FARIBAULT-DESFORGES
Né dans le Maine, mais on nous laisse ignorer en quel lieu; FARIBAULT-DESF0R6BS était notaire au Mans en Tannée 4 765, lorsqu'il fut élu notable par les députés IV. 23
8S4 LÉOV MULAIRIBT,
désordres (4). Il but croire qu'il remplilbieo aon maodat, car, aux tiectiopsde 4769, où H y eut taolde motatiODS, il fut maÎDlenu. Il fut ensuite conseiller du roi. On lui doit : Mémoire instructif fOur rendre le produii denos campagnes pliu assuré, plus constant et plus considérable , sans aucuns frais extraordinaires, Pablié d'abord dans le/oiimaId*(U/rtciiUttrededécembrel773y ce Mémoire parut ensuite au Mans, en 4771, in-S*.
Les écrits de ce genre n'étaient pas alors moins goAiés que les ouvrages littéraires. Quoique riostraction première fût encore peu répandue, il y avait dans tous les esprits une ardente passion pour l'étude, el l'on recherchait avidement les livres utiles qui montraient et ouvraient la voie des révolutions. On sait lire auîourd'hui, mais on ne lit pas.
DELAUNEY (Léom).
Léon DELAUNBY, né à Laval, mort vers 479S, fot successivement consul de France à Oran, à Philadelphie et «^ Lisbonne. On a de lui : OEuores poétiques du etioyen Delauney, ex-consul français; Paris, an vi, in-S\ Nous ne connaissons que le titre de cet ouvrage : il ne paratt pas avoir eu beaucoup de succès. Nous aimons à supposer que l'administrateur valait mieux que le poète.
(I) M. Câsniù^ De Vodminittraiiim municipaUf paf. SI.
HldtlL-NOBL-PATRIGB TBTILLAlt DU RIÉERT. 35S
VÉTILLART DU RIBERT (Michel-Noel-
Patrice) .
No au Haos le 25 septembre 4729, Michbl-Nobl-PÀ- T^icB VÉTILLART DU RIBERT exerça dans sa ville natale la profession de médecin. Le mérite de ses écrits fut apprécié par l'Académie royale de médecine qui le choisit pour un de ses correspondants: mais on ne parle déjà plus de ses livres; les progrès quotidiens de la science les ont fait oublier, et Thistoire a recueilli, pour le perpétuer, le souvenir de ses bonnes actions. Médecin éclairé, plein de zèle, plein de courage, il rechercha tonte sa vie, comme nous rapprend Tabbé Renouard, les périlleuses entreprises, et elles ne lui manquèrent pas (4). Les maladies épidémiques étaient alors beaucoup plus fréquentes que de nos jdnrs; il y eut des épidémies au Mans en 4755, h Beaumont-le-Vicomte en 4764 « à Bonnélable en 4765, à Hamers en 4766, à la Ferté* Bernard en 477i, au Grand-Lucé en 4779, et presque toutes ces affections furent contagieuses [î), Yélillartdu Ribert accourut toujours le premier sur les points où la présence du fléau fut signalée, et souvent il le maîtrisa. Ce ne fut pas sans courir de grands dangers. En 4755, le mal l'atteignit et faillit l'emporter. En 4772, il parvint à comprimer une fièvre qui ravageait les prisons du Mans, mais il riûtroduisit sous son propre loti, et, s'il eut le bonheur dëchapper à cette nouvelle
(1) Essais kist<n'i^Sf tom. ii, pag. 204:
(2) Ibid,
556 mCHE^-NOBL PATRICE VBtILULET DU EIBBET.
àUeinle de la contagion, il lui disputa sans succès la vied*un de ses enfants. Une autre fois encore, en <774, Vétillarl et sa femme furent tour à tour affectés par le niai régnant. Un homme aussi prompt à braver les périls devait avoir une fin tragique. Un jour qu'il se rendait en toute hftte auprès d*un malade, il fut renversé de son cheval et mourut des suites de cette chute. Cette mort, qui fut un deuil public, eut lieu, suivant H. Desportes, le 4 8 septembre 4782.
