R1BUCH0D0N080R
Je le tiens, je le tiens, je tiens la beste prise; Je jouis maintenant du plaisir de ma prise; J^ay chassé de tel heur que ren n*est eschappé; Tay lesse et marquacins ensemble enveloppé.
Le cerné Ait bien fait, les toiles bien tendoes, Et bien avoyent esté les banges recogneues :
Les veneurs ont bien fait, je le voy; c*est raison Que chacun ait sa part de ccste venaison.
Quant au surplus je veux quUl ne soit fait curée.
G*esl Tabus des métaphores vulgaires et du style trivial. Cet abus est très fréqueDl chez Garnier. Sédécias parait devant Nabucbodooosor. Celui-ci jette sur son ennemi vaincu un regard plein de colère. Voici de quels (crmes Garnier fait usage pour nous décrire cet effet de scène : .
D*un regard meurtrier le guignant, se renflrongne, Descouvrant sa rancoar par son austère tvongne
Quand ils connoencent leur colloque, ce ne sont que de mutuelles invectives. Nabuchodonosor apostrophe Sédécias en ces termes :
Ta semblés mi mAtin qui abaye et qui grongne.
Sédécias lui réplique sur le même ton :
Cest toy-mesme, mâtin, qui te paits de charongne !
Quelques vers d'HippoIyte viendront bien à la suite de ceux-là. La nourrice de Phèdre lut dit :
Réprimei, je vous prie, cette ardeur malheorease, Réprimes cette amour qui ard incestueuse Aatoi\r dé voi roignons...
18 BOSDT GAKinn.
El Phèdre lui répond :
Las ! nourrice, il est vray; mais je ne puis que fiûre; ^e me travaille asses pour me cuider distraire De ce gluant amour, mais toujours l'obstiné Se colle plus étroit à mon cœur butiné :
Je ne sçaurais sortir libre de son cordage...
Ailleurs, c'est Hippolyie qui s'écrie :
beau soleil luisant, belle et claire planette. Qui pousses tes rayons dedans la nuict brunette, Dieu, grand perruquier, qui, lumineux, esteins
Ble deschamant les yeux, lliorreur des songes Tains!...
C*eD esl assez. Il n'y a pas de systèmes qui Uenneol devant de tels exemples, et, malgré tout ce qu'on a dit de nos jours pour réhabiliter le parti -pris de l'exlravaganoe dans les poèmes tragiques, nous portons au plus téméraire de nos docteurs le défi d*approuver les vers que nous venons de citer. Hâtons nous, toutefois, d'ajouter que. s'il faut condamner absolument toutes ces locutions triviales, nous ne pouvons sans injustice les trouver aussi répréhensibles dans les tragédies de Garnier que dans un ouvrage contemporain. De son temps, la langue n'était pas formée; le goût public n'avait pas encore décidé que certains mots du langage usuel n'étaient pas susceptibles d'être anoblis, et devaient être a jamais ne* jetés hors du vocabulaire tragique. Que rontcaJ uiac en latin tout son diaooars sur la priée de la beste et de ses marqxêacms, et l'on aura quelques Ters de Sénèque, ni plus ni rooins intolérables que beaucoup d'autrea. Voustère îfvngne esl le durum iufêrcUium d*Ovide; otUotir (fe vos nrignons est le circum pr<Kordia de Virgile :
BOBIET GAlNiBA; 19
ghumt amour n'a peut être pas d'analogie en latin, mais avant qQ*on eàt préféré les liens aui cordages de Tamoar, ce dernier terme traduisait exactement celui de vincula^ si souvent pris au figuré par les Latins; enfin la nuict brunelte répond au nigrœ ienebnM de Siace, et le Dieu grand perruquier^ le Dieu qui a une grande perruque, G est-à-dire, pour a*en tenir au sens primitif de ce mot, une grande chevelure, est tout simplement le sol crinitus, comatus, qui, vers le soir, suivant le dire de Stace, va laver cette perruque rulilaote à la fontaine de l'Océan, rutUamque laoaboi Oceoni sub fimie comam. On rencontre une multîtade de ces latinismes dans Ronsard et dans tous les poètes du temps de Garnier, et si nous en avons beaucoup rqeté, nous en avons conservé quelques-uns. Encore une fois, ce ne sont pas là des offenses faites avec préméditation à la langue et à Toreille; ce n*est rien de plus qu'un emploi malencontreux de termes vulgaires. Gamier n'outrageait pas la règle; il ne la connaissait pas.
Nous avons parlé de la mise en scène de Gamier, des caractères et de la pose de ses personnages. Nous devons maintenant signaler dans ses tragédies une autre nouveauté, les narrations épiques. Voici comment il raconte le siège de Jérusalem par Nabucbodonosor î
AlUTAt.
Daiià le grand flambeta qui court perpétuel Avoit lait dessus nous un voyage annuel»
Et luisant, retraçoit une course seconde, Ayant par deux saisons retournoyé le mondOi Depuis que votre armée» effroyable en soldars^
Noctn tille uriégeoit cUwe de toolas ptrt.
Vm btlistei aToient m imirtilte persée;
Jémsaleai estoU à demy rentertée;
La plus grand* part do peapla aides cheft csloyant morte.
Houe ationt iooetenu mille maglaiie cllbrtsi
Réeoliisàlamort, plu que lionnet fièree
Défendant leort petits qa*on force en leors taimlftrss«
La feim pins qne fer pâlies nons combattoit
Et la férocité de nos cœurs abattoit...
Noos resseaMions* errans par les places dolentes.
Non des H-"»^ Tivans, mais des larres errantes. .
Or, le sac de Sion et sa captivité,
Prédits* estoyent venus à leur temps limité ;
ià le mal nous lencboit; telle estoii Tordonnance
Du grand Dieu qui vouloit diastier notre olfenee;
£t conme, lorsqu'il veut nous punir mdement
Il feit que nons perdons toot hnmain Jugement,
Nous en fàsmes ainsi; car n'ayans corps de garde,
aenhnelle, mj ronde, et sans nous donner garde,
Gùomie si retires ftissent nos ennemis,
En nos couches sans peur reposions endormis,
Quand, o cmel meschef I lorsque la nuit ombreuse
Vers le Jour lommcillant cbeminoit parcMouse,...
Le camp de Babylon, sans crainte dm hatars.
Avec grands hnrlemens écbile les rempart.
Donne dedans la brèdie, et, ne trouvant défence.
Rangé par escadrons dans la ville »*élancc,
Gaigne les carrefours, »*cmpare des Ueut forts
Et snr le temple saint fait tes premiers efforts.
Tout est mis aux couteaux, on n*espargne personne,
A sexe ou qualité le soldat ne pardonne :
Lm Cemmoi, fes enfJMts et les bommei Ages
Tombent sans nul eigard perte meile engorges:
Le sang, le leu, le fer, coule, flambe, résonne;
On entend maint tambour, mainte trompette sonne;
Tout est jonché de morts; Pennemi sans pitié
Meurtrit ce qu'il rencontre et le foule du pié.
