au* tels de Téglise conventuelle furent dévastés, les images brisées, les livres de la bibliothèque brûlés, les reliquaires profanés : tout fut une proie pour ces fu* rieux. Après leur retraite, il n'était resté du couvent que les murailles. Julien Fresneau s employa avec uoe grande ardeur à réparer ce dés;istre. Le couvent n'ayant pas de ressources, le prieur lit lui-mémo des quêtes dans toutes les églises où la fuule accourut pour voir en chaire un prédicateur de si grand renom. 1 1 avait été élu trois fois prieur par les religieux du Mans ; en 1551 , en 1570 et en 1575 (1).

En 1575 , il commença à Angei*s les prédications du carême , mais il ne les acheva pas , car il mourut dans cette ville, à 1 âge de 75 ans, le 26 février, et y fut

(1) IISS. déjà cités.

HÀRDOUm LEBOURDÀYS. 383

enseveli. Suivant La Croix du Maine, Julien Fresneau aécrii plusieurs livres de philosophie et de théologie , les uns dogmatiques , les autres polémiques ; quand Echard travaillait à son histoire littéraire de l'ordre de saint Dominique , qui fut publiée en 1721 , il écrivit aux religieux de la maison du Mans , pour obtenir d'eux quelques renseignements sur les manuscrits laissés par Julien Fresneau ; ceux-ci lui répondirent qu'ils n'eo avaient trouvé aucun dans leurs archives (1).

■Mv

LEBOURDAYS (hardouin).

hàrdouin LEBOURDÀYS, sieur de la Génevraie, après avoir hanté pendant quinze années le Palais de la ville du Mans, à la suite de quelque avocat ou de quelque procureur, remplit l'olBce de clerc-commis au greffe de la sénédiaussée et siège présidial du Mans. Un peu libre dans sa manière d'être , Lebourdays se plaisait volontiers à parler mal d'autrui , s*inquiétant peu de savoir comment ses indiscrétions seraient accueillies. Pour prouver que telle était son humeur , médisante et audacieuse, nous parlerons un peu de son pamphlet contre les avocats et les procureurs du Mans, publié sous le litre de : Libre discours sur lorigine des Pro-

(1) ScripL Ordinis PntdicaU U U, p. S33,

384 UARIK)UIX LEBOURDAYS.

cez ; le Mans, Fr. Olivier, 1610, io-8*. Ce petit volnme est une déooQciatioo au public de toutes les manœuvres usitées au Palais pour spolier convenablement un client de bonne mine. A ces détails , qui ne sont pas sans intérêt , sur les pratiques du barreau, l'auteur a joint une vive critique de telle et de telle façons de parler propres à quelques avocats de son temps. Il raconte aussi , sans nommer les personnes qu il met en scène , diverses anecdotes fort plaisantes qui servent de pièces justificatives à son réquisitoire. Ce sont là des allusions qui nous échappent. Tout son DUcoun est sur ce ton :

« Adaocats , qui vendez par fois et trop sonveot le Tenin de Tos langues et la picqueure de vos plumes ; procureurs, qui mouchez si souueut la vefueet rorpheliu, que vous leur faictes rendre le sang ; qui arrachez Plierbe et la racine tout ensemble , qui leur rongnez les ailes de si près que, ne pouuant plus volor il (>st force qn^ils rampent par terre ; Prométhées qui auoz vole à la justice le feu de la fidélité promise par vos sennouts , n*prrsculez-\ous que s*il faut mettre vos mains concussioiiiininvs à la prcs.>;o , roinhien d'argent lairronl-cllescscouliM'? S'il l;jiii iiu'iin» >os ioIx-n soubs le pressouér , coinhien de pivseus voni:s de cormplelU^ pour oppugnerTinnocent?... >

Nous cilons ce passnp;e pourdoiincr un spt Vinicn de la manière de Lrbourihiys. 11 d(*rlai)i(M|ik*i(|iu ri>i> , il allègue trop souvent di.'S exemples pris de raiiiitjuité » il n'est guère moins dilTiis tpie pouvaient l'être les avocats dont il censure la manière ; mais on ne sanrait du moins tui contester le mérite d*unecuura^eust' fianeliise à regard des vautours eiuouianuts dout le res&enti-

