INTRODUCTION. XXXI
naeh Manceau des années 1 767 , 1 768 et 1 769 ; les biographies fort sommaires , que Ton peut lire dans les Annuaires du déparfonent de la Sarihe de \ 806 et de 1 807 , contiennent quelques détails nouveaux sur les mêmes écrivains , mais Dom Liron avait épargné à son commentateur les plus laborieuses recherches. Ces divers catalogues sont incomplets; nous ne pouvions les adopter comme exacts et les suivre avec confiance.
Les recherches de Dom Liron ont été encore fort utiles à Tabbé Gilles Négrier de la Crochardière , curé de René , près Beaumont , mort en 1748. Cet abbé s'est occupé dans ses loisirs à rassembler les diverses notices concernant les écrivains , les peintres , les sculpteurs , les musiciens nés dans le Maine, qui se trouvaient dans les dictionnaires usuels , dans les grands ouvrages de bibliographie et dans quelques recueils spéciaux. Cette compilation n*a pas été publiée . elle existe manuscrite à la bibliothèque du Mans, en un volume in-4°, de 400 pages environ. L abbé de la Crochardière n Savait pas de critique et avait peu de savoir; il insérait au jour le jour dans son volume tous les articles qu'il rencontrait ici et là , sans s in-
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quiéter du reste; comme il affirmait toujours sur la foi dautrui , il a pu raconter les mêmes faits très- diversement , et exprimer sur les mêmes hommes les jugements les plus opposés , sans qu on puisse lui imputer une seule contradiction. Il a fait , disons-nous , beaucoup d'emprunts aux Singulariêés hisioriquei êi Ui^ téraireê de Dom Liron ; on retrouve aussi dans son recueil un certain nombre de notices extraites du supplément au DieHamnmre historique de Moréri, par Tabbé Goujet. Pour restituer à chacun ce qui lui appartient dans ce manuscrit, ajoutons que labbé de la Crochardière a eu entre les mains la seconde partie de XHiêlaife de Sablé ^ par Ménage.
En 1777, labbé Le Paige, de la Suze, chanoine de 1 église du Mans, publia son Dictionnaire iopo^ graphique^ historique^ généaiogique et hibliogfXhphique de la province et du diocèse du Maine. Ce livre est aujourd'hui plein d'inlérôl; cependant Le Poige a l)eaucoup négligé certaines j)arlies de son dictionnaire : il a omis notamment beaucoup d'écrivains, et, en ce qui concerne ceux dont il parie, le catalogue (]u*il donne de leurs ouvrages est presque toujours inexact.
L'insulTisance de ces divers écrits bibliographie
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ques détermina un docte chanoine régulier du diocèse de Châlons à entreprendre sur le même sujet des études plus sérieuses . Toutes les provinces, ou du moins la plupart d'entre elles , possédaient leur histoire littéraire ; Ansart voulut écrire celle du Maine, et, dans ce dessein, il consulta ^ nous assure-t-il , « un nombre infini de manuscrits et d'imprimés; » mais de sa Bibliothèque littéraire du Maine , qui ne devait pas remplir moins de huit volumes in -8**, un seul a été publié, en \ 784 , et Ton ignore ce que sont devenues les notes qu'il avait recueillies. Il y a lieu de regretter la perte des manuscrits d'Ansart, car, si Ion peut signaler dans le volume que nous avons entre les mains quelques erreurs graves , si Ton ne peut louer ni la méthode , ni le style de l'écrivain , on doit reconnaître qu'il avait fait de très-consciendeuses recherches, et qu'on ne trouve guère à reprendre dans la partie biographique de ses notices.
Nous avons encore trouvé plus d'un utile renseignement dans le catalogue méthodique de la bibliothèque des religieux de Saint-Vincent. Cet immense ouvrage, qui est resté manuscrit, et que possède aujourd'hui la bibliothèque publique de la ville du Mans, est resté inconnu à la plupart des
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bibliographes ; il a pour titre : OmeordanHa Bibliothecœ j^bbatiœ reqularis S. f^incentUafmd Cenomanoê , et Spéculum sive Sysiema Seieniùh* rttm. Nous dirons d abord quelques mots du vénérabîe bénédictin auteur de ce catalogue, Dom de Gennes. H était de Vitré, en Bretagne, et avait, diton, trois frères; l'un, prêtre de l'Oratoire, janséniste avoué, qui, professeur de théologie à Saumur, fut censuré par levêque d'Angers , et se* signala dans son parti par les plus ardentes apologies des convulsionnaires. Ses deux autres frères s'étaient fait admettre chez les Jésuites, et Tun d'eux oonibattit le jansénisme avec beaucoup de zèle. Quant à notre bénédictin , il ne tomba dans aucun excès, et n'attira sur sa tète aucune réprimande , mais il nous a laissé plus d un témoignage de ses sympa» thies pour la cause de l'évêtiue dTpres. Pendant environ quarante années , il remplit les fonctions de bibliothécaire chez les religieux de âaint-Vin» cent : telle était son affection pour les livres confiés à sa tutelle, qu'on ne pouvait l'en séparer. Quoique la bibliothèque de Saint- Vincent ne posscdAt pas moins de 25,000 volumes , il les a tous parcourus sommairement, il en a annoté un frrand nombre , il a fait des tables spéciales pour tous ces volumes de miscellanées, qui sont, dans la plupart des bibliothèques, un gouffre sans