L*aulear raoonte easuite la Tuite da roi 6i de sa fa^ mille.
Un chemin le présente aux montages tendant Four gaigner TArabie ei laisser fOccident :
n est rode, pierrenx, raboteux et saurage; Les Mes des denx costes laal-aisent le passage : Ores il fiuit grimper amont un rocher droit, Ores il faut détaler par un chemin estroit :
Vous Toyes à tos pieds l*horrenr d^un précipice
Un torrent bruit à bas, qui court en bouillonnant, Enlrainant maints ormeaux quHl ta déracinant. Là le roy, ses enfans, et nous autres pauTrettes Cheminons en frayeur par des voyes secrettes. La nuit estoit obscure, et nos humides yeux Ne Toyoyent pour conduite aucune lampe aux cieux. Toutefois en bronchant» en tombant à toute heure, Noos franchisaons enfin ceste rude demeure.
Descendons en la plaine et basions notre pas, , Ghasque mère portant son enfant en ses bras.
Voua eussiei eu pitié de nous Toir dcmy-nnes Gourant et haletant par sentes incogneues.
Le firent eschevelé regardant à tous coups Si l'ennemi san^^t acconroit après nous...
Dans la première partie de ce récit, le vers est eourt, beartéy vif, plein de vigueur; il s'agit de décrire les horreurs d'un siège : dans la seconde, il s'agit d'une retraite; le rythme des mots s'abaisse, la phrase s'allonge el devient languissante. Ce sont là des nuances que personne n*avait soupçonnées avant Garnier.
Les fragments que nous venons d'emprunter aux œuvres poétiques de Garnier peuvent donner l'exacte me* sure de ses qualités et de ses défauts. On ne vit d'abord que les qualités, et elles furent très estimées. Garnier fat proclamé par ses contemporains le dictateur de la
acém fraofaiM, 0I set tragédies, prATérées a looles les antres, allèrent dans toutes les mains. Les criliques de profession, comme Du Verdier, n'bésilèrent pas à déclarer qu'il avait surpassé tous ses rivaux, même les tragiques Grecs. Plus tard, les défauts furent seuls appréciés, et Ton en vint à dire que les tragédies de Garnier, écrites dans an patois t)art)are, ne aappoftaient pas la lecture. Il y avait eu de Teicès dans l^admimtion; il y eut dans le dédain de Tinjustioe. Nous devons sans doute reconnaître que Taudace de Garnier est souvent téméraire , qu*il manque d*expérienoe , et , par conséquent, degoûl et de méibode, qu'il blesse plus d'une fois nos oreilles délicates par des propos grossiers, et, pour tout dire en an mot, qu'il n'a pas même soupçonné ce qae nous appelons les convenances, les lois de la scène : mais, d'autre part, il faut looer l'énergique Giçon de ses vers, il faut remarquer la baole lenoe de ses personnages, et tenir grand compte de sa poissante et féconde initiative. Qu'est-ce, en effet, que ce poète inculte ? C'est l'aïeul du grand Corneille I
LEVAYER (Jacques).
René Levayer, conseiller d'Btat, lieutenant général du Mans et maire de cette ville» pots intendant de justice en Artois, sons le ministère du cardinal de Eiche* lieu, eut, de son mariage avec Renée Vasse, 6lle do lieotenant criminel du Mans, cinq fils et deux filles. Les deox filles furent religieoses à la Visitation do Mans : les cinq fils occupéreol les oos et les autres des emplois
ooosidérabies dans la Justice oa dans l'Eglise. François Levayer, néen 1624, fui lieutenant- général du Mans 6l moanit, Ires jeune encore, en 4 649 : on a de lui quelques lettres adressées an chancelier Seguier, à l'occasion d'assez graves désordres survenus au Mans en 4645 (4). On place après lui Jaoqdss LEVAYER, auquel nous allons consacrer une notice particulière; Michel Levayer, dooleur en Sorbonne, archidiacre du Mans, doyen de régKse de Saint-Pierre de la Couture, aumteier d'Anne d'Autriche, en dernier lieu grand^vicaire de l'évèque du Mans et doyen de cette église (4677), qui mourut au Mans, le %% décembre 4 694 ; Roland Levayer, sieur de Boutigny^ la plus grande gloire de sa maison, et René Levayer, sieur du Roislabbé, docteur en Sorbonne, archidiacre du Mans, qui vivait encore en 4706.
Jacques Levayer, sieur de la Curie, fut lieutenantgénéral du Mans en 4650, à la mort de son frère François, et mourut en 4706, âgé de 84 ans. II avait présidé pendant cinquante -cinq ans à l'administration de la jus tioe dans le ressort de la sénéchaussée du Maqs, et comme il avait toqjours été réputé le plus intègre des magistrats, le plus zélé pour le bien public, le jour de sa mort fut pour la ville un jour de deuil; les boutiques furent fermées, et la population tout entière se fit un devoir d'assister à ses funérailles. C'était un homme aus« tère, et même dur pour lui-même; suivant la tradition, jamais il ne bul de vin et ne s'approcha jamais du feo (%).
(i) BiM. Nalkm. MS8. Fonds de Saint-Germaiii Fr. n> 709, tom. nr, t, iviii.
(S) Bibl. Nation. MSS. Cabinet des Titres. — Dictionnaire de Morari. — Averiisêement de Véditenr en tète du Traité de tautorite des rois touchant l'administration de VEglise, par R. Letajer 4^ Soirtisn; édition de i7»S.
S4 • ÈÙUJkVÙ tBVAfSt DS MIJTlAinr.
Oq a de lui : Stik du Palais Royal du Mam, exammi ei arrêlé en la chambre du conseil présidial; le Macs» 4|7i. in-i*. de soixante pages. Jacqaes Levayer avait eu pour femme Marie Sevin, fille du lieatenant-^iiérai de Beaumml, el« de ce mariage, élaient nés François- Alexandre Levayer, sieur de Vandœuvres, qui fut conseiller à la cour des aides, el meorut sous-doyen en 4734; Jacques^AugusIe Levayer, sieur de la Sausaaye, docleur en Sorbonne, doyen de TBglise du Mans; Charles-René Levayer, directeur du séminaire de Saint* Suipioe, k Paris, en 47(^9; Augustin Levayer, grandvicaire de Chartres, mort le 4*' aoAl 4 696, et quatre fillea qui embrassèrent Téfat religieux chez les Visitandines du couvent de Sainte- Marie au Mans.
LEVAYER DE BOUTIGNY (Rolland).