HARDOUIN LEBOURDAÏS. 385

meol pouvait élrc redoiuable à un commis au greffe du présidial. Deux anecdotes rapportées par Lebourdays prouvent et Timpudence des avocats de son temps, et la coupable tolérance des juges. Un marchand avait une affaire pendante devant roflicial du Mans : son avocat lui écrit qu'il importe d'adresser quelques pièces de bon vin au juge-rapporteur , qui neiait autre que le docte Amy du Pont , afin de le disposer favorableroeot. L'autre s'empresse d'envoyer du meilleur , et l'avocati arrêtant au passage le voiturier , fait déposer le vin dans sa propre cave. La cause de sa partie était bonne , il la gagne à l'audience. A quelques jours de là , notre marchand venant remercier son juge, dont il se croyait encore l'obligé, arrive précisément à l'heure du dîner de ce magistrat. Il paraît qu'en ce temps du moins ce n'était pas un crime d'interrompre MM. les gens du roi dans Texercice de leurs fonctions gastronomiques , car on introduit le marchand. Celui-ci, voyant la table servie, prend certaine bouteille qui dès l'abord lui frappe les yeux comme sujet de son exorde ; il s'excuse de n'avoir pas reconnu d'une manière plus digne le service éminent qui lui a été rendu ; cependant , pour tout dire , la pipe et le poinçon provenaient du crû de Ste-Cécile. Amy du Pont, qui n'entend rien à ces propos, demande des explications plus amples; elles sont données , et la fraude est découverte. — Le même avocat obtient jugement contre un pauvre homme qu'il fait condamner à tm écu de dommages-intérêts : ayant obtenu que le texte de l'arrêt lui fut confié, il le falsifie , d'un écu il en fait vingt y pour le paiement desquels il poursuit impitoyablement son créancier. Celui-ci résiste ; il se laisse saisir I reçoit sans y satisfaire tous les exploits , subit ton*

386 UARIK)U1^ LEBOURDAYS.

les les poursuites ^ enfin , on va le conduire en prisoo , quand il courl aux pieds du juge qui Ta coodamoë, et lui rappelle sa semence : confondu par la mémoire da juge, lavocal sollicite son pardon et Tobtienl emxtre une fois. Ce soni là, sans conlredil , des (ours de fripon, ei quand les magisirais avaient la faiblesse d*en excuser les au(eui*s, on ne doit pas irou\er mal que Lebourdays se soil niouiré moins indidgenl à leur égard.

Le Libre discours de V origine des IVoees ful,avoai- Dous dit, publié par llardouin Lebourdays eu 1610. La même année, il confiait aux presses de Fr. Olivier une sorte d oraison funèbre sur la mort du roi, qui fut imprimée sous ce titre : Regrets sur la mort de Henri IIIL Cest un opuscule de trente-buit pages, in-12, qui parait avoir été écrit à la haie et d*un seul trait : Téioge de Louis XIK y occupe une place notable.

Au mois de sep(e:nbre de raonée IGl'i , il y eut , au Mans, une liesse solcnncIL', à Toccasion du S4*jour que firent dans celle ville le roi Louis Xlll et sa mère, Marie de Médicis. Lebourdays a écrit avec quelque détail le récit de cet cvéneaieiit. Nous n avons pu nouî» procurer l'imprimé de celte pièce, dont il a été fait uoe intércs^anle analyse dans le Journal politique et littéraire de lu Sarlhi! , (le Tannée LSlT 1 ; uui^ noa% en trouvons une cj^iie deNeiine piév'ieu:»e, dans quelques mannserils d'Anselme Ni'grier de la Crochaixiiere récemment acquis par la .Mairie du Mans ptmrla Dibliolhèipie de «elle vii'.e [l), L'écril doul noiib parluus

(i; Mï^Todi, :. nov. 1817. n» !*»r».

(i' Quatre Vdtiiiii >>; in folit loiuvriiaiil HiUtoiri» du Maiii^. La copie de lupusculo de LclicKirdjys se trouve diU le volume.

HARDOUIN LEBOURDAYS. 387

a pour lili'e : Discours et ordre tenu à T entrée de leurs Majestés Louis XIII et de Marie de Médicis, sa inère, en la ville du Mans; le Mans, 1614. L'auteur entre en matière par une ode qui n'est pas indigne d'être reproduite ; la voici :

Les Naïades de la Sarthe à la Heine.

PriDcesse , TboDDcur de la France, Poar te faire la révérence, Nous t*atteodons sur les ruisseaux, Guidant voir la mère d'Achille»

Ou Ericine en sa coquiUe Visitant Tempire des eaux.

Mais voyant de loin sur la terre Ton carosse qui court grand erre Pour te mener dedans le Mans, Nous jugeons que dans ta poitrine Tu n'as rien de Phumeur marine, Et que tu fuis notre élément.

Aussi n'es-tu point comparable A cette Tbétys miséral)le Qui lâcliement voulait nourrir Son jeune enfant entre des filles ; Car toi, ta conduis par les villes Le tien, afin de Taguerrir....

Heureuse vraiment d'être née , Pour avoir été destinée L'épouse de notre feu roi, Et plus heureuse d'être mère Du vivant, qui tient de son père La force, et la douceur de toi.

