NICOLAS DAVY
1286, la chlamyde orientale, le manteau bariolé. En cette année, pour divers motifs qu'il n’est pas besoin de rappeler ici, ils demandèrent au pape la permission de substituer à ce manteau une chape d’une seule couleur. Gervais de Clinchamp présenta leur requête. Quand elle eut été favorablement accueillie par Honoré IV, Gervais s’empressa de transmettre cette nouvelle aux pétitionnaires. Tel est l’objet de la lettre qui se trouve dans le Bullarium (1). Mais la réponse du pape avait été verbale, et Honoré IV étant mort le 3 avril 1287, avant que les RR. PP. eussent accompli la réforme de leur costume, Pierre de Milhau, général de l’ordre, écrivit à Gervais de Clinchamp, pour lui apprendre que ses frères avaient suspendu l’exécution de la mesure en attendant l'autorisation du nouveau pape. Gervais fit alors parvenir à Pierre de Milhau la lettre qui a été publiée intégralement dans le Speculum : dans cette lettre il conseille aux religieux de ne pas différer la conclusion de l'affaire du costume , et déclare qu'il juge frivoles les motifs de leur ajournement.
DAVY (mcoLas).
« NICOLAS DAVY (lequel depuis s’est tousjours nommé en ses œuvres Dany, et ne sçay pourquoi il desguisoit ainsi son nom, metant la lettre venn),
(1; Tome 1, p. 36.
928 NICOLAS DAYT,
natif de la ville du Mans, archidiacre de St. Crespin-le- Grand en l'église de Soissons, en Picardie, l'an 1580. Il a traduit du latin en françois un discours de la Différence des Esprits, escrit premièrement en italien par Seraphin de Ferme, excellent prédicateur, imprimé à Reims , chez Jean de Foigny, l'an 1581. I] a escrit plusieurs autres liures desquels je n'ay pas souuenance à cette heure. Il mourut à Soissons l'an 1583.
a Et pour dire encorcs un mot de cettuv-ci nommé Nicolas Davy, je ne sçay s'il estoit honteux que par ce nom J'on consneust sa race, ou son extraction, qui ostoit de for basse qualité : ou bien s'il craignoit que se nommant de son propre et vray nom, il fust recognu pour un Manceau. Ce qu'il n’a deu faire pour cette raison dernière alléguée, car, sans que je me laisse transporter à l'amour que je porte au liea aù j'ay pris mon origine et naissance, j oscray dire que le pays du Maine a esté de tout temps très-fertil à produire toutes sortes d'hommes vertueux et excellents aux lettres et aux armes. » Ainsi s'exprime La Croix du Maine, dans sa Bibliothèque Françoise. Nous ne connaissons pas la traduction que La Croix du Maine attribue à notre Nicolas Davy. Quant à l'auteur Italien dont il est question dans cette notice, nous croyons que c'est Serauno Aceto, de Porto-Fermo, près Venise, chanoine de Latran, dont les Bollandistes ont publié quelques opuscules hagiographiques.
mA is ni SUR
JULIEN BODREAU. 229 BODRÉAU (:IULIEN ).
JULIEN BODRÉAU est né au Mans, dans la paroisse de Saint-Benoît, en l’année 1599. Il fut admis fort jeune à exercer la profession d'avocat près le siège présidial du Mans; en effet, à peine avait-il atteint l'âge de vingt-un ans , qu'on lui confiait diverses causes. Ses plaidoyers eurent-ils du succès? Nous l'ig=orons ; nous ne le connaissons guères que comme jurisconsulte.
Julien Bodréau a publié trois ouvrages sur la Coùtume du Maine. Le premier a pour titre : Les Coustumes du païs et comté du Maine, avec les Commentaires de Me Julien Bodréau, avocat; Paris, G. Alliot, 1645, en 1 vol. in-fol. Ce commentaire fut diversement apprécié; Bodréau fut loué par les uns et vivement censuré par les autres : voici un quatrain qui ne lui est pas favorable :
Nos Innocents Loisirs font tort à leur auteur (1); Nos Contes sont sortis d’une mauvaise plume:
D'un semblable succès nos évêques ont peur :
Si Bodréau fait bien, ce n’est pas sa Coustume.