Rolland LE VATEB, sieur de Bouligny, naquilau Mans au mois de novembre de Tannée 46S7. La coutume du Maine voulait que, dans les familles nobles, la totalité du patrimoine fût transmise aux atnés : laissant donc son frère Jacques jouir de tous les avantages de la primogénilure, Rolland travailla de bonne heure è faire lui-même sa propre fortune. Comme il se sentait de Taptitude pour les alfaires, il vint k Paris, sur la grande scène, et se fit recevoir avocat au Parlement. Les premières épreuves lui furent favorables, et bientèt il vit son cabinet assidOment fréquenté.
La profession d*avocat n'avait peut-être pas toi^ours été Tobjet de ses prédilections les plus vives : on devienl
MLLAHD lAYATn DB BOOtlGinr. S8
oratear, ^tll Tétail devena; mais on natl poàfe, et, dés sa première jeunesse, dès son enfano», il av%tl dit des Ters. A peine âgé de seize ^s, il donnait i représente^* sur la soène une tragédie de sa feçon ; le Grand Se/tm^ % im /e counmiieiiiennrogtfua; Paris, de Sercy, 1 6i5, in*i*. Le sujet de cette pièce est la conspiralion ourdie par Selim, fils de Bajazet, contre son père; Selim conduite bonne fin cette grande entreprise, et, pdur couronner Fœavre, fait massacrer sas deux frères, Àchmei et Corehut. C'est une tragédie mal conduite, qui ne se recom-' mande par aucune invenllon, et qui est tout-è-Câit dépourvue de ce qu'on appelle la mise en scène des sentiments, le développement des caraclères; mais la versification en est vigoureuse et fiére (4). Deux ans après» il faisait jouer Manlius, autre tragédie, qui futimprimée, noos dît^n (S), en 4 615, mate quenons n'avons pu nous procurer (3). Il quittait ensuite la scène elinisaiides ro- Bans: MUkridate; 4 voK in-S, Paris, 4649 eC4664, ouvrage inachevé; Tarsis et Zélie, Paris, 4659, 6 vol. in-8; autres éditions : Paris, 4660, 4665, 4666, 4669, 8 vol. in-8 ; La Haye (Paris), 4720» édition revue par labbé Souchay, 6 vol. in*8; Paris, 4774, revue par Golson, 6 vol.
so Jour une œavre iniparftdte à ce point; jo soufiiraT librement ta oennire«(, sans me pureer de Tun ou de Tautrc, je dirai seulement que j*y suis obligé par des considérations qui sont assez puksantes pour me liure mépriser quelque jugement que tu en fasses.» C*est ê tort que Beauchamp (Recherches sur les Pâtres) attribue cette pièee à Tristan THermite.
{%) L*abbé6oujet,I>ic^dclforeri.
(S) ITomettoDs pas de compter parmi lef œuvres poétiques de MumI Levayer une épigramme qui se trouye dans Vmêi, des év, 4u Mans de Le Gorvaisier de Gourteilles, son cousin.
M MNLUunft ufÀm n womumf.
in^ (4). Cet oomposilioiMi littéraires poavaiaol èlM h* voraUemiDt aocuiillies par le public oomme les débuts d'un écrivain distingué; c'étaient les passe-temps d'un esprit sévère, occupé déjà des plus sérieuses questions, et, comme on va le voir, capable de les résoudre.
Vers Tannée 4 660, il était alors Agé d'environ trentetrois ans, Rolland Levayer prit la rédolutiou de consacrer tousses loisirs à l'étude, aux travaux qui ont rendu
(t) Le reoMn de TarsU et Zélw a pour M^el les olwUdet mom rcncoDtrt le mariai^e de Roland LevaYer. Sur un eienplaire de ce roman, II. DefpoHes en a trouvé la clef. La yoici :
Uueippe^ M. SeTin, lieiiteiiaBt-géDéral de Beaiuiont, beau-pèie de Fauteur.
MtiicerU, If»* Serin.
Alcidias, If. René Lefayer, intendant d'Arras (père de rauleor).
Teiamm^ If. Jacquet LoTayer, lieutenant-général du Mans, Mre de rauteor.
PhiliHe, Ifarie Sevin, ta femme (femme de Jacquet l^eraTer). aUe de l>iiei>yw et de ile/ibrrfo. ^ j />
fortû, M. LevaYor de BoutÎKny, frère de Têlamon (l'auteur).
Zéiiê, (M arguante) Sef in, ta feanie, tanr de Phiitêie.
Cotis^ II. de Ghampart.
Àgamét^ If. Amroui.
CMmtmie, M. de Buttr, frère ^Aréiiêe.
Ergaste, Tabbc de La Blothe Levayer.
Aréopagiie (/'), If. LeboulU, conteiller auY reqaêlet.
Téiafie, My ierayer, U douairière, EiisabeUi Leboiadre.
Aréitse^ W^ de Busty.
Béliasie, M-* Lebouitt.
M » oonieiller de grand* chambre, huguenot, ami de if. Courut.
Thimothée^ Tabbé Lefayer, doyen de TEglise du Haut.
PhUemoH, M. Levayer de la Chevalerie, conseiller à U cour des aides.
Céiime^ !!■• Levayer de la Chevalerie.
Ctaiiùt, H. de Voiture.
Enuîttraie, U. de la Chambre.
hmenias, Tabbé Levayer, grand archidiacre de l*Eglite da MaM, frère de Tfiamon^ de Tanis et de Thimoîkét,
Cailiclèt, If. Sevin^de^la Saussaye, frère de Zéfie et de Philitle.
wOf^#, Renée Founuer.
Cénome, Le Mans.
CaUiourt, Beaumont-le-Vicomle.
Alhhtet, Péris.
Hippique, La Chevalerie.
(N. Detportet, BiUiôg. eu Mêime.)
MtUM UfATBk M MmaUTr ff
son nom jastemeni iHnslre. Goomie il avait ao barfeaQ la renommée dun Créa babile aTooat, on grand eliaol Tint nn jour le trouver poor le oharger d'une dea plua importantea alTaîres qui ait jamais élé soumises à une cour de justice. Cet homme, qui se trouvait transformé tout d'un coup en criminel et chaîné des malédietlona populaires, après avoir exercé les plus hauts emploia et traîné derrière lui une aussi longue suite de poètes et ^ eourtisans que le roi luinnème, c'étaR le surintendant Ptoquet. Rolland de Bouligny laisBa tout h poids ei tout l'honneur de celte défense è PeKsson} mais comme les incidenis de raflaire appelaient Texamen de plusieurs questions de jurisprudence, il se réserva de traiter a pat| deux de ces questions. La première fut l'objet do mémoire suivant : !k la peine du PécuUU nehn lei lois ei kê mages de France, avec des apasUttes pour servir faïuiih rites; Paris, 1665, hi-i'. Onjoint à cet ouvrage: Ohset'^ vaiions sur un mamiserit nUilulé : Traité dy Péculai; 4666, in-42. Dans le même temps et dans le même inté^ rêt, il publia : Traité de la preuve par eomparùietmdéeri' twres; Paris, 4666, in-l*. Nous ooonaissons une autre édition de ce traité, publiée à Paris. 4704, in-lt. Bnfin, Danty Ta mis è la suite de ses additions au fruité de la preuve par témoins, de Boiceau de la Borderie, dansl'édilion nouvelle qu'il en a donnée en 4746, in-l*.