388 UAKDOUIN LEBOURDAYS.

8uis donc la route eocommencée !

Que Dieu cooduisant U pensée Rende tes desseins sccomplii I Jamais antre tent ne respire Sur UA, qu*un ptisibie téphyre 8ous lequel fleurissent les lys (i).

Après ces vers se trouvcDi le récit de la rëccpUoo de la famille royale, ei tout au long les discours proooocës dans celte circonsiance : Tauieur décrit, en oatre, les arcs de triomphe élevés à la porte de la ville et sur toutes les places par lesquelles le cortège devait passer, qI les allégories peintes sur ces fi agiles moDomenis da Culte populaire ; il publie ensuite quelques détails sur le séjour du prince dans la ville. Nous lisons qu'après avoir patiemment rempli son rûle dans les cérémonies officielles, Louis XIII voulut se distraire un peu de œ pénible exercice ; que , dans ce dessein , Il fit dresser un pavois dans la grande cour de Tabbaye de la Couture, et donna rendez-vous en ce lieu ans plus fameni arquebusici^s de la cite : le prix destine au plus habile des concurrents ctuii une longue arquebuse de guerre cl une escopelie de trois pieds et demi , dont le canon doré était enrichi d*ornements d argent. Quand tous les nssistnnls eurent fait montre de leur adresse, personne n'avait frappe plus près du but que le roi, et U fut salué vainqueur. L*histoi ien nous raconte encore à ce sujet d'autres anecdotes qui n ont aujourd'hui ni plus ni moins d'intérêt ; elles ue sauraient trouver place id.

Nous avons eniendu Hardouin Lebourdnys sexpri-

(1) Lo copisie n'a pas conservé l*orthûgraphe de rorigioal.

4IRD0DIN LEBOURDAYS. 389

mer en des termes fort vifs à Tégard des avocats. Pour qu'on ne l'accusai pas de calomnier une profession respectable, pour bien faire entendre que s'il blâmait les fripons, il tenait fort en estime les gens honnêtes qui se rencontraient au palais du Mans en leur compagnie, il prit une résolution vraiment héroïque; il sollicita et obtint une charge d'avocat. Nous ne connaissons aucun de ses plaidoyers , mais Ânsart nous donne le titre d'un mémoire qu*il lui attribue : Réponse faite en forme de Correction fraternelle à quelques escrits ci-devant mis en lumière sous le noin de Fr. J. B,, etc., etc., an Mans, Fr. Olivier, 1618. Ces initiales désignent le père Boucher , gardien des Cordcliers du Mans , qui avait publié quelques factums contre les échevins et les officiers de justice de la ville.

L'écrit le plus considérable et le plus digne de remarque d'Hardouin Lcbourdays, a pour objet diverses questions de théologie dogmatique. Dans les premières années du XVIP siècle, le ilébat entre les prolestants et les calvinistes était encore fort animé , et il n'était pas rare d'entendre plaider Tune ou l'autre cause par des laïcs de l'une ou de l'autre communion. La propagande protestante avait ému toutes les consciences , et comme, en cette alTaire , il ne s'agissait de rien moins, suivant l'opinion commune , que du salut éternel, on ne rencontrait personne qui n'eut à cœur d'étudier sérieusement les matières sur lesquelles s'exerçait une aussi grave controverse. Cette étude inspirait le goût de la dispute aux partisans les plus zélés des deux créances. Il faut d'autant moins s'étonnerde voir Hardouin Lcbourdays intervenir dans cette querelle théologique , que les avocats ont toujours eu le fâcheux renom de parler sur

390 IIARDOUI?f LEDOll\DÀiv

toute chose avec aiitaiu d*audacc que de k^gérctë. Noos n*avon8 pas touiefois , hùtons-nons de le dire, à censurer en cette occasion la témcriic de Lebourdays ; il entendait bien les questions coniroversées , et ses écrits contre les protestants valent an moins la plupart des traités publiés vers le même (emps,sousla responsabilité des nombreux docteurs en Sorbonnc qui, crurent devoir prendre la parole au nom de leur parti. Il a recueilli ces divers traités en un volume qui a pour litre : La Concorde ent Estât ecclcsias tique ; au Mans, Aimé Iluotf 1624, in-6*. Le premier des opuscules que contient cet ouvrage est une épttre à un seigneur protestant, sur la présence réelle : s'il faut en croire Lebourdays, il Ta rédigée dans l'espace de quinze jours ; elle est datée du Mans, au mois de novembre 1G23. La thèse qui est Tobjet du second opuscule, est celle de Tautorité de !*£glise romaine : cette question, moins ardue, moins subtile que la précédente , a mieux inspiré Tauteur; il fa traitée avec beaucoup de verve , et il y a des passages dans cet écrit qui sont du plus liant style. S*il nous était permis de juger Lebuufdays comme orai('nr,sur ce discours en faveur de la chaire ilc saint Pierre, nous dirions qu*il devait captiver son aiuliiuire par la majesté de ses périodes, par la vivaiiU' de ses interpellations, plutôt que par la vii^uenr de sa dialeeiiijne. A la suite de ce discours, se trouve un poème contre les hérétiques, dans lequel il y a de bonnes pailies. l.e!)onrd!»ys parait s'étie inspiré des satires protestantes de irAubigné ; on peut quel<|uefois lui re[)roeher l'abus de s termes sans noblesse, mais rarement un vers languissant Nous ne citerons qu'un fragment de ce poème ; l'auteur interpelle ainsi les ministres de l'Kglise n'formée :

