‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 146 sur 239 · Prologue, vers · texte numérisé non relu

Prologue, vers

2 Vie de Marianne, Paris, 1731-41.

3 Éd. Luce, liv. J, cbap. lxxxi.

HISTOIRE LITTÉUAIRE. 21

ils sont la matière première des apertiscs d'armes et ne ligiirent pas à une autre titre dans le récit.

Ils figurent dans le récit de Chaucer, parce que Chaucer les aime; il aime son laboureur, « vaillant ouvrier et bon », qui a de la force de reste dans ses deux bras et aide pour rien ses voisins ; il souffre à l'idée des sentiers boueux que son pauvre curé suit l'hiver pour aller, par la pluie, -sdsiter une chaumière lointaine ; la sympathie est large chez le poète ; il aime, comme il déteste, de tout cœur.

L'un après l'autre, tous ces personnages d'état si divers se sont réunis, \'ingt-neuf en tout. Ils ont pour un jour le même but, et vont vivre de la vie commune. A cinquante-SLX milles de Londres, se trouve la châsse, fameuse dans l'Europe entière, où sont enfermés les restes de l'ancien ennemi d'Henri II, le chancelier Thomas Becket, assassiné sur les marches de l'autel et canonisé ^ Chacun sur sa monture bonne ou mauvaise, le chevalier sur une bête solide mais de peu d'apparence ; le moine chasseur, sur un superbe palefroi brun; la bourgeoise de Bath à califourchon sur son cheval, armée de grands éperons, et laissant voir ses bas rouges, se mettent en route, emmenant avec eux l'hôte du Tabart, et les voilà qui s'avancent au petit pas, sur le chemin ensoleillé, bordé de haies, parmi les douces ondulations du terrain. On franchira la Medway; on passera sous

1 11 ne reste plus aujourd'hui qu'une vieille mosaïque de marbre, fortement restaurée, pour marquer, dans le chœur, la place où était autrefois la châsse du saint. La canonisation avait suivi de près la mort : 1170-1173. La popularité du saint hors d'Angleterre est montrée par des pèlerinages de rois de France, par un décret de Venise autorisant Lorenzo Contarini, capitaine des galères, à quitter sa flottille pour remiilir un vœu à Cantorbéry, 1402, etc. (Lo Vie Nomade et les Routes d'Angleterre, p. 213.)

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