Rolland Levayer était compté désormais au nombre des principaux jurisconsultes du parlement de Paris. C'est è ce titre que nous allons l'entendre déclarer son sentiment sur les questions qui, de son temps, passaient pour les plus délicates, les plus intéressantes, et qui causaient le plus d'embarras aux conseillers de la couronne. Le premier livre qu'il publia sur ces matièrea a
tt ftOUJOID UTATBft M BOQTiainr,
pour litre : Béfkoaon sur Fédil touchant la réfbrmalim dêi numaiièrts; 1667, îq-IS, sans autre iodicalioQ. Voici le résumé de ce petit livre. D'une part, il y a pénurie d'bommes en France, après les guerres sanglanles dans lesquelles on s*est trouvé récemment engagé; d'autre pari, il y a , dans les monastères, de graves abus auxquels il eonvieni d'apporter au plus lAi un remède énergique. Par ces considérations; l'auteur propose : I* de reculer l'Age 1^1 des vosaXt et de défendre qu'aucun engagement la vie religieuse soit contracté, par les adultes du sexe masculin, avant l'Age de K ans; par les filles, avant l'Age de 20 ans : 3* de limiter le nombre des personnes de l'un et de l'autre sexe qui pourront èlre reçues dans les monastères et les couvents du royaume : 3* de supprimer les dotations si recherchées par les supérieurs des congrégaGons : I* de ne permettre l'entrée des monastères aux jeunes gens qui se destinent k la vie religieuse, que dans l'année qui précède leur noviciat : 5* de déterminer quelles maisons seront admises à recevoir des pen^ sionnaires jusqu'à l'Age de 4 4 ans : C* de fermer, avec le consentement du pape, tous les monastères qui ne peuvent subvenir à l'entretien de douze religieux pour le moins, et ceux qui sont situés dans des lieux malsains: 7« de n'autoriser la fondation d'aucun établissement nouveau. Pour apprécier de telles propositions, il faut se placer au point de vue des jurisconsultes du xvn* siècle. Ils tenaient tous pour cette maxime d'Optat de Milève, que l'Eglise est dans TBlal, et ils attriiiuaient en conséquence, au chef de TRlat, Tévéque du dehors, le droit de régler dans une certaine mesure la condition des personnes eccléMasiiques; en d*autres termes, ils dédsraieot d'une seule voix que le clergé devait avoir
HOLtAND LBVAim l(l koutlGlft. 29
une conalUalioo civile. Ce principe admis, les conseils donnés par Roland Levayer ne paraîtront pas assurément dépourvus de sagesse. Ajoutons que son livre est d'un style calme et ferme, et qu'on n'y rencontre aucune de ces piurases véhémentes qui compromettent les meilleures causes. Il eut quelque succès. Vers le milieu du siècle suivant, onr ne trouvait pas encore qu'il eût beaucoup vieilli, puisque J. François Bernard en donnait une seconde édition dans ses Dissertaiions méliessur déoert sujets importants et curieux; 4740.
Le roi eterce la puissance souveraine dànS l'Eglise en ^ ce qui re^rde l'observation et le maintien de la discipline; c'est là ce que disaient les jurisconsultes, mais non pas avec Tassenitiinent de tous les théologiens. Ceux-ci ne manquèrent pas de protester contre le plan de réforme présenté par Rolland Levayer; et, sans même discoter les détails de son livre, ils le condamnèrent comme n'étant que la paraphrase d'une doctrine fausse, attentatoire aux (Bvins privilèges de l'Eglise. Il leur répondit paf récrit suivant ': De l'autorité du Roy touchant Taagenécessaire à la profession solemnelle des religieux; Paris, J. GoUin, 1669, in-42. Cet écrit, rédigé dans la forme des mémoires judiciaires, est un excellent travail sur la question controversée. Après avoir sommai rànent justifié les termes de sa proposition en ce qui concerne la discipline, l'auteur va beaucoup plus loin. Avant de s'engagei^par des vœux, le citoyen est membre de la république civile et sujet du roi : aussitôt qn'il a contracté son engagement, le roi l'affranchit du service militaire, et de la plupart des autres obligations que les nécessités de l'Etat imposent aux laïcs. Il appartient donc au roi de décider souveraiaem^it à quel
89 BOIXàHD I.BTAYU M iMNITiGlir.
doii avoir, dans rsui, moins de privilèges el plus de Uberté.llais,Doiisravon8dit,lesjuriscoosuUesdo XVII* siècle voyaient les choses d'un autre point de vue. Quant aux théologiens, ils voulaient k la fois pour TEglise et les privilèges les plus étendus el les libertés les plus lar* ges. Aussi firent-ils entendre contre le dernier opascule de Levayer, des murmures encore plus vifs que contre le précédent. G*est un docteur manceau qui se chargea d'énoncer leurs griefs, et il le fit, suivant l*habitude des gens de sa robe, dans le style le plus vie* lent, le plus passionné. Nous avons parlé de ce docteur el de son libelle (4). On nous dit que l^evayer méprisa l'un et fautré {%). Nous le croyons volontiers.
Il était alors dans les convenances de publier sous le voik de l'anonyme tout ce qu'on jugeait utile de dire sur les affaires de TBtat : ainsi l'on adressait au prince, du sein delà foule» un simple avis, et l'on ne paraissait pas avoir le desseio téméraire de mettre son nom en parallèle avec celui des conseillers officiels de la cou* ronne. Cependant on ne laissait d'ordinaire ignorer à personne ce nom que l'on t'écrivait pas. Les mémoires judiciaires de Levayer avaient obtenu de grands succès; sas dissertations sur le droit public furent accuillies avec Qoe faveur plus grande encore.
Cdbert, qui Csisait grand cas de lui, le pressait depois long-temps de se faire recevoir maître des requêtes : mais il était peu curieux de le devenir, quand Il eut quelque différend avec ravocal-géneral Denis TlloD, qu'il ne comptait pas, comme il paraît, parmi
(1) Hiêt. liti. du Maine, ton. lu, p^. 407.
