‹ Histoire littéraire du Maine. Nouvelle édition. Tome secondChapitre 2 sur 32 · R &RR ZI Z · texte numérisé non relu

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lorsqu'ils apprirent les nouvelles de son décès : jusque-là qu'on tient que le pape, qui avait assez reconnu les qualités qu'il possédait dans le peu de temps qu'il avait été à Rome, dit que l'évêque de France était mort. Aussi tous ceux qui l'ont connu, principalement ses diocésains, ont toujours publié avec vérité qu'il était l'honneur du clergé, la gloire de la noblesse et le protecteur de la province.

« Son corps ayant été embaumé, puis revêtu de ses habits pontificaux, fut exposé par trois jours consécutifs dans l'église d'Yvré, à la vue de tout le

« monde : trois mois après, savoir en février de.l’an- « née 1638, il fut porté en vuc des chapelles de

l'église de la Couture, de là conduit en celle de Saint-Julien avec une pompe funèbre dont j'exposerai l'ordre succinctement. En premier lieu marchaient les sonneurs ; puis certain nombre de pauvres couverts de bureaux, qui portaient des torches avec les armoiries; après, tous les monastères, couvents, chapitres et colléges de la ville et des faubourgs, avec quelques curés ct doyens ruraux, allaient selon le rang qu'ils tiennent aux processions. Le grand-doyen, qui portait le sceau, précédait le cercueil ‘qui était fort élevé, porté sur les épaules de douze prêtres, couvert d'un grand drap mortuaire, cantonné des armes du défunt, et dont les coins étaient soutenus par quatre chanoines et dignités de l’église cathédrale. Il était entouré de

plusieurs torches qui l'accompagnaient, et assisté de l'évêque de Bayeux, qui conduisait le corps et fermait les rangs du clergé. Après lui marchaïent le marquis de Lavardin, le vicomte de Saint-Jean, le baron de Lavardin et monsieur de Malicorne, à présent abbé de Beaulieu et de Saint-Liguières, et autres proches parents, coiffés de leurs grands capuchons de deuil, et vêtus de manteaux ou robes à longues queues, et menés par quelques seigneurs des plus qualifiés de la province. Ils étaient immédiatement suivis des compagnies du présidial, de l'élection, de la prévôté et d'un grand nombre d'avocats et de gens de robe... Ses obsèques furent célébrées dans la nef de l’église, tapissée de velours noir et parsemée des armes de sa maison. L'évêque de Bayeux officia et lui rendit les derniers devoirs, et le P. Grisel, Jésuite, prononça Ia harangue funèbre. Son corps fut mis dans la cave de sesancétres, qui est auprès de la petite horloge devant la chapelle Saint-Jean ; son cœur et ses entrailles furent dès lors de son exentération inhumés dans l'église parochiale d'Yvré. »

Nous n'avons plus qu’un mot à dire à la gloire de

cet évêque ; il fut un des patrons de Mathurin Regnier, qui lui dédia sa huitième satire.

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