HARDOllN LEBOURDAYS. 391

Il vous scroil rasclicux de quitter la rrancbisc

Pour vous remettre encor au giron de TEglise ;

Car si pour manger chair à toute heure et tout temps ,

Et pour suiure tousiours un heureux passe temps ;

Si pour ne confesser ses fautes et ses crimes ,

Si pour chanter des vers de psalmes et de rythmes ,

Si pour n'estre contrainct de rendre jamais rien ,

Si pour faire semblant dV'stre un homme de bien ,

Si pour estre hypocrite et (in renard dans Tame,

On pou voit éviter la rigueur de la flame ,

Je serois huguenot , et des plus obstinez ;

Et après que i*aurois les temples butinez ,

Blaint prcstre massacré d'une rage afTamoe ,

Faiclla guerre ï mon prince en teste d'une armée,

Logé maint orphelin au fond d'un hospital...

Je monterois au ciel sur Taislc de ma foy

Sans que le purgatoire eust puissance sur moy !...

Vous dictes qu'il vaut mieux se ioindre en mariago

Que de brûler au feu d'une impudique rage ;

Que maint prcstre est subjccl à ce sale péché.

Je resi>onds : Si quelqu'un en a l'esprit taché ,

Il doit estre puny, car i'abhorre ce vice ;

Mais le n'ayme pas moins le divin sacrifice.

Il ne faut pour cela se séparer de nous ,

L'Eglise calholicque est la mère de tous :

Et si quelque ministre est pris en adultère ,

Reieltcz-vous soudain le déuot ministère ?

Vous ne le faictes pas , car il faut rcQbrmer

El le vice, et l'abus sans ainsi vous armer

De fer, de feu , d'horreur et d'un foudre de guerre

Pour ictter nos maisons et nos temples par terre.

Les apostros niarchoicnt auecques la douceur,

Jesus-Chrisl n'c^tloil point un cruel oppresseur.

Il faut planter la foy par les déuots exemples

392 IlARDOlTf LEBOURDAYS.

El non pas démolir les murs sacrés des temples, Ny moins pour faire armer les gens d*armes françois Contre la fraye Eglise et Testât de leurs roys. Allez prescher vos loiz au Japon , au Mexique , Guérissez le boisteux et l^^ paralitique , Chassez au nom de Dieu les démons hors des corps , Ranimez par la foy la carcasse des morts , Renversez leurs ûiux dieux , confondez leurs oracles. C'est là qu'il faut prescher et faire des miracles Et non pas parmy nous qui , chresticns baptisez , Connaissons vostre fart et vos cœurs dé|^isez....

Si ces vers ne sont pas irréprochables, on nous accordera qu'ils sont dignes de remarque; que le tour eo est vif; que cette poésie, trop peu châtiée, se recommaude par une allure franche et virile. Dans un avertissemeui au lecteur , Lebourdays nous confie qu*il a intercalé dans son poème quelques vers de la façon d*auinii ; les uns d*un prélat, les autres d'un juge, dont il nous laisse ignorer les noms : ces vers sont ceux probablement qui sont notés dans le (exie avec des guillemets ; ils sont pea nombreux.

Après le poème dont nous vouons de parler , se trouve, dans le même volume, une dernière exhortation aux proiesiants, ou plutôt une dernière invective contre eux. Il ne suiTit pas à Lebourdays de les avoir interpellés au nom du dogme ii*aditionnel,puis au nom de l'Eglise ; il invoque, en oulre, les inléréls de TEiat compromis par leur dissidence, et solliiite le roi Louis XIII de s'employer ù les soumettre. Celle péroraison ne manque pas de ven'e.

Ilardouin Lebourdays a eu , de son temps , de zélés apologistes. Julien bodreau lui a adivssé des vers pleins

HARDOUIN LRBOURDAYS. 393

d*einphase,.dans lesquels il parle en ces termes de ses écrits contre les protestants : .

