‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 15 sur 239 · L'OCCUPATION ROMAINE · texte numérisé non relu

L'OCCUPATION ROMAINE

parles Romains. Ils y construisirent tout un réseau de routes dont les restes subsistent encore ; ils marquèrent les distances par des bornes milliaires dont soixante ont été retrouvées et dont l'une, à Chesterholm, est encore debout ; ils élevèrent, d'une mer à l'autre, contre les gens d'Ecosse, deux grandes murailles; l'une d'elles était en pierres de taille , flanquée de tours , protégée de fossés et de remparts en terrée Fortifiés à la romaine, défendus par des garnisons, les groupes de huttes bretonnes devinrent des cités, et ces mêmes villas dont on découvre les restes sous les cendres de Pompéi et dans le sable de la Tunisie, s'élevèrent à York, à Bath, à Londres, à Lincoln, Cirencester, Aldborough, Woodchestor, Bignor et dans une multitude d'autres endroits où on les a retrouvées. A l'ombre des chênes druidiques, le verrier romain souffla ses légers flacons multicolores ; le mosaïste assit Orphée sur sa panthère, les doigts sur la lyre de Thrace. Des autels s'élevèrent aux divinités de Rome, plus tard au Dieu de Bethléem, et l'une au moins des églises remontant à cette époque subsiste encore, c'est Saint-Martin de Cantorbéry-. Des statues furent dresséespourlesempereurs, des monnaies furent coulées, des poids taillés ou fondus ; les métaux furent extraits des mines ; le potier tourna ses urnes d'argile , et en attendant qu'elles prissent place derrière les vitres du

' On a retrouvé en plusieurs endroits les carrières d'où la pierre du mur d'Hadrien avait été tirée et des inscriptions portant le nom de la légion ou de l'officier chargé de l'extraire : « Petra Flavi[i] Carantini », dans la carrière de Fallowfield. The roman wall, a description of ihe finirai barrier of the north of England, by the Rcv. J. C. Bruce, Londres, 1867, 4°, 3" éd., pp. 141, 144, 185. Cf. AthoiXiim, 15 et 29 juillet 1893.

- C. F. RoaÛedge, nisto7-y of St. Martin' s ckurch Canferbury, Londve^, 1892, 8". Les ruines d'une minuscule basilique chrétienne des temps romains ont été découvertes à Silchester, en mai 1892.

JO BRITANiNIA.

Brilîsh Muséum, les légionnaires y mirent la cendre de leurs morts.

Aussi loin qu'il allait, le Romain emportait Rome avec lui; il lui fallait ses statuettes, ses pavés de couleur, ses fresques, ses bains, tout Fagrément et le confort des cités latines. Des théâtres, des temples, des tours, des 2>alais s'élevèrent dans beaucoup de villes de la Grande-Bretaene, et l'on découvrait naguère à Bath une salle de bains de cent onze pieds de long'. Bien des siècles après, Giraud le Cambrien, passant à Caerleon, s'émerveillait d'y voir encore <( beaucoup de restes d'une grandeur passée, des palais immenses... une tour gigantesque, des thermes magnifiques, des temples en ruines n~. Les empereurs pouvaient donc bien faire séjour en Grande-Bretagne : ils s'y trouvaient chez eux. Claude, Vespasien, Titus, Hadrien, Antonin le Pieux y vinrent gagner le nom de « Britannique » ou jouir des douceurs de la paLx. Sévère mourut à York en 211 et Caracalla y commença son règne. Constance Chlore se fixa dans la même ville et y mourut, et le prince qui devait consacrer le changement de religion des Romains, Constantin le Grand, y fut proclamé empereur. La future Angleterre, la Bretagne celtique, était devenue romaine, chrétienne, s'adonnait à l'agriculture et parlait latin ^.

1 Quantité de statuettes, de poteries, de coupes et de vases en verre, d'armes et d'ustensiles de toute sorte; des sandales, des stylets à écrire, des fragments de statues colossales, des mosaïques, etc., ont été retrouvés en Angleterre et sont conservés au Britisli Muséum et au Guildhail de Londres, aux musées d'Oxford et d'York, dans les r.loitres de Lincoln, etc. La grande salle de Balh a été découverte en 1880; la piscine est en parfait élat di; conservation; les fouilles continuent (1893).

- Itincrarium Cambrix, liv. I, cliap. v.

' ;' Ut qui modo linguam romanam abnuebant, eloquenliam concupis-

Page 1