Ces vers anonymes , attribués à tort à Gilles Ménage, nous ont été conservés par l’abbé de la Crochardière {2}. Les censeurs de J. Bodréau avaient bien quelque avantage contre lui : ses commentaires sont, en effet, moins un livre de jurisprudence, qu'une série
(1) Rousseau, élu au Mans.
125 MS. de la Biblioth. du Mans, p. 351.
950 JULIEN BODRÉAU.
de définitions aussi pédantes que frivoles : avant d'être légiste, J. Bodréau était bel esprit. On préfère à son premier ouvrage sur la Coûtume, ses Jllustrations el Remarques sur les Coustumes du Maine: le Mans , H. Olivier, 1658, en deux volumes, petit in-12. Ces Jllustrations sont un abrégé des Commentaires publiés en 1645: on y trouve moins de puérilités; elles ont été, pendant longtemps, le manuel de tous les avocats au présidial du Mans ; on les consulte encore quelquefois. Parmi les vers adressés à l'auteur, qui ont été imprimés, suivant l'usage, en tête de son livre, en voici de burlesques :
Nostre coûtume estoit riche, mais non pas belle, Elle avoit grand besoin de tous les ornements Que Bodréau lui donne et qui la rendent telle Qu'on luy fera la cour ès Cours des Parlemens. Enfin nostre Coûtume est si riche et si belle, Que tout le droit romain a de l'amour pour elle ; Bodréau les assemble , et cet heureux hymen
Mettra fin aux procëz de la province. Amen.
J. Bodréau est encore auteur d'un opuscule qui a pour titre : Sommaire des Coustumes du païs et comté du Maine; au Mans, H. Olivier, 1636, in-12. Ce Sommaitre était à la bibliothèque de l'abbaye de Saint- Vincent ; il ne nous a pas été conservé 11.
M Tne faut pas confondre Julien Bedreau avec Julien Rrodeau, avocat au Parlement de Paris, auteur de divers ouvrages de junsprudence , ctentr'autres des Annotations aux 4rrets de &. Louet. C'est de celui-ci que parle Boileau dans ces vers bien connus
Et commentant Louet . allonge par Brodeau.
D'une robe à longs plis balayer le barrvau.
PIERRE COUSTURIER. 251
Dans ses Hommes illustres du Maine, C. Blondeau qualifie J. Bodréau : « excellent poëte latin et françois. » Nous ne connaissons de J. Bodréau que trois épitres en vers latins ; elles se trouvent en tête des Comtes du Maine de Trouillart, de la Concorde d'Hardouin- Lebourdays (1), et des Remarques de Louis des Malicottes. De ses poésies françaises nous ne saurions signaler que trois strophes adressées à Trouillart et publiées dans l'ouvrage de cet écrivain que nous venons de citer.
On n'est pas d'accord sur la date de la mort de Julien Bodréau. Renouard, Ansart et M. Rippier, autre commentateur des Coùtumes du Maine, varient sur ce point entre Îles années 1660 et 1666.
COUSTURIER ( PIERRE).
PIERRE COUSTURIER , en latin Petrus Sutor, est né à Chemeré-le-Roy, bourg de l’archidiaconé de Sablé et de l'élection de Laval (2). Il fit ses études à Paris ct fut reçu docteur en Sorbonne. Comme il se recommandait à la fois par une érudition solide et par des mœurs austères, il obtint bientôt la charge de prieur dans cette illustre maison. Nous lo voyons ensuite professer la philosophie dans le collége de
(1) Hist. Litt. du Maine ,t. 1, p. 392.
2) Dom Liron, Singularités Hist. et Lütt., t. 111, p. 424.