At tu diserti conditor voluminis Quod diclioDum vcrnus adspirat Icpos , Opusque seris iovidendum seculis , Mortalitatis indignus jugum pati , Nunc te vocare comparem bis heroïbus , Audebo ! namque monstra prostcrnis potcns , Umbrasque mcnlis scnsuumquc nubila Fugans, iDcpti gullur errons premis...

Ces héros fameux auxquels Julien Bodreau n'hésite pas à comparer notre Lcbourdays, c'est Apollon, c'est Hercule; il voit le monstre de Thcrésie succombant sous l'effort puissant de sdh éloquence, et il s'écrie, après avoir chanté sa victoire :

Hoa ! qux corona digna cril ccrtamine !

Si l'auteur de la Concorde en t Estât ecclésiastique trouva de grands flâneurs parmi ses amis, il était, à vrai dire, peu modeste, car il s'est lui-même désigné par cet anagramme : Luis, beau rayon d'or. Un contemporain y a (rouvé la matière du sonnet suivant :

Toy dont Talme Tliémis empruDle le secours, Dans la variété des affaires mortelles • Tu Ittis beau rayon d*or en ce rare discours. Pour dissiper i*errcur des sectes inGdeilcs.

Ta doctrine pressante où nous a?ons recours Mérite des lauriers et des couronnes belles,

394 ABTBROISE PACCORf.

Mais un rayon dor qui esclaire t4)osioiir8

Ne veut point d'ornement après ses éUncelles.

Pareil au Teu Saint-Elme arriaant de b mer. Tu luis beau rayon d'or afin de nous calmer Au tumulte bruyant qui dluisc nos âmes ;

Mais pour n'estre priué du loyer mérité Comme tu fais tomber des prodiges inAmes Tu t*esleves toy-mesmc à l'immortalité

mm

PACCORI (ambroise).

Ambroise PACCORI , né en 1649, à Ccatilcc, paroîsfc dcrarchidiaconédc Passais et de 1 élection de Maveoiie, fn ses preniières éludes an collège qui avait été rt-eemment fondé dans cette humble bourgade : là, panniqiM- Ire on cinq cenls éh'ves qui suivaient les mêmes cours, il se fil remarquer par sa piété et par son aptitude aui travaux littéraires. Il étudia en philosophie et en théologie à Angers , et fui eusniu.* promu an diaconat. Ambroise Paccori avait à peine alleinl sa vingt-troiî*ieiuf année, quand re\ê(|ue du Mans, M. de Lavergne de Tressan , qui faisait un cas particulier de son saxoir et de son caraclère , le nomma principal du collège de Ct»aulcé; otitre la charge d'administrer ce collège, qui était fort consid»*ral)lc, il accepia celle d'y professer U** humanités et la rtjèiori(|ne. Il ne iH)nnal jamais ni l'orgueil , ni le repos , ni les conmiodités de la vie. Vainc-

AMBROISE PÀCCORI. 395

nient ses supérieurs rinviiëreut à se laisser conférer la prélrisc, ils ne purent l'y résoudre. Il employait à donner des leçons pariiculiùres le icmps que n'exigeaient pas de lui ses leçons publiques. Il a toujours vécu pauvrement, dans la pénitente el les morliûcations.

En 1686, un événement fort grave vint porter le trouble dans le collège de Ceaulcé : le principal avait été empoisonné par un de ses élèves. On lui administra des secours qui prévinrent rcffet du poison : cependant les suites de celte affaire furent graves; voici comment Tabbé Gotijel les raconte dans le supplément du Dietiannaire historique de Moréri : « La modération du principal lui interdit tout éclat ; cependant le fait n'ayant pu être ignoré, plusieurs écoliers furent arrêtés et mis en prison malgré lui. M. le chancellier Le Tellier, informé de celte affaii*e , ordonna à M. Toflicial du Mans de faire publier un moniloire pour tacher de découvrir lesauleurs ou les moteurs de celte action. Le moniloire fut donne le d(»rnicr de février 1085 , et M. Le Tellier obligea M. Paccori de dirsser un mémoire pour lui ôlre envoyé sur ce sujet, avec tous les éclaircissements que ce ministre demandait. Le mémoire fut envoyé par M. Anjubault, principal du collège de Mayenne, qui avait écrit à M. Le Tellier sur la même affaire , et le dixième de janvier 1685 , il y eul un arrêt du Conseil, qui commettail M. le licuienant criminel du Mans pour connaître de l'affaire. M. Paccori demanda aussi une assemblée de la ville de Mayenne pour justifier sa conduite dans l'éducation de la jeunesse , el montra luimême qu'elle n'avait rien de reprélicnsible par une lettre écrite le il juiliol de la même année 1685. Mais tout était assoupi ù la fin de la même année. • Nous ne pos-