(t) Àvtriiswtmt d^à cité.
kotUND iBYAYn ta tiDUTiGlrY. sa
ses meilleurs amis [h). Il prit alors avec regret la résolution de quitter le barreau et fut reçu maître des requêtes, par lettres, le 24 janvier 4 674 ; le 26 de ce mois, il prit possession de son siège. Quelques jours après, il rencontra Thistoriographe Mezeray, avec lequel il avait les rapports les plus familiers, et Taborda comme un homme qui s'attend à recevoir un compliment : mais celui-ci, qui faisait profession d*élre le plus sincère des amis, le salua froidementet lui dit, en détournant la tète: — « Ahl que vous êtes déchu! » Rolland Levayer raconta souvent cette anecdote, en déclarant qu'à son avis Mezeray n avait pas si mal jugé : il regretta toujours sa robe d'avocat.
Cependant ses nouvelles fonctions ne rempêchèrent pas de continuer les travaux qu'il avait entrepris sur le droit public. L*abbé Goujet (2) croit devoir mettre au catalogue de ses œuvres : Nouvelle ordonnance pour la marine^ (wec le Dicliomiaire; Paris. 4 677, in- 4*. Nous ne connaissons pas cet ouvrage, qui ne peut être qu'un commentaire. L'écrit le plus considérable de Rolland Levayer est c^lui auquel, d'après les manuscrits, il avait donné le titre suivant : De Vauiorité de nos rois dans r administration de V Eglise gallicane» Tout le monde sait avec quelle vivacité cette question était disputée dans FEglise, dans le parlement, à la cour, à la ville, dans toutes les assemblées, aux approches de Tannée 4682. Rolland Levayer l'avait constamment étudiée, et il n'é* lait pas homme à dissimuler, en de telles conjonctures, ce qui lui semblait bien ou mal fondé dans les pré- Ci) USS. de la Bibl. Nat. Cabinet des Titres, (t) Dict, hist de Moreri.
34 mOIXiND LSVAVBm DB BOUTliiNV.
teoUoDS adverses des deux pouvoirs. Il prit donc la plume et rédigea son discours sur la matière si ardemmeol cooiroverséc. C*esl ud pelit livre que nous no craignons pas d'appeler excellenl. Tout ce qu'on trouve ailleurs y est parfaitement résumé. La doclaration et les éditsde I68S ont résolu celte grosse question dans le même sens que notre auteur, et le succès qu eut son ouvrage nous autorise à dire qu*il exerça sur les esprits une influence considérable. Nous avons déjà fait nos réserves à cet égard : les articles de 4 682 ont été et devaient être interprétés dans un esprit de tyrannie, mais ils avaient été proposés par la plupart des jurisconsultes dans un esprit de liberté : on peut donc, sans prétendre remettre eo honneur les uns ou les autres de ces articles, rendre hommage aux bonnes intentions des docleurs qui cherchèrent dans les anciens canons des garanties d'indépendance pour l'Eglise gallicane; ensuite on reconnaîtra très volonticrsque, s'ils voulurent donner à TEglise un protecteur, ils ne firent que lui imposer un maître plus impérieux, plus absolu, plus dur que Tau- Ire. Au moment où Rolland Levavcr achevait son traité, la querelle des partis était fort animée, et bien qu'il y^ défendit résolument la cause du pouvoir civil , des raisons de politique ne permirent pas qu'il fût imprimé : on en multiplia les copies (I). C'est sur une de ces copies que fut faite l'édition de Cologne : Dissertât iotis sur f autorité légilime des rois en ffiati^re de Refjale: par M. L. V .
(1) 0»% copi»"* furrnl n«»in!»miM»<. \a Bil»li«»t!K»qiif Nationitt* fn
P><^>eile au itioin« (|iijtn' : doux |irosoii.int ti« .Niiiit-4icmMiii-<l« %re», fon«l* Uc lii'\n»^, n"* 59 cl HT; «K ii\ il.in«. h- Sii)i|>l-*iiii nt I r «ii- ÇAU, D*^ tl'A rt i6l9 : Ktir If u" iT.i, «m tit l** ii<>iii lir r.iiitcur n i r de U maio de G»ltHirt; %ur le n** if>19, une uuin ulu» reieuli* a tint : « Traite (ail par M. L4*%a}er de Uoutt^'u> pour M. de N'igroelai . •
MOLLAHD I.B¥ATER ]>■ BOUTIGHT. 35
M. D. R. (Levayer, muitrcdes requêtes); Cologne, P. Marteau, 1682, in-42 (t). On nous désigne une réimpression faite à La Haye, en 4 690, chez Arnoal Leers, comme seeond volume d*un ouvrage qui a pour litre : Histoire des matières ecclésiastiques. En 4700, deux autres éditions: Tune d*Aros(erdém et Tautre de Rouen, in-8* et in-43; mais, ce qui est fort singulier, dans ces deux éditions, lou vrage porte le nom de Denis Talon. Une erreur semblable, et moins excusable encore, fut commise par un libraire d*Amslerdam; en 4731, il publia l'ouvnige de Levayer, sous le titre de : Traité des bornes de la puissance ecclésiastique et civile, et en fit honneur à Delpeeh de Mérinviile, conseiller au parlement. C*est ce nom de Mérinviile que nou^ retrouvons sur une édition de Paris : Ùissertation sur le droit des souverains touchant V administration de V Eglise; Paris» 4750, in-42. L'édition la meilleure et la plus complète est la suivante : Traité de Vautorité des rois touchant r administration de VEglisey par M. Levayer de Boutigny; Londres (Paris], 4763, în-42. Rolland Levayer avait corrigé de sa main on exemplaire de Tédilion de Cologne, et c'est sur cet exemplaire, transmis par succession À son petit-neveu, qua été faite celle de 4763 : on y a joint plus d'un volume de pièces jusiificatives.
Rolland Levayer obtint Tintendance de Soissons au mois de février de Tannée 4682. Deux ans après, il lui fut permis de vendre sa charge de maître des requêtes, et il était sur le point d'être nommé conseiller d'état, lorsqu'il mourut à Paris, le S décembre 4686. Il fut inhumé dans réglise de Saint-BenoU.
(1) Quelaues bibliographes teuleat qu*U ait été aidé dans cet ourrage par 1 abbé Letourmy.
96 AUTICtJS ALSULBt.
ARTIGUS ALBULEf.
Nous lisons dans la Bibliothèque LUtércùre d*Ansart : c Aucun hislorien ne parle de cet auteur, qui nous a procuré une nouvelle édition latine des œuvres de saint Athanase. L eptlre, adressée à M. Guillaume de Marillac, chevalier* conseiller d*état, contrôleur général et surintendant des finances, est ainsi souscrite: J. ABTICUS ALBULBI, Cenomanus. Ce Hanceau nous apprend, dans sa préface, qu'après avoir lu et corrigé exactement les divers traités de ce saint père, il mit en marge ses re* marques et les citations de FÉcriture; qu'il ajouta à ce recueil tout ce qui compose le cinquième tome; et que Hicbel Sonnius, ayant eu avis de ces changements et additions, lui proposa d*impriroer cette nouvelle édition : à quoi il consentit d'autant plus volontiers, qu'il y Irouvoit l'occasion de servir les lettres, et d'offrir un hommage publiée M. de Marillac. L'éptire est du i" octobre 4671; mais l'ouvrage ne parut que l'année suivante. Outre les additions dont nous avons parlé, l'édition d'Artic est augmentée de la vie de saint Athanase par Rufin, Socrate, Sozomène et Théodore!, de celle de saint Antoine par saint Athanase, de la lettre de ce docteur a Ammon, traduite par Jean Couiner et de cinq dialogues sur la Trinité (4). » Tels sont les termes d'Ansarl. Nous ajouterons à cette notice quelques observations*
l)om Liron, pour donner un nom français à l'éditeur des OEuvres d' Athanase, l'appellp Artice (tA%A<ml (ij.
