‹ Histoire littéraire du Maine. Tome deuxièmeChapitre 43 sur 62 · LEBRET (MATHURIN · texte numérisé non relu

LEBRET (MATHURIN

MATHURIN LEBRET, relisieux de l'étroite observance de St.-François, fit profession au couvent de Laval, dans les premières années du NVE° siècle. E y a lieu de croire qu'il était du Maine. Suivant Luc Wadding, Mathurin Lebret eut à peine achevé ses études, qu'il fut nommé réyent. Le même historien nous apprend encore qu'il professa tour à tour la philosophie

MICHEN DUBREUIL. 299

et la théologie dans différentes maisons de son ordre : mais ce qu’il néglige de nous faire connaître, c'est que Mathurin Lebret eut le renom d'un habile prédicateur. Guillaume Lo Doyen, qui l’entendit prêcher le carême à Laval, en l'année 1523, a parlé de lui dans ses Cronicques (1) :

Le prescheur nous fist très-bon temps,

Mais de nous ne fut trop contens,

Faulte seullement de le croire,

Frère myneur de bon mémoire

Mathurin Lebret est nomme,

Bon prescheur, lettré bien famé ;

Son tesme estoit Jhirusalem....….

Il professait la théologie en l'université d'Angers, lorsqu'il publia les deux ouvrages suivants: Mathurin: Lebret, ordinis minorum, Lectura in primum et secundum librum Sententiarum Scoti, dicta parvus Scotus Lavallensis ; Andegavi, Clem. Alexandre, 1528, in-%. — Lectura in quartum librum Sententiarum Scoti ; même date et même format. La Croix du Maine a omis de parler de ce Mathurin Lebret.

DUBREUIL (micxri).

MICHEL DUBREUIL, né au Mans en l’année 1450, frère de Jean Dubreuil, procureur général du Maine, fit, au témoignage d'Ansart, a les délices de la cour de Louis XIL et de François 1°", par sa politesse,

(1} Annales et Cronicques du pays et conté de Laval. MSS. de la Biblioth. Roy.; ainsi coté S F, 1081.

l'agrément de sa conversation , et ses œuvres poëtiques.» Îl passa les dernières années de sa vie dans sa ville natale et y mourut en 1526.

On n'a conservé de ses œuvres qu'une épigramme latine de douze vers, à la louange du traité de Jean Ferraut qui a pour titre : de Juribus et Privilegiis regns Francorum. Cette épigramme se lit en tête de ce traité de Ferraut, dans la première édition qui en a été faite (1).

BOUCHER (:3Fa).

Il faut bien distinguer le jésuite Jean Boucher , célèbre ligueur , né à Paris, de JEAN BOUCHER, cordelier observantin, auteur d'opuscules mystiques très divertissants. Quelle fut la patrie du cordelier ? On s'accordait à dire qu'il était du Maine, avant que, dans un article de son Dictionnaire biographique,

(1) Ce Jean Ferraut est mis, par quelques biographes , et notamment par Ziletti et Dom de Gennes, au nombre des ecrivains du Maine: mais c'est là une erreur. Îletait, il est vrai, procureur du roi au Mans, et, en cette qualite , il fut un des comimissaires nommés pour la correction et la promulgation des Codtumes du Maine , en 1508. Mais Ch. Dumoulin uous apprend qu'il était d'Angers. Nous lisons dans la seconde partie de l'Histoire de Sable de Gilles Ménage : « 1 étoit fils de Jean Ferraut, garde de la Monnoie et échevin dela ville d'Angers, et maire dr la mme ville en 1450 et 1451. L avoit été disciple de Côme Guumer. » 1] y a plusieurs éditions de son traité de Juribus et pricelequs rent Francorum. Ménage mentionne celle de Jean Petit, gothique, in-K. M. Peignot nous en fait connaître une autre de l15, in. Co Traité a été reimprimé par Charles Dumoulin, au tome 111 de ses œuvres, édit. de 1612, et par Zaletti, Jus Gregorianum,. LAN, p.174. Dom Liron a parlé de Ferraut au tome 111 de ses Singularités. p. 389. Dans sa Bibliothèque des Hist. de France. le P. Lelong a commis au sujet de re jurisconsulte plusieurs erreurs qui n'ont pas été corrigees par Fevret de Fontette.

M. Peignot lui donnât pour lieu natal la ville de Besançon. Mais il y a plus d’une erreur dans cet article. En n'attribuant au cordelier Jean Boucher qu'un seul de ses nombreux ouvrages, M. Peignot nous autorise à penser qu'il n’a pas obtenu des renseignements complets sur cet écrivain (1). Et sur quel témoignage le fait-il naître à Besançon ? il ne le dit pas. Voici nos preuves en faveur du Mans, ou du Maine. Le frère Bernardin, général des Cordeliers , accordant à Jean Boucher la permission de publier ses Triomphes de la religion Chrestienne, le désigne ainsi : « fratri Joanni Boucher, nostræ provinciæ Turoniæ alumno ; » et les docteurs , auxquels avait été soumis l'examen du même livre, l’approuvent sous le nom du KR. P. Boucher, « observantin de la province de Touraine. » Or l’auteur des Triomphes de la religion Chrestienne est-il bien le cordelier Jean Boucher dont M. Peignot n’a connu qu’un seul ouvrage , le Boucquet Sacré? Luc Wadding mérite ici toute confiance. Il était du même ordre que J. Boucher , il vivait dans le même temps, il avait fait les recherches les plus scrupuleuses avant de mettre au jour ses Annales et sa Bibliothèque : or il attribue sans hésitation le Boucquet Sacré, les Triomphes de la Religion et divers autres traités, dont M. Peignot a ignoré les titres, au même Jean Boucher, cordelier observantin. Ajoutons que Luc Wadding ne ne nous fait pas seulement connaître la province qui à donné le jour à cet écrivain ; il désigne encore le diocèse, le diocèse du Mans : « Joannes Boucher, Gallus

( 1} M. Jourdain {Biographie universelle de Michaud) n’a fai qu'amplifier l'article de M. Peignot.

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