396 AMBaom paccom. ^

sédons aucune des pièces concernani cette afR^n^ broise Paccori quitta le collège de Ceaulcé peu de après cette fâcheuse aventure, et se retira dansTAnJoa, d*oii il fut appelé par M. de Coislin , évéqne d'Orléaas, pour diriger le petit séminaire de Meong, près d*Or* léans. Il exerça cet emploi jusqu'en 1706, c*est-à-dire pendant dix-huit ans, et fonda dans le diocèse d*Orléaot on grand nombre d écoles publiques. Paccori viot ensuite à Paris , où il vécut dans la retraite la plus abso> lue, et où il mourut le 12 février 1750, à Tàge de 81 ans. Il fut enterre à Saint-Jacques-du-Haul-Pas.

Les écrits qu a laissés Ambroise Paccori sont plus nombreux que remarquables. Ifous en ferons connalire les titres et les éditions, d*après Tabbé Goujet et M.Qvérard. — Avis sa/uiaires à une mère ehre tienne, pour se sanctifier dans Téducaiion de ses enfants ; Oriéai» , 1689, 1691, in-8*. — Entrelient sur la sanetifiea" lion des Dimanches et Fêtes ; Orléans, 1691, in -8». Il y a eu plubieurs autres édiiiuns de ce petit traité, à Orléans et à Paris ; nuiis en avons sous les yeux une de 1719; Paris, Fr. -Muguet. — Aris salutaires aux pères et aux mères, qui veulent se sauver par Tédocation chréiionne qu'ils doivent à leurs enfants. La première édition de eei opuscule est , suivant M. Quérard, de 1G96 ; Oiiéaus, in-S"" : on en compte quinze éditions, publiées à Orléans , à i ruyes , à Paris. La deniière e4 de 1767 ; Vienne , Trallner , in-8* : — lièg les chrétien* nés pour faire saintement toutes ses actions , 1700, in-12; Orléans et Paris, 1727, in-l2. Ce traité, qui a été souvent réimprimé pour les écoles chrétiennes, atait été composé par Tanteur ù l'usage des écoles du diocèse d*Or* léans et du séminaire de Mcung. — Abrégé Je la Lm

AMBROISE PACCORI. 397

nouvelle. Paccori s'associa pour rédiger ce manuel Tabbë de Vernage. La première cdiiion esi de 1711; PariSyFr. Muguet; la dernière est de ilik.'^Suite de tA^ hrégéde la Loi nouvelle ; Paris, nu. — Imiruetion chrétienne sur la manière dont on doil se conduire dans le temps qui précède le Carême, et sur les désordres du Ciimaval ; Paris, Lottiu, 1722, in-18. Cet ouvrage avait été publié quelques années auparavant, ù Orléans, mais sous la forme d'entretiens. — De r honneur qu'on doit à Dicudans les mystèreê; Paris^ 1726, in-12. — Réglée pour travailler utilement à l'éducation chrétienne dei enfanté; Paris, Després, 1726, in-l2. — Règles pour vivre chrétiennement dans V engagement du mariage ; Paris, Després, 1726, in-12. — Devoirs des vierges chrétiennes y lires de TEcrilure et des Pères de FEglise ; Paris, Lollin , illl , in-18. — Fie de Jésus- Christ; Orléans, Rouzeau. — La manière de faire l'écnle: Paris, Muguet. — Journée chrétiennne \ Paris, Després, 1730, in-12. Cet ouvrage a été réimprimé fort souvent. — Pensées chrétiennes pour tous les jours du mois ; Paris , Després , 1733 , in-ivS. — Idée de la Religion; Paris, Jouenue, iii-12. — Nous lisons en outre dans Tarcicle de Tabbé Goujat : « On a aussi une édition des Histoires choisies de M. Genevaux , prêtre du collège deFortet,queM. Paccori avait retouchées en quantité d endroits. On lui doil de plus une nouvelle édition, avec une continuation, des Epitres et Evangiles , avec dés Explicatiofis par demandes et par réponses, que M. Perdoux avait fait imprimer à Orléans , chez Rouzeau, en 2 volumes in-1 2. L'édition de M. Paccori forme k gros volumes in-12 ; à Paris, chez J. MariettOi en 1727. Enfin il avait achevé deux autres écrits.

398 CLAUDE CÀP£U1N

Le premier, qui est considérable , est uo iraiié des Devoirs des Ecclésiastiques. Ce maouscrit éuii tmut les mains de M. d*Arnaudin, qui Tavait approuvé, lors* que ce docteur est mort , et il ne s est point relrcHivé. Le second est une Instruction sur le Chapelet » ipii est entre les mains d'un libraire de Parts. » 2iùm ii*appœ- Dons pas que cette instruction ait été publiée (I).

