‹ Histoire littéraire du Maine. Tome deuxièmeChapitre 16 sur 62 · LOUVARD (FRANÇOIS · texte numérisé non relu

LOUVARD (FRANÇOIS

FRANÇOIS LOUVARD , né à Champgéneteux , bourg de l’archidiaconé de Laval et du doyenné d Evron, fit profession de la règle de saint Benoit, dans l'abbaye de St.-Melaine, en Bretagne, à l’âge de dix-huit ans. À vingt-huit ans, il fut ordonné, et, deux années après, il fut chargé par ses supérieurs d'entendre les confessions. Dom Louvard ne devait pas longtemps demeurer dans cet emploi modeste; il avait déjà fait apprécier son érudition et l'aptitude de son esprit à la

critique littéraire, quand les religieux de Saint-Denis entreprirent de donner au public une édition des œuvres de saint Grégoire de Naziance. Cette entreprise difficile, qui exigeait bien des recherches, fut confiée à Dom Jacques du Frische, éditeur des œuvres de saint Ambroise; mais, en l’année 1693, la mort étant venue l'interrompre au milieu de ses laborieuses investigations, Dom Louvard fut appelé par ses supérieurs à l'abbaye de Saint-Denis, près Paris, et charts de continuer le travail de J. du Frische. C'est en 1700 que Dom Louvard quitta le monastère de St.-Melaine. Il eut pour collaborateur, dans ses premières études sur le texte grec de saint Grégoire de Naziance, le docte Mathurin Vaissière. Celui-ci ayant « doublement apostasié » (ainsi s'exprime Dom Tassin, dans son Histoire littéraire de la Congrégation de St.-Maur), lo Journal de Trévoux annonça, au mois de février 170%, que Dom Louvard restait seul chargé de l'édition de saint Grégoire, et qu'il avait pris le part de donner une traduction nouvelle de ce Père. Dans Îles premiers mois de cette année 1704, la dite de Saint- Denis étant assemblée, Dom Louvard lui présenta un Mémoire pour l'édition de S. Grégoire de Naziance. Ce mémoire n'a pas été imprimé; nous en treuvons uno brève analyse dans l'Histoire Liltéraire de Dom Tassin. Tels sont les termes de Dom Tassin : « Cet écrit est divisé en trois paragraphes. Dans le premier, l'auteur expose ce qu'ont fait les PP. du Frische et Vaissière... Dans le second, il détaille tout ce qu'il a fait sur le mèmo sujet, et fait valoir les lettres de MM. Dupguct, Longucrue et du P. Lequien, qui, ayant vu son travail, l'avaient approuvé. Dans le troisieme,

il fait voir ce qu'il faut faire dans la nouvelle édition ; il répond à ceux qui prétendoient que les études sont la ruine de Ja régularité, et justifie les exemptions modérées qu’on accorde aux religieux qui s'appliquent sérieusement à des ouvrages utiles au public (1). » En même temps que Dom Louvard adressait ce Mémoire aux religieux de son ordre, il publiait quelques Remarques sur les OEuvres de saint Grégoire de Naziance et sur la traduction fameuse de l'abbé de Billy, dans une Lettre que les auteurs des Nouvelles de la République des Lettres inséraient au numéro d'octobre 1704 (2). L'année suivante , il écrivait au Journal de Trévoux (3), que, chargé d'un travail plein de difficultés, il ne pouvait encore promettre au public, dans un délai prochain, l'édition depuis si longtemps attendue. L’imprimeur, J.-B. de Lespine, ne publia qu’en 1708 le prospectus de cette nouvelle édition : ce prospectus annonçait que, l’année suivante, Je manuscrit de Louvard serait mis sous presse; mais un délai fut encore nécessaire. Notre bénédictin était un de ces investigateurs infatigables, pour lesquels les plus pénibles recherches ont le plus de charmes; un de ces esprits ardents, impétueux, qui abordent les difficultés avec un zèle quelquefois téméraire, mais d’autant plus méritoire. Jacques du Frische ne lui avait laissé que quelques notes. Pour sa part dans cet immense travail, Dom Louvard avait lu toutes les éditions

(1) Hist. litt. de la Congrég. de St.-Maur, par D. Tassin, p. 540.

(3) Hist. litt. de la Cong. de St.-Maur, p. 540,

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grecques et latines de saint Grégoire de Naziance et tous les manuscrits qu'il avait pu so procurer ; or, il ne s'en trouvait guères moins de deux cents dans les diverses bibliothèques de Paris. Les matériaux qu'il avait rassemblés étaient considérables. Il se proposait de donner au public non seulement le texte grec et une traduction latine des OEuvres de saint Grégoire de Naziance, mais encore les scholies d'Elias de Crète, de Nicetas, de Basile de Césarée, de saint Maxime et de quelques autres sur les Oraisons de ce père; il avait, en outre, rédigé les préfaces, les avertissements qui devaient précéder chaque oraison, les notes explicatives du texte, et une vie de saint Grégoire (1.

{1} Voici le témoignage de P. Clémencet, qui à si bien mis à profit les recherches de Louvard :

« Jacobus Frischius..…... quasdam tantum variantes lertiones

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