Les ouvrages laissés par Vétillarl du Bibert sont, pour la plupart, des mémoires. On lui attribue: h t règles du médialwr recueillies ei expliquées pour Cusage du beau sexe; Paris, Delaguette, 4752, in-4 2. Le litre da ce livre indique un ouvrage théologique. Nous le mentionnons d*après MM. Quérard et Desporles ; mats nous ne le connaissons pas. Voici maintenant la liste de ses mémoires : Mémoire sur les dangereux effets de la vapeur du charbon, dont M. U Vayer vient d'élre la viciime, le 5 juin 4761; Le Mans, 4764, in-8* de 46 pages; Mémoire raisonné des remèdes et du régime à pratiquer dans la maladie qui afflige la ville de Mamers et les paroisses circonvoisines ; Le Mans (4767), tn*42 da 32 pages ; Mémoire sur une espèce de Seigle conmi sous lenomd*ergotj seigle ergoté^ etc., etc., Paris. Imprimerie Royale, 4770, in-i* de 4 pages; Histoire médic^dedes maladies dyssenlériques qui affligent la province du Maine; Le Mans, Ch. Monnoyer, 4779, tn-42; Le Journal de Médecine contient, en outre, quelques arlides de Vétillarl du Ribert (4).
(1) Tom. Tui,pag. 4S7; tom. xvi, pag. UK ; tom. xtii, pcig. 4$8; loin. XXII, p«g. 514.
BBlfi-PROSPn TASSIlf. S6
BRËDOR (piehbe).
PiEBBE BRÉDOB, né à Avoise le 49 décembre 1721, fut professeur d'analomie à Paris, et mourut en 4799. Outre (rois mémoires publiés dans le Recueil de l'Academie de chirurgie, M. Desporles lui attribue un Traité d'Osiéohgie et un Cours de Thérapeutique. Nous ne trouvons pas ces ouvrages, et H. Quérard ne les mentionne pas dans la France littéraire. Est-on certain qu'ils aient été publiés ?
TASSIN (rené-prosper) .
René Pbosper TASSIN, né le 47 novembre 4697, & LonlayTAbbaye, bourg de la généralité d*Alençon et de l'ancien diocèse du Mans, fit ses humanités au collège delBaint-Germer. Ses études achevées, il se sentit quelque vocation pour la vie religieuse, et les Bénédictins de Jumièges ladmirent au nombre de leurs novices. 11 y fil profession le 3 août 474 8. C'est là qu'il connut François Toustain. Comme ils étaient du même pays, à peu près du même âge, et avaient le même goût pour l'élude, un vif attachement les unit bientAll'unà Tautre et ils commencèrent à travailler en commun. La mort seule devait briser un jour cette touchante union : elle fut toujours respectée par les supérieurs det'ordre; ils ne les envoyèrent jamais l'un sans l'autre dans les diverses abbayes qui leur furent tour à tour désignées comme lieux de résidence.
SS8 mKMi-pmosFBft tassin.
Les religieux de la oongrégalion de SaÎDUMaur éCaienl alors, comme on le sait, fort engagés dans les contesta* lions jansénisles. Aussi la plupart d'entre eux partageaient-ils leur temps entre Télude des anciens textes el la rédaction de ces libelles anonymes sur la constitution, rappel, le formulaire, les quatre évèques, le faii, le droit, la morale rigide et la morale relâchée, etc, etc , dont Timmcnse fatras doit faire à jamais le désespoir des bibliographes. Tassin mit d'abord au jour un écrit de ce genre : Lettre (Tun appelant aux religieux béné^ dUctins qui ont donné des marques publiques de leur op^ position à la bulle Unigenitus ; 4733, in- 4*. Du temps même de dom Tassin, celte lettre était devenue rare. Ce qui ne prouve pas un succès obtenu, la plupart de ces libelles étant distribués sous le manteau. Quoiqu'il en soit, Tassin renonça bientôt h la polémique. Ses supérieurs le chargèrent de préparer, avec dom Toustain, une édition des œuvres de Théodore Studite, el, pour faire ce grand travail, ils allèrent habiter Tabbaya de Saint- Ouen de Rouen.
Ils y étaient depuis quelques années, lorsqu'ils prirent part à des débals qui touchaient aux droits , ou, pour mieux parler, aux privilèges de leur ordre. Uo avocat de Rouen nommé Clérot, homme habile dans lee matières ecclésiastiques, avait autrefois inséré dans les Mémoires de Trévoux (4746), on vif réquisitoire contre Guernon, moine de Saint-Médard de Soissons, placé par d anciens titres au nombre des plus effrontés faussaires. La même accusation se retrouvail dans un écrit que venait de publier Tabbé commandataire de Saint Victoren-Caux contre les privilèges de Tabbaye de Saint- Oueo. Ne pas répondre, c'était reconnaître lacitemeot
BB1IB-PEO0PU TASBIH. SSO
qu*0Q acceptait le profit d*une abomîDable supercherie. Dom TassiD et dom Toustaio prétendirent justifier leur confrère et leur ordre. C'est ce qu*ils firent, autant qu*il8 le purent, dans récrit suivant : Défense des litres et des droits de l'abbaye de Saint- Ouen contre le Mémoire de M. Terrisse, abbé commandataire de SamiTtc/or-en- Caux; Rouen, 4743, în-4^ Le texte de la réponse à Tabbé Terrisse est de dom Toustain ; les notes qui lac* conipagnenl et la critique des pièces produites par Clérot appartiennent à dom Tassin.