CAPELALN {CLAUDE).

Nous possédons bien peu de renseignements sor Claude CAPKLAIN ; nous ne pourrions pas même affu mer que tel fut exactement le nom propre de (*et écrivain , quels que soient ses litres à 1 estime des ênidiis. En latin, sou nom est (laudiu4 Capptllanui, Suivant l'abbé de la Crochardiere , il faut dire Claude Chaptluin (X), et tel e^t aus^i l'avis de Dom Liron l]\ M. Jourdain , nous ne sa\uns sur la fui de quelle auto* rite , écrit Le Capelnia [U ; tilles du I*in , dans sj Biblivthî'nue dt'H shitturs ecclc'éia$tiquL$ du \f If tiède ^Ji]y néglige on rejette la particule, et écrit sim-

(Ij Suivant M. Quôrunl. on a (]uol(|uer4)i.s aUht»uc j lorl a Aaibr Paccori rouMa;;r dii P. Pioii>l, iiilitulé : lUtjrut JWu- t. nt !.•chte d'avoir abuM: longumps de la sainltu du Pater.

(9) MS. de II Bihliolli<M|U(';<lii Maas. à la tal>le.

(3) Alnianach Manccau , t7o8.

(4) Dioifraphie lidierseiU, arlkle t'iatitjny (5} Truisiciuc i>unic, pa^e 507, êdit. Ui-S«.

CLAUDE CAPELAIN. 399

plemcDt Capelain, Si nous adoptons de préférence celte orihographe, c*esi qu'Ellies du Pin a vécu dans le môme temps que notre auteur , et que vraisemblablement il a plus d'uue fois entendu parler de lui. Nous sommes en présence d*un embarras plus grand encore , quand il s*agii de déterminer le pays natal de Claude Capelain , du Pin n'ayant pas cru devoir lui consacrer une notice spéciale. Dom Liron , labbé de la Crochardière et Dom de Gennes (1) s'accordent, il est vrai, aie faire naître dans le Maine , et leur témoignage n*est pas contredit , mais lis ne nous apprennent pas en quel lieu de cette province, et nous Tignorons.

Claude Capelain , docteur de Sorbonne , professeur royal de langue hébraïque , nous est connu par ses doctes démêlés avec Valérien de Flavigny. Celui-ci , professeur d'hébreu au collège de France , avait, en 16^6 , attaqué vivement la Bible polyglolié de Le Jay. Défenseur zélé des Riibbins et des Talmudisies , attaqués dans la préface de la Bible polyglotte , Valérien de Flavigny avait prétendu qu'on les accusait faussement d*avoir corrompu les livres saints , et il s'était avancé jusqu'à déûer publiquement Le Jay et ses collaborateurs de justitler leur prétendue calomnie. Une grave discussion s'engagea sur cette thèse , dont l'intérêt ne saurait être contesté. Flavigny , que l'on nous représente comme un homme ardent, impétueux et supportant mal la contradiction , répondit à ses adversaires avec beaucoup de passion et, il parait, peu de politesse. Capelain demeura quelque temps étranger ù ce débat, mais il fut contraint

{iS Tables da CaUlogoe de Saiot-Tinoeot; MS. de hi BibtioOi. da Ifans.

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de prendre ud parii. Voici à queUe occasion. Il D*aTiit pas hésiië , devant ses amis , à se prononcer contre Flivigny : un d'entre eux , dans une controverse pulriiqiie , invoqua son témoignage en faveur des ëditeort de la Bible polyglotte. Cette interpellation causa quelque rumeur ; Fiavigny écrivit à Capelain pour le défier à son tour de produire une phrase du texte sacré corrompiie dans le Talmud. Sachant à quel homme il avait affaire, Capelain voulut d'abord s'abstenir ; mais on avait pris en son nom une sorte d'engagement , et Fiavigny , qui ne se lassait pas de le provoquer , avait rendu publique Tépigramme suivante :

Tentai Cappellanus Hebrxum eveitere teilom Rabbiaosqiie crepaDs borrida bella partf*

Cogit Cappellus cuneos , Morious AcbiUts

Hector Echellensis , Hardius (i) agmen agal :

Partuiient montes, nascetur ridiculus musi Àd vanas ride, Flavigniane, minas

Capelain répondit à celte épigramme par celle-ci :

Flavius ignoto sese comniillerc ponto

Ausus et igDolis i^andere vêla noUs , EfQuit in risus et iuauia gaudia jactal

Cui inoi ad sycopulos naufraga puppis erit

El pour accomplir la prédiciion énoncée dans ce dernier vers, il publia la réfiiiaiion des erreurs de Fiavigny dans uu petit traité dont voici le titre : Mare Babbini-

(I) CaptMlc, le p^re Jean Mortn, Abraham Echellensis, Hardj. adversaires de Valéricn de Fiavigny dans M défense des RahWas cl du Tlaalmud.