(I) AnMrl, Bihl. lut, du Maiw, fM^. 46.
(i) Bil»l. Nat. Cartont de dom Housseau; rartiHi m. Noos «iroiii à rectilier ici ium erreur que nou» a\oiu ptusieiirt fois comiiiisa
mCHBL LAIOHUn. Vt
Nous ne pouvons nous y opposer; cependant nous n^apprenons pas qu'aucune famille, aucun lieu du Maine, ait jamais porté oe nom d*Auboul. 11 s*agit peut-être ici d'avoir recours à une interprétation anagrammatique : nous l'avons soupçonné, mais notre inexpérience n'a pas su vaincre la difBculté.
ViàiiumàesOEtwresd^Athanase, publiée par Sonnius en 4572, suivant Ansart, ne se rencontre dans aucune des bibliothèques où nous l'ayons recherchée; mais nous en pouvons signaler une autre qui, publino par le même libraire en 1684, est tout-i-faî( semblable à celle dont Ansart nous donne la description. On y (rouve et l'éptire de l'éditeur i Guillaume de Marillac, et les additions qui composent la cinquième partie, ou cinquième tome de l'ouvrage (4), et les versions de Jean Coulrier. Or, il n'y a pas lieu de supposer que cette édition est celle de 4572 avec un nouveau litre, car on lit à la fin du volume: € Typiscudebat J. Charron, calcographus, anno dom. 4584, calendls Januarii. >
LAIGNEAU (Michel).
La famille Laigneau a donné quatre religieux à l'abbaye de la Couture : Jean Laigneau, qui fit professioe
dans DOS précédeots Tolumes. Noos aToos, en effet, attriboé à dont Hoa«ean lc« notes manuscrites sur lliistoirc littéraire dn Maine qui se trouvent dans son trentième carton : nous devons déclarer aigourdlini que ces notes sont de ta main de dom Liron.
(1) M. Desportes suppose à tort que ces éditions des Œuvres tTAthamtse forment 5 volumes : eUes ne forment qu*un volume divisé en S tomes.
8B iULflH Dt THin.
60 4499; Jolien Laigneaii, qui entm dans la même maison, en 454C; an autre Jean Laigneau, inscrit sur le registre des actes de profession, è la date du 1 5 avril 4 5 4 S, ei enfin Migrbl LAIGNEAU, porté snr le même registre à l'année 4603 (t), élevé depuis aux charges de prieur ei de vicaire- général (2). Celui-ci nous est connu comme auteur de deux pièces de vers qui se trouvent en tète des Mémoires des ConUes du Maine, ei de TEpitaphe d'Hélie do La Flèche, publiée par Trouillart dans le même volume (3), et par M. Etoc-Demazy, dans sùù Essai sur les Séjndiures du Mans (4).
TriIER (Julien du).
Voici ce qu'on trouve sur cet écrivain dans la BibUo» thèque Françoise de la Croix-du-Maine : « Julibn dc TUIER, gentilhomme ilu Maine, excellent potUe latin et françois, et grand musicien, neveu de messire Jean du Thier, sieur de Beauregard, secrétaire d'Ëslat soubs le règne de Henry H. Il a traduit du latin en François l'Histoire Rengaine de C. Veileius Palerculus, non encores imprimée. Il a escrit et composé plusieurs poi<sies françoises, le:)quelles ne sont encores en lumière. H florissait l'an 4574. Je ne sçay pas s'il est encores vivant. » On n'a conservé de Julien du Tbier qu'un sonnet assez
(f) ActusfirofriMOH, s. Pf /ri </« CuZ/vra. MSS. Biblioth. G^n<H nanensis, n* 96.
(S) If. Desportes, BiUiogr, du Maine,
(S) Pag. 100.
(4) Pag. 83.
JEAN LARDIBB,
médiocre. Ce sonnet, qui est en Thonneur de la Croixdu-Maioe, se trouve à la fin de la Bibliothèque Françoise.
LARDIER (Jean).
Nous ne pouvons parler de ce fécond écrivain que sur le témoignage d*aulrui : il n*a rien fait imprimer, et si quelque bibliothèque publique ou privée possède de ses manuscrits, nous ne savons où les rencontrer. Né à Cbâteau-Gontier le 25 novembre de Tannée 4604, reçu profés de Tordre de Ponte vrault en 4 622, et religieux en 4640, Jban LARDIER vivait encore eu 4666. Nous ignorons la date de sa mort. L'abbé Philippe Drouin, visitant en 4704 Tabbaye de Fontevrault, y parcourut une histoire manuscrite de cet ordre, en trois volumes in-folio, laquelle portait le nom de Jean Lardier; c'était un ouvrage coosidérable.S'il existe quelque part, il doit porter le titre de : La Sainte Famille de Fontevrauld, M. Gust. Haenel ne le mentionne pas. A la fin du premier volume de cet ouvrage, se trouvait un catalogue « des livres faits par le P. Jean Lardier et escrits par luy sans Tasgistance de personne. » Ce sont les termes de Tabbé Drouin. Or, parmi ces livres, on nous en désigne trois : Le Vita-Patrum de Vordre de Fontevrauld, contenant les noms des religieux qui ont vescu en Vordre par tous les couvents; volume de 604 pages, relié en maroquin rouge et doré à petit point. Voilà des indications précises : ajoutons que Tauteur avait achevé la mise au net de cet ouvrage vers Tannée 4644. Calendarium quintuplex; ramamim, benedictinumj gallicanum, fontébraldense et varium;
40 tOOM GftUDi.
in-fono, de Tannée 1655. Apologie pour ta supériorité d$8 filles dans V ordre de Pontevrauld et pour l'excellence de leur sexe, en trois livres, in-folio, 4656 (I) C'est \h tout ce que nous apprenons sur Jean Lardier.
GRUDÉ (Louis).
