‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 171 sur 239 · MINOT, BARBOUR · texte numérisé non relu

MINOT, BARBOUR

est divisé en vingt livres ; il est rédigé dans le dialecte du midi de l'Ecosse qu'on parlait d'Aberdeen jusqu'à la frontière; c'est ce dialecte qu'employèrent plus tard Jacques I" et sir David L^ndesay, qui, comme Barbour lui-même, l'appelaient « inglis » ou anglais. Les vers de Barbour sont de huit syllabes et riment deux à deux; c'est le vers de Chaucer dans sa Hous of Famé. L'intention de Barbour est de raconter une histoire vraie; il compte ainsi, dit-il, plaire doul^lement. d'abord parce que ce sera une histoire, ensuite parce qu'elle sera vraie. Mais, là où la passion a place, il est bien rare que Vérité règne sans conteste, et Barbour pousse l'amour de son pays jusqu'à la passion : si bien que dès qu'une légende est à l'honneur de sa patrie, tout sens critique disparait, et il lui semble de la dernière évidence que la merveille est de l'histoire. C'est ainsi qu'aA'ec une régularité monotone une poignée d'Écossais met en déroute, à chaque page, les multitudes anglaises; les montagnards font des prodiges et le roi les dépasse encore en prouesse ; tout lui réussit comme en un conte de fées. Cet amour du sol, de ses rochers et de ses lochs, de ses légendes, de ses clans et de leurs chefs, fait penser au plus illustre des descendants littéraires de Barbour, Walter Scott, qui plusieurs fois emprunta au Bruce la donnée de ses récits '

conduits d'Edouard III, était allé étudier à Oxford en 1357 et 1364, et en France en 1365 et 1368. Outre son Bruce, il rédigea encore un Brut, dans le genre de celui de Layamon et une généalogie des Stuarts, The Stewartis Oryginale où, pour ne rien omettre, il remontait à Ninus fondateur de Ninive. Ces deux derniers poèmes sont perdus. Barbour fut archidiacre d'.\berdeen ; il mourut en 1395. en Ecosse, où il jouissait d'une pension royale. ' « The incidents on which the ensuing novel inainly turns are derived frora the ancient metrical chronicle the Bruce by Archdeacon Barbour and

Les deux compatriotes ont en commun, outre l'amour de la patrie, le goût de l'anecdote pittoresque; ils la choisissent de même en vue de rendre leurs héros populaires; l'humour n'est pas développé au même degré chez tous deux, mais il est de même sorte; le même genre de reparties leur plait. Scott eût eu plaisir à conserver, comme Barbour, le souvenir du combat dans lequel le roi, attaqué en trahison par trois hommes, alors qu'il chassait seul dans les montagnes, les tue tous trois, et comme on le félicitait au retour, répond : « Par ma foi, je n'en ai tué qu'un sans plus; c'est Dieu et mon chien qui ont tué les deux autres ' . » Barbour se plaît à montrer le prince simple, patriarcal et valeureux, dur à l'ennemi, tendre aux faibles. Il lui fait arrêter la marche de son armée en Irlande, parce qu'on a entendu les cris d'une femme 2; c'est une pauvre lavandière en mal d'enfant; la marche est interrompue; on dresse une tente, sous laquelle la pauvre femme accouche en paix. Aux menaces de l'Angleterre, Barbour répond par des défis et par sa fameuse apostrophe à l'indépendance : « Ah 1 la liberté est une noble chose ! . . . ^ •» Quelquesuns, continue le bon archidiacre, qui ne peut conserver

from etc. » Casile Dangerous, Introduction. « The aulhorities used are chiefly those... of Archdeacon Barbour... » Lord of the Isles, Advertiseinent to the first édition.

1 « Perfay, •, said he,

• I slew bot ane forouten ma, God and my hound bas slane tlie twa. »

LiV. VII, vers 483.

^ Liv. XVI, vers 270.

3 A : fredome is a noble thing !

Fredoine mayss man to haiff liking; Fredome ail solace to man giffis; He levys at ess Ihat frely levys !

Liv. I, vers 225.

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