252 PIERRE COUSTURIFR.
Sainte Barbe {1}: mais il avait moins de goût pour le monde que pour la retraite, pour l’enseignement que pour l'étude, et, quittant la Sorbonne et ses écoliers, il embrassa la vie monastique à l'âge où il allait sans doute obtenir, comme récompense de son zè'e et de ses mérites , quelque emploi supérieur dans l'école ou dans l'Eglise. Il pourait choisir entre diverses disciplines : il préféra la plus sévère , et se fit admettre chez les Chartreux. |
P. Cousturicr exercça la charge de prieur dans plusieurs maisons de son ordre; en 1519 , il gouvernait celle de Paris. C'est durant son séjour à la Chartreuse de Paris, qu'il fit paraître une docte apolosie de la régle de saint Bruno, publiée sous ce titre : Habes Pie lector, P. Petri Sutoris, doctoris theologi, professione Cartusiani, librum doctum jurta ac elegantem, cujus lectione vitam Cartusianam sanctam, et in nullis, ut apparet, etc., etc. Parisiis, J. Petit, 1522, in-4 {2}. Cette apologie comprend deux livres : dans le premier, P. Cousturier raconte l'origine de tout l'ordre, la vie de saint Bruno qui l'a institué , et disserte sur le nom, le genre de vie ctla discipline des Chartreux :; dans le sccond livre, il énumère les avantages , les mérites des exercices spirituels et des autres prescriptions ascétiques. Cette ample disser-
1, Dom Laron, Singularités Hist. et Litt., Let, p. 424.
(2 Nous connaissons deux autres éditions de ecrt ouvrage : l'une publiée à Louvain, chez Jean Fouller, en 1572, in, et l'autre à Cologne, en 1609, in-N, par les soins de Bernard Gautluer. A la suite de cette édition se trouve Le peut traité d'Alnoldus Bostius, qui a pour titre © De Viris dlustribus Carth. Ordints.
PIERRE COUSTURIER. 233
tation est présentée sous la forme d'un dialogue entre l'auteur et quelque adversaire des pratiques claustrales : toutes Iles questions qui pouvaient servir de matière à une controverse , y sont posées avec franchise et discutées en conscience. Nous ne saurions faire la critique d’un tel livre; pour avoir le droit de signaler ici des longueurs, là de l’emphase, ailleurs des arguments peu valables, superflus ou mal déve- Joppés, il faut avoir été initié aux profonds mystères de la vie ascétique, il faut véritablement avoir observé les diverses et nombreuses prescriptions de la règle rigide dont tout le livre de P. Cousturier est un commentaire enthousiaste. Telle démonstration me semble puérile, parce que je suis incapable de la comprendre; un exemp'e qui me touche peu, une légende où je ne vois qu'une fable plus ou moins ingénieuse, a eu, je n’en puis douter, pour certains mystiques, encore plus de valeur que je n’en voudrais attribuer même à un syllogisme irréprochable. Tout ce que je puis dire du traité de P. Cousturier, c'est qu’il fut accueilli avec beaucoup de faveur par les religieux de son ordre.
Ce succès encouragea notre docte anachorète à provoquer de plus redoutables adversaires qu’un interlocuteur chimérique. Il avait étudié les livres saints avec un zèle intelligent et scrupuleux, et se sentant d'ailleurs quelque inclination pour la controverse, il entreprit de réfuter diverses hypothèses récemment accréditées par Îles docteurs des églises réformées. Le premier d'entre eux auquel il eut affaire fut Jacques Lefebvre d'Etaples. C'était une ancienne opinion que sainte Anne avait été mariée trois fois, et qu'elle avait eu de
234 PIERRE COUSTURIER.
ces divers mariages trois filles du nom de Marie : un poëte du moyen-âge avait consigné cette tradition dans les vers suivants :
Anna tribus nupsit, Joachim, Cleophæ Salomæque ;
Ex quibus ipsa viris peperit tres Anna Marias,
Quas duxere Joseph, Alphæus, Zebedeusque.
Prima Jesum ; Jacobum {1}, Joseph 2:, cum Simone 3, Judsm Altera dat ; Jacobum {4: dat tertia datque Joannem ‘5.
J. Lefebvre d'Etaples avait combattu l'hypothèse de ce triple mariage. P. Cousturier entreprit de la justifier, dans un écrit qui a pour titre De triplici Annæ Connubio; Paris, 1523. Le sentiment de notre Chartreux a été abandonné (6).