Louis GRUDÉ élait du Maine et parent de Tauteur de la Bibliothèque Françoise. Il fut admis parmi les bâche* liera en théologie du collège de Navarre, en 464 0, et parmi les licenciés le 6 juin 4 64 S. On a de lui : RecfaVtvus Oenricus magnus ad LudovicumAllI regem cArit/tonissimum, de Imitatione D. Ludovici, Francorum régis; Parisiis, Liberl, 4 614, in-S*. C'est un discours prononcé par Louis Grudé, dans Téglise du collège de Navarre, le S5 aoAi 4640. L orateur évoque Tombre d*Henri IV, et la met en scène, exhortant Louis XIII à suivre Texem* pie de saint Louis. C'est tout è la fois un panégyrique de Saint-Louis et d'Henri IV. Après avoir quîtié le collège de Navarre, Louis Grudé prit l'habit religieux chez les bénédictins de la Couture, au Mans, et mourut prieur d'Auvers-le Hamon, au mois de novembre de l'année
(1) Nolof manutr rites de Vabbé Drouin pour ane.bistoire da co\» léye de N «faire. Bibl. Nat.
JAGQOIS GUTON. 4l
GUYON (Jacques).
Jacques GUYON né dans le Haine, Cœnonianensis (4), fut admis en 4 676 dans la compagnie des bacheliers d0 la maison de Navarre. Nous ne connaissons de cet écrivain que la première strophe d*une ode en vers alcalque. Elle a pour titre : Illustriss, et integerr, virp Nicolao ZecamiM, régi a secret, cons., subsidiorum curiœ principi^ cum clariss. et nobiliss. abbas Pelrus Lecamus^ gus filius, thèses philosaphicas pvblice propugnaret in regia Navarra; in-l*, de sept pages. Ces sept pages de ▼ers « très bons, 1res beaux et d'une heureuse veine, » au témoignage de l'abbé Drouin, se trouvaient autrefois dans un recueil de pièces imprimées, à Saint- Germain • des- Prés. Nous ne savons ce qu'est devenu ce recueil.
DU TERTRE (Jacques).
Jacqubs do tertre né au Mans en 4612, de N. du Tertre, sieur de la Ragottiére, avocat au siège présidial, embrassa la règle de saint François et prit, en re- Kgion le nom de Raphaël (%). Dès qu'il eut subi toutes les épreuves du noviciat, il quitta la France pour aller aux terres lointaines : nous lisons dans les relations de Tavemier que, le 6 mars 4644^ il s'éloignait du port
(i) Notef maniiscriiet de Tabbé Drouin. Bibl. Nat.
(t) Dom Uron, MSS. de la Biblioth. Nat. Résidu de SainN Garmatn, pag. 98,
41 JlGQm DU TBBTBK.
d*Alep, en compagnie de deux RR. PP. Capucins, le P. Yves et le P. Raphaël, se rendanl avec eux a la cour du roi de Perse. Nous ne savons quelle fui, dans celle mission, la fortune du P. Yves : celle du P. RaphacM fui brillante. S*étanl concilié les bonnes grâces du roi de Perse, il devint son interprèle, son confident, son ami, eut un siège à sa table cl but dans son verre; ce qui témoigne leur grande familiarité : et, comme d*autre pari, ce titre de familier du roi permettait au P. RnphniM de rendre plus d*un service à ses frères en religion, ceux-ci Tavaienl nommé supérieur du couvent de Zulpha et de la mission de Perse. Quand Tavernier revint pour la sixième fois à Hispahan, le 20 décembre 4 6G4, il y retrouva son compagnon do voyage, devenu Tun des personnages principaux de la cour de Perse, et correspondant officiel des ambassadeurs français dans le Levant . Une lettre adressée au général de Tordre des Franciscains contient d1n(érei»sants détails sur la vie et la mort du P. Raphaël. Nous allons la reproduire :
Mon BiVBiiND réfti,
Ccft les larmes aut >cuy que je vais vous raconter la mort du R. P. Raphaël du Mans, arrivée le 1*' a>rtl 1696. Apre» a^oir nnvu les saints sacrements, tl est mort snns fièvre, seulement «le foil>le««% ajant le jutrement bon jusqu'à la fin, h^ô de 8S auh et 7 mois, a}anl demeuré à Hispahan, capitale de Per^e, rmquanle ans, n^ec ua ciemplc merxeilleui, aime et n.vretté de tous les Européens, An- (tIoîs, Hollandois cl autres Francs, ausquels il a toujours rentlu de bons services pour leurs compn^Miics ctablie> en celte >ille, et des Anne liions et Mahoméinns qui en ont toi^ours dit des nieru'illes. U a été quarante ans interpréle de tn>is ro\s (K- Perso, l'.ha Aba«» II, Soliman I et Heus»in I, qui rè^rne préMMiti^ment. Cba Abas II Ta fait manicer souvent avec lu> , et le fais^Mt Ixiire dans sa coupe d'or, auv une famiharité m (crande que cela B*est pas cooo érable. Ceslotl un
JAOQUn »U TBRTRB. 43
des bons esprits que j^aye connu et capable de gouverner un royaume. J*ea puis rendre témoignage, ayant demeuré trente-un ans avec luy. Il a laissé notre hospice dMspahao en bon état et en bonne réputation. Nous sommes deux maintenant qui tâcherons de suivre ses vestiges. Nous Tavons enterré dans nostre petite église, où assistèrent le frère de M. de Saiu^-Olon, le R. P. Piqueu, évoque de Babylone, le R. P. EUe, Carme déchaussé, évesque de la Perse, qui officia assisté des R. P. Carmes, Jésuites^ Augustins, Jacobins et le résident du roi de Pologne, le kalendcr des Arméniens, qui est le chef de cette nation, et deux Anglois, et quantité d^autres principani Arméniensy tous le cierge & la main.
Mon R. P., faites-en, s*il vous plait, part à messieurs ses parents; c'est un honneur pour leur famille. Il se nommoit au monde Jacques du Tertre, et leur principale maison est à Ecomoy , etc., etc.
Votre petit serviteur,
Ft. SÉaAraiH drOrléonr, Capucin nusslOBoaire.
Dom Liron nous a conservé cette lettre; à défaut de rorigioal, nous en retrouvons une copie dans ses papiers. Mais ce savant bibliographe paratl avoir ignoré que le P. Raphaël se recommande à notre souvenir par un titre plus considérable que Tamitié du roi de Perse : c'est, en effet, un écrivain, et un écrivain estimable, qui nous a laissé une très spirituelle et très inlcressanle Description de la cour et de Tempire d*Hispahan. Le manuscrit de cet opuscule, écrit en l'année 4660, appartenait à Colbert; il porte aujourd'hui, sur les rayons de la Bibliothèque Nationale, le numéro 40,260*. C*est une relation bien faite, et dans laqtielle on doit avoir confiance, puisque lauleur u*y parle jamais de lui-même
44 JA€OUn MOBlH,
MORIN (Jacquls).