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4mà dont les ténèbres épouvantent et désespèrent lei plus courageux explorateurs. Mais son œuvre principale, oest Timnoense catalogue de Saint- Vincent , en neuf volumes in-folio , écrits de sa main de ia première à la dernière page. Il ne faut pas chercher dans ce catalogue quelque notable infraction à la méthode traditionnelle ; l'auteur n a proposé aucune nouvelle classification scientifique ; et quand il a modifié en quelque chose larrange* ment adopté par les bibliographes accrédités , il ne Ta pas toujours fait avec bonheur. Mais ce qu'il y a de vraiment prodigieux dans cette œuvre de quarante années, c'est le détail. Dom de Gennes a multiplié les subdivisions dans toutes les parties de acm catalogue ; il a consacré un chapitre spécial , non-seulement à toutes les sciences , mais en quelque sorte à toutes les questions scientifiques , et il a inscrit sous tels ou tels titres , outre les grands traités, les monographies dispersées dans la vaste bibliothèque des polygraphes, et les dissertations critiques qui ont eu ces monographies pour objet; il a analysé les vastes collections, les journaux littéraires, les dictionnaires les mieux famés; il a disséqué, si l'on peut ainsi parler, tous les ouvrages de quelque valeur qui appartenaient au fonds de Saint-Vincent, pour mentionner les divers chapitres de ces ouvrages, suivant la matière, suivant
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la question qui 8*y trouve traitée. Youlei-vouB savoir ce qu*ont pensé les auteurs sur tel point de la théologie morale , ce qu'ont décrété les conciles sur tel article de discipline ou de liturgie? Dom de Gennes vous renvoie au chapitre, à la page qui vous intéresse, soit dans la Biblioiheca maxima Patrumj soit dans le vaste recueil des conciles. Pour toutes les thèses doctrinales qu'il vous platt de traiter, son catalogue vous fournit des ressources imprévues. Ce n'est pas, il est vrai, dans ce dessein que nous l'avons souvent consulté«mais il s^ trouve encore des renseignements fort utiles , et que l'on chercherait vainement ailleurs, sur la bibliographie du Maine. Dom de Gennes a vécu dans un temps où l'Église était fort agitée parles contestations qui s'élevaient tantôt entre les divers ordres religieux, tantôt entre ceux-ci et le clergé séculier, et où les parties belligérantes s'adressaient réciproquement de nombreux cartels sous la forme de pamphlets anonymes. Notre savant bénédictin, qui ne pouvait rester étranger à tous ces débats , a pris soin de nous faire connaître les auteurs de la plupart de ces factums, et l'on pourrait, à l'aide de son catalogue, remplir une des grandes lacunes qui existent dans le Dkiionnaire de Barbier. Dom de Gennes a fait encore de curieuses recherches sur le pays natal des auteurs, sur le temps où ils ont vécu, sur
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tour oraditioD civile, et, dans la table alphabétique de son catalogue, il a mis en note ce que lui avaient appris quarante années d'études. Nous avons plus d'une fois consulté ces notes ; elles nous ont fourni des indications précieuses. Nous ne pouvons terminer cette brève notice sur Dom de Gennes , sans rapporter un fait qui est resté dans la mémoire de quelques personnes de cette ville. Quand les moines de Tabbaye de Saint-Vincent apprirent que l'Assemblée nationale venait de supprimer les bibliothèques conventuelles, et d'attribuer aux municipalités la possession de tous les objets provenant de ces dépôts , ils formèrent le projet de se partager les livres de l'abbaye et de fuir avec oe butin. Dom de Gennes , informé de leur complot, leur résista avec la plus courageuse, avec la plus louable énergie , et s'empressa d'aller remettre à la municipalité les clefs de sa bibliothèque voulant du moins sauver du pillage ces richesses dont il ne devait plus jouir. On raconte qu'ayant ensuite pris une part plus ou moins active à la guerre civile , Dom de Gennes fut une des tristes victimes de Carrier, et périt dans les eaux de la Loire.
Nous indiquerons encore, parmi les sources auxquelles nous avons plus ou moins puisé, quel-
quel notioee publiées par Tabbé Ledra dans la Biogrmphiê umvefêMe de Michaud et dans las jÉnnwnr&ê du défarêêmenê Je la SmHhé^ de lanoéo 1818 à Tannée 1883. Le mérite de œa notices est oontestable; nous leur devons peu.
La Biographie de MM. N. Desportes et Pescbe nous eût été plus utile sans doute , si ce grand travail n était pas encore en quelque sorte inédit.
Nous ne pouvons omettre , parmi les ouvrages que nous avons consultés, YEsqtsiêêe miftkiêimfiê êeie$Ui/lquê , liiiéraife et artisiifue iu Mminê , lue par M. V. lioudbert au (Congrès Scientifique de France , assemblé dans la villo du Mans au mois de septembre 1 839. Ce travail consciencieux et bien ordonné ne peut servir do manuel bihiio* graphique , mais il se recommande par une tti^ tique sage, tolérante, éclairée.
Nous ferons connaître un asses grand nombre d'ouvrages manuscrits, dont quelques-uns ont des titres à l'estimo des philologues , dont quelques autres ne [wuvent ^Irc indifférents aux investigateurs studieux de nos annales historiques. Ces manuscrits appartiennent ik)it aux hibliothiV]ues publi(|ues , soit (i des collections privées que nous