‹ Histoire littéraire du Maine. Nouvelle édition. Tome secondChapitre 18 sur 32 · CT · texte numérisé non relu

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authentique l'appelle Barnet(1) ; cependant depuis que les auteurs de la nouvelle Gaule chrétienne (2) ont préféré, sur d'autres titres, le nommer Bonnet, ce nom a prévalu. Quant au nom de baptême nous lisons Guillaume dans tous les documents anciens qui nous parlent de lui. Il est donc mal nommé Jean-Bertrand Bonnet par Le Corvaisier de Courteilles, et Guillaume Bertrand par Jean Bondonnet (3) qui a souvent mieux corrigé les nombreuses erreurs de Le Corvaisier. Guillaume Boxner est né dans le diocèse du Mans, comme il le déclare lui-même dans son testament (4) ; et, dans un codicille joint à ce testament, ilse dit, avec plus de précision, originaire du doyenné de Passais (5). Les années de sa jeunesse se passèrent dans l'Anjou ; il y fit ses études, et devint ensuite trésorier de l'église d'Angers (6). Il occupait cette charge quand, vers la fin de l'année 1305 ou le commencement de l’année suivante, mourut Pierre de Beneïs, évêque de Bayeux. Cette mort ne fut-elle pas suivie de quelques troubles ? On voit les chanoines de Bayeux demander promptement au roi la permission d’élire un nouvel évêque (7);

(1) Baluze, Vif. pap. aven., t. IT, col. 88.

(2) Gall. christ.,t. XI, col. 371,

(3) Le Corvaisies. Hist. des év. du Mans, p. 552. — Honlounél Les vies des év. du Mans, p. 598.

(4) Félibien, Hist. de Par., it. V, p. 616.

(à) 1bid., p. 617.

(6) Ibid., p. 616.

(7) Gall. christ, loc. cit,

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mais l'élection, probablement autorisée, n'a pas de résultat : l'évêché de Bayeux reste plusieurs mois vacant et Philippe le Bel y perçoit la régale. Enfin, le 27 août 14306, Clément V, nouveau pape, écrit au roi que, s'étant réservé le droit de pourvoir à la vacance, il a nommé Guillaume, autrefois trésorier d'Angers (1), et, quelque temps après, dans une lettre sans date, le roi répond (2) qu'un tel choix l'ayant rempli de satisfaction, il prie le pape d’envoyer au plus tôt à Guillaume ses provisions apostoliques.

Guillaume Bonnet ne fut pas mis en possession de l'évêché de Bayeux avant le 25 décembre 1306. Mais peut-être le pape et le roi auraient-ils pu faire durer plus longtemps la vacance sans nuire davantage à l'église de Bayeux, car c'est à peine s'ils permirent à notre Guillaume, pendant toute la durée de son épiscopat, de faire en son diocèse un séjour de quelques mois. Nous le voyons, en effet, dès l'année 1307, envoyé dans le Hainaut avec Robert, comte de Bologne ; puis, en 1308, chargé par le pape d'interroger les Templiers, il vient faire à Paris cette laborieuse enquête, et c'est là qu'il doit avoir désormais son domicile ordinaire, dans une vaste maison qu'il possède rue de La Harpe, près la porte d'Enfer. En 1309, il cède au roi le ficf de Thorigny (3), cet reçoit en

(4) Baluze, ouv. cit., col. GO.

(2) Ibid., col. 88.

(3) Olim, t. DIT, p. 391.

échange un revenu fixe sur la prévôté de Bayeux. En 1310, comme mandataire du saint-siége, il autorise un semblable échange entre le roi Philippe et les moines du Bec (4). L'année suivante, le 14 février, il est envoyé vers le roi des Romains pour traiter de la paix. La même année, il se rend auprès de Clément V, chargé de présenter tout ce que le roi propose contre le mémoire de Boniface VIII. Il meurt enfin à Angers au mois d'avril 4312. L'église de Bayeux célébrait son anniversaire le 3 avril, l'église du Mans le 42 du même mois.

Quoique Guillaume Bonnet ait été employé dans beaucoup d’affaires, il ne leur doit pas sa renommée, Il est célèbre comme fondateur d'un collége à Paris, le Collége de Bayeux.

L'acte de fondation, qui se compose d'un testament et d'un codicille, est du samedi qui suivit le second dimanche de carême, en l'année 1309. Considérant, dit le testateur, que les clercs instruits sont l'ornement de l'Église et les soutiens de la foi, considérant qu'ils donnent aux autres l'exemple de bien vivre et qu'ils sont en même temps, hors de l'Église, les meilleurs citoyens de la république, il fonde à Paris, dans sa maison de la rue de La Harpe, un collége pour douze écoliers pauvres, six du Maine, six de l'Anjou, et il exprime le désir que, dans la suite, ce nombre soit

(1) Gall. christ.,t. XI, col. 371.

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