INTRODUCTION. XXV
vre collective , et il y a des traités généraux sur le développement de la littérature française où Ion trouvera une réponse à toutes les questions qui pourraient nous être adressées au sujet des écrivains du Maine. Nous devons donc nous épargner le soin de répéter en d'autres termes ce qui a été dit ailleurs et fort bien dit.
Ce qui ne regarde que le Maine , c est l'histoire de ses écoles publiques. Quand nous avons rappelé combien les ordres religieux avaient d'établissements dans la métropole du diocèse, nous avons négligé de faire le compte des maisons abbatiales ou conventuelles qu'ils avaient fondées dans les villes moins considérables , dans les hameaux les plus modestes. Nous aurons occasion, dans la suite de cet ouvrage , de dire quelles étaient la plupart de ces fondations. Nous parler^ rons ici des écoles publiques. Dès le VI® siècle , l'école d'Anisole [Anisola, Saint-Calais) , était florissante ; Chilperic P*" y envoyait son fils Merovée : on citait aussi , dans le même temps, comme une des plus accréditées , lecole épiscopale de Saint- Pavin-des-Champs , fondée par saint Bertrand. Celle-ci devint plus célèbre encore au IX® siècle , sous la direction d'Aldric , et , au XI® siècle , elle avait pour professeurs Ermenulphe , Robert-Ie-
XXVI lîrraoDUCTioN
Grammairien , Âroauld , Hildebert de Lavardin. L'Université française s'est lentement constituée : appelée à devenir un jour la fille ainée de nos rois , c^est-à-dire la première institution de Tétat, elle n a été longtemps qu'un nom , comme la monarchie ; on Ta vue , comme elle , étendre sa juridiction , agrandir son domaine par des conquêtes successives. Les grandes écoles provinciales ont eu la même fortune que tous les établissements de la féodalité. Nous lisons dans la biographie de Goswin I contemporain et disciple d'Abélard , écrite par R. Gibbon : a ici les moissons viennent mieux , dit le poète , ici les vignes ; dans les forêts sont les arbres qui portent le bois , dans les jardins les arbres qui portent les fruits ; dans les tavernes sont les vins écumants , à Paris sont les meilleurs des maîtres. » Vers le XIV* siècle, c'est à Paris que les évêques fondent des collèges OU ils envoient les plus brillants élèves des écoles diocésaines étudier la dialectique et les lettres profanes. En 1 308 , Guillaume Bonnet , fondateur du collège de Bayeux , a Paris , accorde six bourses dans son collège aux pauvres écoliers du Maine ; en 1 326 , le cardinal Philippe do Luxemlx)urg fait construire de ses deniers , à Paris , le collège du Mans. Cependant quel qu'ait été le crédit des écoles de Paris, surtout quand
nnnoDucnoN. xxyii
les ordres religieux eurent pour la plupart établi dans cette ville leur principal séminaire , il ne faut pas croire qu'alors même les écoles provinciales aient été supprimées. Avant lere des intérêts matériels, on considérait renseignement des lettres et de la morale comme une affaire grave : la révolution de 1 789 trouva dix grands collèges en exercice sur le territoire actuel du département de la Sarthe , et environ cent écoles gratuites pour les garçons. Ces détails ne sont pas sans intérêt.
On est sans doute curieux de connaître quels sont les recueils bibliographiques que nous avons consultés avec le plus de profit , et , parmi les sources privées ou publiques où nous avons puisé, lesqueUes nous ont le plus fourni. Nous allons entrer à ce sujet dans quelques explications qui n'auront pas , nous le craignons bien , un égal intérêt pour tous nos lecteurs. Cependant , pour abréger, nous ne parlerons ici que très-sommairement des auteurs et des ouvrages qui réclament une mention spéciale dans le cours de notre Histoire littéraire. On nous épargnera d'ailleurs de rappeler que nous n'avons pas né-
xxTîn HmiODUcnoN.
gligé de parcourir les prands dictionnaires biographiques et les catalogues qui sont entre les mains do tout le monde. Nous ne prétendons pas dresser ici une liste exacte des ouvrages divers où nous avons cherché , quehjuefois en vain , des documents pour celle histoire ; nous voulons simplement imliquer ceux qui nous onl servi le plus.