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cum infidum in quo Flavignius naufragaiur; Parir sii8,apud Gasp. Meluras,l667, in-S*' (1). Catraité contient les accusations les plus gravescouire les auieurs dd TaIfflud.Flavigny y répondit dans une dissertation qui a pour titre : Di»quinUotheologicay an, ut habetCappellanus,nonnullaS. Scripmraeiestimonia alio modo proferanlur a Rabbinis quam nunc leguniur in voluminibus bebraïcis; Parisiis, in-12. Un certain B. Le Féron, docteur en Sorbonne , se jugeant désigné en des termes peu civils dans la préface du traité de Capelain, lui répondit assez amèrement. Cette réponse de Le Féron (2) avait été sollicitée par Valérieu de Flavigny. Il la fit valoir dans Tintérét de sa cause. Bien qu'il ne s*agtt que de vérifier des texles,et qu'il fût par conséquent trèsfacile,après avoir entendu les avocats des deux pariies,de se prononcer entre Tun et Tautre» il paraît que la question ne fut pas encore résolue, et que chacun se flatta d'avoir remporté une éclatante victoire. Nous lisons dans l'exemplaire du Mare Rahinicum que possède la bibliothèque du Mans , le distique suivant , écrit à la main ; il est à l'adresse de Valérien de Fhvigny :

LiUera scripu manct scriptis nisi scripta rerellas ; Quid juval ante rudes rudere discipulos?

Ces vers, dont nous ne connaissons pas fauteur , ont été faits sans doute avant que la réplique de Flavigny à Capelain eût été publiée.

(1) Suivant D. de Gennes , il y a une aulre édition de a't ouvrage , de l*année 1695.

(S) Elle se trouve dans un des volumes de Miscellaoécs de la Bibliothèque du Mans, sous le numéro 2440 C.

408 PKâU GOCIBLIER.

GOUESLIER (rauE).

Nous lisons dans Là Croix do Maine, b DoUce Mrt^ vante sur pieree GOUESLIER :

• Pierre Goueslier , sieur de la Goneslerie , Maine, duquel lieu il estnaiif, enquesteur du roy siège présidial et sënesi*haussëe du Maine. Il a écrit un éplihalame , ou chant nuptial , sur le mariage de Messire Jean de Choursses , cbeualier des deux ordres du roy , seigneur de Malîcomc , etc. , et de Madame Françoise de Daillon , sœur de Monsieur le conte de Lude, en Anjou. Ce liurc nest encores Imprime; El contient environ de 600 vers françoîs. Il le présenta luy-mosme audit sieur de Malicorne, l'an 1578. Il a dauaninge oscril plusieurs aulres épilhalames.eusembîe plusieurs rliaiils Iviiques el utilres surles de po^'Uics fraiieuis, desquels il y en a plusieurs imprimez au Mans par Hiérosnie Oliuier , l'an lô7ô el ir>7G ; plusieurs epilaphes latins el fraiivois, tant en prose qu'eu \ers, sur la nioii de Marguerite llerué , lille de Monsieur iHi Fanon, liiiie des plus belles, sages, ^erlueu^e^ et aeciunplies filles de luul S(»ii siècle ; ils ne sont eneure> imprime/. Il a traduit quelques K^logues de Ikipiisie Mantuan , non eneore impnnu'es. il florist au Man> relie année 15S/|. il u romposè plusieurs autn*> œuures en franvois , tant en vers qu*en prose , lesqueb

il poursuit après auoir donné relasche ù ses plus se rieuses esludes ei vaqué à sa principale profession.

• Je ne dy rien icy du plaisir qu il prenl à la musique, tanl vocale qu'inslruiueniale , et condiieu il son sçait lieureusement aquiier , qui esl un exercice ayuié et cbéry de toutes personnes d esprit et d entendement , et surtout bieu venu et caressé entre les hommes d^estude. Si ie ne craignois que l'amitié qu'il me porte si grande, el celle que ie luy ay pareille , ou plus grande encor , ne fust cogneuë tellement de tous ses amis et les miens , que l'on ne poturroit icy voir ses loàanges sans soubçou de flatterie , j*en parlerois dauantage ; mais cela m en empesche. »

Cet article de La Croix du Maine n est pas annoté dans Téditiou de Kigoley de Juvigny , et nous ne connaissons pas plus les poèmes imprimés de Pierre Gi>ueslier que ses poimes mauttscrits.

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