Une santé chancelante et des occupations assidues avaient contraint P. Cousturier à suspendre pendant quelque temps ses études et ses travaux. Vers l’année 153#, il quitta Ja Chartreuse de Paris pour aller remplir les fonctions de prieur dans une autre maison de son ordre , aux portes de la ville de Troyes. C’est à qu'il mit la dernière main à une dissertation critique sur les nouvcl'es traductions des livres saints, qui fut publiée, en 1525, sous ce titro : De tralatione Billiæ el novarum reprobralione interpretationum , Petri Sutoris, doctoris theologi, professione Cartusiani :
[1 Jacques le Mineur.
(2, Joseph le Juste.
(2: Simon le Zelé.
{4} Jacques le Majeur.
(5) Jean l'Evangéliste.
‘6, Dow Caliwet, Dictionn. de la Dible, au mot Annc.
PIERRE COUSTURIER. 255
Parisiis, Jeh. Petit, petit in-fol. Le livre de P. Cousturier est un plaidoyer fort animé en faveur de la vulgate, et les traducteurs qu'il censure avec une vivacité souvent fort impertinente , sont Erasme de Rotterdam et Lefebvre d'Etaples. Erasme était, on le sait, content de lui-même et s’admirait volontiers dans ses œuvres: il ne put supporter qu'un docteur de Sorbonne eut été assez mal appris pour le traiter avec si peu d’égards. Il s'empressa donc de lui répondre, dans un long mémoire adressé à Jean de Selve , premier président du Parlement de Paris. Tel est le titre de ce mémoire : Adversus Debacchationes Sutoris Erasmi Roterodami Apologia. Ce qu’il contient, on peut le soupçonner. Erasme avait été blessé; il le témoigne par la véhémence de sa repartie. Qu'est-ce donc que cet apprenti théologien qui s’est exprimé en des termes aussi mal sonnants sur la personne du patriarche de Rotterdam ? c'est un ignorant «linguarum omnium rudis; » c'est un furieux, un aboyeur « molossicus liber; » c’est un fou qu'il faut confier aux soins des fils d'Esculape ; c'est un glorieux qui dissimule fort mal sous l'habit des humbles disciples de saint Bruno , une passion déréglée pour les vanités mondaines. Ces invectives et d'autres encore se trouvent dans la préface et dans l'épilogue de l’Apologie : avons-nous besoin de dire qu'Erasme signale , en outre, dans l'écrit de san audacieux contradicteur, un certain nombre de sophismes ainsi que de barbarismes , et qu'il lui rappelle injurieusement le proverbe latin : «ne Sutor ultrà crepidam ? » Erasme ne pouvait manquer une occasion aussi favorable de se faire valoir comme puriste et comme bel esprit. P. Cousturier lui répliqua dans un écrit qui a pour
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titre : Adversus insanam Erasmi Apologiam P. Sutoris Antapologia ; Parisiis, Jeh. Petit, 1526, in-4° Il avait d'abord et surtout à cœur de se défendre contre certaines assertions d'Erasme qui ressemblaient fort à de véritables calomnies. Celui-ci l'accusait d'avoir emprunté tous ses arguments contre la nouvelle traduction des livres saints, à divers écrits d'Edouard Lee, de J. Latomus et de Lopez Stunica. Cousturier répondit que si, par aventure, il s'était trouvé d'accord avec ces habiles critiques pour censurer l'interprétation d'Erasme, il n'avait lu néammoins aucun de leurs livres. Abordant ensuite l'examen des arguments iavoqués par son contradicteur, il motiva par despreuves nouvelles les griefs qu'il avait énoncés dans son premier écrit. Erasme reprit la plume : sa réplique, qui a pour titre : Appendir Erasmi Roterdumi respondens ad quædam Antapologiæ P. Sutoris, est encore plus dédaigneuse que l’Apologie. En voici l'exode : a Depuis bien des années, je ne me rappelle pas avoir commis une faute de laquelle je me repente plus que d'avoir répondu au premier hibelle de P. Cousturier ; je suis donc bien éloigné de vouloir réfuter son Antapologie, dans laquelle il s'est surpassé lui-mème en fait d'impertinence. Je ne l'ai pas lue ct je n'ai pas dessein de la lire ; j'en ai seulement parcouru les premières pages et noté quelques endroits... » Lo reste est sur ce ton. Les théologiens, comme cela devait être, se partagèrent entre les deux interlocuteurs : les uns affirméèrent hautement qu'Erasmo avait eu l'avantage dans cette controverse: les autres, les ennemis de toute nouveauté, déclarérent avec non moins d'assurance que le docte Chartreux avait confondu son adversaire.