Ils publièrent ensuite : Angilo Mariœ Quirmo, Epis^ capo Brixiensi, BibliothecarioApostolico, Carolus Pranciscus Tostinus et Renatus Prosper Tassinus, S. Audoeno Rothomagensi presbyteri et monachit £3 icparreiv ; Paris, Osmont, 4744, in-4<>. Le cardinal Quirioi, en envoyant aux religieux Bénédictins deux de ses ouvrag98 sur les divins orfices des Grecs, y avait joint une lettre latine, dans laquelle il agitait certaines questions relatives h Théodore Studite. Dom Tassin et Dom Toustain lui répondirent.
De Saint-Ouen ils allèrent è Saint- Yandrille, où ils passèrent trois mois. Habillon leur avait fait demander quelques notes sur cette abbaye pour son histoire de Tordre de Saint- Benott. Ils lui envoyèrent : Histoire de V abbaye de Saint-Vandrille, depuis lintroduclion de la Réforme de Saint-Maur. On conserva longtemps le manuscrit de ce travail à Saint-Germain-des-Prés. Nous ignorons ce qu'il est devenu.
Cependant Tabbé de Saint-Victor ne se déclara pas convaincu par les raisons alléguées en faveur du moine Guernon et des titres argués de faux, et donna pour réplique aux religieux Bénédictins : Justification du Mé'
800 ftBlci'*n08Pftft TASSIH.
maire sur V origine de l'abbaye de SatrU-Vidor-en-Caux^ conire la défense des titres et droits de Vabbaye de Saint' Ouen. G*é(ail une arTaire très délicate, 1res épineuse, et sur laquelle les arbitres désintéressés n'osaient exprimer un avis. Dom Tassin et Dom Tousiain s'y étaient trop engagés pour reculer : mais, comme à propos d*une question particulière on soulevait des questions générales, ils formèrent le projet d'écrire une histoire dm bulles papales, des actes ecclésiastiques, de tous les monuments anciens de la jurisprudence oonlentieuse, pour imposer des règles fixes à la critique de ces actes. C'est un ouvrage auquel ils travaillèrent jusque dans les premiers jours de l'année 4747. Ils furent alors appelés à Paris par le P. Laneau, supérieur-général de la Coqgrégation, et, après un séjour de quelques mois à Saint- Germain-des^rés, ils entrèrent aux Blancs-Ibnteaax. Peu de temps après, on sut qu*ils étaient sur le point de livrer au public le fruit de ces longs et ingrats labeurs sous le titre de: Eclaircissements sur la Diplomatique. Cependant, ils refurent le conseil do ne rien publier encore. Leur ouvrage élait déjè fort étendu, et donnait satisfaction sur beaueoiip de points aux critiques les plus exercés ; on regrettait, toutefois, d*y rencontrer des lacunes et on désirait qu'elles fussent comblées, ils se remirent donc au travail, avec cette patience bénédictine dont ils ont étéf qu'on nous permette de le dire, le dernier exemple, et ils donnèrent, en 4750, leur premier volume : Nouveau traité de Diplomatique ^ où Von examine les fondements de cet art, on établit des règles sur le discernement des titf-es, elc, etc; Paris, Guill. Desprex, ia-4*. Ils étaient i la moitié du second volume» quand la mort vint frapper Dom Toustain. Ce fut une perte
BIvi-PKOSPKft TASSIH. 381
bien cruelle pour l'ami survivant ; mais, ayant surmonté sa douleur, Dom Tassin reprit, avec le concours de Jean-Baptisie Baussonne^ l'œuvre quelque temps in-* terrompue, et le second volume du Nouveau traité dF Diplomatique parai ea 4755. Le sixième et dernier ne Ait publié que dix ans après, en 17G5. C'est un drseuvragesquifont leplusd'hoDuenràlaCongrëgaliondfiSainl-' Haur. Depuis que l'on a repris l'élude des monuments originaux, onalrouvô dans cet ouvragequetques erreurs ou quelques démonslra lions insuffisantes ; cependant il n'a pas cessé de Taire autorité en matière d'enquËte diplomatique : un de nos savants les plus versés dans la connaissance des nnciens textes, H. N.itali3 doWailly a renducetéclataolhommageau travail de ses devanciers, dans ses Eléments de Paléographie.