Les MoriD, du Maine, sieurs de la Masserie, prétendaient descendre en ligne directe de Jean Horin, Iréso ~ rier d*Hélie, comte du Maine. Ce Jean Morin aurait été le modèle des officiers comptables, et, comme récompense de ses services, Hélie aurait distrait du château deTennie, pour lui en (aire don, le fief de la Masserie. Nous trouvons ces détails dans un factum judiciaire (4) auquel est jointe une carte qui, par sa date, mérite d*ètre consultée. Les Morin, très jaloux de leur noblesse, portaient d*or à trois fosces de sinople. Nous voyons, au xv« siècle, René Morin qui d'Isabeau Vasse, Aile de Baptiste Vasse, sieur de Goulouané, eut Louis Morin, écbevin du Mans en 1 486 Ce Louis Morin fut père de Louis Morin II, avocat au Parlement de Paris, lequel eut, de son ma* riage avec Marguerite Chippart, nôtre Jacqubs MORIN, sieurdelaMasserie, bérault d'armes du roi, et chevalier de son ordre. Faut-il ajouter è ces titres celui d^écrivain ? Il ne Ta guères mérité. Voici le titre d*un volume qui porte son nom : Les armes et blazons des chevaliers et officiers de V ordre du Saint-Esprit créez par Louis XIII;
(I) Fartum pour Jacques Morin ^ etnnjer^ rontrt Pirrre Le Clfrr^ sieur des Rtx'he$, inA: ai, Cauvin commet donc une erreur (Amio»
rial du Mainte pa^r. 165), lorsqu'il «appose que U terre «le lerte, domaine patrimonial de» llorin était située dans la paroisse de Fay. Il y a«ait dans le Maine deui château t de ce nom : et, comme le prouvent sufHsamment le factum et la carte que nous a^ons mus les )eut, eelui dont les descendants de Ji*an Mi»rin prin^iit le nom était A Textrémité du bourfr de Tennie, cuire ré|;liH' et la ri^icre. Nous ne croioos pas non plus, malirré raflirmalion de M. Cau«in, que les llorin du Maine fussent une bran<*he de la familk* du Ronthet. \jtti K<^'néalofies manuscrites que nou« avons consulté<*« ne ptiient pu da cette «Mnité. [Cabinet des Titres de U Bibl. Nal.)
MA^Bimiii Lotis. 45
t^aHs, P. Firens, 1623, ia-folio : mais œ sodI des phnches fort habâlemeDl gravées par l'édilear Pierre FIreos, et le texle de Môrin qoi les accompagne est d*oiie briè» veté qui le reod loat-à-foit insignifiant (4 ). Jacques Morin était mort en 4660, paisqa*à cette date sa soear, Marguerite Morin, donnait qaillanœ en prenant le titre de son bérilière (2).
LOUIS (Mathurin).
MATBuaiH LOUIS, sieur des Malicotles, né à Saint- Aignan, près Bonnétable, fut d*abord avocat au siège présidia) du Mans : ayant ensuite quitté le barreau pour exercer la charge de bailli de la Guiercfae, il employa ses loisirs à commenter la coutume du Maine. CSe commentaire a été publié sous le titre suivant : Bemarques ti Notes sommaires sur la Coulume du Maine^ avec un recueil des jugements et sentences rendues au siège présidial et sénéchaussée du Mans; le Mans. H. Olivier, 4 657, in-fol. Quand parut cet ouvrage, on avait d^è celui de Bodréau; mais rien n*est immuable en ce monde, pas même les décisions de la justice, et le sieur des Malicotles, qui n'avait d*abord eu d'autre dessein que de recueillir des arrêts nouveaux sur des questionsancitnnes, avait bien-
(I) Il «e trouTe aa déftartenient des imprimés de la Nationale on teite manuscrit des notes de Morio, joint à un plaire colorié des planches de Firens. Ce manuscrit qoi a noor titre : JHx^septième création des chevaliers de tordre du Samt-Esprit, fui est la seconde faite parie rou Louis treizième^ etc., etc., mérite à peine qu*oa te distmgac de rimprimé : c*est te même oimnge
oQfiage \t) 'Kbf. Nat. Cabinet des Titres.
avec quelque cbaii([;emeaû.
46 MITHURIN Louis.
tôt trouva dans ses notes la matière d*un assez gros voluine. Oq n'y peut rechercher aujourd'hui que dos renseignemenls hislori(|ues sur quelques familles et sur quelques lieux. Parmi les vers faits a la louange de Louis des Malicoltes, nous citerons oeux-ci :
Vhe Louis, par ses écrits,
Et qtt*il règne dans nos esprits :
Quoy qu*il soit snjct à nature,
Je luy Tcui dresser un autel :
Aussi bien la rare future
Ne croira point qu'il Tust mortel.
Ccst un brillant qui chta^c Pombre Qui rend claire la chose sombre:
Cest un sénat athénien !
Et qui, du tranchant de sa plume, Gomme le Macédonien, Tranche le neeud de la Coutume !
Cesi en ces termes qu*un avocat, nommé B. Gouaull, célébrait, en le*)?, les mérites du nouvel iulerprcle do la coutume du Maino. Un autre, sous le pseudonyme d'Alétophile, le plaçait au-dessus de d*Argontré, de Du moulin et de Guy Coquille; Louis Aubery rappelait l'Oracle de la province : toutes les lyres du Mans célébraient sa gloire el lui promettaient Timmortalilé. Celle promesse n'a pasélé tout-à-r<iil vaine; les Remarques de Mathurin Louis n'ont pas vécu moins que la Coutume dont elles sont le commentaire; on les consultait el on les citait encore à la fin du siècle dernier.
LOtlS THOtlMYlf. ki
RIVIÈRE (Rëne).
Rbnb rivière, sieur de la Menardière, né h Mayenne, avocat dans celte ville, mort dans les premières années du xvin* siècle, est auteur do divers ouvrages qui sont restés manuscrits. Dom Liron nous désigne : Commentaires ou Notes sur la Coutume du Maine; Recueil (Tarrets rendus dans la Coutume du Maine, ouvrage inachevé. Ces manuscrits se trouvaient, du temps de don Liron (l ), entre les mains d'un sieur Tandredel, procureur fiscal à Mayenne : noas ne saurions où les rechercher aujourd'hui.
THOUMYN (Louis)-
Lotis THOUMYN, avocat fiscal à Lassay, est autéUr, suivant dom Liron, d'un Commentaire sur la Coutume du Maine, tiré en partie des OEuvres de René Chopin. Ce commentaire est demeuré manuscrit. Nous ne pouvons rien ajouter à celte noie recueillie dans les papiers [i) de dom Liron, car nous ne trouvons autre part aucun renseignement sur Louis Thoumyn : il est vraisemblable qu'il mourut vers la fin du xvii" siècle, ou dans les premières années du xviu*.
(1) Bibl. Nation. Résida de Saint-Germaio, paquet 98. (î) Ibid,
48 nEAAB HBOlISt.