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Un sieur René Mégissier avait déjà fait ces dystiques en son honneur :
Quondam abs te petii qualis medicina parari Deberet quibus est libera lingua nimis ; Respondisti opus est tantum sutore perito Qui buccam , ut mancat lingua reclusa , suat. Hoc fuit inter nos festivum ; seria res est : Sutorem Erasmi qui suit ora vides.
Le jeu d'esprit que contient ce dernier vers n'eut pas sans doute moins de succès que celui d'Erasme. Emettrons-nous, pour notre part, un avis dans ce débat? il ne serait pas favorable à P. Cousturier. Nous ne pouvons, en effet, nous associer au sentiment des théologiens qui condamnent absolument toute critique de la vulgate et toute version nouvelle du texte évangélique : on rencontre, dans la traduction de saint Jérôme, des erreurs nombreuses ; il nous semble qu'on peut se permettre de les signaler et de les corriger. Il est d'ailleurs contre la pratique des premiers confesseurs de la foi chrétienne d'interdire les traductions en langue vulgaire. |
Outre son second traité contre la translation d'Erasme , P. Cousturier publia, dans l’année 1526, un autre ouvrage de controverse, qui a pour titre : Apologeticum in novos Anticomaritas, præclaris beatæ Virginis Mariæ laudibus detrahentes, etc., etc., Parisiis, J. Petit, 1526, in-4°. On appelle Anticomarites, ou plutôt Antidicomarianites, ceux des interprètes de l'Ecriture qui ont nié la virginité de Marie et lui ont attribué plusieurs fils. Cette opinion avait été celle de l'arion Ilelvidius. Le livre de P. Cousturier est à l'adresse de quelques docteurs protestants.
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Nous ne savons en quelle année P. Cousturier quitta la chartreuse de Laprée, au faubourg de Troyes, pour revenir dans le Maine ; mais nous le voyons, en 1531, exercer l'office de prieur dans la chartreuse du Parce, en Charnie. Suivant Petreius, il remplit aussi la charge de visiteur de la province de France {1}. À quelle époque de sa vie? Petreius ne nous l'apprend pas. P. Cousturier habitait la chartreuse du Parc, lorsqu'il mit sous la presse son traité sur les Vœux Monastiques qui a pour titre : Apologia Petri Sutoris, doctoris theologi, adversus damnatam Lutheri heresin de Votis Monasticis; Parisiis, apud Poncetum-Lepreux, 1531, in-8°. Cet écrit passe pour un des meilleurs de P. Cousturicr. Le dernier de ses opuscules théologiques est une dissertation dont voici le titre : Petri Sutoris, theologi Cartusiani, de Potestate Ecclesiæ in occultis; Parisiis, Dionysius Gagnot, 1534, in- 8° (2). D. Liron s'exprime en ces termes sur cet ouvrage : « Ce qui porta D. Cousturier à traiter cette matière, c'est qu'elle est sujette à de très-grandes dif. ficultés, et que les théologiens avant lui en avoient’dit assez peu de chose. Quoique ces considérations l'eussent d'abord refroidi, son emploi l'engagea à passer outre. Lorsqu'il eut achevé son livre, craignant de s'êtro trompé en quelques points, il l'envoya à des théologiens de Paris fort habiles pour en avoir leur sentiment. Dans ce temps-là, Charles Guillard, prèsident au parlement, qui étoit dans le Maine, vint au
(1! Potreius, Biblioth. Cartusiana. 1 v a quelques erreurs daus la notice de Petroius sur P. Cousturer. Elles ontete Sithalees par D. Liron.
2, Hy a une autre édition de ret ouvrage; Paris. 1916