Nous avons dit , en ce (|ui concerne les biblioth«*(|ues dis onlns relii!i<Hi\, que, dans la plu[>art , il y a di^s omissions, et, <'n effet, nous (»n si.2nalrron> un t\«07. j:rand nomhr '. Si fâcheuses l«)ul«»fois i\ur puissent être ces lacunes il est eneore vrai ipien réunissant les bibliolh(H]ues des dillîTenls onires , celle d<^ Jésuites par le P. AltvainlM^ celle «lis frères Mineurs p:ir Luc* Waddint: , celle «les ('.apucins par l>en\s de t;*nes, rrlle ili's B/'nédiclins de Sainl-Maur p;ir Doni Lis^^in . celle des frères PrtVrheurs , par Kehard. «»lr. ^ etc.. on aurait le manuel bibli<»^ra[»liiq(t(* le [»!u^ OMiq)lelqui existe. Nous y avons lri>uvi* les phis utilt»s indications.
Nous nt» d<»vo!js pas moins p<»ut-éln* à la Bibliai/iti/tie IVanruiAe de La Croix du Maine, annoté»* |Kir I*a Mi»nnoye . F.ileonnel vi Ki^^o-
INTRODUCTION. XXïX
ley de Juvigny. Il faut se fier à La Croix du Maine lorsqu'il parle des écrivains de son temps et de son pays , et il nous en fait connaître un grand nombre sur lesquels nous ne trouvons ailleurs aucun autre renseignement; ceux qu'il nous fournit sont d autant plus précieux, qu'il mentionne beaucoup de manuscrits dont la plupart sont perdus aujourd'hui. Une mort trop prompte ne lui a pas permis do mettre à exécution tous les plans qu'il avait conçus, et qui avaient presque tous pour objet l'histoire du Maine ; de ces ouvrages projetés , qu'il faut encore aujourd'hui compter au nombre des desideraUî , celui que nous regrettons davantage, c'est sa Bibliothèque Latine, Celle de Du Verdier est fort incomplète , et La Croix du Maine avait tant à cœur de bien parler des gens de sa province , qu'il eût indiqué une foule de manuscrits latins dont nous ne soupçonnons pas même l'existence. Exprimons encore un regret. Du Verdier, dans sa BibUothèque Françoise^ a peut-être prodigué les citations ; La Croix du Maine ne cite jamais , et il nous faudra bien souvent accepter sans pièces justificatives l'opinion flatteuse qu'il a exprimée sur le mérite littéraire de ses amis. C'est un avertissement que nous devions à nos lecteurs.
XXX nmiODUcnoN.
En 1666, C. Blondeau publia, sous le titre de : Pariraiiê des hommes illustrée de la province du Maine, un catalogue de soixante auteurs et trois notices particulières sur Âmbroise Loré, Glapion et Le Barbier de Francour. L ouvrage de Blondeau est resté inachevé. L auteur n avait pas fait d'études spéciales sur Thistoire littéraire du Maine , et ce qui le prouve, ce sont les lacunes que Ton peut signaler dans son catalogue.
Nous n'omettrons pas , dans la liste des bi* bliographes envers lesquels nous avons contracté des obligations plus ou moins onéreuses, la docte Dom Jean Liron , Bénédictin de la congrégation de Saint -Maur. Né à Chartres, en 1665 , Dom Liron passa au Mans les dernières années de sa vie , et y mourut le l** juillet 1748. On trouve un certain nombre d'illustres enfants du Maine panni les érudits dont il a parlé dans ses Singularités historiques et litté^ mires , et les notices spéciales qu'il leur a consacrées sont la plupart pleines d'intérêt. En outrt* , il a publié dans W^lmanach Manceam de 17:28 , un catalogue des iHrri vains nés dans le diocèse du .Mans. Ce catalogue a été repro* duit , avec quelques additions , dans XJlma^