On doit encore à dom Tassin : La Notice des manutcriti de la Bibliothèque de l'église métropoiitaine de Rouen, par M. /'otfcé Saaa, revue et corrigée ; Roven. Besogne, t7t7, in-l3 -. Lettre à M. Bonnamy touchatU te prospectus d'une Histoire synoptique du Royaume et de la Maison de France ; cette lettre est insérée dans le Journal de Verdun du mois d'aofit 17&I : Auîre Lettre à M. Bonnamy sur le Nouvel Abrégé Cbrono/ogitpte de l'Histoire de France ; dans le Journal de Verdun iu mois de décembre 1753-. Lettre d'un des auteurs du Nomxau Traité de Diplomatique à MM. les auteurs du Journal des Savants; dans lé Journal des Savants lie mitrsnS6: Lettre à un fitagislral sur les dfmes, en réponse au mémoire pour les curés à portion congrue, par M. Leclerc; i'aris. Guill. nc-;|)ic/, iTi;^, iû-i* : Histoire littéraire de ht Congrcgalion de Smii!- ilaur; Bruxelles et Paris, \ 770, a-i'. C'est daus co drrnicr ouvrage que nous avons
3<i ciB&ui ruiiaiBB.
trouvé les élémenli de noire notice: penonot ne pouvait mieux nous renseigner tur les travaux lilléralm de dom Tassin, que dom Tiissin lui-même. On coosulle encore loue les jour* l'Hùlotre lUtérair» dt la Congrégation de SaiiUMaur. La censure de l'année iTlodéooovril dans cet ouvrage le venôi de l'hérésie janséniste, oa, pour exprimer la même chose dans un lan^ge moins Qeuri, elle signala quelques articles comme renfenneot des phrases peu respectueuses pour la mémoire du P. de La Chaise et de ses complices, et elle en ordonna ta suppression. Avec ou sans les carions exigés par b ceasore, r^ùloire UUèrairt de la Congrégation de Sund- Maur est un livre excellenl. Il a été traduit en aU^ mand par A, Budolphe, avec des remarques et des additions de J. G. Meusel; Francrortel Leipsig, 4T73 , S vol. in-s*.
Dom Tassin mourut k Paris, le 10 septembre 4777. On ignore ce que sont devenus ses Iravaux nMonscrils sur Théodore Sludile et sur l'abbaye de Seiai-VandriU*. Il avait entrepris encore, suivant M. Weïss [i), bconlinoalion de l'Histoire de l'Ordre de saint Benoit par dom Bulleau.
PLANCHER (Ubbaih).
Lebour^de Chenu, pria du Lude, vit naître UaauH PLANCHBB.en 1666. Celui-ci fit aussi profession d'observer la règle de saint Benoit. Il avait dix-neuf ans, quand il forma ces v<sux, et entra dans l'abbaye deVeft-
(1 Biogr . kh 1 ivrM lie.
dàvûB. Aprds avoir eoseigoé lour-è-lour la philosophie el la théolegio avec un égal sucoèa, il parvinl au titre de supérieur, el il exerça remploi que lui don'* nail4e litre dans divers monastères de rancienne Bour* gogne.
Il était depuis quelque temps à Sainl-Benigne de Dijon, el s*élaii fait décharger de tout autre soin pour se livrer entièrement à des recherches historiques, lorsqu*en 4738 il annonça, dans un prospectus, une Histoire de Bourgogne, Le premier volume parut Tannée sui* vante à Dijon, chez Ant. Dufay, in-folio; le second en 47il. Mais notre Bénédictin ne put achever cet tm* mense ouvrage. H mourut en 4750, Agé d'environ quatre-vingt-trois ans, lorsqu'il était sur le point de faire imprimer son troisième volume.
Urbain Plancher eut pour continuateurs dom Saia« zar et dom Merle. Le quatrième et dernier volume de VHistoire générale et particulière de Bourgogne parut en 4784. C'est un livre dont nous n'avons pas à faire rélogo. 11 ne manque dans aucune bibliothèque historique.