‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 151 sur 239 · SCENES FAMILIERES · texte numérisé non relu

SCENES FAMILIERES

remue le mélange; « le pot éclate, et bonsoir, il n'y a plus rien ». .Uors on discute ; c'est la faute du pot, du feu, du métal; c'est Ijien ce que je pensais; c'est ce que j'avais toujours dit. Nous allons recommencer ^

Ou bien, voici des représentations de ces ^■isites intéressées que les frères mendiants faisaient aux morDjonds. Le frère, bas, trivial, papelard, s'approche : «Dieu soit ici; Thomas, mon ami, bonjour ». Il se débarrasse de son bâton, de sa besace, de son chapeau; il va s'asseoir, le chat était sur le banc, il le fait sauter à terre; il s'installe; la femme s'empresse, il la laisse faire et même l'encourage. Que pourrait-il bien manger? Oh! presque rien, un foie de poulet, une tête de cochon rôtie, le repas le plus léger : il se « nourrit de la Biljle » ; il a « l'estomac perdu ». Il adresse au malade un long sermon intéressé, mêlé de mots latins, où le verbe « donner » revient à chaque vers : surtout ne domiez pas aux autres, donnez à moi; donnez à mon couvent, ne donnez pas au couvent d'à côté ; « avouez-le , vous voudriez avoir nos prières pour rien » -, payez donc, donnez donc,

' Chanonns Yemannes taie. — Complète Wor/is, t. IV, pp. 537 et s. Le chanoine alchimiste et son homme rattrapent les pèlerins sur la route. Ils sont ajoutés après coup au groupe des conteurs. Contrairement à l'usage de Chaucer, tant d'aniinosité parait dans sa satire des alchimistes qu'on dirait cette addition causée par quelque mésaventure personnelle du poète, alors, en eflet, fort à court d'argent, et qu'un charlatan aurait dupé sous prétexte de l'enrichir; plus de raillerie, mais bien de l'aversioa pure.

2 A : yif ttiat covent hall a quarler otes!

A', yif that covent four and twenty grotes! a: yif tiiat frère a peuy and let him go... Thomas, of me thou shalt nat beny-flatered, Thou woldesthan our labour al for nought.

Soinnours iale, vers 1963 et s. Rapprocher ce caractère de celui du frère quêteur dans Diderot. Le frère « Tenait dans notre village demander des œufs, de la laine, du chanvre, des fruits à chaque saison ». Frère Jean « ne passait pas dans les rues que les pères, les mères et les enfants

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donnez-moi ceci , ou seulement cela ; Thomas donne moins encore.

Des scènes familières, d'une égale vérité mais d'un style plus aimable, se trouvent dans d'autres récits, par exemple dans l'histoire du coq Chanteclair. si bien localisée, en quelques mots, dans un coin verdoyant de campagne, à l'écart : « Une femme veuve, un peu cassée par l'ûge. vivait jadis dans une pauvre chaumière, à côté d'un bouquet d'arbres, dans un vallon ». Son étable, sa basse-cour sont décrites ; on entend les mugissements des vaches et les chants du coq : le ton se hausse peu à peu et on arrive au style héroï-comique. Chanteclair, le coq, « chantait d'une voix plus joyeuse que l'orgue le plus joyeux », il chantait les heures plus juste cjue « l'horloge de Tabbaye » ; sa crête était « rouge comme du corail et crénelée comme un mur de château ». Il avait un bec noir, des griffes blanches et des pieds bleus; il régnait incomparable sur les poules de la basse-cour; une des poules était sa favorite, les autres jouaient auprès de lui des rôles subalternes. Un jour, « l'histoire est aussi vraie que celle de Lancelot du Lac », — il cherchait un papillon, a boterflije, et que voit-il, sinon un renard 1 « Cok, cokl » crie-t-il en sautant et veut s'enfuir. « Pourquoi partir, gentil seigneur ». dit le bon renard. « avez-vous peur de votre ami? Je ne suis venu que pour vous entendre chanter », vous avez là un talent de famille ; « Mylord votre père » chantait si bieni Mais vous chantez encore mieux. Pour chanter

n'allassent à lui «tnelui criassent : Bonjour, frère Jean; comment vous portez-vous, frère Jean ? ]1 est sur «[ue quand il entrait dans une maison, la bénéJiction du ciel y entrait avec lui... » Jacques le fataliste et son Maître, éd. Asseline, p. 46.

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