JULIEN BOUCLIER
Dans ce poëme, qui a pour titre Carmen gratulatorium, l'auteur célèbre l’arrivée du nouvel évêque au chef-lieu de son diocèse. Ce lieu commun est paraphrasé dans trois cents vers hexamètres, qui ne sont pas des mieux tournés.
BOUCLIER (GuLtEN).
Julien Boucuier (1), né au Mans dans la première moitié du seizième siècle, embrassa l'institut des Jésuites. Nous apprenons de Philippe Alegambe qu’il enseigna d’abord les humanités à Billon, puis la philosophie à Tournon, et fut le premier principal du collége de Nevers (2). Il mourut à Chambéry, le 41 juillet 4586. Il a, dit-on, beaucoup écrit, en prose et en vers, mais le P. Alegambe n'a connu de lui qu'un traité contre Pierre Agar, ministre protestant à Grenoble: Disputatio cum Petro Agar, ministro Delphinate. Cet ouvrage est sans doute resté manuscrit. Du Verdier n'en parle pas.
(1) M. Desportes l'appelle, par erreur, Julien Boucher (Bibliogr. du Maine).
(2) Script. Sociel. Jesu.
BOUGARD.
Un certain Boucar», ou Bongard, notaire au Mans du temps de la Ligue, avait écrit un journal que l’on a longtemps conservé. Vers l'année 1710, François Hoyau, ancien procureur du roi, grand ami de Gaignières et de dom Briant, possédait ce journal et le faisait voir comme une précieuse relique. Il permit alors d'en faire des extraits pour l'abbé Louis de Dangeau, lecteur du roi, membre de l'Académie française, qui se formait un vaste recueil de pièces manuscrites concernant toutes les provinces de France. Nous avons aujourd'hui ces extraits (4) ; quant au manuscrit original, il paraît perdu.
Ces extraits commencent au 20 juillet 1388. La ville du Mans s'étant déclarée pour la sainte Ligue, le nouvel évêque, Claude d'Angennes de Rambouillet, n'a guère plus d'autorité sur ses clercs que n’en a sur les citadins son parent, Philippe d'Angennes, sieur de Fargis, gouverneur de la ville pour le roi. Les vrais maitres de la ville sont les porte-enseignesdes Ligueurs, les sieurs de La Motte-Serant et de Bois-Dauphin. Dans la nuit du 20 au 21 juillet, à la nouvelle de quel-
(1) Biblioth. Naticnale, fonds franc. n° 22,608, fol. 123.
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ques troubles, La Motte-Scrant vient reprendre possession du Mans, à la tête de soixante ou quatre-vingts soldats, et Bois-Dauphin ne tarde pas à le joindre, avec cent vingt cavaliers et quelques fantassins. L'évèque ne put que leur faire bon accucil, étant incapable de leur résister.
Cependant l'année suivante, le 8 février, quelques notables du pays, Belin Samt-Antoine, Vignolles Bois-Bureau, Baslade, Girard Pousset, Barbault, Isaac Duval, Richer de Montéhard, assesscur particulier, Marictte Loyson, Bourgault, Gouin, Demazy, Guilleu et quelques autres attaquent le château du Mans et s'en emparcnt. Aussitôt Bois-Dauphin Îles assiége. Un combat s'engage et dure plusieurs jours. On combattait encore ct l'issue de la lutte était encore incertaine, quand de Fargis, arrivant du dehors, vient aider ses amis ; mais ce préfet militaire du roi, n'ayant pour escorte que six ou sept cavaliers, ne peut soutenir le choc du Bois-Dauphin ; ses cavaliers sont mis en fuite et il est fait prisonnier. Le soir du samedi 11 février, les assiégés capitulèrent.
De Fargis étant en prison depuis deux mois, Île 41 avril, quelques-uns des partisans veulent le délivrer ; mais ils sont arrêtés eux-mêmes, et, après cette vaine tentative, la domination de la Ligue n'est plus contestée ; la paix est faite. Alors commencent les processions : « Le dimanche 93 avril, dit Bougard, il y a eu « procession générale autour de la ville, où le sacre a
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« été porté ; à laquelle tout le clergé a assisté les pieds « nus, sauf quelques-uns qui étaient septuagénaires, « et plusicurs autres nus en chemise : cette procession « a été faite pour obtenir victoire contre les ennemis « denotre religion catholique, apostolique et romaine, « et les convertir à la bonne foi. » Ces ennemis de la bonne religion, c'étaicnt les soldats du roi. Le dimanche 30 avril, le jour même oùleroitrahi, battu, fugitif, venait au Plessis-lès-Tours signer un traité d'alliance avec le roi de Navarre, une autre procession avait lieu dans la ville du Mans : « Le dimanche 30 avril a été « fait procession par MM. de Saint-Pierre, à laquelle «ont assisté les Jacobins et Cordeliers, et ont lessieurs « de Saint-Pierre porté le sacre à Saint-Benoît. Il « y avait soixante et une filles et femmes en chemise. » Ce devait être pour les Jacobins et les Cordeliers un singulier spectacle ! Quelques jours après, aux portes de Tours, les amis et les ennemis de la bonne religion étaient aux prises. Mayenne, qui combattait pour la Ligue, fut vaincu ; mais, au Mans, on reçut de faux renseignements sur cette rencontre, et l’on célébra le 8 mai la victoire de Mayenne. Le Te Deum fut chanté à Saint-Julien. Une autre procession plus nombreuse que celle du mois passé sortit de l’église et parcourut la ville. Ayant fait le recensement des personnes qui figurèrent «en chemise » dans cette cérémonie, Bougard n'en compta pas moins de cent quatre-vingtneuf, de l'un et de l’autre sexe. Cet accroissement de